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mercredi 6 juillet 2016

L'avocat du terroriste islamiste Abdeslam va porter plainte contre Thierry Solère

La surpopulation carcérale et l'engorgement judiciaire s'en porteront-ils mieux ?

Le député Les Républicains Thierry Solère sera-t-il poursuivi comme lanceur d'alerte ?
 

Le député des Républicains Thierry Solère (au centre),
accompagné de Laure Haccoun, directrice de la sécurité,
et Mario Guzzo, le responsable des bâtiments centraux,
a pu avoir accès à la zone où Salah Abdeslam est incarcéré.
L'élu LR a dénoncé la semaine dernière des conditions privilégiées de détention de Salah Abdeslam à la prison de Fleury-Mérogis. L'avocat du dernier survivant des assassinats islamistes du 13 novembre, les plus meurtriers de l'histoire en France et revendiqués par l'organisation terroriste État islamique (dite 'Daesh') a décidé de porter plainte contre le parlementaire.
L'avocat de Salah Abdeslam considère que les révélations publiques du député Thierry Solère constituent des atteintes à la vie privée de son client dans le système pénitentiaire public. Administrativement, il est rattaché au tribunal de grande instance d’Évry, ville dont le maire fut Valls.
"Une partie du quatrième étage a été "vidée" pour lui, indique le JDD. Du côté droit, la plupart des cellules sont réservées à "l'unité dédiée", composée des détenus radicaux, incarcérés pour terrorisme, et qui sont isolés du reste de la prison. "Ils ne sont jamais en contact avec Abdeslam", précise le surveillant. Ils sont une douzaine. Dans les autres cellules de l'étage, les détenus "à l'isolement". "Soit sur décision judiciaire, parce que les magistrats demandent qu'ils n'aient aucun contact en détention, soit sur décision administrative, généralement quand on pense qu'ils peuvent être menacés", détaille aussi la directrice. L'étage abrite aussi des transgenres. "On les isole là, dans l'attente d'une décision; ensuite ils vont soit en détention chez les hommes, soit chez les femmes", glisse Laure Haccoun. Et puis, isolé parmi ces isolés, Abdeslam.
Quatre cellules ont été aménagées pour sa venue, précise le JDD. Deux à son usage, une cellule A et une cellule B? en cas de dégradation de la première. Dans une cellule au milieu des deux, un poste de surveillance vidéo. C'est là qu'un fonctionnaire veille 24 h sur 24 pour observer le prisonnier et noter scrupuleusement tous ses faits et gestes. Une quatrième cellule a été transformée en "salle sport spéciale", avec un rameur pour faire de l'exercice. Un autre équipement de musculation est commandé… Et sur le toit, un petit espace de promenade à son seul usage, lui aussi sous surveillance vidéo. "Son avocat a pu venir jusqu'ici, confie un surveillant. Quant à Abdeslam, il voit sa famille au parloir: il y en a déjà eu quatre ou cinq, et à chaque fois, il ne croise personne sur le trajet. Son parloir est sécurisé, avec Hygiaphone, sans contact direct." [] ...En cas de déplacement de Salah Abdeslam, tout est vidé sur son parcours".
A la suite d'une visite, le 29 juin à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), le député a interpellé le garde des Sceaux dans une lettre ouverte qui l'interroge sur "l'ampleur du dispositif qui entoure la détention" de Salah Abdeslam. Il s'était notamment étonné que le djihadiste présumé dispose, à l'étage, d'une salle de sport réservée à son usage exclusif, ainsi que d'un espace de promenade privatisé. L'avocat de Salah Abdeslam - en compagnie de son confrère belge l'avocat Sven Mary - n'a pas tardé à réagir, interpellant à son tour le ministre de la Justice.
"La cellule du terroriste du 13 novembre a été repeinte en blanc," ajoute le JDD. Accrochées au mur, deux djellabas, une blanche et une couleur bordeaux. Filmé aux toilettes et à la douche (juste le haut du corps), Abdeslam est sous surveillance permanente. "C'est très impressionnant. Il y a une demi-douzaine de caméras, qui avec une netteté parfaite peuvent zoomer sur ce qu'il lit, ou ce qu'il mange", raconte le député, "mais il n'y a pas de son".
L'avocat s'indigne du droit de regard d'un "élu de la République"

"Comment, Monsieur le Garde des Sceaux, a-t-il pu être permis à Monsieur Thierry Solère d'avoir accès à la salle de 'vidéo-protection' de monsieur Salah Abdeslam ?", interroge Franck Berton, 53 ans. "Qu'un député de la République profite de son mandat et vienne nous indiquer par voie de presse qu'il a regardé ce garçon derrière les caméras pour regarder comment il se comportait, un peu comme s'il était au zoo de Vincennes [aussi désobligeant que subjectif et polémique], n'a pas manqué de nous indigner", a-t-il raconté sur l'antenne de BFMTV mardi 5 juillet. 

VOIR et ENTENDRE Berton accuser Thierry Solère de voyeurisme dans la "salle de bains" de Salah Abdeslam à la prison de Fleury-Mérogis

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La maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, en Essonne, la plus grande prison d'Europe,  est construite sur 180 hectares et compte très exactement 4.521 détenus, dont 250 femmes. "Ce qui nous fait un taux d'occupation de 195%. Nous avons aujourd'hui 7 matelas au sol, faute de lit", admet la directrice de la sécurité. 
Inaugurée en mai 1968, la maison d'arrêt a été rénovée pendant plus de dix ans, pour un demi-milliard d'euros. Les fenêtres neuves, désormais bien isolées, ont diminué de taille. Fini le mode four l'été et glaçon l'hiver. Chaque cellule, initialement conçue pour un seul détenu, a été doublée, avec sanitaire et douche. Les douches collectives, dangereuses, ont été supprimées. Fini aussi les préaux, des coupe-gorge juste avant la cour de promenade, à l'abri des regards des surveillants."Depuis quelques jours, on est sur un rythme d'une quarantaine d'entrées quotidiennes, ce qui est beaucoup plus que la moyenne", explique Laure Haccoun. Les magistrats, à la veille de leurs vacances, "déstockent" et incarcèrent.
Le fait que son client ait été observé grâce aux caméras de vidéosurveillance ne serait pas légal

Dans sa lettre, Me Berton écrit : "s'il est vrai qu'un député de la République, au regard des dispositions législatives en vigueur, est en droit de visiter tout établissement pénitentiaire et ce de manière impromptue, il n'en demeure pas moins qu'il est dans l'obligation de respecter les droits du détenu". Un élu de la République n'est donc pas considéré comme "la moitié des Français". 
En tout état de cause, l'"ennemi public n°1" est surveillé 24 heures sur 24 par un système vidéo et Me Berton semble bien faire beaucoup de bruit pour rien. Conformément au décret d'application du 20 mai, tout député accompagné de journalistes et photographes peut désormais procéder à une visite surprise de tout établissement pénitentiaire.

Une attaque nominale qui fait abstraction du mandat électif de Thierry Solère
"Je note, au surplus, que monsieur Thierry Solère ne cesse, depuis cette visite et l'article paru dans le Journal du dimanche de courir les plateaux de télévision et les émissions radiophoniques pour raconter ce qu'il a vu, ce qui n'aurait pas dû lui être permis", insiste Berton, lui-même "artiste" du barreau et d'ailleurs spécialiste du droit de la presse. "Ce qu'il a vu", est en effet détaillé dans un article du JDD, qui a recueilli l'indignation de Thierry Solère. "Je vous informe engager des recours contre cette décision devant la juridiction compétente, à savoir la Tribunal administratif de Paris", indique Frank Berton dans son courrier au ministre de la Justice.

Lui, le terroriste qui n'a pas actionné sa ceinture de kamikaze dans la nuit du 13 novembre, qui ne s'est pas tué sur ordre, est désormais incarcéré avec interdiction de le faire… Et
l'administration pénitentiaire a pour mission impérative de le maintenir vivant… Vivant pour qu'un procès ait lieu.

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