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vendredi 22 juillet 2016

Me Karim Achoui s'invite dans la défense d'Adama Traoré à Beaumont-sur-Oise

Radié en France, le sulfureux avocat s'infiltre dans l' "affaire Adama"

L'avocat Karim Achoui offre ses services à la famille Traoré
L'avocat Karim Achoui était présent ce vendredi à la marche blanche organisée en mémoire d'Adama Traoré, mort mardi au cours d'une interpellation policière, dans le quartier de Boyenval de Beaumont-sur-Oise dans le Val d'Oise
Radié du barreau de Paris, l'avocat s'impose à la famille dans l'affaire Adama Traoré, du nom de ce jeune homme mort mardi lors d'une interpellation policière à Beaumont-sur-Oise. 

Avant la marche, l'avocat de la famille, Me Frédéric Zajac et les proches d'Adama Traoré ont appelé à ne "pas écouter ceux qui parlent sans en être chargés", rapporte L'Express sur place. Une allusion à peine voilée à l'ancien avocat du milieu, qui exerce sa profession en Algérie et au Maroc.

La famille se défend de l'avoir contacté assurant qu'il n'est pas l'avocat désigné. 

Dans un tweet, Karim Achoui affirme pourtant avoir "été désigné par la famille d'Adama Traore". Une formule ambiguë, que l'intéressé a précisé à 20 Minutes. S'il déclare ne pas être l'avocat de la famille, il affirme représenter "la soeur d'Adama Traoré, Hawa, et sa mère." 
"La famille ne l'a pas contacté" 
Une des organisatrices de la marche blanche confiait ce vendredi ne pas comprendre la présence de Karim Achoui. "La famille ne l'a pas contacté", assure-t-elle. "C'est lui qui est venu à nous: il était touché par l'histoire d'Adama", explique à 20 Minutes Hawa Traoré, la soeur de la victime.  


Le représentant officiel de la famille s'indigne du comportement de Karim Achoui. "Je suis outré qu'il vienne parler d'un dossier dont il ne connaît pas tous les éléments, c'est ingérable", précise le bâtonnier Frédéric Zajac. 

La procédure judiciaire suit son cours après la mort d'Adama Traoré 

La famille de la victime a déposé une demande de contre-autopsie. Jeudi, le procureur de la République à Pontoise, Yves Jannier, a indiqué que le jeune homme souffrait d'"une infection très grave", "touchant plusieurs organes". Selon lui, l'autopsie n'a pas relevé de "traces de violence significatives" sur le corps.


En octobre 2015, le bâtonnier Zajac avait appelé les avocats à la grève
Répondant à l’appel du Conseil national des barreaux, environ 140 avocats du barreau du Val-d’Oise s'étaient rassemblés devant le tribunal de grande instance de Pontoise, le lundi 26 octobre, pour protester contre la réforme de l’aide juridictionnelle. 
Ce projet, récemment voté à l’Assemblée nationale, prévoyait la mise en place d’un prélèvement dans les fonds des caisses (Carpa) gérées par les avocats. Et ce, afin de boucler le financement de l’aide juridictionnelle, une aide de l’État qui permet aux plus démunis (Smicards, sans-abri ou migrants), d’accéder aux services d’un avocat. En demandant aux avocats de contribuer au financement de cette aide, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, avait déclenché la colère d'une partie de la profession, avec Me Zajac à leur tête en Val-d'Oise.

Maître Zajac fut le défenseur de Mohammed, l'un des accusés de la mort d'un automobiliste, Mounir, 25 ans, retrouvé agonisant à la gare du Val à Argenteuil, le 13 février 2007. L'avocat avait souligné l'immense sentiment de culpabilité de son client d'être à l'origine de la bagarre mortel mais n'avait pu lui éviter une condamnation, avec son comparse, à huit ans de prison par la cour d'assises du Val-d'Oise. 

Dans Libération, cet avocat avait par ailleurs pris la défense d'un... procureur, Didier Peyrat, vice-procureur au tribunal de Pontoise, qui avait commis deux articles de presse (Le Monde et Libération) lui faisant encourir une sanction du procureur général qui reprochait à Didier Peyrat, représentant l'Etat, de s'être livré à une "critique visant la politique pénale impulsée par le gouvernement pour lutter contre les violences urbaines" (de 2005) et avait ainsi entravé "l'exercice de l'action publique", prenant un parti politique  en évoquant l'échec des politiques de sécurité menées depuis avril 2002. 
Me Zajac reconnaissait que le procureur avait bien critiqué vertement la "rhétorique vulgaire" (sic) de Nicolas Sarkozy et qu'il était difficile de soutenir que ce langage fait partie de la "politique pénale" de la nation,  mais il soutenait néanmoins "son droit à l'expression d'une critique, argumentée et, à bien la relire, non unilatérale, des politiques de sécurité menées depuis de nombreuses années". Un privilège que le monde judiciaire (avocats et magistrats) partage avec la presse (et son droit au "secret des sources", sans mentionner les privilèges fiscaux exorbitants de ses journalistes).

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