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dimanche 25 septembre 2016

Abandon des Harkis ? Hollande flagelle l'Etat, sans condamner leur massacre par le FLN algérien

Hollande estime que les Harkis ne sont plus des "sous-hommes", selon Georges Frêche, PS

François Hollande a "reconnu""les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis"

Un  indécent tapage médiatique aux relents de récupération électoraliste 
La reconnaissance des "responsabilités" de la France dans "l'abandon" des Harkis n'arrive pas trop tard pour François Hollande, à sept mois de l'élection présidentielle. Nicolas Sarkozy aussi s'y était livré, à la différence que c'était en avril 2012, alors que la droite en avait eu l'initiative la première. Depuis que, par le décret du 31 mars 2003, Jacques Chirac, l'a instituée, cette journée d'hommage national aux Harkis donne lieu chaque année à Paris à une cérémonie officielle dans la cour des Invalides.
C'est à la préfecture de Perpignan (Pyrénées-Orientales) que Nicolas Sarkozy avait reconnu la "responsabilité historique" de la France dans "l'abandon" des Harkis - ces natifs d'Algérie qui ont combattu avec les troupes françaises, avant d'être pourchassés après l'indépendance, en 1962, car considérés comme des traîtres par une partie des Algériens. "La France se devait de protéger les Harkis de l'Histoire. Elle ne l'a pas fait. C'est cette responsabilité que je suis venu reconnaître", avait notamment déclaré le chef de l'Etat.

Pour la première fois, ce dimanche 25 septembre 2016, François Hollande a présidé  une brève cérémonie largement retransmise depuis la cour de l'Hôtel des Invalides à Paris. L'ancien président Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, présidente du FN, NKM et Jean-François Copé, candidats à la primaire de la droite, assistaient à cet hommage. 

"Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis, 
les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines de ceux transférés en France", a déclaré le chef de l'Etat, applaudi par certains représentants des Harkis présents dans l'assistance. Evoquant une "vérité implacable" et "cruelle", François Hollande a parlé des "combattants qui furent privés de la protection de la France au lendemain de la guerre d'Algérie" et "dont l'abandon ne fut jamais pleinement reconnu par la République," selon lui.
Les Harkis sont une partie des supplétifs engagés au côté de l’armée française de 1957 à 1962, sous contrat mensuel renouvelable, sans avoir aucun statut militaire durant la guerre civile algérienne. En France, 'harki' est souvent utilisé comme synonyme de "Français musulmans rapatriés" (FMR) à partir de 1962, "Français rapatriés de confession islamique" (FRCI) en 1970 ou "Rapatriés d'origine nord-africaine" (RONA) dans les années 1980. Aujourd’hui, deux termes se sont imposés : "FMR" et "Harki". Après l'indépendance de l'Algérie, ceux d'entre eux qui ont décidé de quitter le Maghreb ont pu s'installer en France, sous la protection de la loi sur les rapatriés. Comme tous les Algériens qui résidaient en France après 1962, ils purent conserver la nationalité française par simple déclaration jusqu'au 22 mars 1967.
A moindres frais, François Hollande n'a fait qu'honorer une promesse de campagne, faite dans un discours prononcé le 5 avril 2012, se fendant d'un quasi copié-collé du texte de sa déclaration de l'époque. Il l'avait déjà fait en partie lors de la même cérémonie le 25 septembre 2012, mais à l'époque c'était par un message... lu par Kader Arif, son ministre délégué aux Anciens combattants, né à Alger - dont le père, s'était lui-même engagé comme supplétif de l'armée française - et qui, en novembre 2014, dut démissionner du gouvernement en raison de l'ouverture d'une enquête préliminaire sur des marchés publics attribués à plusieurs de ses proches. Une information judiciaire du Parquet national financier est d'ailleurs pendante depuis décembre 2015.

Après les accords d'Evian du 18 mars 1962, les 55.000 à 75.000 harkis "abandonnés" en Algérie, selon des historiens, ont fait confiance en leurs compatriotes musulmans arrivés au pouvoir et furent victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes. On peut nommer ces "nationalistes" qui font horreur quand ils sont français: en l'occurrence, ce sont 
A compter de mars 1962, la France dut faire face à des rapatriements massifs.
En comptant les "pieds-noirs" européens, les juifs et tous les musulmans "loyalistes", aurait accueilli 2,5 millions de personnes. Elle le fit tant bien que mal pour les uns et les autres et parmi eux, 42.500 harkis qui l'ont souhaité ont pu trouver refuge en France métropolitaine.  
Mais Philippe Denoix estime leur nombre à 90.000: en effet, beaucoup de familles n'ont pas demandé la nationalité et sont restées algériennes, d'où l'incertitude sur le nombre total de rapatriés et l'exploitation qui est faite de l'idée d'abandon.

La grande majorité resta en Algérie et des dizaines de milliers d’entre eux furent assassinés. 
Hollande et le FLN Bouteflika
Sur ordre du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne qui a négocié les accords de paix -accords d'Évian- avec la France en 1962), bras politique et gouvernemental du Front de libération nationale (FLN)les massacres de Harkis (considérés comme 'collaborateurs' et traîtres), parfois perpétrés sur des familles entières, s’accompagnèrent souvent de tortures et de viols. Ils se déroulèrent dans un climat de désordre dû aux luttes internes (y compris armées) de l’ALN (Armée de libération nationale, bras armé du Front de libération nationale (FLN) et du GPRA pour la prise de pouvoir qui précéda et suivit l’indépendance.
Sans compter les prisonniers, le nombre total de harkis exterminés par leurs compatriotes après le cessez-le-feu fut d'abord estimé selon les sources entre 10.000 et 150.000. En dépit des accords d'Évian par lesquels le FLN s'était engagé à ne pas exercer de représailles. L'actuel président de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika, est président d'honneur du FLN.

Quelque 60.000 "réfugiés" ont été transférés et accueillis en France

Instituée par un décret de Jacques Chirac en date du 31 mars 2003, cette journée d'hommage national aux Harkis donne lieu chaque année à Paris à une cérémonie officielle dans la cour des Invalides. Hollande a attendu sa cinquième année de présidence pour l'honorer de sa présence.

Maltraités, insultés par Georges Frêche, PS
Le 11 février 2006, le président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, s’adressant à des responsables d’associations harkies, lança : 
" Vous êtes allés avec les gaullistes (...). Ils ont massacré les vôtres en Algérie (...). Ils les ont égorgés comme des porcs. Vous faites partie de ces harkis qui ont vocation à être cocus jusqu'à la fin des temps (...). Vous êtes des sous-hommes, vous êtes sans honneur". La Cour de cassation a rejeté la plainte pour injure publique : Frêche est innocent, en dépit de l'article 33-3 de la loi du 29 juillet 1881, qui incrimine des injures proférées "à raison de l'origine, de l'ethnie ou de la religion d'une personne ou d'un groupe de personnes".

Avec leurs descendants, la communauté des musulmans loyalistes est estimée à 500.000 personnes en 2012 , voire 800.000 personnes en France.
Un électorat non négligeable.

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