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dimanche 4 septembre 2016

Les Asiatiques de Paris manifestent contre le racisme et pour plus de sécurité

Faut-il terroriser pour être entendu de Hollande ?

L'agression mortelle de Zhang Chaolin par trois "jeunes" crapules, le 7 août à Aubervilliers

cause de la mobilisation des diverses communautés asiatiques.

Les trois "jeunes" "chances pour la France" avaient arraché le sac d'un homme de nationalité chinoise alors que ce couturier français d'origine chinoise marchait en sa compagnie. Agé de 49 ans, il est décédé le 12 août des suites de ses blessures, après cinq jours de coma
Selon "une source proche du dossier", M. Zhang Chaolin a probablement eu le tort de "tomber lourdement" sur la tête après avoir reçu un coup de pied au niveau de la poitrine. Lors de son audition par la police, son ami avait évoqué trois agresseurs d'allure juvénile. Une information judiciaire a été ouverte pour vol avec violences ayant entraîné la mort et, dans le cas de l'ami, une incapacité totale de travail (ITT) inférieure à huit jours, avec la circonstance aggravante que les faits ont été commis en réunion.

Le 21 août, près de 2.000 personnes d'origine chinoise ont manifesté à Aubervilliers

Les manifestants exprimaient leur ras-le-bol des violences répétées dont ils sont les cibles
Cette agression n'a pas manqué en effet de soulever rapidement un mouvement d'indignation dans cette ville communiste de 80.000 habitants dans la banlieue nord de Paris, qui compte une importante communauté originaire de Chine, active dans le secteur du textile. Plus de 10.000 travailleurs originaires de Chine sont employés sur la première plateforme d'import-export textile d'Europe.

Cette foule d'origine chinoise avait réclamé des mesures de sécurité renforcées après cette agression mortelle.
Selon "les autorités", 105 vols avec violence ayant visé "la communauté chinoise ou d'origine chinoise" ont été dénoncés sur les sept premiers mois de l'année 2016, contre 35 sur la même période en 2015. Une hausse que la préfecture tente d'expliquer par le fait que les victimes d'agressions sont davantage incitées à porter plainte.

Le ministre de l'Intérieur a reçu la famille de Zhang Chaolin et la maire d'Aubervilliers, Meriem Derkaoui, une franco-algérienne. 
Née d'un père "indépendantiste" algérien et chauffeur de taxi et d'une mère agent hospitalier marocaine, elle a été réintégrée dans la nationalité française en 1997. 

Le 21 janvier, Meriem Derkaoui (PCF) devenait maire d'Aubervilliers. Cette fille de rebelle algérien de l'époque André Karman (père de Jean-Jacques Karman) était la première  femme à accéder à la fonction de maire dans cette ville, fief communiste depuis la Libération de la France en 1945. Elle est aussi la première "binationale" franco-algérienne gestionnaire d'une grande ville d'Ile-de-France, après Anne Hidalgo à Paris.
Meriem Derkaoui a demandé la nationalité française malgré son ascendance. anti-française. Née en Algérie en 1945, elle a perdu la citoyenneté française en 1962, au moment de l'indépendance. Elle est redevenue française plusieurs décennies plus tard, à la faveur d'une procédure méconnue, la réintégration dans la nationalité. Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, les Algériens de "statut civil de droit local" ou "musulman", ont été considérés en France comme des "réfugiés" et non des "rapatriés" comme ceux de "statut civil de droit commun". L'ordonnance du 21 juillet 1962 leur a retiré la nationalité française, avec la possibilité de souscrire une "déclaration recognitive de nationalité" en France avant le 22 mars 1967. " J'avais déposé ma demande en 1993. Après des années de démarches, je suis redevenue française en 1997", alors que Jack Ralite était maire (1984-2003). Une procédure différente de la naturalisation. La réintégration représente 20 % des demandes des étrangers. A la différence de la naturalisation, il n'est pas nécessaire d'avoir résidé cinq ans en France. M. Derkaoui aurait fui l'Algérie au début des années 1990 avec la montée de l'islamisme.
Bernard Cazeneuve avait promis "de renforcer davantage les effectifs de police à Aubervilliers", où "de nouveaux policiers seront affectés après leur sortie d'école en octobre". Le ministre de Hollande avait aussi indiqué qu'il se rendrait prochainement en Seine-Saint-Denis.
A la mairie d'Aubervilliers, alors que l'information selon laquelle trois personnes avaient été interpellées n'était pas connue, Mme Derkaoui, les maires de Pantin, Bertrand Kern (PS), Stains, Azzédine Taïbi (PCF), La Courneuve, Gilles Poux (PCF) et Saint-Denis, Didier Paillard (PCF et organisateur du premier référendum citoyen sur le droit de vote des résidents étrangers) avaient demandé que l'"égalité républicaine" soit respectée en Seine-Saint-Denis, avec un nombre de policiers nationaux concordant au nombre d'habitants.

"Nous ne sommes pas traités à égalité à proportion des populations que nous avons à charge", avait déclaré Meriem Derkaoui, estimant que sa commune devrait compter sur au minimum 300 policiers, contre "150" actuellement.

La maire communiste avait dénoncé un "ciblage raciste" après l'agression. Elle avait souligné qu'elle souhaitait éviter que les habitants de sa commune soient tentés de "se rendre justice (eux)-mêmes". Un comité regroupant plusieurs associations de la communauté chinoise avait appelé à une manifestation   à Paris "pour réclamer des mesures de protection".

La communauté asiatique était plusieurs milliers à manifester dimanche 4 septembre à Paris

Ils réclamaient "la sécurité pour tous" en France et dénonçaient "le racisme anti-asiatique", un mois après l'agression mortelle et en pleine période d'état d'urgence prolongé.

"Ces voyous ont détruit notre confiance en la France"
"Il était venu en France chercher une vie meilleure, la liberté, l'égalité, la fraternité. il a trouvé la violence et l'insécurité. Ces voyous ont détruit notre confiance en la France : faisons entendre notre voix, notre Marseillaise", a lancé en chinois à la tribune un porte-parole de l'association des Chinois résidents en France, à propos de la victime du racisme.

Aux cris de "sécurité, sécurité"
Dans une marée de drapeaux bleu-blanc-rouge, le cortège de manifestants, quasiment tous vêtus d'un t-shirt blanc -signe de deuil dans la culture asiatique -  frappé du slogan "sécurité pour tous", a quitté la place de la République vers 15h00 en direction de celle de la Nation.
Parmi la foule figuraient de nombreux élus, dont Bruno Julliard, premier adjoint à la maire de Paris, absente, Stéphane Troussel, président PS du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, à la suite de Claude Bartolone, absent, ou encore la présidente du Conseil régional d'Ile-de-France Valérie Pécresse (Les Républicains), en personne
"Dénonçant les préjugés racistes" selon lesquels "les Chinois seraient plus riches", la présidente de la Région a promis des "preuves d'amour" à cette communauté, victime de nombreuses agressions en Ile-de-France. Elle a notamment évoqué plus de vidéo-protection, et une convention Etat-Région qui sera annoncée la semaine prochaine avec le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.


Le collectif "Sécurité pour tous" avait déjà rassemblé plusieurs milliers de personnes en 2010 et 2011 dans le quartier parisien de Belleville - quatre arrondissements à forte densité asiatique et particulièrement malmené (et négligé) pendant dix ans (présidence de Jean-Paul Huchon, socialiste, depuis 1998)  - pour protester contre la violence dont la communauté chinoise est la cible. La mobilisation, déclenchée par une agression lors d'un banquet de mariage, avait été marquée par des échauffourées.

Dimanche, Suna Chen et son compagnon, Le Xu, tous deux âgés de 38 ans, ont voulu pour dire "aux politiciens" leur "colère". Arrivé en France voilà trente ans, le couple évoque "une insécurité grandissante depuis quelques années". "Dans la communauté asiatique, on est ciblés car on est des proies faciles: on a des petites carrures et puis on est discrets, on ne porte souvent pas plainte, alors il n'y a pas de retombées", analyse Le Xu.

Aux cris de "sécurité, sécurité pour tous"

Dans une marée de drapeaux bleu-blanc-rouge, le cortège de manifestants, quasiment tous vêtus d'un t-shirt blanc -signe de deuil dans la culture asiatique -  frappé du slogan "sécurité pour tous", a quitté la place de la République vers 15h00 en direction de celle de la Nation.

"Sécurité pour tous" dénonce le climat de peur et d'insécurité qui règne à Aubervilliers et met en cause les "autorités" qui "ont préféré fermer les yeux sur cette délinquance grandissante" parce que les "Asiatiques constituent la cible principale de ces agresseurs".

Dans une marée de drapeaux bleu-blanc-rouge, le cortège de manifestants, quasiment tous vêtus d'un t-shirt blanc - marque de deuil dans la culture asiatique - frappé du slogan "sécurité pour tous", a quitté la place de la République vers 15h00 en direction de celle de la Nation.

Les plaintes pour vols avec violence visant la communauté chinoise, bien implantée dans la commune communiste d'Aubervilliers, ont triplé en un an, passant de 35 à 105.

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