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dimanche 26 février 2017

Pas de trêve judiciaire à deux mois du scrutin présidentiel, clame Urvoas

Urvoas, ministre hyper-actif en maître du Parquet, fait du zèle avant son renvoi en mai

Le coup de pied de l'âne socialiste en voie de 'réforme'

"Rien ne justifierait" une pause des investigations visant des candidats durant la campagne électorale, menace le ministre de la Justice, un brin provoquant et sûr de la soumission de ses troupes en robes.
"Si dans le passé, pour l'audiencement d'une affaire, c'est-à-dire la fixation de la date du procès, il y a pu avoir des pauses électorales, cela n'a jamais concerné la conduite des enquêtes", souligne Jean-Jacques Urvoas au sujet de l'éventualité d'une "pause" ou d'une "trêve" électorale. "Il n'existe d'ailleurs aucun texte prévoyant une telle suspension. Quelle en serait d'ailleurs la raison ? Au nom de quelle exception ? A mes yeux, rien ne le justifierait," insiste-t-il dans un entretien au Journal du dimanche, sans exclure une mise en examen de François Fillon. Et en attendant celle du maire PS d'Istres, François Bernardini, après plus d'une année d'enquête...

La candidate du Front national à l'Élysée, Marine Le Pen, a refusé cette semaine de se rendre à une convocation de la police dans l'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants frontistes au Parlement européen, estimant - forte de son immunité d'eurodéputée -  que la période électorale ne permet "ni la neutralité ni la sérénité nécessaires au fonctionnement correct de la justice"

"Elle tourne le dos au droit. Il n'y a pas une justice pour les anonymes et une justice pour les gens célèbres !", polémique le garde des Sceaux, faisant mine de s'interroger : "Imaginons que pendant la campagne présidentielle, on ne puisse pas enquêter. Mais après la présidentielle, il y a les législatives. Et après, en septembre, les sénatoriales! À quel moment la justice pourrait-elle alors fonctionner normalement ?" 

Urvoas fait l'âne, puisque personne ne veut empêche les juges de travailler : il serait simplement plus utile que les juges consacrent un temps précieux à des dossiers qui ne sont pas gelés par une immunité - les délinquants récidivistes ? - et que le ministre s'évite le ridicule de sortir de son trou uniquement pour s'ingérer dans la campagne suprême et pour faire de la provocation stérile. 

Rien n'empêche donc les juges d'instruction chargés d'enquêter sur les soupçons d'emplois fictifs au sein de la famille de François Fillon de mettre en examen le candidat de la droite et du centre, une fois désigné par la primaire, lui demande le journal ? "Ou de ne pas le mettre en examen", répond-il. 

"Le travail d'un juge d'instruction est de procéder à toutes les investigations nécessaires. S'il doit le faire qu'il le fasse." Là où la procureure Eliane  Houlette (PNF) a échoué, Urvoas attend que les trois juges réussissent. Mais ce n'est ps de l'acharnement...

Le ministre se défend à nouveau d'intervention gouvernementale ou de complot politique visant François Fillon ou Marine Le Pen, "adversaires de la gauche au pouvoir", selon l'AFP qui applique le "secret des sources" à l'identité de ses propres journalistes... mais simples membres élus de l'opposition républicaine, selon les Républicains.
"Imaginer aujourd'hui que des instructions aient pu être ordonnées sur François Fillon ou Marine Le Pen est tout simplement absurde parce qu'illégal", se défend encore le successeur de Christiane Taubira, accusant en retour la droite de n'avoir pas permis de renforcer l'indépendance du parquet.
Pourquoi l'exécutif en déroute se priverait-il, en république bananière qui ne se respecte pas, de polémiques malodorantes ?

 

samedi 25 février 2017

Le parquet national financier enquête sur le maire socialiste d’Istres

Le PNF enquête sur les marchés publics de Bernardini, maire PS d’Istres

Ouverte à Aix-en-Provence 
par le parquet national financier


En parallèle sont attendues au début 2017 les conclusions de la chambre régionale des comptes qui s'annoncent salées.
Les affaires de François Bernardini ne s’arrangent pas, puisqu'une épée de Damoclès est suspendue au-dessus de la tête du maire d’Istres, un rapport provisoire de la chambre régionale des comptes et de la brigade financière sur sa gestion municipale et une enquête préliminaire. de la justice pénale. 

Ouverte par le parquet d’Aix-en-Provence et désormais entre les mains du parquet national financier (PNF) à Paris, l'enquête s’intéresse à des questions d’ "atteinte à la probité" – en clair, des faits présumés de corruption. A l'hôtel de ville dont le parvis est décoré par Buren, on confirme s’être saisi de l’enquête sans vouloir en dire plus pour ne pas compromettre les investigations en cours de la Chambre régionale des comptes et de la brigade financière. 
Nicolas DAVINI
Fin septembre, l’opposition interrogea toutefois François Bernardini sur les investigations. Envoyé au charbon, l’adjoint "centriste", Olivier Mayor, confirme que Nicolas Davini (ci-contre à droite), le directeur général des services, a été entendu par la CRC et la police. Et le maire d’assurer que si la police est venue, c'est juste pour savoir, suite à des "dénonciations", pourquoi " les travaux à la Régalido [cercle du troisième âge classé 'restaurant ou service social classifié Foyer club restaurant, comme on voudra] ont duré autant de temps ? […] Voyez comme c’est pauvre !" commenta cet ex-directeur général du syndicat d'agglomération nouvelle regroupant les villes de Fos-sur-Mer (PS), Istres, Miramas (PCF). 

Depuis 2002, il est directeur régional d'un groupe de presse et vice-président du SAN Ouest Provence. Le sexagénaire est grand-père puisque sa fille Laetitia a donné un fils à un footballeur marié du PSG, Yohan Cabaye, ci-contre.
 
L’information de l'enquête n’est pas anodine car le PNF a été créé après l’affaire Cahuzac pour combattre la corruption et l’évasion fiscale. Si toutes les affaires pouvant relever de son champ de compétences lui sont signalées, le parquet national financier ne sélectionne que les dossiers les plus graves et les plus complexes. C’est donc le cas du dossier istréen, mais c'est la procureure du parquet d’Aix, Dominique Moyal, qui instruit le dossier. A propos du maire, "il a été approché en tant que témoin mais n’a pas encore été formellement entendu. Et il n’y a pour l’heure ni information ouverte ni garde à vue," indique le parquet.

Récidiviste, ce maire a déjà été condamné en 2001

Des soupçons d'irrégularités potentielles pèsent sur des marchés publics de la mairie d’Istres. Les comptes de plusieurs entrepreneurs sont en cours d'examen, ainsi que le train de vie de certains élus et cadres de la Ville, comme le tissu de circuits financiers qui pourrait les relier. Il revient au PNF de choisir les enquêteurs  et d'ouvrir, si besoin, une information judiciaire qui conduirait à la désignation d’un juge du pôle financier.

Après plus d'un an d'enquête, si le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire, c'est à la suite d'un vol d'armes sur la base aérienne d'Istres. 

La possible mise en examen de François Bernardini rend le dossier sensible.
 
Maire d’une commune de 40.000 habitants, président du Conseil de territoire Istres Ouest Provence et vice-président de la métropole, c’est un élu qui compte dans un département particulièrement marqué par les affaires politico-financières ces dernières années. 
C'est ainsi qu'il a déjà été condamné en 2001 à dix-huit mois de prison avec sursis, 400.000 francs d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics au détriment d’une association. L’affaire l’avait alors obligé à quitter la présidence du département et (provisoirement) la mairie. 

En 1997, le préfet avait démissionné le maire et l'un de ses adjoints, ... Bernardini !
Procédure exceptionnelle 
Déclarés comptables de fait par la chambre régionale des comptes (un jugement du 30 avril 1995), le docteur Jacques Siffre, maire PS, et son adjoint, François Bernardini, vice-président (PS) du conseil général, ont été démis par le préfet des Bouches-du-Rhône, Jean-Paul Proust. Au coeur du débat, la gestion très laxiste de l'association Istres Promotion, un organisme qui, selon la chambre régionale, "n'a été que l'instrument passif d'une entreprise organisée par les dirigeants de la commune".
Les magistrats indiquaient que l'organisme n'a eu « aucune réelle vie associative ", et relevaient des dépenses somptuaires sinon extravagantes engagées pour le seul profit des dirigeants. Pour assumer ces dépenses, la commune d'Istres a versé au total une somme de 9,430 millions de francs, « subventions qui ont constitué les seules ressources de l'association, laquelle n'a perçu aucune cotisation de ses membres ». Champagne à flots, frais de déplacement exagérés, sondages politiques inutiles, financements de la campagne « les voeux du maire " : les comptes, selon les magistrats financiers, étaient éloquents. Lien Les Echos
Un pedigree qui ne plaide pas en la faveur du socialiste auprès des juges financiers.

Des éléments de l'enquête se corroborent

Le travail des juges financiers complétera celui de la chambre régionale des comptes (CRC) dont le rapport définitif sur la gestion de la mairie d’Istres ne devrait être rendu public qu’en 2017. 
Dans son rapport provisoire, celle-ci fait aussi état de soupçons de conflit d’intérêts entre le maire et des entrepreneurs qui lui sont proches. Il est tenu secret malgré les demandes de communication faites au conseil municipal le 18 octobre 2016 par les opposants Lionel Jarema (PS) et Robin Prétot (LR). 
Conformément à la règle du contradictoire, la CRC a adressé cet été des courriers à tous les acteurs, privés comme publics. Leurs réponses serviront à la rédaction du rapport final. 

Plusieurs acteurs proches du dossier confirment que le résultat de l’inspection s’annonce sévère.
La CRC en aura alors fini avec le dossier municipal mais restera dans le secteur puisque la Cour mène aussi une inspection de l’ancien SAN Ouest Provence, l’intercommunalité qui a trouvé opportun de se dissoudre dans la métropole au début de l’année 2016.
 
 On pourrait aussi évoquer les nombreux soupçons d'irrégularités pesant sur l'acquisition et la reconstruction de la villa de Marlène Prospéri-Picon, la directrice de cabinet de François Bernardini. 
Le parquet financier ne manquera pas de se pencher sur le dossier du 'mas de Saint-Véran', estimé à plus d’un million d’euros... 

mardi 8 mars 2016

La ville socialiste d'Istres attire quinze "migrants" irakiens

Vauzelle (PS) a débloqué 3 millions d’euros pour l’accueil des migrants en région PACA

Les élus régionaux de gauche se sont réunis en Assemblée plénière extraordinaire le 14 septembre; le 13 décembre, ils étaient remerciés par les électeurs de PACA
Clandestins expulsés de la "jungle" de Calais et déplacés à Istres
fin octobre 2015
L'unique question à l’ordre du jour était la solidarité avec les migrants. La mise en place d’un fonds de 3 millions d’euros a ainsi été votée à la 24e heure de cette assemblée. Ils encouragent les communes volontaires ainsi que les associations à venir en aide aux clandestins. Le Président Vauzelle -qui s'est dit "fier d'être le président d'une grande région musulmane"-  a rappelé son combat depuis de nombreuses années, afin que soit pris en compte que la Méditerranée est une communauté de destin.

A trois mois de la régionale qui a balayé la gauche, un rapport a été voté par la majorité sortante, alors que la droite s’abstenait, après une intervention très critique envers le gouvernement de Pierre Paul Leonelli, et un autre, tout aussi sévère de Chantal Eymeoud. Deux intervenants FN, T. de la Tocnaye et Hubert de Mesmay, ont évoqué un million de migrants à venir... Finalement, le FN n'a pas pris part au vote.

Quinze illégaux déplacés de la "jungle" de Calais à Istres

Quinze hommes originaires d'Afghanistan, d'Iran, d'Irak, d'Erythrée ou du
Soudan,
Trois Irakiens choisis parmi quinze arrivants
sont arrivés à Istres (PS, Bouches-du-Rhône), après parfois plusieurs mois passés dans la "jungle" de Calais, ce bidonville géant où s'entassent les migrants illégaux. 

C'est l'Adamal (association d'accès et de maintien au logement), basée à Salon-de-Provence, qui prend le relais en matière de démarches administratives : tous ont déposé un dossier de demandeur d'asile. En attendant que leur régularisation soit effective, ils veulent se promener dans le centre d'Istres, faire des courses, acheter une pâtisserie, discuter avec les commerçants; bref, retrouver en quelque sorte leur humanité, raconte Fanny Viard, directrice-adjointe de l'association, qui ajoute: ils "veulent s'installer en France". Pour la plupart, ils ont 22 ou 23 ans et le plus âgé en a 50. 

Les quinze migrants sont hébergés en ce moment à l'AFPA d'Istres (association pour la formation professionnel des adultes). Ils ont tous séjourné plus ou moins longtemps dans la "jungle" de Calais, où s'entassent des milliers de personnes qui espèrent rejoindre l'Angleterre. Mais ces 15 migrants ont été envoyés à Istres pour apprendre le français et peut-être s'installer durablement en France. L'AFPA d'Istres est prête à recevoir près de 80 migrants pour les héberger, les nourrir et les former. 

40 clandestins étaient déjà arrivés à Istres en octobre 2015
Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, préfet de la zone de défense Sud et préfet des des Bouches-du-Rhône, Stéphane Bouillon, est venu en personne de Marseille les accueillir, avec le maire d'Istres, François Bernardini.
Cette fois, outre Istres, la ville de Carpentras vient d'accueillir 25 illégaux en provenance de Calais. D'autres sont arrivés à Sisteron dans les Alpes de Haute-Provence.

dimanche 20 décembre 2015

Bernard Tapie annonce son retour en politique: pour suppléer au pouvoir socialiste ?

L'ancien ministre compte montrer à Hollande comment combattre le chômage des jeunes

A 72 ans, Bernard Tapie a "décidé de revenir en politique"

Ruiné par la gauche, l'homme explique avoir pris cette décision après le "signal d'alarme" du résultat des régionales. "Personne ne peut contester mes succès passés face au FN, notamment aux européennes de 1994", explique, dans un entretien au JDD publié dimanche 20 décembre, celui dont la liste Energie radicale avait obtenu plus de 12%.

L'homme d'affaire souligne la défaite de la gauche au pouvoir dès le premier tour. "Le pire a été évité grâce au désistement des candidats socialistes, qu'il faut saluer, déclare Bernard Tapie au Journal du Dimanche. Mais en faisant cela, on a, en quelque sorte, 'cassé le thermomètre' pour ne pas montrer qu'on avait de la fièvre."

Un plan contre le chômage des jeunes

L'actionnaire principal du quotidien La Provence estime que, pour contrer le parti de Marine Le Pen, il faut "apporter des remèdes aux causes" des problèmes des électeurs FN. En commençant par s'attaquer au chômage, surtout celui "des jeunes, les plus nombreux à voter FN". En creux, Tapie remue le couteau dans cette plaie de Manuel Valls (PS), son incapacité à redresser la situation aggravée par son prédécesseur socialiste, Jean-Marc Ayrault, malgré sa "détermination" en bandoulière.

En moins d'un mois, Bernard Tapie compte "mettre sur pied, un premier projet pour la remise en activité de tous les 18 à 25 ans"qui sera remis "aux chefs de groupe de l'Assemblée nationale, du Sénat et aux ministères concernés", d'ici à fin janvier.

Bernard Tapie sera-t-il candidat à la présidentielle ? 

Début décembre, dans les colonnes du journal Le Monde, Bernard Tapie se disait
Le Phocea,  ancien voilier de Tapie
"abattu" et "ruiné",
24 heures après l'arrêt de la cour d'Appel de Paris qui lui demande de rembourser 405 millions d'euros 
obtenus en 2008 dans l'affaire Crédit lyonnais-Adidas. Depuis plus de vingt ans, Bernard Tapie estime avoir été trahi par 
son banquier historique, le Crédit lyonnais (rebaptisé CL), dans la revente d'Adidas à l'homme d'affaires Robert-Louis Dreyfus
"C'est ahurissant ! La justice me demande de rembourser des sommes astronomiques que je n'ai même pas touchéesJe n'ai pas touché ces 405 millions d'euros, clame Tapie. Pourquoi tant de haine ? Parce que vraiment, quand on lit le jugement, on sent que je leur ai inspiré de la haine aux magistrats". 
Bernard Tapie a d'ores et déjà fait savoir qu'il comptait mener l'affaire devant la cour de Cassation, ce qui ne le dispense toutefois pas de devoir rembourser la somme demandée.
Jean-Claude Gaudin est député-maire (UMP, puis LR) de Marseille depuis... 1995. Il a été réélu en 2001, 2008 et 2014 ! Et les Marseillais n'en veulent pas, dites-vous, Bernard Tapie?


Les grandes manoeuvres de recentrage des battus des régionales pourraient servir l'homme d'affaires. 
Ex-yacht de Bernard Tapie 
Mais, pour l'heure, "chaque chose en son temps, réplique celui qui a été vendeur de téléviseurs, chanteur et animateur de télévision, repreneur d'entreprises en dépôt de bilan (Manufrance, Terraillon et Testut, La Vie claire, Wonder et Donnay), quatre ans député et quatre mois ministre de la Ville de Mitterrand,  patron d’Adidas et président de l’OM.
Et il rappelle ce que la justice ne peut lui retirer. "Personne ne peut contester mes succès passés face au FN, notamment aux européennes de 1994, quand je l’avais ramené, comme je l’avais promis, à 10% des voix. C’est toujours faisable à condition d’adopter les bonnes méthodes." En 1994, sa liste radicale avait drainé 12,03 % des voix, à seulement deux points de la liste du PS conduite par Michel Rocard qui lui voue une rancune tenace.
La politique, ce n'est pas seulement être élu. 
"La seule élection qui me faisait envie, c'était celle de la mairie de Marseille en 1995, pour laquelle on s'est dépêché de me rendre inéligible", poursuit celui qui a tout connu, outre ses poursuites judiciaires qui lui ont barré l'entrée du port de Marseille.

Lucien Weygand ? Un élu socialiste qui a prospéré dans les quartiers nord de Marseille. Lien PaSiDupes - "Les socialistes Bernardini et Weygand, condamnés dans l'affaire de l'OCID par la Cour des Comptes"

Nanti au service des "défavorisés" a donc tout dit et  tout connu. La fortune des affaires. La gloire en politique. Le succès au théâtre. Le triomphe en sport. Puis les mises en examen et les séjours en prison.

lundi 6 janvier 2014

Istres: un candidat UMP face à un front municipal contre le FN

Le Front national a inscrit Istres au tableau de chasse de ses conquêtes aux municipales

L'UMP pourrait remporter la mise sur cette mascarade  de front

  
François Bernardini, l'un des nombreux condamnés en justice du PS, ne décolère pas. Assis dans son bureau, cravate multicolore jurant avec son costume moutarde, le maire (divers gauche) d'Istres, 61 ans, prend le journaliste à témoin : "Je sais pourquoi vous êtes là ! Parce que après les législatives, le FN s'est dit : "Dans cette ville, c'est jouable aux municipales." Mais c'est n'importe quoi : mon bilan est exceptionnel et le FN n'a aucune tradition ici." 
La menace frontiste est telle que son ancien adversaire UMP et le leader local de l'UDI se sont ralliés pour faire barrage à Adrien Mexis, 32 ans (ci-contre), bardé de diplômes, dont Sciences Po. Aixois d'adoption, cet administrateur de la Commission européenne a décidé de s’engager en politique et s’est rapproché de Stéphane Ravier, secrétaire départemental du FN et conseiller municipal du 7e secteur de Marseille. Il peut s’appuyer sur les contacts du leader historique du FN à Istres, José Rodriguez qui préfère aujourd’hui rester en retrait "Il y aura des historiques du Front, mais pas seulement", prévient Adrien Mexis en quête de 42 co-listiers du "Rassemblement bleu marine" dans cette sous-préfecture, un bastion rose et rouge.

"Istres n'est ni Sorgues ni Carpentras, oppose Christophe Borgel, le délégué national aux élections du PS sur la défensive, mais
il y a dans cette ville, un vrai sujet Front national que l'on ne doit pas éluder." Le Parti socialiste a donc été le premier à se positionner, en dépit de l'avis de sa section locale, qui dénonce "la gestion opaque et l'autoritarisme du maire sortant", mais le PS ne présentera pas de liste contre son dissident en 2014.
Dans un communiqué rendu public début décembre 2013, François Bernardini a fait savoir que "le Parti Socialiste, réuni en convention nationale les 6 et 7 décembre, vient de mettre un terme définitif au doute volontairement distillé dans l’esprit des socialistes d’Istres par leur section locale. En officialisant sa décision de ne pas présenter de liste PS à Istres, cette instance nationale démontre clairement sa volonté de faire représenter et gagner la Gauche par le candidat le mieux placé pour y parvenir."
"J’ai donc rencontré en tout premier lieu les responsables locaux du Parti Socialiste pour les inviter à me rejoindre dans la bataille pour Istres. En toute transparence, je leur ai proposé une rencontre avec les services administratifs, leur permettant de comprendre le déficit hérité, de 14 millions d’euros, qu’ils contestent; celle-ci a été déclinée ! Ils devaient, par la suite, poser officiellement, par courrier, les bases d’un accord électoral, afin d’entamer un travail commun ; celui-ci ne m’est jamais parvenu !"
Le PS apparaît donc profondément divisé. Bernardini , qui fustige aujourd'hui sa gestion, mais le PS a pourtant tenu la maison pendant ses années d'affaires politico-judiciaires. Impliqué et relaxé dans l'affaire de la MNEF qui fit condamner Jean-Christophe Cambadélis à six mois d'emprisonnement avec sursis et 20 000 euros d'amendeà la fin des années 1970, Bernardini fut à nouveau impliqué avec Lucien Weygand en mai 1998 par la Chambre régionale des Comptes PACA dans des détournements de fonds d'une association (OCID) pour un montant de 64,775 millions de francs, provenant exclusivement de subventions du Conseil général, à l'exception de 161.695 F de fonds communautaires". Bien que condamné à 18 mois de prison avec sursis, 200. 000 francs d'amende et 2 ans d'inéligibilité, le franc-maçon Bernardini parvient de justesse à se faire élire maire d'Istres, le 18 mars 2001, bien qu'il ait été exclu du PS. François Bernardini doit néanmoins démissionner de la mairie d’Istres en 2002, un mois avant que la Chambre régionale des Comptes de PACA lui demande à nouveau de justifier que les subventions versées par le département à l'OCID étaient d’utilité publique. Bernardini obtient du département des Bouches-du-Rhône, alors présidé par Jean-Noël Guérini, des déclarations d'utilité publique pour les dépenses effectuées par l'OCID, mais le Tribunal administratif de Marseille les annule. En décembre 2009, la Cour des Comptes confirme donc les amendes dues par Bernardini et Weygand.

François Bernardini, le maire sortant divers gauche, vient d'accrocher à son tableau de chasse son ancien adversaire UMP, Alain Aragneau. 
Le maire sortant a inauguré son QG de campagne en présence d'un petit nombre d’Istréens et d’élus, de l’UMP Alain Aragneau au communiste Michel Colson, en passant par l’UDI Olivier Mayor ou le socialiste Patrice Gouin, chacun "avec ses propres sensibilitésn sa propre histoire, sa propre identité", rangés derrière Bernardini.
L’UMP Alain Aragneau, un gaulliste qui milite depuis 35 ans dans cette ville de près de 44.000 habitants sur la rive ouest de l'étang de Berre, avait passé la main, mais il figurera sur la liste Bernardini. Le maire sortant a également rallié le président du groupe d'opposition au conseil municipal, l'UDI Olivier Mayor que son parti venait d'investir. 
"J'ai voulu rassembler du Front de gauche à l'UMP en passant par les socialistes qui ne voulaient plus me parler. C'est d'autant plus original que ce sont tous des opposants qui m'ont tapé dessus", reconnaît Bernardini, qui avoue une "petite jouissance". 
"Cette stratégie n'est pas dictée par la crainte du FN", assure-t-il, mais par "une vision partagée" de la métropole Aix-Marseille. Le PS ne présente pas de liste face à lui, mais ces ralliements ne passent pasle secrétaire de section locale, Lionel Jarema, vient de demander à son parti de se positionner sur ce qu'il appelle "le gloubi boulga" politique istréen!

Bernardini sent pourtant fort le soufre 

Il fut dans les années 1990 l'homme fort du Parti socialiste dans les Bouches-du-Rhône. D'ex-patron du PS local, il est devenu premier secrétaire de la fédération PS des Bouches-du-Rhône de 1990 à 2000, conseiller général des Bouches-du-Rhône de 1988 à 1998, député des Bouches-du-Rhône de mai 1992 à avril 1993, député européen de 1994 à 1999 et conseiller régional Provence-Alpes-Côte d'Azur en 1998,  cet incontournable est réélu à la mairie d'Istres en mars 2008, après avoir été condamné pour abus de confiance, notamment à cinq ans d'inéligibilité et démis de ses mandats
Il fut ainsi le prédécesseur de Jean-Noël Guérini à la fédé et au conseil général.

Course au strapontin
Le ralliement d'Aragneau a aussi déclenché l'indignation de l'UMP qui l'a aussitôt suspendu. 
"Quand on a dénoncé pendant des années les pratiques douteuses de Bernardini, son système clientéliste et totalitaire entretenu à coup de subventions et de prébendes, rien ne justifie ce ralliement contre nature si ce n'est la course au strapontin", dénonce Michèle Vasserot, responsable UMP dans la circonscription. "Les électeurs sont déboussolés", observe-t-elle. 

"C'est la démonstration que le clivage UMPS et même UMPC est totalement factice. Ils ne pensent qu'à leurs destins personnels. Cette municipalité me fait penser à une République bananière", souligne Adrien Mexis. Ce fonctionnaire de l'Union européenne, qui a enseigné à Sciences Po à Paris et à Aix-en-Provence, mise sur le ras-le-bol des Istréens pour le "système Bernardini ne profitant qu'à un petit nombre de gens s'accaparant l'argent public"
Et sur les scores du FN à Istres aux dernières élections: 27,33 % au premier tour de la présidentielle et 45,83 % au deuxième tour des législatives. "On verra le moment venu si le Dr Leban prend ses responsabilités pour faire tomber le système Bernardini", conclut Mexis.

La tâche du candidat investi par l'UMP, le Dr Michel Lebanpourrait néanmoins s'en trouver facilitée entre extrémisme et corruption.
Ce radiologue qui exerce à Istres n'est pas un parachuté. 
Né en Algérie, il a fait ses études au fameux lycée Thiers de Marseille, a obtenu son diplôme à la faculté de médecine marseille et fait son internat à Montpellier. Michel Leban, conseiller municipal d'Istres depuis 1995, est le choix de la base. 


mercredi 22 mai 2013

Sylvie Andrieux, députée PS condamnée pour détournement de fonds publics de la région PACA

Après 12 ans, la députée, amie de Vauzelle, condamnée à un an ferme pour détournement

La socialiste prospérait sur la misère des quartiers nord
S. Andrieux-M. Vauzelle
La députée était poursuivie pour détournement de l'argent public à des fins de clientélisme électoral. Elle avait redistribué plus de 700.000 euros d'impôt régional en subventions de la région PACA aux associations de sa circonscription qui oeuvraient à sa réélection

Lien PaSiDupes - S. Andrieux, socialiste vertueuse mise en examen: elle détournait des fonds régionaux " : Ce n'était donc pas de la calomnie...
C'est ainsi que
la députée socialiste des Bouches-du-Rhône fut vice-présidente de 1998 à 2009, au côté de Michel Vauzelle.

Sylvie Andrieux a été condamnée à trois ans de prison - dont deux avec sursis - par le tribunal correctionnel de Marseille ce mercredi matin. Cette peine a été assortie d'une amende de 100 000 euros et cinq ans d'inéligibilité.

Le gouvernement Ayrault s'est compromis
Ministre de F. Hollande, M.-Arlette Carlotti
-ex-conseillère régionale de Vauzelle -
 apporte la caution du gouvernement
à Sylvie Andrieux
A la législative de juin 2012,le Parti socialiste a appelé les électeurs à donner leur suffrage à la dissidente PS Sylvie Andrieux. 

La maire des  15e et 16e arrondissements de Marseille, dans les quartiers nord est la socialiste Samia Ghali, tandis que Sylvie Andrieux en est la députée, avec 50,99 % des voix.

Au procès en mars, où elle avait comparu parmi une vingtaine de prévenus, par la voix du procureur Jean-Luc Blachon  
le ministère public de Christiane Taubira avait requis deux ans de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité. Ses avocats avaient dénoncé un dossier "à l'odeur nauséabonde" et un "traquenard politique", plaidant la relaxe. 

L'argent public n'allait pas à la lutte contre l'économie souterraine
Alors que les jeunes dealers des quartiers nord s'entretuent toujourset que Valls renforce en vain les effectifs policiers, des flux financiers suspects avaient été repérés sur les comptes d'associations marseillaises censées oeuvrer en faveur des quartiers difficiles et de la jeunesse.

Solférino lui avait retiré son investiture à la veille des législatives de juin 2012, alors que l'élue était déjà mise en examen depuis deux ans. Le PS de Martine Aubry avait été acculé au mur parce que le renvoi de la députée en correctionnelle avait fuité dans la presse. 

Lien PaSiDupes - Andrieux, députée condamnée mais réintégrée par le PS " : Sournoiserie de l'équipe Hollande

Cela n''avait pas empêché la réélection de cette ex-franc-maçonne à un quatrième mandat, de justesse au second tour face au Front national.
Lien PaSiDupes - S. Andrieux, une proche de M. Vauzelle, renvoyée en correctionnelle ": Investie candidate PS par Martine Aubry, malgré une affaire de détournement de fonds publics.
Comme dans l'affaire Thomas Fabius (lien PaSiDupes), la cellule Tracfin du ministère des Finances avait été saisie et une enquête ouverte à la mi-2007, après un signalement à la justice.  Elles se sont avérées au final des coquilles vides créées, selon l'accusation, pour rétribuer des personnes ayant aidé Mme Andrieux à s'implanter et à se faire élire, notamment dans le 14e arrondissement de la ville. Avec celle des frères Guérini, l'affaire Andrieux est de celles qui gênent le PS dans le département.

La condamnée est une fille de... issue du réseau Deferre. 

Adhérente du PS dès l'âge de 15 ans, elle est la fille du sénateur Antoine Andrieux (1974-1983), chauffeur de taxi né à Bastia, , un proche de Gaston Defferre, ministre et filleule de la sénatrice Irma Rapuzzi, membre de la commission des finances du Sénat, dans le sillage de laquelle Antoine Andrieux fit carrère à Marseille où elle fut première adjointe au maire, Gaston Defferre.

Agée de 51 ans et parlementaire depuis 1997, Sylvie Bacquet-Andrieux avait obtenu un diplôme d'École supérieure de commerce, pour entrer à 22 ans à la Société coopérative de manutention (Socoma), créée notamment à l'initiative de son père.

Elle est l'épouse du Dr. Jean-Paul Bacquet, député PS du Puy-de-Dôme, depuis 1997, comme Mme Andrieux.

jeudi 25 avril 2013

Fusillade mortelle à Istres

Trois morts à la kalachnikov dans la ville de François Bernardini (PS) 

Trois personnes ont été tuées et une autre a été blessée jeudi lors d'une fusillade de plusieurs minutes à Istres, au bord de l'Etang de Berre, au nord des Bouches-du-Rhône.
L'auteur présumé des tirs a été interpellé en possession d'une arme d'assaut à proximité du lieu de la fusillade, qui s'est produite peu après 14h00.
On avait commencé par dire que les victimes étaient des personnes connues de la ville, mais le tueur, âgé de 19 ans, aurait fait feu au hasard, tuant trois hommes et blessant une femme légèrement à la tête. 
Les victimes sont deux voisins de 45 et 35 ans qui ont été abattus dans leurs jardins. Un automobiliste d'une soixantaine d'années a pour sa part été abattu au volant de son véhicule. 
Aucun lien n'existerait entre l'agresseur et ses victimes.
"Rien ne permet de penser spontanément qu'il y ait eu une cible identifiée en un seul lieu", a affirmé à la presse le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Jean-Paul Bonnetain. "S'il y a un lien avec les victimes, il convient de l'établir. Rien pour l'instant n'a permis de le faire".
Selon une source anonyme proche du dossier, le criminel souffrirait de   schizophrénie, a-t-on aussitôt affirmé. Il a été interpellé sans heurt après avoir jeté son arme. Contrairement à une déclaration prématurée de nature à atténuer également la responsabilité du tireur, il s'agit non pas d'un fusil à pompe,  mais d'une kalachnikov, comme il en circule beaucoup dans le milieu du banditisme.
Bien qu'il soit connu des services de police pour des faits de "petite" délinquance, notamment pour port d'armes prohibé, son identité n'a pas encore été  communiquée. L'individu évoque al-Qaïda en des termes manquant de cohérence.
"Il semblerait que cette personne avait une arme de gros calibre, une kalachnikov, et ait tiré dans la foule", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, lors d'un point de presse à Paris, avant de se rendre à Istres à la demande de François Hollande.
"C'est évidemment très inquiétant et cela pose une nouvelle fois le problème de la circulation des armes", a ajouté 
le ministre de l'Intérieur pour ne rien dire. "Vous savez que j'en fais, là aussi, une priorité parce qu'il y a beaucoup trop d'armes qui circulent depuis des années, depuis la guerre des Balkans, depuis l'éclatement de l'ex-Yougoslavie".
Encore une priorité gouvernementale qui tarde à produire des effets.
D'autant que la ville d'Istres a déjà été  le théâtre d'e fusillade.