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vendredi 24 mai 2019

Peut-on croire à une véritable augmentation du pouvoir d'achat au-delà des Européennes ?

Le pouvoir d'achat des ménages français va-t-il véritablement augmenter de 850 € et pour tous ?

L’OFCE n'a pas attendu le 27 mai pour envisager une augmentation moyenne du pouvoir d’achat des ménages français de 850 € en 2019


Ce serait même la plus forte hausse depuis 2007 et la crise économique internationale de 2008. Difficile d'y croire, car on sait déjà que les ménages ne la ressentiront pas forcément. 

Créé par l'Etat en février 1981, à l'initiative du premier ministre Raymond Barre, et pourtant classé à gauche, l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) avait prévu en février 2017 une baisse importante du chômage pour les années suivantes, atteignant 8,7 % pour 2019-2020 puis 7,7 % en 2022. Cette prévision est contredite par les faits, mais aussi, déjà à l'époque, par une étude de l'Unédic de fin 2016, qui prévoyait au contraire une légère hausse du chômage jusqu'en 2019 à 9,6 %. 
Après avoir assuré dès février dernier que le pouvoir d’achat des Français en 2019 "devrait être un bon cru avec environ 2 % de hausse par habitant", en moyenne, et qu’il a "augmenté de 20 %", mais sur ...vingt ans, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, affirme que cela "tient notamment à la très bonne maîtrise de la hausse des prix, du coût de la vie. C’est un des apports de l’euro pour le pouvoir d’achat des Français."

Un sondage paru en 2018 indique néanmoins que
66 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a baissé en 2018, et 57 % des sondés pensent qu’il va continuer de baisser. D'ailleurs, selon l’économiste François Bourguignon, "pour la première fois depuis la guerre, le pouvoir d’achat des Français a décliné ou stagné sur une très longue période, notamment pour les revenus bas et moyens".

Alors, comment expliquer cette différence de perception ?

Le 17 avril, une étude présentée par l'OFCE un mois avant les Européennes, assurait que les ménages français devraient gagner 850 euros de pouvoir d’achat en 2019, en moyenne. Il s’agirait de la plus forte hausse du pouvoir d’achat depuis 2007.

Le mouvement des Gilets jaunes, dont la hausse des prix du carburant a été le déclencheur, a cristallisé cette différence de ressenti. Et l’augmentation des dépenses contraintes, notamment, le confirme. Qualifiées par l’Insee de "dépenses préengagées", ces dépenses sont liées au logement (loyer, électricité, gaz, eau), aux abonnements (assurances, téléphonie, télévision, Internet), aux frais de cantine, etc. Celles-ci ont beaucoup augmenté durant ces derniers temps.

Selon l’Insee, le poids de ces dépenses pré-engagées est passé de 13 % environ du revenu disponible (revenu à disposition des ménages après retranchement des impôts et cotisations) dans les années 1960, à près de 30 % en 2016. Ce qui ne laisse aujourd’hui que 70 % de dépenses à disposition des Français, auxquelles il faut ajouter les dépenses liées à l’alimentation et aux transports, notamment l’essence, des dépenses qui fluctuent d’un mois à l’autre et qui pèsent beaucoup sur le porte-monnaie des Français.

Parmi les Français les plus touchés par cette augmentation des dépenses préengagées, on retrouve les ménages les plus modestes. "La part des dépenses pré-engagées dans le revenu disponible des ménages est d’autant plus forte que leur niveau de vie est faible : elle passe de 61 % pour les ménages pauvres à 23 % pour les ménages aisés", indique une étude publiée en 2018 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS) du ministère des Solidarités et de la Santé.
L’étude précise que les 10 % des ménages les plus modestes, après avoir payé les factures, ne disposent que de 180 euros en poche, alors que les plus riches disposent de 1.890 euros par mois.

Un alignement des planètes de facteurs

Résultat de recherche d'images pour "POUVOIR ACHAT 850 EUROS"Sur cette somme, 440 euros proviendraient des décisions récentes du gouvernement prises sous la pression du mouvement des Gilets jaunes. 
Parmi celles-ci : la revalorisation de la prime d’activité (+ 90 €/mois au Smic),  l’annulation de la hausse de la CSG sur les pensions de retraite (jusqu’à 2.000 euros)l’annulation des hausses de fiscalité écologique et l’exonération de charges et d’impôts sur les heures supplémentaires.
Annoncée lundi 10 décembre 2018 par le Président de la République, la défiscalisation des heures supplémentaires est inscrite dans la loi sur les mesures d'urgences économiques et sociales votée le 24 décembre dernier. Pour les salariés concernés, la mesure se traduira par un gain de salaire minimum d'environ 20 % par heure supplémentaire, soit le taux des cotisations et contributions salariales supprimées. Les cadres y gagneront un peu plus dans la mesure où ils payent davantage de cotisations. Rappelons que ce dispositif avait été mis en place par Nicolas Sarkozy en 2007, avant d'être supprimé par François Hollande en août 2012, lorsque Macron était secrétaire général adjoint de son cabinet (jusqu'en 2014).
Selon les projections foireuses de l'OFCE, alliée à un ralentissement de l'inflation, cette augmentation conduira à une hausse "significative" du salaire réel (+1,5%) cette année, après une hausse de 0,3% l'an passé.
Une hausse couplée à celle du salaire moyen par tête, qui devrait augmenter de 2,6 % en 2019 (contre 2 % en 2018). Si tout se passe comme prévu...

Un écart entre les mesures et le ressenti

Résultat de recherche d'images pour "POUVOIR ACHAT 850 EUROS"Cependant, même dans l'hypothèse la plus volontariste à l'approche du scrutin des Européen
nes, certains ménages gagneront donc beaucoup moins que les autres. il ne faut pas oublier d'ailleurs que cette hausse annoncée est une moyenne. 

De plus, l’écart entre les mesures officielles et le ressenti des ménages est à prendre en compte.
Selon un sondage, paru en 2018, 66 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a baissé en 2018. Et 57 % pensent qu’il va même continuer de baisser.
Selon une autre enquête, celle de l’Obsoco (Observatoire société et consommation), réalisée en janvier 2019, seulement un quart des Français estime que leur pouvoir d’achat a progressé.
Pourtant, si l’on en croit les chiffres de l’Insee, service de Bercy, le pouvoir d’achat est en croissance continue depuis 2013. En 2018, il a cru de 0,4 %, après 0,7 % en 2017. Sur cinq ans, il a progressé de plus de 3 %.

L'économiste Philippe Moati explique les raisons de cet écart, dans une tribune publiée dans Le Monde,.
Il écrit : "Les causes de l’écart entre la mesure et le ressenti sont multiples. Il y a bien sûr des facteurs psychologiques et des "biais de perception" qui affectent le ressenti. Mais il y a également un important travers dans la mesure : le calcul de la croissance du pouvoir d’achat ne tient pas compte de l’évolution de normes de consommation et mesure bien mal l’évolution du "coût de la vie"."
Pour l’expliquer, il prend l’exemple du téléphone portable. Selon l’Insee, "un téléphone vendu 100 € en 2007 ne coûterait plus que moins de 20 € en 2017 ! Le problème est qu’il serait bien difficile de trouver en 2017 sur le marché un téléphone aux caractéristiques identiques à celles des téléphones vendus en 2007, de surcroît 80 % moins cher !" De ce fait, "s’équiper d’un téléphone portable aujourd’hui pèse plus lourdement sur le budget des ménages et donc affecte négativement leur niveau de vie."
L’économiste en tire une interrogation qui devrait alimenter les questions de pouvoir d’achat pour de nombreuses années encore : "Comment faire en sorte que le revenu des ménages progresse, au moins aussi vite que les standards de consommation, dans un contexte de croissance économique structurellement molle ? Ce que révèle le mouvement des Gilets jaunes, ce sont les limites d’une société d’hyper-consommation devenue experte dans la capacité à stimuler le désir de consommer… mais qui n’en donne plus les moyens."

Macron avait affirmé qu'il ne serait pas le "président du pouvoir d'achat", mais celui de la fiche de paie et du mérite"...

VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze souligner que "les Gilets jaunes ont obtenu un plan de relance absolument historique" et que jamais aucun président de la République avant Macron n'aura autant investi d'argent public dans la demande et la consommation: 


Les électeurs du 26 mai qui croiraient à l'augmentation moyenne du pouvoir d’achat des ménages français de 850 € en 2019 se trouveront fort dépourvus quand la bise sera venue...

mercredi 8 mai 2019

Pouvoir d'achat: les mesures d'urgence de Macron creusent les disparités sociales

Tous les Français vont-ils vraiment gagner 850 € de plus par an, comme annoncé ?

Dès le 7 mai, Edouard Philippe assure que l
e "pouvoir d'achat moyen" par habitant a progressé de "plus de 2 %" en 2019...

Résultat de recherche d'images pour "pouvoir d'achat"
Tous les Français vont-ils pouvoir en bénéficier équitablement ?
Dressant le bilan des "mesures d'urgence" qu'Emmanuel Macron à l'issue du Conseil des ministres de ce mardi, Edouard Philippe a affirmé que "le pouvoir d'achat moyen" par habitant va augmenter de "plus de 2 %" en 2019 ce qui représente, selon le Premier ministre, la plus forte augmentation depuis 12 ans. "C'est un gain moyen de 850 € sur l'année par ménage", a précisé l'Edouard qui assure que "390 euros sur ces 850 euros découlent des mesures annoncées par le Président de la République", le 10 décembre en réponse au mouvement des Gilets jaunes.

Une promesse qui n'est qu'une moyenne, en fonction des revenus.
Pour autant, nous n'allons donc pas tous gagner 850 € de plus dans l'année... Il s'agit d'une moyenne entre des ménages aux faibles revenus et des ménages aux revenus élevés. Tous les Français ne seront pas logés à la même enseigne. Ce chiffre de 850 € avait déjà été annoncé en avril par l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) qui évoquait une hausse du pouvoir d'achat de 2,5 % en 2019. 

Pour son étude, l'OFCE a anticipé les effets éventuels de la réduction de la taxe d'habitation, la baisse des cotisations salariales, la baisse de la CSG pour certains salariés, les mesures d'urgences du gouvernement ou encore la prime à la conversion pour un changement de véhicule.

Les chiffres fournis par le gouvernement sont-ils fiables ?
Voici les prévisions officielles, selon Bercy, des retombées présumées des mesures d'urgence, annoncées le 10 décembre dernier par Emmanuel Macron :

- Prime d'activité : plus de 4 millions de foyers perçoivent la prime d'activité. C'est 1,3 million de plus au
premier semestre 2019. Elle représente 3 milliards d'euros de pouvoir d'achat rendu aux actifs modestes seulement, en 2019.

- Prime exceptionnelle : 5,5 millions de salariés ont touché au total 2,2 milliards d'euros soit un montant moyen de 400 euros.
Seulement 20 % des entreprises privées ont versé cette prime à leurs salariés. Seront-ils plus nombreux en fin d'année ? Bercy devait visiblement faire vite pour communiquer ces chiffres avant qu'ils n'apparaissent dérisoires après un an....

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Heures supplémentaires : 6,8 millions de salariés ont effectué des heures supplémentaires au premier trimestre? Soit 30 % des actifs. Le gain de pouvoir d'achat représente, selon les calculs du gouvernement, la somme de 670 millions d'euros (400 millions de cotisations sociales + 270 millions d'euros d'impôt sur le revenu). En ce qui concerne les fonctionnaires, le gain a été de 228 euros en moyenne au premier trimestre. Pour l'essentiel, les bénéficiaires sont d'ailleurs les seuls fonctionnaires... 
Il étaient 5,6 millions en 2014, 5,66 millions en 2017 et 5,480 millions dans les trois versants de la fonction publique, hors 189.000 bénéficiaires de contrats aidés (130.000 en 2019) - faites l'addition ! - , soit 19,9 % de l’emploi total. Or, Macron s'est engagé à réduire de 120.000 leurs effectifs d'ici 2022: 50.000 dans l’Etat, 70.000 dans les collectivités territoriales... 
Pourtant, la masse salariale de l'Etat sera une nouvelle fois en augmentation en 2019. Celle-ci atteindra 88,3 milliards d'euros, soit une augmentation de +1,6% par rapport à 2018 (supérieure à l'inflation prévue en 2019, à +1,4%).Car, si le gouvernement prévoit la suppression de 4.164 postes en 2019, on observe "en même temps" que les plafonds d'emplois des ministères et des opérateurs, enregistrent une augmentation du nombre d'agents publics  de près de 1.322 postes, entre 2018 et 2019.
- CSG pour certains retraités : La suppression de la hausse de la CSG pour 5 millions de retraités représente une augmentation de la dépense publique de 1,3 milliard d'euros en 2019. Le gain annuel sera de 450 € par foyer sur l'année et les retraités exclus des mesures Macron ne sont pas près de rattraper leur retard et de retrouver leur niveau de vie passé...

Au total, les coups de pouce vont toujours aux mêmes qui cumulent tous les avantages.
Savoir si, tous comptes faits, la précarité est tellement pénalisante...

Les mesures en faveur du pouvoir d'achat vont plomber les comptes de la Sécurité sociale

Avec les mesures censées mettre un peu de beurre dans le pouvoir d'achat, les comptes de la Sécurité sociale risquent d'en payer le prix fort. Alors que le Haut conseil du financement de la protection sociale prévoyait une centaine de millions d'euros d'excédent en 2019, on s'attend plutôt à un déficit de 3,6 milliards d'euros. Ce montant correspond au ralentissement de l'activité à hauteur de 1 milliard d'euros, 1,3 milliard pour les heures supplémentaires défiscalisées et désocialisées et 1,4 milliard pour l'annulation de la hausse de la CSG pour les retraités. Et avec la réindexation des pensions les plus faibles prévue l'an prochain, la facture devrait encore s'alourdir. Cela va-t-il freiner le désendettement de la Sécu ? Comment l'Etat compte-t-il combler ce trou ?


VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze et Jean-Marc Daniel en débattre, le 08/05 :

Les Gilets jaunes ont fait plier Macron sur le sujet du pouvoir d'achat.
VOIR et ENTENDRE  l'analyse de Nicolas Doze, le 17 avril dernier :


mardi 1 janvier 2019

Prix : ce qui change au 1er janvier 2019, au faciès...

Macron ne nous a pas tout dit dans ses voeux...

Une série de nouveautés susceptibles d’influer sur le pouvoir d’achat

A la baisse, mais aussi à la hausse : cotisations, SMIC, heures supplémentaires, prix du gaz...

Profitons bien des cotillons, faisons le plein de baisers sous le gui, distribuons sans retenue nos vœux de bonne santé et de fins de mois après le 15 ! Les changements affectant les dépenses et recettes des ménages sont nombreux à entrer en vigueur le 1er janvier 2019. Prêts ?

Pour les travailleurs "modestes" (terme paternaliste)

Parmi les mesures les plus emblématiques, la hausse de la prime d’activité, complément de revenus destiné aux travailleurs, à la condition qu'ils gagnent peu (qu’elles soient salariées, indépendantes ou fonctionnaires), et versé sous condition de ressources du foyer. Il fallait penser avant à divorcer... Il était question d’une hausse de 90 euros, mais elle sera plutôt de 80, pour un bénéficiaire au niveau du SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance), allocation réservée aux salariés - soit désormais 5 millions de personnes - dont les revenus professionnels sont supérieurs à 0,5 Smic, à partir du 5 février 2019. Car les CAF (Caisses d’allocations familiales) ne seront pas en mesure de verser la prime d’activité avant, et raison de plus concernant les nouveaux allocataires s’ils font une demande entre le 1er et le 25 janvier et qui répondent aux conditions prévues. Etant versée à terme échu, au début du mois suivant celui pour lequel elle est due, les allocataires verront concrètement la couleur de cette augmentation sur le montant touché début février 2019. Depuis 2016, elle remplace la prime pour l'emploi et le RSA activité.

Pour les salariés et fonctionnaires

Salariés du privé comme du public verront, en 2019, ils verront leurs heures supplémentaires exonérées d’impôt sur le revenu, dans certaines limites, et de cotisations salariales (CSG, CRDS et cotisations patronales resteront toutefois dues). Le niveau du SMIC horaire sera également relevé de 1,5 %, à 10,03 euros brut. Résultat : le montant mensuel atteindra 1.521,22 euros brut, contre 1.498,47 euros aujourd’hui. Soit 22 euros par mois.

Moins réjouissantes pour le pouvoir d’achat, des hausses de cotisations vieillesse sont prévues. Elle sera de +0,27 point pour les fonctionnaires, dont les salaires sont gelés. Et celles d’une grande partie des salariés grimperont du fait de la fusion des régimes Agirc et Arrco, qui implique une refonte de l’architecture globale des cotisations de retraite complémentaire. A retenir : le niveau de la hausse dépendra du statut (cadre ou non) et du salaire, et les cotisations de certains salariés vont, au contraire, diminuer (les cadres mal rémunérés).  
Actée en 2015, cette fusion s’accompagne de l’instauration d’un nouveau paramètre de calcul des retraites Agirc-Arrco : un malus temporaire de pension de 10 %, les trois premières années de retraite. Vous ne serez toutefois pas concerné par ce dispositif si vous êtes dans l’un des cas suivants : vous êtes né avant 1957 ; vos revenus sont modestes (retraités exonérés de CSG) ; vous remplissez, avant 2019, les conditions de la retraite à taux plein ; vous attendez un an pour partir une fois les conditions du taux plein remplies ; vous prenez votre retraite sans avoir le taux plein (mais des abattements définitifs s’appliqueront).
Sont prévues d’autres exceptions, notamment pour les personnes handicapées, et le malus sera de 5 % pour les retraités au taux réduit de CSG. Un bonus de pension Agirc-Arrco fera aussi son apparition, pour ceux qui prendront leur retraite au moins deux ans après le taux plein (10 % à 30 %, selon les cas).

Sous la pression du mouvement des "gilets jaunes" - bien qu' "agitateurs" et "factieux" -, le gouvernement est finalement partiellement revenu sur la hausse du taux plein de CSG, entrée en vigueur en 2018. Près de la moitié de ceux qui avaient été touchés verront leur taux de CSG repasser de 8,3 % à 6,6 % au 1er janvier 2019. La mesure ayant été décidée tardivement, ce correctif ne sera pas appliqué les premiers mois de l’année, mais donnera lieu à des remboursements a posteriori. Environ 3,8 millions de foyers fiscaux sont concernés, selon le gouvernement, pour un gain de pension nette de 448 euros par an : 37 euros mensuels...

Ce changement de dernière minute vient s’ajouter à une autre mesure prise en catastrophe dans le cadre du budget 2019 de la Sécurité sociale : pour être soumis au taux plein de CSG, il faudra désormais dépasser, deux années d’affilée, le plafond de revenu fiscal de référence fixé.

S'il a cédé sur le sujet sensible de la CSG, le gouvernement a maintenu la sous-indexation des retraites, qui seront revalorisées, au 1er janvier 2019, de 0,3 %, soit moins que l’inflation. On avait les travailleurs pauvres, on aura aussi davantage de retraités pauvres. Sont concernées les pensions de base (sauf avocats : 26 députés le sont...), mais aussi les complémentaires des artisans, commerçants et agents non titulaires de la fonction publique. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (l’ex-minimum vieillesse) profitera en revanche d’une nouvelle revalorisation exceptionnelle de 35 euros.

Plusieurs nouveautés toucheront les non salariés. 

L’année 2019 marque notamment l’acte II de la suppression du régime social des indépendants : dès le 1er janvier, les nouveaux indépendants (hors agriculteurs) relèveront directement de l’Assurance-maladie. Pour ceux déjà en activité avant 2019, le transfert est planifié en 2020. A savoir aussi : la durée du congé maternité des commerçantes, artisanes, agricultrices et libérales s’alignera sur celui des salariées, soit seize semaines. Elles seront cependant obligées de s’arrêter au moins huit semaines pour être indemnisées. Au-delà, elles pourront reprendre partiellement sans devoir renoncer à la totalité de leurs indemnités journalières.

Parmi les autres changements visant les indépendants : la suppression de la cotisation foncière des entreprises pour les micro-entrepreneurs avec moins de 5 000 euros de chiffre d’affaires, l’année blanche de cotisations de Sécurité sociale pour les créateurs d’entreprise et la réduction à une vingtaine de professions du périmètre de la caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance-vieillesse, principale caisse de retraite des professions libérales.

Des prix qui baissent, d’autres qui grimpent…

Du côté des factures, celle du gaz devrait baisser. En tout cas, pour les 4,5 millions de ménages ayant conservé les tarifs réglementés, puisque ceux-ci accuseront une diminution moyenne de 1,9 % en janvier 2019, hors taxes. Par ailleurs, contrairement à ce qui était prévu, la taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel, qui pèse, elle, sur le prix TTC du gaz, réglementé ou non, n’augmentera pas au 1er janvier 2019. 

L'augmentation du prix du gaz a été très marquée en 2018 avec une hausse du tarif réglementé gaz de plus de 20% avec notamment 7 mois consécutifs d'augmentation. La tendance est donc clairement à la hausse. 

Et la Taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel (TICGN) devrait exploser dans les prochains mois : par rapport à 2017, la taxe devrait grimper de 44% en 2019 et de 172 % d'ici à 2022 !

Résultat de recherche d'images pour "prix du timbre 2019"
Enfin, il reste quelques jours aux adeptes des échanges épistolaires pour prendre les devants, car les prix des timbres s’apprêtent à grimper en 2019. La hausse sera de 10 % sur les timbres rouges (qui passeront à 1,05 euro), verts (0,88 euro) et gris (0,86 euro).


 

jeudi 20 décembre 2018

Dette publique : Macron recule en revalorisant les salaires des policiers, après une seule journée de protestation

A qui le tour ? Les retraités seront-ils les laissés pour compte du mouvement des Gilets jaunes ?

Il aura suffit d'une seule journée de protestation des forces de l'ordre


Macron a tellement peur pour sa sécurité qu'il a aussitôt lâché...
Résultat de recherche d'images pour "blindes autour palais de L'elysée"

Dès mercredi soir, il a autorisé son demi-ministère de l'Intérieur à accepter de revaloriser les salaires des policiers qui réclamaient plus de moyens après leur mobilisation en masse face aux "gilets jaunes" et après l'avoir sécurisé au palais de l'Elysée, tandis que le soldat inconnu était piétiné par les casseurs et l'Arc de triomphe tagué par les activistes de l'ultra-gauche.

Depuis le début de la semaine, le gouvernement cherche à désamorcer la fronde qui monte dans la police et avait promis de s'attaquer au "chantier" du paiement des millions d'heures supplémentaires en souffrance et de verser une prime exceptionnelle de 300 euros.
Résultat de recherche d'images pour "securisation CRS palais elysee"

Sous pression mercredi après des fermetures "symboliques" de commissariat dans plusieurs villes, le matamore Christophe Castaner est finalement allé plus loin en concluant un accord de revalorisation salariale à l'issue de négociations  avec les trois principaux syndicats de la profession.
"Cet accord (...) ouvre la voie à une amélioration et une modernisation des conditions de travail et de rémunération des policiers", ont affirmé dans un communiqué le demi-ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d'Etat de plein exercice Laurent Nuñez, précisant qu'une première revalorisation de 40 euros par mois interviendra dès le 1er janvier.
"C'est ce qu'on voulait, on voulait une amélioration immédiate du pouvoir d'achat", s'est félicité le secrétaire général d'Unité-SGP Police (FO), Yves Lefebvre, en sortant de plusieurs heures de tractations qui ont débuté mardi et se sont achevées tard mercredi soir.

Selon le syndicat, l'augmentation des salaires sera ensuite graduelle et devrait aboutir au bout d'un an à une hausse en moyenne de 120 euros net par mois pour les gardiens de la paix et pouvant aller jusqu'à 150 euros pour les plus hauts gradés.

Le coût total pour les finances publiques n'a pas été communiqué alors que le gouvernement a déjà annoncé plusieurs milliards d'euros de mesures destinées à faire retomber la colère des "gilets jaunes".

L'exécutif se soumet
Résultat de recherche d'images pour "policiers en colere"Conséquence de cette revalorisation, la prime exceptionnelle, durement critiquée par des policiers qui y voyaient une proposition "méprisante", voit son périmètre drastiquement réduit: elle ne sera plus versée qu'aux personnels techniques, scientifiques et administratifs et aux employés de préfecture mobilisés par la crise des "gilets jaunes" depuis le 17 novembre, a ajouté Y. Lefebvre (Unité-SGP Police, deuxième syndicat de la Police nationale).

Le chantier des heures supplémentaires, qui porte sur quelque 275 millions d'euros, reste en revanche ouvert et sera "traité" à partir de janvier, a assuré le syndicaliste.

"C'est la reconnaissance de l'Etat, c'est la reconnaissance matérielle que nous avions exigée", s'est réjoui son homologue du syndicat Alliance, Jean-Claude Delage, évoquant une avancée "conséquente" à l'issue des négociations et rendant hommage à la mobilisation des policiers mercredi.

Tout au long de la journée, la protestation des forces de l'ordre a pris la forme de fermetures "symboliques" de commissariats et d'une grève du zèle dans plusieurs villes.

A Bordeaux, le commissariat est resté ouvert mais seul le "service minimum" a été assuré. 

Même configuration à Marseille, où les "missions d'urgence" étaient accomplies, tandis que les tâches secondaires ont été "laissées de côté", a expliqué un responsable local d'Alliance, classé à droite.

La grogne s'était également fait sentir mercredi matin aux aéroports parisiens de Roissy et d'Orly où des fonctionnaires de la Police aux frontières (PAF) ont fait  du zèle, appliquant un contrôle scrupuleux des passeports en soutien à leurs collègues. De longues files d'attente se sont formées, mais aucun vol n'a toutefois été retardé.

Confronté à sa première crise en interne depuis son arrivée il y a deux mois à Beauvau, Christophe Castaner, coq à la crête en berne, s'était voulu positif mardi, expliquant que les policiers ne sont pas des "gilets jaunes" et qu'ils ne bloqueront pas les commissariats "parce qu'ils ont le sens du service public".

Mais les syndicats ont récemment durci le ton contre le gouvernement après un mois éreintant où les forces de l'ordre ont dû gérer la mobilisation des "gilets jaunes", mais aussi une menace terroriste revenue brutalement sur le devant de l'actualité avec l'attentat de Strasbourg, qui a fait cinq morts.

En marge des syndicats, un mouvement baptisé "gyros bleus" et relayé sur les réseaux sociaux a, lui, agité le souvenir du mouvement de fronde inédit qui a surgi à l'automne 2016 après l'attaque au cocktail molotov contre des fonctionnaires à Viry-Chatillon (Essonne). 

Ce collectif avait prévu de se rassembler jeudi soir à Paris.

jeudi 20 septembre 2018

Vers plus d'austérité dans le "nouveau monde" scolaire de Macron

2.600 postes supprimés dans le secondaire, 1.900 créés dans le primaire : le compte n'y est pas !

La vérité sur les chiffres suscite la "colère" du syndicat dominant du secondaire.

Quelque 2.600 postes d'enseignants seront supprimés l'an prochain dans les collèges et lycées publics et environ 1.900 seront créés dans le primaire, a précisé mercredi le ministère de l'Education, des chiffres qui suscitent la "colère" du principal syndicat du secondaire.


Le nombre de postes diminuerait "au global" de 1.800 en 2019 et seuls seraient concernés le second degré et les services administratifs, avait annoncé le ministre Jean-Michel Blanquer, lundi. La réalité est sensiblement différente...

Le total des suppressions de postes, toutes catégories confondues, atteint 3.600: environ 2.600 postes seront supprimés dans le secondaire (collèges et lycées), 400 dans les services administratifs, 600 dans l'enseignement privé, a précisé mercredi l'entourage du ministre. Parallèlement, 1.900 postes seront créés dans le primaire.

Le budget 2019 sera pourtant en hausse de 850 millions d'euros, selon le ministre qui avait affirmé vouloir "poursuivre le rééquilibrage en faveur de l'école primaire".

Ces créations doivent notamment permettre de financer le dédoublement des effectifs dans les classes de CP et CE1 des quartiers défavorisés, qui concernera 300.000 élèves par an à la rentrée prochaine.

Avec plusieurs membres du gouvernement, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, ont justifié les suppressions de postes dans le secondaire par le besoin de s'adapter à la "démographie scolaire", notamment les immigrations choisies, mais aussi subie
Mais selon une récente étude de la Depp, l'agence de statistiques du ministère, les effectifs du second degré vont augmenter à chaque rentrée scolaire jusqu'en 2022, alors que notre natalité flanche.
Entre 2019 et 2021, l'augmentation des effectifs sera la plus marquée "avec environ 40.000 élèves supplémentaires attendus chaque rentrée".

Le Snes-FSU,  syndicat du secondaire marqué à gauche, a exprimé sa "colère". 

Résultat de recherche d'images pour "austerité scolaire ecole"
Le solde annoncé "cachait la réalité du nombre de suppressions dans le second degré: 2.600 postes y disparaîtront en 2019 par redéploiement entre premier et second degré", écrit-il mercredi dans un communiqué, en réaction à des chiffres détaillés par l'agence d'information AEF.

Ces coupes "vont contribuer à une nouvelle dégradation des conditions d'études des élèves et de travail des enseignants".

Sa secrétaire générale, Frédérique Rolet a indiqué son intention de rencontrer d'autres organisations pour "envisager très rapidement des grèves dans l'éducation", "avant les vacances de la Toussaint".
Le syndicat SE-Unsa a de son côté "condamné les suppressions de postes enseignants" et "dénoncé la dégradation des conditions de travail et le recours aux vieilles recettes".

Dans Le Figaro de lundi, le ministre de l'Education avait dit vouloir maintenir le volume d'enseignement grâce au recours aux heures supplémentaires qui seront exonérées de cotisations salariales
Mais le SE-Unsa dit s'opposer "à la logique de multiplication des heures supplémentaires qui ignore la charge de travail des professeurs" et lance une pétition contre le retour d' "une deuxième heure supplémentaire imposée".

lundi 27 août 2018

Edouard Philippe dévoile les mesures chocs du budget de 2019

Macron privilégie les entrepreneurs plutôt que les retraités, les allocataires ou les chômeurs

Le Premier ministre lève le voile sur les économies à réaliser en 2019
 
Le premier ministre, Edouard Philippe, le 3 août à l’Elysée.

Philippe présente notamment deux mesures chocs : la hausse très modérée de certaines allocations et la désocialisation des heures supplémentaires dès 2019.
Rentrée compliquée pour le gouvernement qui, en 15 mois, n'est pas parvenu à relancer la croissance et le pouvoir d'achat et rame pour juguler le chômage et le déficit public. Alors que la croissance s'annonce moins élevée qu'espérée en 2019, le gouvernement doit trancher les questions budgétaires. 

Dans le JDD, le Premier ministre Edouard Philippe présente les arbitrages décidés par l'exécutif. Il annonce notamment que l'Etat décide que plusieurs aides sociales devraient arrêter de suivre le rythme ascensionnel de l'inflation, donc baisser. 
Il prévoit également de lancer dès 2019 la réforme de la désocialisation des heures supplémentaires. Le JDD vous résume les principales annonces du Premier ministre.

1) La hausse des pensions de retraite ne sera plus indexée sur l'inflation

Edouard Philippe assure pourtant qu'"aucune prestation sociale ne sera réduite". Certaines vont néanmoins très peu augmenter, dans la mesure où elles seront désindéxées de l'inflation montante. C'est le cas de l’aide personnalisée au logement (APL), des allocations familiales et des pensions de retraite qui ne suivront plus le coût de la vie. Elles vont progresser de 0,3 % par an en 2019 et en 2020, soit a priori beaucoup moins que l'inflation (1,6% en 2018, selon les dernières prévisions de l'Insee). 
Edouard Philippe tient toutefois à préciser que "les prestations qui bénéficient à nos concitoyens les plus fragiles, comme le RSA, seront augmentées conformément à la loi. "Certaines le seront même très significativement : la prime d’activité, le minimum vieillesse, l’allocation pour les adultes handicapés", indique-t-il. Quid du RSA au profit des migrants non recevables au droit d'asile? 

Edouard Philippe reste rigide  : "Nous assumons [tout est dit !] une politique de transformation et de maîtrise des dépenses qui privilégie, je le redis, la rémunération de l’activité et qui rompt avec l’augmentation indifférenciée des allocations. C’est par le retour à l’activité et une meilleure rémunération du travail que notre pays sera plus prospère."

2) La désocialisation des heures supplémentaires dès 2019

Le coup bas va être avancé d'un an. Edouard Philippe annonce que le gouvernement compte supprimer dès le 1er septembre 2019 les cotisations salariales sur les heures supplémentaires, dans le privé comme dans le public. "Pour une personne payée au SMIC, cette mesure représentera en moyenne plus de 200 euros supplémentaires par an", calcule Edouard Philippe."Nous voulons que les Français puissent revenir vers le travail, que ce travail paie, et qu’il paie de mieux en mieux. C’est le sens de notre action", détaille-t-il.  16 euros par mois pour stimuler l'envie de travailler, notamment loin de son domicile, quand augmentent les prix des carburants... 

3) 4.500 postes de fonctionnaires supprimés en 2019

Après 1.600 postes cette année, Edouard Philippe annonce que le gouvernement prévoit 4.500 suppressions de poste en 2019. L'objectif étant d'atteindre 50.000 suppressions annoncées  par Emmanuel Macron sur le quinquennat. "C’est parce que je ne crois pas à la politique du rabot, répond Edouard Philippe. La réduction du nombre de fonctionnaires n’est pas le fondement, mais la conséquence d’une transformation de l’action publique qui monte en puissance au fil du temps. Je peux déjà vous dire qu’en 2020 le chiffre sera supérieur à 10.000.
En 2019, les réductions se concentreront sur les ministère des Finances, dans l’audiovisuel public, dans le réseau extérieur de l’État. "Mais il y aura par ailleurs des recrutements, assure Edouard Philippe. Plus 2.000 agents supplémentaires dans la police, la gendarmerie et à la DGSI, 1.300 à la justice – parce qu’il s’agit de priorités." La jeunesse et l'Education nationale ne sont donc plus une priorité...

4) La poursuite de la réduction des contrats aidés

Le Premier ministre confirme que le gouvernement va continuer à réduire le nombre de contrats aidés. Ils ne débouchaient pas nécessairement sur un emploi après deux ans. "Nous allons poursuivre l’action engagée : nous voulons transformer l’action publique en diminuant le financement des politiques qui ne sont pas efficaces, par exemple sur le logement ou les contrats aidés, dont la plupart ne permettent pas d’obtenir ensuite un emploi viable", explique-t-il.

5) Les entreprises n'auront finalement pas à prendre en charge une partie des indemnités versées en cas d'arrêt maladie

Selon les informations du journal Les Echos, de LVMH, le gouvernement souhaitait que les entreprises prennent en charge quatre jours d'indemnités journalières pour les arrêts de travail de moins de huit jours. Une hypothèse qui avait suscité la colère du patronat, MEDEF et CPME mettant en garde contre les effets néfastes sur la productivité. Dans le JDD, Edouard Philippe affirme qu'il "écarte l’hypothèse d’une mesure brutale de transfert vers les entreprises".

"Nous avons pris beaucoup de mesures pour stimuler l’activité des entreprises et l’investissement ; on ne va pas envoyer de contre-message. Mais je le répète, il faut trouver une solution pour contenir ces dépenses", note-t-il. "L’enjeu des arrêts maladie est considérable. Chaque année, un peu plus de 10 milliards d’euros sont consacrés à l’indemnisation des salariés arrêtés, et ce volume progresse de plus de 4 % par an. En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé. C’est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire!", s'inquiète le Premier ministre.

dimanche 22 mai 2016

Blocage des dépôts de carburants: envoyer les CRS ne règle rien

Valls a-t-il fait débloquer deux dépôts par la force pour sa consommation personnelle ?

Les CRS ont repris deux dépôts à Dunkerque et le premier ministre consomme pour se rendre dans les Territoires palestiniens occupés


Affrontement de début mars 2016
Le gouvernement semble bien décidé à ne pas se laisser imposer une pénurie de carburants. D'un côté, Alain Vidalies fait ami-ami avec les routiers, annonçant un recul sur le renversement de la hiérarchie des normes contenu dans le projet de réforme du code du travail, de l'autre le gouvernement leur envoie les CRS reprendre deux dépôts de Dunkerque (Nord) dimanche matin. 

Plusieurs dizaines de CRS ont délogé de deux dépôts les manifestants qui les bloquaient depuis jeudi matin, sans rencontrer de résistance, a rapporté la préfecture du Nord. "Cela doit permettre aux transporteurs d'affréter des camions, le préfet ayant un pris un arrêté [sur instructions de Bernard Cazeneuve, comme annoncé par Valls depuis Israël] les autorisant à rouler aujourd'hui", a fait savoir un porte-parole de la préfecture. Aucun camion-citerne ne s'y était cependant encore présenté à la mi-journée.

Les usagers pénalisés par arrêté préfectoral
Pour faire face à la pénurie de pétrole, le préfet du Nord avait pris vendredi un arrêté "portant interdiction de vendre, d'acheter, de distribuer ou encore de transporter du carburant dans tout récipient transportable (jerricans, bidons, etc.)". Dans le Pas-de-Calais, la préfecture avait annoncé vendredi soir "réquisitionner temporairement un nombre limité de stations-service, afin de ravitailler les services prioritaires" pour "garantir la continuité du service public sur l'ensemble du département". La menace de pénurie était ainsi confirmée.


Bruno Le Maire décrypte "une vraie faute"

L'ancien ministre de l'Agriculture (Les Républicains) reproche à Manuel Valls de s'éloigner tout en brandissant la menace de
 pénurie.
  En déplacement en Israël et dans les Territoires palestiniens -Cisjordanie (Judée et Samarie), Jérusalem-Est, bande de Gaza, d'abord occupés par l'Egypte, puis par les Britanniques-, le premier ministre commet "une vraie faute",  observe Bruno Le Maire, député de l'Eure, alors que le pays "risque d'être bloqué faute d'essence". 

"Il faut rétablir l'autorité de l'État", a affirmé le député et candidat à la primaire. "Le Premier ministre doit être présent dans son pays lors de situations comme celles-là. C'est une faute de M. Valls de ne pas être en France, là tout de suite", a insisté B. Le Maire. "C'est à lui de décider quelles sont les mesures à prendre", mais "il est en déplacement en Israël" pour "lancer une initiative diplomatique qui en plus est une initiative mort-née", a-t-il ajouté.

Piqué au vif, Manuel Valls a immédiatement répliqué dans la minute depuis l'étranger: "Un responsable politique en France s'interrogeait il y a quelques minutes sur ma présence en Israël, alors qu'il y a quelques difficultés sociales dans mon pays. (...) Ça doit être quelqu'un qui ne doit pas savoir que nous sommes dans un monde connecté et qu'on peut gouverner un pays de manière moderne." A distance, est-ce mieux pour être en prise avec la réalité ?
"Ça doit être quelqu'un qui ignore notre volonté de construire avec Israël un partenariat économique qui sera gagnant-gagnant pour nos deux pays et nos économies", a-t-il déclaré, mais à des start-up françaises rassemblées à Tel-Aviv.  "Et ça doit être quelqu'un qui ne comprend pas le monde tel qu'il en train de changer et notamment dans cette région." Des a priori  inappropriés titulaire d'un bac +2 (ou son niveau, à défaut de diplôme avéré) aux affaires depuis 2012 à un énarque en responsabilité depuis 1998 et pendant cinq années au plus haut niveau.

Interrogé ensuite 
sur les déclarations de Bruno Le Maire par des journalistes de sa suite, Valls s'est fait agressif, se prenant pour référence: "C'est une drôle de vision, très ancienne, très datée, de la politique. Il m'est arrivé d'écourter parfois des déplacements, suite notamment à un attentat, quand j'étais en Colombie [à ne pas confondre avec son déplacement familial en jet de la République à Berlin pour un match de foot joué par ...Barcelone ! 

Lien PaSiDupes - "Virée de Valls en jet privé à Berlin: Marie-Noëlle Lienemann (PS) condamne le Premier ministre". Les choses sont évidemment d'une autre nature, et c'est donc une vision datée (bis) assez mesquine et qui n'est pas à la hauteur des défis dans la région."

"Nous maîtrisons pleinement la situation," assure Valls

Les salariés du dépôt de Total-Mardyck étaient quant à eux toujours en grève dans la banlieue de Dunkerque (PS). 
Dans le même temps près de Valenciennes, à Douchy-les-Mines, une trentaine de manifestants bloquaient toujours l'accès au dépôt, notamment à l'aide de pneus. "On ne lâchera pas jusqu'au retrait de la loi El Khomri", a prévenu Will Dans, porte-parole du syndicat Sud (trotskiste et donc révolutionnaire) dans le Valenciennois.

Mais, à distance, Valls a cru pouvoir affirmer être "très déterminé à ce qu'il n'y ait aucune pénurie en France". C'est sa version du "ça va mieux" de Hollande. "Nous maîtrisons pleinement la situation. Je pense qu'un certain nombre de raffineries ou de dépôts qui étaient bloqués sont débloqués ou vont l'être dans les heures ou dans les jours qui viennent. Nous sommes très déterminés à ce qu'il n'y ait aucune pénurie en France", a-t-il lancé, vers 11h30 heures de Paris. "Moi, je demande à chacun de ne pas être dans cette position alarmiste qui vise au fond à faire peur. (...) Moi, j'en appelle à la responsabilité de tous", a-t-il poursuivi.

Les syndicats non plus ne satisfont pas Valls
"J'ai été très étonné aussi d'un certain nombre de messages, notamment de la CGT et Force ouvrière, alors même que nous avons apporté des garanties encore ces dernières heures et jours sur le paiement des heures supplémentaires [maintenu à + 25%]. Il n'y a aucune raison aujourd'hui de bloquer des dépôts ou des raffineries et de gêner nos compatriotes."

"Nous avons les réserves de toute façon pour faire face à ces blocages

[pendant trois mois, selon Vidalies] et je veux dire encore une fois notre détermination à mener les réformes et je veux dire à tout le monde que la loi sur le travail, bonne pour les entreprises et pour les salariés, va suivre son cours au Parlement et sera adoptée définitivement en juillet. Personne ne peut en douter un seul instant", a-t-il asséné.

Sur un éventuel recours aux forces de l'ordre pour lever les blocages, Manuel Valls a déclaré: "D'abord, il faut en appeler à la responsabilité de tous, et ensuite, avec sang-froid, intelligence, dans le dialogue, je ne doute pas que nous réussirons progressivement à lever ces quelques blocages, dont il ne faut exagérer, je crois, à ce stade, le volume."
"Et je le dis encore aux Français : il n'y aura pas de pénurie et nous réussirons, je pense très vite, à rentrer dans une phase normale. En tout cas, c'est ce que nous sommes en train de faire", a-t-il martelé.