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samedi 19 janvier 2019

Besançon : des "gilets jaunes" s'invitent au grand débat organisé par Stanislas Guérini

Ces "gilets jaunes" refusent d'être exclus du grand débat que LREM dit "national"

Stanislas Guérini, délégué général de 'la République en marche', le parti présidentiel, était présent

Des "gilets jaunes" ont rappelé leur existence à la majorité présidentielle, vendredi soir 19 janvier à Besançon (Doubs)Ce premier débat, qui excluait une partie de la population, fut marqué par des tensions que le nouveau et jeune patron de la République en Marche a provoquées en sélectionnant les participants, dès l'une des premières réunions organisées dans le cadre du grand débat, tout en assurant répondre au mouvement des "gilets jaunes". Une cinquantaine d'entre eux a fait irruption dans la salle, rapporte France Bleu Besançon. 

L'échange avec le patron de LREM fut vif. 
"Vous n'ouvrez même pas la porte à la classe ouvrière, aux gens qui se battent et qui travaillent tous les jours. On doit les respecter", lui a reproché l'un d'entre eux au micro. 
En effet, les "gilets jaunes" ont été interdits d'entrée, mais  les organisateurs se donnent l'excuse qu'ils ont "refusé la fouille des sacs", indique France Bleu Besançon, chaîne régionale de service public.

Le délégué général de La République en marche (LREM) donna néanmoins une leçon de démocratie

Les débats se sont ensuite poursuivis avec les "gilets jaunes" dans une atmosphère "parfois pesante", commente la radio.
"Pouvoir d'achat, transition écologique, ISF... Ce soir-là, au Kursaal à Besançon, les débats sont vifs ! Merci à tous les participants. On n'est pas d'accord, on s'engueule, on discute. C'est ça, la démocratie", a tweeté Stanislas Guérini à l'issue de la réunion où l'assistance était peu nombreuse.

A l'extérieur, deux véhicules de police. 
Une trentaine de Gilets jaunes et autres discutent en petits groupes dans le calme... Et, par moment, ils entonnent des chants révolutionnaires. 

Les "factieux" sont d'extrême gauche, ceux des années 20, plutôt que des années 30...

mardi 13 juin 2017

Ségolène Royal abandonnera le pédalo socialiste en perdition

Le parti présidentiel draine  et héberge  les égarés du paysage politique

Segolène Royal révèle sa trahison : elle a voté En Marche!

Le PS paie ses "divisions" et il va sans doute y avoir une "recomposition" à gauche, a prédi mardi Ségolène Royal, sur RMC (groupe BFM) qui a voté pour une candidate En Marche! au premier tour des législatives.

L'ex-ministre de l'Environnement a ajouté être en contact avec les ministres Nicolas Hulot et Jean-Yves Le Drian pour continuer à travailler sur le climat.
"Je vais continuer le combat climatique; je mettrai mes compétences au service de ce combat et du gouvernement", a-t-elle raconté.

Le président Emmanuel Macron l'aurait, selon elle, appelée au moment de composer le gouvernement, pour lui dire qu'elle n'en ferait pas partie, mais lui a demandé son aide sur le dossier climat, a-t-elle affirmé, comme si Nicolas Hulot, ministre d'Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, n'était pas à la hauteur. Il "m'a appelée très tard; j'ai été la variable d'ajustement", assure celle qui fut un temps tête de gondole du PS.

Ségolène Royal, qui après la COP21 avait oeuvré à pousser les ratifications de l'accord de Paris, a monté une association, "Manifeste pour une justice climatique".

L'ampleur de la défaite du PS révèle "un système politique qui arrive à épuisement"

Le coeur du PS bat-il encore ?
Le diagnostic de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle de 2007 est cruel : "L'alternance verrouillée droite/gauche ne répond plus forcément aux problèmes qui se posent", estime l'ex-concubine de François Hollande qui a présidé au déclin du PS de 1997 à 2008 et à l'affaiblissement de la France de 2012 à 2017.

Ce qui est responsable de l'effondrement du PS, "ce sont les divisions. Les gens ne supportent plus cela". Et "il y a division quand il n'y a pas assez de travail idéologique" autour des mutations de la société, insiste-t-elle.

Brigitte Macron et Ségolène Royal 
ont toutes les deux 64 ans en 2017
Selon Royal, "il y a eu [dans la société] un épuisement général, le 49-3, les attentats... une saturation, et un besoin d'apaisement, d'accalmie. D'où le fait de choisir un courant centriste".

Ségolène Royal, qui dit avoir voté Macron à la présidentielle, ajoute avoir également opté pour la candidate En Marche! dans sa circonscription des Deux-Sèvres. Car "c'était une bonne candidate", dit-elle au sujet de Christine Heintz, qui a devancé de peu au premier tour Delphine Batho (PS), une ancienne proche de S. Royal. 

Royal prépare les esprits à son largage du PS
A la question de sa fidélité au PS, Ségolène Royal a répondu "je ne sais pas". 
Faut-il la tondre ?
"Vous pourriez changer?", a insisté Jean-Jacques Bourdin. "Oui, bien sûr, parce qu'il va y avoir sans doute une recomposition. En tout cas, il faut que quelque chose se passe qui continue à porter les questions de justice sociale et d'émancipation par l'école (...)". "Le Parti socialiste a perdu les raisons de ses combats et de sa création, a-t-elle accusé. Or, ces raisons ne sont pas périmées", selon elle.

"Il n'y a pas de danger démocratique", juge-t-elle, à propos de l'hégémonie parlementaire annoncée pour la 'République en marche'. Mais "cet énorme groupe parlementaire va rendre obligatoire une réforme" du fonctionnement de l'Assemblée, notamment pour renforcer l'initiative parlementaire, a-t-elle néanmoins souhaité, trahissant ainsi une crainte certaine
"Il va falloir trouver une utilité à ces députés, qu'ils ne soient pas que des godillots à lever la main".

Faut-il introduire une dose de proportionnelle aux législatives? 
"Ce serait plus juste, mais il est toujours scabreux de modifier le mode de scrutin", estime Mme Royal, appelant surtout à se concentrer sur le fond des dossiers, comme par exemple la défense de l'agriculture bio.

vendredi 18 avril 2014

Cambadélis, rénovateur d'un PS en faillite

Le "gouvernement de combat" impose un "nervi" à la tête du parti présidentiel
Jean-Christophe Cambadélis a hérité, mardi 15 avril, dun poste de premier secrétaire du Parti socialiste en  CDD de dix-huit mois jusqu’au congrès d’octobre 2015. Autrement dit, une mission de sauvetage d’un parti en détresse, qu’Henri Emmanuelli qualifiait récemment de "parc à moutons" en "coma dépassé".

Au lendemain d’un désastre électoral qui, avec la perte de quelque 160 villes de plus de 10 000 habitants, a sapé le socialisme municipal, le diagnostic impitoyable de Michel Rocard en 1994, maître à penser de Manolo Valls, s’impose de nouveau, vingt ans après. L’ancien premier ministre décrivait alors le PS comme "un champ de ruines", "pratiquement vidé de toute idée, de toute force, de toute influence ".

Si l'aile gauche du parti refusait de voter et appliquait ainsi ses menace, le parti n’existerait plus, alors que les socialistes ont encore tous les pouvoirs (Elysée, Matignon, Assemblée nationale, Sénat, régions, majorité des départements). Mais pour combien de temps?  Attendons-nous à ce qu'elle rentre dans le rang, au prétexte d'une menace del'extrême droite... Le PS est devenu un astre mort. Les premiers symptômes du mal ne sont pas apparus avec l’élection de François Hollande. Ils remontent loin.

En 1995, Lionel Jospin n'était pas parvenu à faire le ménage nécessaire dans les baronnies locales d’un appareil de plus en plus sclérosé. Il avait favorisé un certain renouveau idéologique, dit-on Son successeur, François Hollande, a développé une opposition systématque au gouvernement pendant la cohabitation de 1997 à 2002, mais il n’a pas rénové le PS, introduisant un laisser-aller général à l'intérieur du PS. Il favorisa une poussée du FN en 2002, à l'éjection de son candidat au second tour de la présidentielle et à la réélection de Jacques Chirac. Depuis le 21 avril 2002 fatal,  ce parti dérive sans boussole, sans autre stratégie que la reconquête du pouvoir, sans renouvellement de sa doctrine. A partir de 2008, Martine Aubry a développé un méchant état d'esprit marqué par des comportements agressifs faits d'invectives et d'insultes qui a fini de pourrir le PS et lui attirant le ressentiment de la population stupéfaite de tant d'injustice et de méchanceté. La presse a commencé pris parti éhontément sous les yeux des Français ravis d'assister à des débats truqués, façon matches de catch, des joutes rappelant les mises à mort des arènes de Néron. 

Jusqu’au séisme municipal de 2014, le PS s’est satisafit de sa supériorité et s'est paresseusement replié sur son seul rôle de machine électorale. Depuis 2002, en dehors de vagues considérations sur "un nouveau modèle de civilisation" et de velléités de "rénovation", le PS n’a accouché de rien.  Pour la présidentielle de 2012, il s'est inspiré de l'étranger et a certes adapté la procédure démocratique, mais envahissante, de la primaire. Elle a conduit à des frictions longues et irritantes qui ont laissé des susceptibilités à vif et une désignation par défaut, la pire qui pouvait être. Et depuis, sa machine tourne sourdement à vide.  
Avec les législatives, ont émergé des parlementaires arrogants dont l'insolence tient lieu de réflexion. L'Assemblée nationale rose horizon de lendemain qui chante faux a d'abord voté tous les textes qui lui étaient présentés, histoire de manifester leur toute puissance retrouvée après une aussi longue traversée du désert. Chacun a vécu comme un triomphe personnel le vote de la loi transgressive sur le mariage entre personnes du même sexe, une jouissance extrême de damer le pion des maîtres d'hier, tandis que, pendant qu'ils avaient la tête ailleurs,  le chômage et les déficits publics grimpaient en flèche. Le Conseil Constitutionnel a bien tenté de ramener gouvernement, élus et militants à la raison, retoquant plusieurss textes entérinés les yeux fermés. Le Conseil d'Etat en a sanctionnés quelques-uns, sans qu'ils voient venir le danger.   
Le PS s’est montré incapable de formuler des idées neuves, soit pour aider l’action gouvernementale, soit pour préparer l’avenir, soit pour redéfinir ce qu’est le socialisme en 2014. Depuis douze ans – et le phénomène s’est aggravé avec la calamiteuse gouvernance d’Harlem Désir –, il est en panne de tout, pensée, âme et morale.

La crise existentielle du PS est si profonde qu’on se demande à quoi il sert

Formé à la double école du trotskisme et du jospinisme, Cambadélis est un apparatchik coupé des réalités de la vie.  Il n'a jamais rien fait de ses dix doigts, sinon pour taper sur l'adversaire. Il a une stature physique, un aplomb et une connaissance du milieu fermé de la politique suffisants pour empêcher "le bateau ivre" de couler. Mais son aptitude aux magouilles de parti ne lui ont pas permis de s'imposer contre Désir et son arrivée à la tête du PS n'est nullement la réussite d'un stratège, puisque Hollande joue tout bêtement au jeu des chaises musicales. Au secrétariat général de l'Elysée, il enlève Lamas pour y mettre Jouyet et le place à la Caisse des Dépôts laissée vide. L'arrivée de Cambadélis Rue de Solférino n'est pas non plus le résultat d'une tir à trois bandes. 
Camba-le-Grec n'est ni un penseur, ni un stratège, mais un pion. 
"L’enjeu pour le Parti socialiste, a-t-il déclaré, c’est la glissade ou le renouveau, la dispersion ou le sursaut." Outre un entourage fort et fidèle, il lui faudra beaucoup d’énergie pour remettre à flot un parti dont les militants sont désemparés au point de se détourner de leur président et une aile gauche en lutte ouverte contre Valls, un premier ministre autoritaire et répressif.  

Bien qu'interimaire,  
Cambadélis se fixe pour ambitieux objectif de "reformuler idéologiquement le socialisme pour qu’il soit à nouveau une doctrine vivante, capable de transformer le monde et pas seulement de le gérer". Les "think tank" socialistes vont devoir carburer à plein régime. A cette condition seulement, le nouveau "patron" de transition du PS pourrait être davantage qu’un  syndic de faillite.
Pour commencer, la démission d'Aquilino Morelle, collaborateur de Hollande accusé de conflit d'intérêts, s'est faite au-dessus de sa tête...