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mardi 19 mai 2020

Le parti du président Macron, LREM, perd la majorité absolue

17 députés forment un nouveau groupe à l'Assemblée : LREM peut-elle encore  conserver toute son arrogance ?

Avec la création de ce nouveau groupe, LREM poursuit une débandade parlementaire inédite

En perdant la majorité absolue au Palais-Bourdon, Macron devra davantage composer avec ses alliés, le Modem et Agir, plus loyalistes que ses élus.


Un neuvième groupe politique de 17 dissidents, dont des Macroniens et anciens Macroniens, est "déposé officiellement" ce mardi à l'Assemblée, annoncent certains de ses membres fondateurs. Le groupe LREM perd du même coup  la majorité absolue"de justesse" et "au moins temporairement," commente Le Monde qui ne mise pas sur son avenir.

Baptisé "Ecologie Démocratie Solidarité", ce nouveau groupe est "indépendant", "ni dans la majorité, ni dans l'opposition", un "en même temps" qui n'augure pas d'une ligne sans zigzags ni compromission, dès la lecture de la déclaration politique de ses élus. 
Parmi ses membres figurent d'anciens "marcheurs" de la première heure, comme Matthieu Orphelin (proche de Nicolas Hulot), ou encore des membres de l'aile gauche de LREM comme Aurélien Taché ou Cédric Villani, dont la dissidence n'était pas encore acquise jusque-là.
Avec cette crise du Covid19, il nous faut dépasser les clivages et les postures, et construire collectivement le monde d’après. #EDS, que nous créons aujourd'hui, sera un groupe de propositions, de coalition, d'innovation


Tous ces députés ont été élus en 2017 sous l'étiquette LaREM à l'exception de Delphine Batho.

Une perte "seulement temporaire" de majorité, veulent croire les loyalistes groggy ?

Les arrogants de la majorité présidentielle aurait dû voir venir.
En février 2019, la grande majorité de ses députés et le MoDem avaient voté pour loi dite anticasseurs, controversée et qui proposa des interdictions administratives de manifester ou qui fait de la dissimulation de visage un délit. Mais 50 députés - principalement de l’aile gauche et en pointe sur la défense des libertés publiques - s'étaient tout de même abstenus. "L’essentiel, c’est qu’il n’y a eu aucun vote contre," avait commenté dans la foulée du vote le patron du groupe majoritaire Gilles Le Gendre. 
Pour voir venir la dissidence actuelle, il aurait fallu que les anciens socialistes Gilles Le Gendre - fils d'un président de société et de Catherine Chassaing Mandegou de Borredon - un ex-président du directoire du groupe Expansion (groupe l'Express, filiale de SFR Presse, racheté par Patrick Drahi, détenteur cumulard de BFM), et Stanislas Guerini, secrétaire général de LREM, eussent été lucides et compétents, mais ils sont des produits du quinquennat de François Hollande.

Avec ce... neuvième groupe - un record camouflet dans l'hémicycle du Palais-Bourbon - LREM perd sept nouveaux membres ou apparentés, tombant à 288, juste sous le seuil de la majorité absolue (289 sièges) qu'il détenait jusqu'alors à lui seul. Un revers cinglant même si le groupe majoritaire peut s'appuyer sur ses 46 alliés du MoDem et la dizaine d'élus Agir.

Le groupe espère toutefois récupérer rapidement la majorité absolue
La future suppléante d'Olivier Gaillard, ex-PS et ex-LREM, qui devrait quitter son siège de député pour succéder à une DVG à la mairie de Sauve (1.900 habitants), Gard, pourrait se désolidariser du titulaire démissionnaire, depuis le 13 mai (déclarant regretter de n'être qu' "un élu de seconde zone" dans un Parlement qui oublierait les territoires locaux) et rechausser les godillots des "marcheurs", comme annoncé par le député, sous les yeux des électeurs effarés. 
Sa suppléante est proviseur adjointe du Lycée Jacques Prévert à Saint-Christols-les-Alès, 1957e sur 2013 au classement national de 2016 et 21e sur 21 dans le département avec 8,3/20Catherine Daufès-Roux, 57 ans, déjà doublure d'Henri Francès en 2012, battu par le socialiste William Dumas, va devoir résister au mépris de élus de la société civile au parti présidentiel. Elle a survécu à la canicule de l'été 2003 et à un record de chaleur jamais enregistré en France métropolitaine avec 44,1 °C . Est-elle suffisamment aguerrie pour autant ?

Vers un soutien conditionnel au cas par cas et un chantage permanent au pouvoir

Le nouveau groupe entend contribuer à "une ambition forte de transformation sociale et écologique". Ce que Macron croyait réaliser depuis trois ans...

"Répondre à l'urgence écologique, moderniser la démocratie, réduire les inégalités sociales et territoriales : nous pouvons faire plus et mieux à l'Assemblée nationale", estiment ces députés, pour qui "après le Covid-19, plus rien ne doit être comme avant". Les prétentieux de la majorité n'en croient pas leurs yeux: ils ont trouvé plus ambitieux qu'eux !

Dans un document, ils listent leurs "15 premières priorités"
Cela va d'"un plan de réindustrialisation pour une souveraineté et une autonomie retrouvées" à une "réelle transparence de la vie publique" en passant par le rétablissement d'un système de santé "robuste" ou une refonte de "la fiscalité du capital et du patrimoine".

"Nous pousserons et soutiendrons toutes les décisions à la hauteur des enjeux, mais saurons nous opposer dans tous les autres cas", préviennent ces députés.

Ils vont refaire le monde.

mardi 15 août 2017

Proche de Jupiter, Ferrand est pourtant une "catastrophe"...

Tous les députés LREM ne se laissent pas museler

La député LREM Claire O'Petit étrille Richard Ferrand, président du groupe à l'Assemblée

Invitée  de RMC ce mardi, la député LREM Claire O'Petit s'est confiée sur ses débuts dans l'hémicycle. 
Très à son aise dans l'émission - puisqu'elle faisait partie de l'équipe de Les Grandes Gueules  (animée par Alain Marschall et Olivier Truchot) avant de se lancer dans la politique - Claire O'Petit n'a pas sacrifié à la langue de bois pour donner son avis sur Richard Ferrandle président désigné de son groupe à l'Assemblée nationale, bien qu'il ait été poussé à la démission du gouvernement Philippe, suite à ses libertés avec la morale.

Revenant sur les tous premiers jours des députés au Palais Bourbon, l'invitée de RMC a détaillé le moment où il a fallu choisir les questeurs - les députés chargés des crédits budgétaires internes à l'Assemblée.

Richard Ferrand "a été extrêmement défaillant", juge Claire O'Petit

Elle révèle ainsi qu'au moment de voter pour élire les questeurs, l'ex-député PS Richard Ferrand n'a pas réuni ses troupes pour une discussion politique avancée, afin de choisir entre Eric Ciotti, Thierry Solère ou un candidat qui ne serait pas LR. "Nous n'avons pas pris le temps de parler politiquement", assure Claire O'Petit à l'antenne de RMC, suggérant que les décisions sont prises sans l'accord des députés du groupe majoritaire.

"Un chef de groupe pas à la hauteur".
La député LREM poursuit sur cet épisode : Richard Ferrand "était présent à l'Assemblée. Mais nous n'avons pas eu du tout de réunion. Il y a eu un 'caca boudin' des Républicains quand Solère a été élu. Là, Ferrand n'a absolument pas été à la hauteur. On s'est tous retrouvés dans les couloirs en se demandant ce qu'il fallait faire", poursuit Claire O'Petit. Et ils ont fait comme on leur a dit...
Et de conclure "C'était une catastrophe (...) Richard Ferrand n'a pas su tenir le groupe à ce moment-là".
Et Macron en avait son ministre de l'Aménagement du territoire, rebaptisé ministre de la Cohésion des territoires.

Pour plus de moralisation de la vie politique, le successeur de Ferrand a reçu le renfort du secrétaire d'Etat Julien Denormandie (photo de gauche,  ci-dessus à droite), gendre de Robert Ophèle, président de l’Autorité des marchés financiers, depuis le 1er août ...2017. Favoritisme ?

mercredi 28 juin 2017

Moralisation: deux députés PS trahissent leurs électeurs à l'Assemblée

Élus sous l'étiquette PS, deux députés siègent avec LREM

Deux députés élus avec le PS en Ille-et-Vilaine et dans le Doubs, siègeront à l'Assemblée nationale avec LREM : tranquilou !

Ils ont du sens moral à revendre ! Alors que s'ouvrent aujourd'hui les soldes d'été, Rue de Solférino, c'est la grande braderie d'éthique... 

François André, 60 ans, réélu député de la troisième circonscription d’Ille-et-Villaine, à Rennes, sous l’étiquette du PS mi-juin, a décidé de siéger aux côtés des députés de La République en Marche et non avec les socialistes, réunis sous le groupe de la 'Nouvelle gauche', après avoir adhéré à l'âge de 20 ans au Parti socialiste. 
Or, "Nouvelle gauche" évoque un ancien courant du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) et une sensibilité du Parti socialiste dans le courant Nouveau Parti socialiste (NPS) mené par Benoît Hamon.
Il était encore le seul député socialiste de Bretagne : membre de la commission de la Défense nationale et des forces armées et admis, à ce titre, comme colonel au sein de la Réserve citoyenne de la Défense en janvier 2015, il a tourné casaque.
Cet apparatchik qui n'a rien à voir avec la "société civile" siégera au côté de Manuel Valls avec les apparentés LREM. 
"J’ai toujours affiché ma volonté d’être membre d’un groupe se revendiquant de la majorité présidentielle, insiste le député de l’Ille-et-Vilaine. Ce n’est pas ce qu’ont décidé les socialistes." Au journal Le Parisien, le député confirme qu’il votera tous les textes de la majorité comme il l’a fait quand le PS était au gouvernement. Un béni-oui-oui professionnel assumé...

Frédéric Barbier était lui une exception dans la 4e circonscription du Doubs dans le Pays de Montbéliard. Député sortant PS et frère de David Barbier, conseiller départemental du Doubs, ce cadre en entreprise de 57 ans avait obtenu deux investitures, celles du PS et celle de LREM. 
En février 2015, lors d’une législative partielle consécutive au départ de Pierre Moscovici à Bruxelles, Frédéric Barbier (PS) s’était contenté de 863 voix seulement devant Sophie Montel (FN).
Il a lui aussi choisi mardi de se lier au groupe parlementaire LREM, à la surprise de ses électeurs socialistes.

Le PS interdit la double-appartenance

"J’accepte les conséquences à venir quant à mon futur au Parti socialiste", assume le député renégat d’Ille-et-Villaine. A ce moment-là, quand Le Parisien/Aujourd'hui en France le contacte mercredi en début d’après-midi, François André ne sait pas que le PS est sur le point d’envoyer un communiqué à la presse. "Frédéric Barbier et François André se sont mis d’eux-mêmes hors du Parti socialiste", y écrit le parti. 

"J’ai toujours soutenu Emmanuel Macron, argue François André. Je n'ai soutenu personne pendant la primaire de gauche et je soutenais déjà le président de la République pendant la campagne." Pendant cette campagne, le candidat n'était pas président... Le député sortant était investi par le PS.
La République en marche n'avait mis personne face à lui dans sa circonscription. "J’ai toujours été très clair," affirme-t-il pourtant, malgré deux protecteurs
Selon les statuts du PS, les élus socialistes "ne peuvent appartenir à un autre parti, ou groupe politique relevant directement ou indirectement d’un parti autre que le Parti socialiste". 
Le service presse du Parti socialiste était toutefois incapable de dire, ce mercredi, si une procédure d'exclusion à l'égard des deux députés avait déjà été lancée ou non. Le PS annonce mercredi qu'ils "se sont mis d’eux-mêmes hors du Parti socialiste". 
Ce qui évite une nouvelle fois de faire monter Valls dans la même la charrette. 

vendredi 20 mai 2016

EELV: le groupe parlementaire écologiste a implosé au Palais Bourbon

EELV, parti écologiste en voie d'extinction

Le groupe EELV à l'Assemblée s'est dissout 
Une majorité d'entre eux a disparu de la photo
Plusieurs députés écologistes se sont fait hara-kiri en quittant le groupe, provoquent sa dissolution, faute du nombre suffisant de membres. Cécile Duflot, co-présidente du groupe EELV à l'Assemblée, est rendue responsable du chaos vert. 
La menace planait depuis quelques jours, elle a été mise à exécution en début d'après-midi du 19 mai. Six députés EELV viennent d'annoncer qu'ils quittent à leur tour le groupe écologiste à l'Assemblée nationale. Les partants rejoignent le groupe SRC (Socialiste, républicain et citoyen), qui pourrait désormais se nommer, SER (Socialiste, écologiste et républicain). 

Un départ "inéluctable", commente l'élu vert François-Michel Lambert. 
Les rapports entre les écolos se sont un peu plus tendus après une séance très houleuse au sein du groupe EELV la semaine dernière, ainsi qu'après le refus des proches de Cécile Duflot de nommer Véronique Massonneau à la vice-présidence de l'Assemblée nationale, en remplacement du harceleur Denis Baupin. Les six, Éric Alauzet, néo-député du Doubs, Christophe Cavard, député du Gard et ex-membre du Parti communiste, François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône, soutien revendiqué du gouvernement, mais qui réclame une VIe république, Véronique Massonneau, député de la Vienne et célèbre gallinacée de l'hémicycle qui dû se défendre d'être une "poule" en octobre 2015, Paul Molac, député du Morbihan et professeur d'histoire, et François de Rugy, député de Loire-Atlantique et favorable à un retour des écologistes au gouvernement, d'abord pour son humble personne frustrée d'avoir été négligée lorsque son alter-égale, Barbara Pompili y fut appelée, ont donc décidé de claquer la porte et de rejoindre le groupe socialiste, signant de facto l'arrêt de mort du groupe écologiste, qui comptait 16 membres et qu'il faut au moins 15 députés pour exister. Véronique Massonneau devient même coq de la basse-cour écolo.

Cécile Duflot, cornac du groupe qui compta jusqu'à 18 membres, avait cherché sa survie en ralliant des députés non inscrits. Parmi ces derniers, les frondeurs Pouria Amirshahi (ex-PS, qui nie négocier un rattachement) et Philippe Noguès, ainsi que Thomas Thévenoud, l'ancien ministre éphémère du gouvernement Valls. 
Ce croupion de parti peut-il toujours se revendiquer de l'écologie?
Et bénéficier des avantages afférents. "C'est un immense gâchis, confie Emmanuelle Cosse, ex-secrétaire générale d'Europe Écologie-Les Verts et épouse Baupin, le harceleur par qui est arrivé  le scandale qui a précipité la fuite des emplumés. 
Le fait que des gens qui prétendent gouverner la France en soient à ce niveau-là, c'est triste et grave." 

La ministre du Logement vise sans la nommer Cécile Duflot, responsable à ses yeux de l'implosion.

La radicale Duflot souhaitait garder la présidence du groupe seule.  

S'il y a dissolution à l'Assemblée, ce n'est pas suite à un projet de motion de censure de la gauche contre la loi travail...
En cause, la question de la coprésidence du groupe écolo à l'Assemblée nationale qui avait déjà créé quelques tensions au sein des verts, mi-mai, quand Rugy succéda seul à Denis Baupin, soutien de la politique de Hollande et en désaccords avec les choix stratégiques du parti au point de l'abandonner en avril 2016. 
Après Jean-Vincent Placé, François de Rugy, Barbara Pompili, Pascal Durand ou encore Noël Mamère. Et après les trois qui ont accepté d'entrer au gouvernement de Valls et Macron : Jean-Vincent Placé (réforme de l’Etat et de la simplification), Barbara Pompili (biodiversité) et Emmanuelle Cosse (logement), en février. Une hémorragie mortelle...Quinze jours plus tard, huit élues et collaboratrices d'Europe Écologie-Les Verts affirmaient avoir été victimes de harcèlement sexuel, voire d'attouchements, de la part de Denis Baupin sur une période allant de 1998 à 2014.
Le groupe SER (Socialiste, Ecologiste et Républicain) naîtra de cette fracture sanglante, car le terme 'républicain' dans ce sigle ne fait plus polémique parmi les hébergeurs du groupe SRC (Socialiste, Républicain et Citoyen). Il faudra maintenant compter avec .

Actant la disparition du groupe écolo, Bruno Le Roux et François de Rugy ont, sans délai, dénoncé "une dérive sectaire" qui "a saisi EELV, concrétisée par le départ brutal et unilatéral du gouvernement".
"Entretenir et cultiver les divisions de la gauche serait plus qu'une erreur : ce serait une faute, une impasse. Ces constats nous conduisent aujourd'hui à faire œuvre de clarification et de rassemblement.
Les députés écologistes réformistes forment désormais au sein d’un groupe socialiste, écologiste et républicain une composante constituée, libre de ses positions, qui inscrit clairement son action dans le cadre de la majorité."
Bruno Le Roux et François de Rugy expliquent également que "l'animation politique des écologistes réformistes" sera assurée par Véronique Massonneau. Cette dernière devient la vice-présidente du groupe SER. 

Les députés écolos quittant le groupe y sont, eux aussi, allés de leur communiqué. Ils y dénoncent le "coup de force" de Cécile Duflot, l'accusant d'avoir voulu mettre la main sur le groupe écolo. Ils écrivent :
"A l'occasion du drame que représentent les accusations lourdes portées contre Denis Baupin, une des tendances a décidé d'opérer un coup de force qui vise à remettre en cause le compromis fragile sur lequel reposait l'existence du groupe.
En remettant en cause unilatéralement le principe de la coprésidence du groupe au seul profit de Cécile Duflot, autoproclamée seule présidente, en acceptant que deux membres du groupes franchissent la ligne jaune lors du vote de la motion de censure de droite – alors même que les statuts du groupe disposent que 'bien évidemment nous nous engageons à ne jamais mêler nos voix à celles de la droite lors d'un vote de censure du gouvernement', c'est un coup de force qui vide de sa substance l'idée même de groupe écologiste qui a été mené.
Pierre Januel, collaborateur du groupe écolo, a fait part de son "hallucination" après l’annonce de la fin du groupe écolo à l'Assemblée nationale, critiquant notamment la manière dont l’information a été donnée aux principaux concernés.

Quand 6 députés pour lesquels tu travailles d'arrache-pied depuis 4 ans te mettent au chômage en t'informant par tweet-communiqué. 

Le ton est sensiblement différent du côté de Jean-Christophe Cambadélis qui se réjouit de cette nouvelle "belle alliance" [sic]:
Bienvenue aux écologistes dans le groupe pluriel social écologiste. Manifestement une belle alliance!


Qui sont les "sectaires," fidèles à la stalinienne Duflot ?
Le 9 mai, l’ancienne ministre écologiste s’était exprimée dans les colonnes du Monde et Cécile Duflot assurait ne pas vouloir "rester muette" avant les échéances électorales de 2017. "Je me battrai pour que notre candidature soit la plus efficace possible, qu’elle rassemble largement, qu’elle agrège des femmes et des hommes issus de traditions diverses mais réunis par la même volonté de transformation de la société", insistait la députée écologiste de Paris.
"On sait qu’on doit se réinventer", racontait aussi Julien Bayou, l’un des deux porte-parole nationaux d’EELV, le 12 mai.

Restent les députés rouges, purs et durs: 
Michèle Bonneton (Isère - 9e)
Laurence Abeille (Val-de-Marne - 6e)
Brigitte Allain (Dordogne - 2e)
Danielle Auroi (Puy-de-Dôme - 3e)
Sergio Coronado (homosexuel franco-chilien, Français établis hors de France - 2e)
Cécile Duflot (Paris - poste gagé par le PS dans le 6e)
Jean-Louis Roumégas (Hérault - 1re)
Éva Sas (Essonne - 7e)

Et les sénateurs
Ronan Dantec (Loire-Atlantique)
Corinne Bouchoux (homosexuelle du Maine-et-Loire)
Joël Labbé (proche du Bonnet rouge Michel Troadec, Morbihan)
Jean Desessard (ancien de la Ligue communiste révolutionnaire et proche de Daniel Cohn-Bendit, Paris)
André Gattolin (Hauts-de-Seine)
Esther Benbassa (franco-turco-israélienne, Val-de-Marne, qui estime que "le voile n’est pas plus aliénant que la minijupe" et qui, en octobre 2013, commenta l'affaire Leonarda en ces termes: "moi qui pensais que la France n'avait pas perdu la mémoire de sa sombre histoire, j'étais loin d'imaginer qu'en 2013, en tant que parlementaire, élue du peuple, je serais témoin d'une rafle. Car oui, il faut bien le dire, c'est une rafle")
Marie-Christine Blandin (Nord), Jean-Vincent Placé (Essonne), Aline Archimbaud (Seine-Saint-Denis) et Leila Aïchi (Paris) élus sous l'étiquette EELV, ont depuis quitté le parti.

mardi 8 mai 2012

Dix défis que Hollande devra essayer de surmonter



Les dix leçons de la victoire de la gauche

1 -Le nouveau président, mouton noir européen.
Après l’épreuve de la campagne, celle du pouvoir. Ce n’est pas faire injure à François Hollande que de dire que le premier moteur de sa victoire a été le rejet de cinq ans de sarkozysme. Mais après la conquête de l’Elysée, quid de l’exercice du pouvoir ? Le plus dur commence. Ses premiers mots hier soir à Tulle ont été à la mesure de sa campagne : empreints d’humilité et de gravité. Sans emphase, sans triomphalisme, il a appelé au rassemblement du pays et demandé à être jugé sur ce qu’il aura fait pour la justice et pour la jeunesse. Nicolas Sarkozy, qui prédit un « tournant » de la rigueur non pas après deux ans de mandat comme François Mitterrand en 1983 mais après deux jours, aura-t-il raison ? Les marges de manœuvre économiques sont très étroites. La dette est énorme. Il promet le retour d’un budget à l’équilibre en 2017. Comment, dans ces conditions, pourra-t-il tenir ses promesses (création de 150.000 emplois d’avenir, de 60.000 emplois dans l’éducation) même si elles relèvent d’un « socialisme réaliste » ? La réforme fiscale sera son principal levier pour rétablir à la fois la justice et le redressement du pays, a-t-il souvent répété. Il n’y aura pas de première mesure symbolique, si ce n’est le blocage immédiat du prix de l’essence. Simplement l’application stricte de son programme en 60 propositions.

2 -La composition du futur gouvernement sera un test
Qui François Hollande nommera-t-il à Matignon ? Martine Aubry, première secrétaire du parti socialiste, qui a été d’une loyauté sans faille dans cette campagne et qui a déjà l’expérience de plusieurs ministères importants mais avec laquelle – ce n’est un secret pour personne – il n’entretient pas de franche amitié ? Ou le nouveau président préférera-t-il Jean-Marc Ayrault, jusqu’ici patron des députés socialistes qui, comme lui, n’a jamais été ministre ? Et qui pour occuper les autres postes ? Jusqu’ici, François Hollande s’est montré très ferme vis-à-vis des prétendants qui s’invitaient déjà depuis des semaines au bal de la victoire. Aura-t-il le courage de préférer de jeunes pousses aux éternels éléphants ? De jeunes révélations, pleines de talent, ont fait leur preuve dans la campagne : les Aurélie Filippetti, élue de Gandrange, la binationale Najat Vallaud-Belkacem ou Delphine Batho, la suppléante de l'amère Royal par exemple. Mais Laurent Fabius espère être récompensé en obtenant au moins les Affaires étrangères. Ce serait le retour d’un homme qui a déjà occupé Matignon il y a près de trente ans ! Sa nomination au quai d’Orsay serait-elle en outre de nature à rassurer l’Europe ? En 2005, il avait voté « non » à la Constitution européenne.

VOIR et ENTENDRE  BFMTV participer le 2 mai au mensonge d'entre-deux tours d'un "accord secret", un de plus, entre Hollande et Angela Merkel:






http://www.bfmtv.com/hollande-aurait-trouve-un-accord-avec-merkel-actu27091.html

3 -Toutes les chancelleries sont en alerte. 
Les grands rendez-vous internationaux vont mettre le président-élu à l'épreuve. Il y aura un sommet du G8 à Camp David aux Etats-Unis, les 18 et 19 mai. Puis un sommet de l’Otan à Chicago, les 20 et 21 mai. Le nouveau président rencontrera à ces occasions tous ceux qu'il a villipendés sur un sujet ou un autre, à commencer par Barack Obama à qui il confirmera sa décision unilatérale du retrait  anticipé des soldats français d’Afghanistan dès la fin de cette année. Les Etats de la zone euro attendent  le nouveau locataire de l’Elysée de pied ferme. Dès son investiture (officiellement le 15 mai), il se rendre à Berlin où Angela Merkel n'est pas décidée à renoncer à la prospérité pour l'austérité de gauche qu'il préconise et pour préparer le sommet européen des 28 et 29 juin. La chancelière n'a fait aucun pas dans sa direction lorsqu'elle a réaffirmé sa volonté d'un « agenda de croissance ».

4 -La droite pourrait traverser des turbulences. 
Jusqu’ici, les lieutenants de Nicolas Sarkozy s’étaient retenus avant le verdict des urnes. Pas un mot plus haut que l’autre, même si le débat était ouvert en interne. Tous n’ont pas apprécié l’ultra-droitisation de sa campagne et certains, dont deux anciens premiers ministres, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, plaidaient pour un recentrage. « Je craignais ce scénario depuis l’été 2010 », a admis le second hier soir. La bataille pour le leadership va commencer. Jean-François Copé sera-t-il le plus capable de tenir la maison UMP si elle tangue ? François Fillon ou Alain Juppé lui disputeront-ils le leadership ?

5 -Le Front national en embuscade 
Marine Le Pen a largement contribué à la défaite de Nicolas Sarkozy et pourrait  tenter d'achever le travail en faisant imploser la droite pour la recomposer ensuite autour d'elle. Elle tendra vraisemblablement la main aux élus les plus à droite de l’UMP pour créer des alliances en vue des législatives des 10 et 17 juin. Elle a lancé dès dimanche soir « un appel à tous les patriotes » pour porter leur message à l’Assemblée nationale où elle espère un grand nombre d’élus. Objectif : quinze députés pour former un groupe parlementaire.

6 -Le MoDem-croupion à la recherche d’un espace
Le centre risque d'être pulvérisé et F. Bayrou marginalisé.  A l’intérieur ou à l’extérieur de la future majorité ? François Bayrou a voté « à titre personnel » pour François Hollande mais le Modem le suivra-t-il ? « Tous ceux qui auront voté pour moi pourront me rejoindre à condition que ce soit sur mon programme », a prévenuFrançois Hollande. Cette intransigeance n'est pas de nature à convenir au leader centriste, qui à la tête de trois parlementaires, milite contre  l'hégémonie des deux grands partis, UMP et PS. Plusieurs autres courants qui peuvent légitimement incarner le centre (Le Nouveau centre d’Hervé Morin, le parti radical de Jean-Louis Borloo) devront aussi attirer les brebis égarées à eux et sans doute constituer des courants au sein de l'UMP

7 -Les législatives vont être capitales. 
La droite appelle dès à présent à un « rééquilibrage » des pouvoirs. Autrement dit, elle ne baissera pas les bras pour les législatives même si une cohabitation semble peu probable compte tenu de la quasi-concomitance des deux élections. C’est  entre autres raisons pour éviter la cohabitation que le quinquennat a remplacé le septennat.

8 -Le militantisme des media.
Nicolas Sarkozy a été outrageusement maltraité par la presse noyautée par le SNJ qui, impatiente de vivre le retour de la gauche, a ciblé le président. Les méthodes de rumeurs et d'insultes ont dépassé toutes les limites que la déontologie professionnelle aurait dû canaliser. Les procès d'intention et les mensonges véhiculés par les organes de presse largement aux mains de multi-millionnaires de gauche ont créé un climat socio-politique extrêmement tendu. François Hollande devra apaiser, comme il s'y est engagé, mais la tâche ne sera pas facile, tant les habitudes outrancières ont dépassé l'insolence que revendique le microcosme des journalistes au militantisme exacerbé depuis les primaires socialistes de l'automne 2011. Nicolas Sarkozy avait plusieurs fois dit qu’en cas de défaite il quitterait la vie politique. « Je m’apprête à redevenir un Français parmi les Français », a-t-il confirmé hier. « Cela fait dix ans que je vis pour des responsabilités gouvernementales au plus haut niveau. Ma place ne pourra plus être la même mais je resterai l’un des vôtres », a-t-il toutefois ajouté, laissant une porte ouverte à l’avenir…

9 -Les sondages se sont plantés. 
Ce week-end, François Hollande croyait  encore en une large victoire. L'écart entre les deux concurrents, de dix points au départ, n'a en réalité cessé de se réduire jusqu'à s'établir « sur le fil du rasoir ». Il promettait un scénario à l’américaine, faisant allusion à la présidentielle de 2000 aux Etats-Unis où le suspense avait été interminable avant de proclamer George Bush vainqueur devant Al Gore. Après 350 sondages, donnant tous François Hollande vainqueur, la réalité a été d'autant plus décevante pour la gauche que le vote blanc et nul s'est avéré important et relativise sensiblement  la victoire du socialiste, désormais placé en situation précaire.

10 -La présidentielle a passionné. 
Quoi que les analystes et experts de tout poil ait pu dire sur les errements de cette campagne, l'électorat s'est passionné et le taux d'abstention n'a pas été aussi élevé que prévu par les entreprises commerciales de sondages. La diversité des sujets abordés au premier tour, de la traçabilité de la viande halal à la réforme démagogique du permis de conduire lancée par l'équipe Hollande, et au second, d’une omniprésence des thématiques et de la rhétorique du Front national  et le populisme de la gauche sur les difficultés du logement ou le prix de l'essence, la participation (plus de 80 %) marque le signe d’un réel intérêt, même si on n’atteint pas le record de 2007 (84 %) qui a fait gagner Nicolas Sarkozy de six points sur la candidate Royal. Le débat télévisé, mercredi soir, en avait déjà donné un signe : près de dix-huit millions de téléspectateurs étaient devant leur poste.