POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est 6 mai 2012. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 6 mai 2012. Afficher tous les articles

mardi 8 mai 2012

Dix défis que Hollande devra essayer de surmonter



Les dix leçons de la victoire de la gauche

1 -Le nouveau président, mouton noir européen.
Après l’épreuve de la campagne, celle du pouvoir. Ce n’est pas faire injure à François Hollande que de dire que le premier moteur de sa victoire a été le rejet de cinq ans de sarkozysme. Mais après la conquête de l’Elysée, quid de l’exercice du pouvoir ? Le plus dur commence. Ses premiers mots hier soir à Tulle ont été à la mesure de sa campagne : empreints d’humilité et de gravité. Sans emphase, sans triomphalisme, il a appelé au rassemblement du pays et demandé à être jugé sur ce qu’il aura fait pour la justice et pour la jeunesse. Nicolas Sarkozy, qui prédit un « tournant » de la rigueur non pas après deux ans de mandat comme François Mitterrand en 1983 mais après deux jours, aura-t-il raison ? Les marges de manœuvre économiques sont très étroites. La dette est énorme. Il promet le retour d’un budget à l’équilibre en 2017. Comment, dans ces conditions, pourra-t-il tenir ses promesses (création de 150.000 emplois d’avenir, de 60.000 emplois dans l’éducation) même si elles relèvent d’un « socialisme réaliste » ? La réforme fiscale sera son principal levier pour rétablir à la fois la justice et le redressement du pays, a-t-il souvent répété. Il n’y aura pas de première mesure symbolique, si ce n’est le blocage immédiat du prix de l’essence. Simplement l’application stricte de son programme en 60 propositions.

2 -La composition du futur gouvernement sera un test
Qui François Hollande nommera-t-il à Matignon ? Martine Aubry, première secrétaire du parti socialiste, qui a été d’une loyauté sans faille dans cette campagne et qui a déjà l’expérience de plusieurs ministères importants mais avec laquelle – ce n’est un secret pour personne – il n’entretient pas de franche amitié ? Ou le nouveau président préférera-t-il Jean-Marc Ayrault, jusqu’ici patron des députés socialistes qui, comme lui, n’a jamais été ministre ? Et qui pour occuper les autres postes ? Jusqu’ici, François Hollande s’est montré très ferme vis-à-vis des prétendants qui s’invitaient déjà depuis des semaines au bal de la victoire. Aura-t-il le courage de préférer de jeunes pousses aux éternels éléphants ? De jeunes révélations, pleines de talent, ont fait leur preuve dans la campagne : les Aurélie Filippetti, élue de Gandrange, la binationale Najat Vallaud-Belkacem ou Delphine Batho, la suppléante de l'amère Royal par exemple. Mais Laurent Fabius espère être récompensé en obtenant au moins les Affaires étrangères. Ce serait le retour d’un homme qui a déjà occupé Matignon il y a près de trente ans ! Sa nomination au quai d’Orsay serait-elle en outre de nature à rassurer l’Europe ? En 2005, il avait voté « non » à la Constitution européenne.

VOIR et ENTENDRE  BFMTV participer le 2 mai au mensonge d'entre-deux tours d'un "accord secret", un de plus, entre Hollande et Angela Merkel:






http://www.bfmtv.com/hollande-aurait-trouve-un-accord-avec-merkel-actu27091.html

3 -Toutes les chancelleries sont en alerte. 
Les grands rendez-vous internationaux vont mettre le président-élu à l'épreuve. Il y aura un sommet du G8 à Camp David aux Etats-Unis, les 18 et 19 mai. Puis un sommet de l’Otan à Chicago, les 20 et 21 mai. Le nouveau président rencontrera à ces occasions tous ceux qu'il a villipendés sur un sujet ou un autre, à commencer par Barack Obama à qui il confirmera sa décision unilatérale du retrait  anticipé des soldats français d’Afghanistan dès la fin de cette année. Les Etats de la zone euro attendent  le nouveau locataire de l’Elysée de pied ferme. Dès son investiture (officiellement le 15 mai), il se rendre à Berlin où Angela Merkel n'est pas décidée à renoncer à la prospérité pour l'austérité de gauche qu'il préconise et pour préparer le sommet européen des 28 et 29 juin. La chancelière n'a fait aucun pas dans sa direction lorsqu'elle a réaffirmé sa volonté d'un « agenda de croissance ».

4 -La droite pourrait traverser des turbulences. 
Jusqu’ici, les lieutenants de Nicolas Sarkozy s’étaient retenus avant le verdict des urnes. Pas un mot plus haut que l’autre, même si le débat était ouvert en interne. Tous n’ont pas apprécié l’ultra-droitisation de sa campagne et certains, dont deux anciens premiers ministres, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, plaidaient pour un recentrage. « Je craignais ce scénario depuis l’été 2010 », a admis le second hier soir. La bataille pour le leadership va commencer. Jean-François Copé sera-t-il le plus capable de tenir la maison UMP si elle tangue ? François Fillon ou Alain Juppé lui disputeront-ils le leadership ?

5 -Le Front national en embuscade 
Marine Le Pen a largement contribué à la défaite de Nicolas Sarkozy et pourrait  tenter d'achever le travail en faisant imploser la droite pour la recomposer ensuite autour d'elle. Elle tendra vraisemblablement la main aux élus les plus à droite de l’UMP pour créer des alliances en vue des législatives des 10 et 17 juin. Elle a lancé dès dimanche soir « un appel à tous les patriotes » pour porter leur message à l’Assemblée nationale où elle espère un grand nombre d’élus. Objectif : quinze députés pour former un groupe parlementaire.

6 -Le MoDem-croupion à la recherche d’un espace
Le centre risque d'être pulvérisé et F. Bayrou marginalisé.  A l’intérieur ou à l’extérieur de la future majorité ? François Bayrou a voté « à titre personnel » pour François Hollande mais le Modem le suivra-t-il ? « Tous ceux qui auront voté pour moi pourront me rejoindre à condition que ce soit sur mon programme », a prévenuFrançois Hollande. Cette intransigeance n'est pas de nature à convenir au leader centriste, qui à la tête de trois parlementaires, milite contre  l'hégémonie des deux grands partis, UMP et PS. Plusieurs autres courants qui peuvent légitimement incarner le centre (Le Nouveau centre d’Hervé Morin, le parti radical de Jean-Louis Borloo) devront aussi attirer les brebis égarées à eux et sans doute constituer des courants au sein de l'UMP

7 -Les législatives vont être capitales. 
La droite appelle dès à présent à un « rééquilibrage » des pouvoirs. Autrement dit, elle ne baissera pas les bras pour les législatives même si une cohabitation semble peu probable compte tenu de la quasi-concomitance des deux élections. C’est  entre autres raisons pour éviter la cohabitation que le quinquennat a remplacé le septennat.

8 -Le militantisme des media.
Nicolas Sarkozy a été outrageusement maltraité par la presse noyautée par le SNJ qui, impatiente de vivre le retour de la gauche, a ciblé le président. Les méthodes de rumeurs et d'insultes ont dépassé toutes les limites que la déontologie professionnelle aurait dû canaliser. Les procès d'intention et les mensonges véhiculés par les organes de presse largement aux mains de multi-millionnaires de gauche ont créé un climat socio-politique extrêmement tendu. François Hollande devra apaiser, comme il s'y est engagé, mais la tâche ne sera pas facile, tant les habitudes outrancières ont dépassé l'insolence que revendique le microcosme des journalistes au militantisme exacerbé depuis les primaires socialistes de l'automne 2011. Nicolas Sarkozy avait plusieurs fois dit qu’en cas de défaite il quitterait la vie politique. « Je m’apprête à redevenir un Français parmi les Français », a-t-il confirmé hier. « Cela fait dix ans que je vis pour des responsabilités gouvernementales au plus haut niveau. Ma place ne pourra plus être la même mais je resterai l’un des vôtres », a-t-il toutefois ajouté, laissant une porte ouverte à l’avenir…

9 -Les sondages se sont plantés. 
Ce week-end, François Hollande croyait  encore en une large victoire. L'écart entre les deux concurrents, de dix points au départ, n'a en réalité cessé de se réduire jusqu'à s'établir « sur le fil du rasoir ». Il promettait un scénario à l’américaine, faisant allusion à la présidentielle de 2000 aux Etats-Unis où le suspense avait été interminable avant de proclamer George Bush vainqueur devant Al Gore. Après 350 sondages, donnant tous François Hollande vainqueur, la réalité a été d'autant plus décevante pour la gauche que le vote blanc et nul s'est avéré important et relativise sensiblement  la victoire du socialiste, désormais placé en situation précaire.

10 -La présidentielle a passionné. 
Quoi que les analystes et experts de tout poil ait pu dire sur les errements de cette campagne, l'électorat s'est passionné et le taux d'abstention n'a pas été aussi élevé que prévu par les entreprises commerciales de sondages. La diversité des sujets abordés au premier tour, de la traçabilité de la viande halal à la réforme démagogique du permis de conduire lancée par l'équipe Hollande, et au second, d’une omniprésence des thématiques et de la rhétorique du Front national  et le populisme de la gauche sur les difficultés du logement ou le prix de l'essence, la participation (plus de 80 %) marque le signe d’un réel intérêt, même si on n’atteint pas le record de 2007 (84 %) qui a fait gagner Nicolas Sarkozy de six points sur la candidate Royal. Le débat télévisé, mercredi soir, en avait déjà donné un signe : près de dix-huit millions de téléspectateurs étaient devant leur poste.

Le vote blanc a porté F. Hollande à la présidence

Un taux historique de rejet du président du 6 mai 2012 par les électeurs

Hollande, président des votes nuls


A 57 ans, François Hollande devient le septième président de la Ve République et le deuxième socialiste, alors qu'il n'a jamais exercé de fonctions gouvernementales en trente années de carrière politique.

Le vote blanc et nul a atteint dimanche un record en volume pour une présidentielle. Même s'il est difficile de l'attribuer à une catégorie particulière, les électeurs de Marine Le Pen semblent avoir fourni une bonne partie de ces 2,15 millions de bulletins. C'est le second vainqueur du 6 mai.

Un avertissement à François Hollande ?

Les deux types de votes, blanc et nul, sont comptabilisés ensemble lors des dépouillements et ils représentent 5,8% des quelque 37 millions de suffrages du 6 mai. Le taux le plus élevé de blancs ou nuls pour un scrutin présidentiel - 6,42%, mais 1,3 million de voix - avait été atteint au second tour de l'élection de 1969, marquée par l'absence d'un candidat de gauche. Jacques Duclos, candidat du PCF malheureux au premier tour avec 21,2% des voix, avait qualifié le choix du second tour d'un célèbre "blanc bonnet et bonnet blanc".
Au second tour de la présidentielle de 1995, qui avait vu Jacques Chirac l'emporter sur Lionel Jospin, le vote blanc ou nul, choisi par 1,9 million d'électeurs, représentait 5,97% des votants.

Mais qui a déposé ces bulletins qui ont fait le jeu de la gauche ?
"15% des électeurs de Marine Le Pen au premier tour ont voté blanc ou nul au second tour", constate Bruno Jeanbart, politologue à OpinionWay. "C'est beaucoup plus que les autres bataillons qui ont fourni le vote blanc : les électeurs de François Bayrou, qui ont été 10% à faire ce choix, et les abstentionnistes et les électeurs qui ont déjà voté blanc au premier tour, 9%".

Jean-Daniel Lévy, de l'institut Harris Interactive, relève que dans les départements où le Front national avait réalisé un bon score au premier tour, la participation a été moindre et le vote blanc plus élevé. La tentative de Nicolas Sarkozy d'attirer les électeurs de Marine Le Pen a trouvé des limites, selon lui. Même diagnostic de Frédéric Dabi, de l'IFOP, et de Bruno Jeanbart.
Les électeurs marinistes ont suivi le choix de leur candidate
Les trois départements où le vote blanc a été le plus élevé, la Haute-Saône (8,31%), les Vosges (8,19%), et la Haute-Loire (7,66%) sont des départements où Marine Le Pen a réalisé le 22 avril certains de ses meilleurs résultats : 25,23%, 24,18% et 20,40% [pour un score national de 17,90%]. "Cela montre le lien assez fort qui lie les sympathisants du Front national à leur candidat et qui fait que son vote est reproduit par les électeurs", poursuit Frédéric Dabi, rappelant que Marine Le Pen avait annoncé le 1er mai qu'elle-même voterait blanc, tout en laissant ses électeurs choisir dans le duel Sarkozy-Hollande,

De son côté, l'Association pour la reconnaissance du vote blanc ne souhaite pas voir son action associée à celle de Marine Le Pen et relativise donc  l'importance du paramètre FN dans le niveau élevé de bulletins blancs.

Pour son président, Oliver Durand, "le vote blanc ou nul a augmenté dans des proportions classiques : il avait été multiplié par 2,93 entre les deux tours en 2007 et cette fois-ci il l'a été par 3,06". "Rien d'extraordinaire", insiste-t-il. En revanche, fait-il remarquer, ces 2,15 millions de bulletins blancs ou nuls signifient que François Hollande a été élu par moins de 50% "des électeurs qui se sont déplacés".

Un conditionnement médiatique au vote de "très mauvaise humeur"

"Au premier tour, si on fait le total de l'abstention, des blancs et nuls et de tous les candidats de la protestation, on arrivait presque à un Français sur deux. Ça veut dire qu'on est bien dans une phase de politisation négative",

Une situation anti-démocratique

Pascal Perrineau, chercheur au Cevipof, abonde.
Pour l'expert, si le second tour a marqué dimanche un apparent retour à un ordre politique bipolaire, cette réalité anti-républicaine n'est pas prête à se faire oublier. "Le nouveau président va avoir affaire avec un pays de très mauvaise humeur et comme ça ne peut plus s'exprimer dans les urnes, ça s'exprimera autrement", estime cet analyste.

Au-delà de la mauvaise humeur et des consignes de vote, les supporters de F. Hollande et les partisans de la VIe République tentent de convaincre pour nombre d'électeurs de dire leur malaise vis-à-vis de la bipolarisation gauche-droite de la vie politique française, particulièrement stigmatisée par F. Bayrou ces derniers mois. "Cela traduit l'embarras des électeurs du Front de gauche, du FN et de François Bayrou (ex-candidat du MoDem), qui n'ont pas voulu se reporter sur François Hollande, sur Nicolas Sarkozy ou sur l'un des deux", souligne Mariette Sineau, du CNRS.

"François Hollande ne doit pas se tromper sur la nature de sa victoire"

C'est la mise en garde du directeur du Cevipof.
"Ce n'est pas la gauche qui est à 51,6% des voix. Ce qui lui a permis de franchir la barre des 50%, ce sont des électeurs de droite et du centre." "François Hollande va-t-il être capable de bien entendre ce message ? S'il lit bien la nature de sa victoire, il devrait ouvrir. Mais est-ce que la gauche est capable d'ouvrir ? C'est une vraie question", conclut l'expert.
Hollande avait promis de ne pas pratiquer d'autre ouverture que celle des frontières. La désignation de Manuel Valls à Matignon serait un signe que le capitaine du pédalo a reçu le message.
A suivre.