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mardi 25 mars 2014

Municipales 2014 à Niort : Ségolène Royal, mauvais génie de la défaite, accusée de cabale

La présidente socialiste de la région Poitou-Charentes accusée de cabale

L'univers impitoyable des socialistes 
La maire PS de Niort accuse l'ancienne candidate PS à la présidentielle d'être en partie à l'origine de sa défaite. Un vif échange s'en est suivi opposant l'amère Royal et Geneviève Gaillard sèchement battue dès le premier tour. Élue en 2008, la fille de l'ancien maire PS de Niort (1971-1985), René Gaillard, a été largement battue dimanche par Jérôme Baloge, un centriste de droite qui compte sur sa liste Alain Baudin, ex-maire socialiste de Niort et ancien adversaire de Geneviève Gaillard en 2008Jérôme Baloge, qui menait une liste sans étiquette, a totalisé 54,3 % des voix, contre à peine 20,3 % à Geneviève Gaillard, par ailleurs députée des Deux-Sèvres.


Le vainqueur, un professeur de l'enseignement supérieur,
membre du Parti radical de Jean-Louis Borloo, se présentait "sans étiquette" avec le soutien de l'UMP.

Drôle de crêpage de chignons

Les bonnes camarades
Dans un communiqué diffusé dimanche soir après la proclamation des résultats, Ségolène Royal a nié la réalité: "la ville de Niort n'a pas basculé à droite" et évoqué "la victoire d'une liste de large rassemblement sur une liste de divisions et de cumul des mandats".

Lundi, Geneviève Gaillard a répliqué sèchement
sur France 3 Poitou-Charentes, dénonçant, "de la part de la capitale régionale", Poitiers, siège du conseil régional, "une vaste opération qui s'est montée au sein du Parti socialiste depuis déjà plus d'un an. Cette opération a bien marché", a-t-elle dénoncé, pointant le communiqué de Ségolène Royal.
Geneviève Gaillard a estimé que c'est "la victoire de la droite qui ne dit pas son nom, adoubée de revanchards".

La socialiste battue a également regretté la division de la gauche 

Le nouveau maire est
à Niort pour longtemps
Le Front de gauche et les écologistes, "avec lesquels on a un bilan extraordinaire", ont présenté chacun une liste, "ce qui n'a rien arrangé". La liste Front de gauche a recueilli 10,3 %, Europe Écologie-Les Verts (EELV) rassemblant 7,6 %, dans la région de la présidente socialiste, ancienne ministre de l'Environnement de Mitterrand.

La gauche dirigeait Niort depuis près de 60 ans, une ville de 60.000 habitants, capitale des mutuelles d'assurance, bas de laine du PS, avec un rapport de force gauche-droite traditionnellement autour de 60-40 %. Niort avait voté à 64,56 % pour François Hollande en 2012...
Geneviève Gaillard, députée-maire de Niort, avait intégré l’équipe présidentielle de François Hollande. L’élue niortaise avait accepté de participer aux groupes thématiques et devait plancher  sur les questions environnementales et au sein du pôle pour l’économie sociale et solidaire. Solidarité socialiste, vaste programme...
La conquête de Niort est emblématique du rejet de l'équipe Hollande.

mardi 8 mai 2012

Dix défis que Hollande devra essayer de surmonter



Les dix leçons de la victoire de la gauche

1 -Le nouveau président, mouton noir européen.
Après l’épreuve de la campagne, celle du pouvoir. Ce n’est pas faire injure à François Hollande que de dire que le premier moteur de sa victoire a été le rejet de cinq ans de sarkozysme. Mais après la conquête de l’Elysée, quid de l’exercice du pouvoir ? Le plus dur commence. Ses premiers mots hier soir à Tulle ont été à la mesure de sa campagne : empreints d’humilité et de gravité. Sans emphase, sans triomphalisme, il a appelé au rassemblement du pays et demandé à être jugé sur ce qu’il aura fait pour la justice et pour la jeunesse. Nicolas Sarkozy, qui prédit un « tournant » de la rigueur non pas après deux ans de mandat comme François Mitterrand en 1983 mais après deux jours, aura-t-il raison ? Les marges de manœuvre économiques sont très étroites. La dette est énorme. Il promet le retour d’un budget à l’équilibre en 2017. Comment, dans ces conditions, pourra-t-il tenir ses promesses (création de 150.000 emplois d’avenir, de 60.000 emplois dans l’éducation) même si elles relèvent d’un « socialisme réaliste » ? La réforme fiscale sera son principal levier pour rétablir à la fois la justice et le redressement du pays, a-t-il souvent répété. Il n’y aura pas de première mesure symbolique, si ce n’est le blocage immédiat du prix de l’essence. Simplement l’application stricte de son programme en 60 propositions.

2 -La composition du futur gouvernement sera un test
Qui François Hollande nommera-t-il à Matignon ? Martine Aubry, première secrétaire du parti socialiste, qui a été d’une loyauté sans faille dans cette campagne et qui a déjà l’expérience de plusieurs ministères importants mais avec laquelle – ce n’est un secret pour personne – il n’entretient pas de franche amitié ? Ou le nouveau président préférera-t-il Jean-Marc Ayrault, jusqu’ici patron des députés socialistes qui, comme lui, n’a jamais été ministre ? Et qui pour occuper les autres postes ? Jusqu’ici, François Hollande s’est montré très ferme vis-à-vis des prétendants qui s’invitaient déjà depuis des semaines au bal de la victoire. Aura-t-il le courage de préférer de jeunes pousses aux éternels éléphants ? De jeunes révélations, pleines de talent, ont fait leur preuve dans la campagne : les Aurélie Filippetti, élue de Gandrange, la binationale Najat Vallaud-Belkacem ou Delphine Batho, la suppléante de l'amère Royal par exemple. Mais Laurent Fabius espère être récompensé en obtenant au moins les Affaires étrangères. Ce serait le retour d’un homme qui a déjà occupé Matignon il y a près de trente ans ! Sa nomination au quai d’Orsay serait-elle en outre de nature à rassurer l’Europe ? En 2005, il avait voté « non » à la Constitution européenne.

VOIR et ENTENDRE  BFMTV participer le 2 mai au mensonge d'entre-deux tours d'un "accord secret", un de plus, entre Hollande et Angela Merkel:






http://www.bfmtv.com/hollande-aurait-trouve-un-accord-avec-merkel-actu27091.html

3 -Toutes les chancelleries sont en alerte. 
Les grands rendez-vous internationaux vont mettre le président-élu à l'épreuve. Il y aura un sommet du G8 à Camp David aux Etats-Unis, les 18 et 19 mai. Puis un sommet de l’Otan à Chicago, les 20 et 21 mai. Le nouveau président rencontrera à ces occasions tous ceux qu'il a villipendés sur un sujet ou un autre, à commencer par Barack Obama à qui il confirmera sa décision unilatérale du retrait  anticipé des soldats français d’Afghanistan dès la fin de cette année. Les Etats de la zone euro attendent  le nouveau locataire de l’Elysée de pied ferme. Dès son investiture (officiellement le 15 mai), il se rendre à Berlin où Angela Merkel n'est pas décidée à renoncer à la prospérité pour l'austérité de gauche qu'il préconise et pour préparer le sommet européen des 28 et 29 juin. La chancelière n'a fait aucun pas dans sa direction lorsqu'elle a réaffirmé sa volonté d'un « agenda de croissance ».

4 -La droite pourrait traverser des turbulences. 
Jusqu’ici, les lieutenants de Nicolas Sarkozy s’étaient retenus avant le verdict des urnes. Pas un mot plus haut que l’autre, même si le débat était ouvert en interne. Tous n’ont pas apprécié l’ultra-droitisation de sa campagne et certains, dont deux anciens premiers ministres, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, plaidaient pour un recentrage. « Je craignais ce scénario depuis l’été 2010 », a admis le second hier soir. La bataille pour le leadership va commencer. Jean-François Copé sera-t-il le plus capable de tenir la maison UMP si elle tangue ? François Fillon ou Alain Juppé lui disputeront-ils le leadership ?

5 -Le Front national en embuscade 
Marine Le Pen a largement contribué à la défaite de Nicolas Sarkozy et pourrait  tenter d'achever le travail en faisant imploser la droite pour la recomposer ensuite autour d'elle. Elle tendra vraisemblablement la main aux élus les plus à droite de l’UMP pour créer des alliances en vue des législatives des 10 et 17 juin. Elle a lancé dès dimanche soir « un appel à tous les patriotes » pour porter leur message à l’Assemblée nationale où elle espère un grand nombre d’élus. Objectif : quinze députés pour former un groupe parlementaire.

6 -Le MoDem-croupion à la recherche d’un espace
Le centre risque d'être pulvérisé et F. Bayrou marginalisé.  A l’intérieur ou à l’extérieur de la future majorité ? François Bayrou a voté « à titre personnel » pour François Hollande mais le Modem le suivra-t-il ? « Tous ceux qui auront voté pour moi pourront me rejoindre à condition que ce soit sur mon programme », a prévenuFrançois Hollande. Cette intransigeance n'est pas de nature à convenir au leader centriste, qui à la tête de trois parlementaires, milite contre  l'hégémonie des deux grands partis, UMP et PS. Plusieurs autres courants qui peuvent légitimement incarner le centre (Le Nouveau centre d’Hervé Morin, le parti radical de Jean-Louis Borloo) devront aussi attirer les brebis égarées à eux et sans doute constituer des courants au sein de l'UMP

7 -Les législatives vont être capitales. 
La droite appelle dès à présent à un « rééquilibrage » des pouvoirs. Autrement dit, elle ne baissera pas les bras pour les législatives même si une cohabitation semble peu probable compte tenu de la quasi-concomitance des deux élections. C’est  entre autres raisons pour éviter la cohabitation que le quinquennat a remplacé le septennat.

8 -Le militantisme des media.
Nicolas Sarkozy a été outrageusement maltraité par la presse noyautée par le SNJ qui, impatiente de vivre le retour de la gauche, a ciblé le président. Les méthodes de rumeurs et d'insultes ont dépassé toutes les limites que la déontologie professionnelle aurait dû canaliser. Les procès d'intention et les mensonges véhiculés par les organes de presse largement aux mains de multi-millionnaires de gauche ont créé un climat socio-politique extrêmement tendu. François Hollande devra apaiser, comme il s'y est engagé, mais la tâche ne sera pas facile, tant les habitudes outrancières ont dépassé l'insolence que revendique le microcosme des journalistes au militantisme exacerbé depuis les primaires socialistes de l'automne 2011. Nicolas Sarkozy avait plusieurs fois dit qu’en cas de défaite il quitterait la vie politique. « Je m’apprête à redevenir un Français parmi les Français », a-t-il confirmé hier. « Cela fait dix ans que je vis pour des responsabilités gouvernementales au plus haut niveau. Ma place ne pourra plus être la même mais je resterai l’un des vôtres », a-t-il toutefois ajouté, laissant une porte ouverte à l’avenir…

9 -Les sondages se sont plantés. 
Ce week-end, François Hollande croyait  encore en une large victoire. L'écart entre les deux concurrents, de dix points au départ, n'a en réalité cessé de se réduire jusqu'à s'établir « sur le fil du rasoir ». Il promettait un scénario à l’américaine, faisant allusion à la présidentielle de 2000 aux Etats-Unis où le suspense avait été interminable avant de proclamer George Bush vainqueur devant Al Gore. Après 350 sondages, donnant tous François Hollande vainqueur, la réalité a été d'autant plus décevante pour la gauche que le vote blanc et nul s'est avéré important et relativise sensiblement  la victoire du socialiste, désormais placé en situation précaire.

10 -La présidentielle a passionné. 
Quoi que les analystes et experts de tout poil ait pu dire sur les errements de cette campagne, l'électorat s'est passionné et le taux d'abstention n'a pas été aussi élevé que prévu par les entreprises commerciales de sondages. La diversité des sujets abordés au premier tour, de la traçabilité de la viande halal à la réforme démagogique du permis de conduire lancée par l'équipe Hollande, et au second, d’une omniprésence des thématiques et de la rhétorique du Front national  et le populisme de la gauche sur les difficultés du logement ou le prix de l'essence, la participation (plus de 80 %) marque le signe d’un réel intérêt, même si on n’atteint pas le record de 2007 (84 %) qui a fait gagner Nicolas Sarkozy de six points sur la candidate Royal. Le débat télévisé, mercredi soir, en avait déjà donné un signe : près de dix-huit millions de téléspectateurs étaient devant leur poste.