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mardi 15 août 2017

Proche de Jupiter, Ferrand est pourtant une "catastrophe"...

Tous les députés LREM ne se laissent pas museler

La député LREM Claire O'Petit étrille Richard Ferrand, président du groupe à l'Assemblée

Invitée  de RMC ce mardi, la député LREM Claire O'Petit s'est confiée sur ses débuts dans l'hémicycle. 
Très à son aise dans l'émission - puisqu'elle faisait partie de l'équipe de Les Grandes Gueules  (animée par Alain Marschall et Olivier Truchot) avant de se lancer dans la politique - Claire O'Petit n'a pas sacrifié à la langue de bois pour donner son avis sur Richard Ferrandle président désigné de son groupe à l'Assemblée nationale, bien qu'il ait été poussé à la démission du gouvernement Philippe, suite à ses libertés avec la morale.

Revenant sur les tous premiers jours des députés au Palais Bourbon, l'invitée de RMC a détaillé le moment où il a fallu choisir les questeurs - les députés chargés des crédits budgétaires internes à l'Assemblée.

Richard Ferrand "a été extrêmement défaillant", juge Claire O'Petit

Elle révèle ainsi qu'au moment de voter pour élire les questeurs, l'ex-député PS Richard Ferrand n'a pas réuni ses troupes pour une discussion politique avancée, afin de choisir entre Eric Ciotti, Thierry Solère ou un candidat qui ne serait pas LR. "Nous n'avons pas pris le temps de parler politiquement", assure Claire O'Petit à l'antenne de RMC, suggérant que les décisions sont prises sans l'accord des députés du groupe majoritaire.

"Un chef de groupe pas à la hauteur".
La député LREM poursuit sur cet épisode : Richard Ferrand "était présent à l'Assemblée. Mais nous n'avons pas eu du tout de réunion. Il y a eu un 'caca boudin' des Républicains quand Solère a été élu. Là, Ferrand n'a absolument pas été à la hauteur. On s'est tous retrouvés dans les couloirs en se demandant ce qu'il fallait faire", poursuit Claire O'Petit. Et ils ont fait comme on leur a dit...
Et de conclure "C'était une catastrophe (...) Richard Ferrand n'a pas su tenir le groupe à ce moment-là".
Et Macron en avait son ministre de l'Aménagement du territoire, rebaptisé ministre de la Cohésion des territoires.

Pour plus de moralisation de la vie politique, le successeur de Ferrand a reçu le renfort du secrétaire d'Etat Julien Denormandie (photo de gauche,  ci-dessus à droite), gendre de Robert Ophèle, président de l’Autorité des marchés financiers, depuis le 1er août ...2017. Favoritisme ?

jeudi 27 juillet 2017

Avec Brigitte Macron, ce n'est pas la fin des emplois familiaux...

Cohérence: les députés votent pour l'interdiction de leurs emplois familiaux

Les députés français ont voté jeudi l'interdiction des emplois familiaux pour les ministres, parlementaires et élus locaux

Emploi fictif et favoritisme pour Brigitte.
Certains ministres du cabinet Macron
sont écartés, au même motif
Cette mesure phare des deux projets de loi de moralisation de la vie publique débattus par l'Assemblée nationale, est la conséquence des affaires d'emplois fictifs présumés dont le député PS Edouard Ferrand et le ministre socialiste Bruno Le Roux auraient fait profiter leurs proches, épouses ou enfants mineurs.

Par un vote à main levée, les députés ont successivement adopté les articles du premier projet de loi qui interdit les emplois familiaux pour les ministres, puis celui pour les parlementaires et enfin celui pour les élus locaux.

La version votée par le Sénat
 est complétée par un amendement adopté de la commission des Lois de l'Assemblée. Il crée une distinction entre emplois familiaux pour "la famille proche" qui seront interdits et emplois pour les personnes du second cercle (liens hors familiaux, ancienne famille) qui devront faire l'objet d'une déclaration.

Le député d'extrême gauche
Eric Coquerel s'insurge en outre contre l'incohérence du distinguo en faveur des ministres mais pointant les députés.


Le même député s'élève également contre la faveur accordée aux lobbies
par les apprentis députés de la majorité :


La majorité présidentielle a mis le désordre dans les débats parlementaires
 

Du retard a été pris dans l'examen de ces deux projets de loi du fait de nombreux incidents en séance provoqués par les cafouillages de vices-présidentes en apprentissage d'une fonction exigeant des compétences que n'ont pas acquis les élu(e)s novices de la société civile (liens PaSiDupes 1-  2 - ), et aussi du fait du flot d'amendements suscités. Il restait mercredi à examiner près de 750 amendements aux deux textes.

La fin des débats et des scrutins prévus initialement jeudi soir devraient avoir lieu vendredi soir ou samedi matin.
Le gouvernement a décidé d'utiliser la procédure accélérée - expéditive, selon l'opposition - qui permet de réduire le nombre de navettes entre les deux assemblées, une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat sera convoquée dans la foulée pour tenter de mettre au point des textes communs aux deux chambres.
Les deux textes devraient être définitivement adoptés début août par le Parlement, l'Assemblée ayant constitutionnellement le dernier mot en cas de désaccord avec le Sénat.

L'épouse du président réclame pourtant un emploi familial

C'est une promesse du candidat trentenaire à son épouse retraitée
C'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, ce qui n'empêche qu'accorder un statut et un budget à une Première dame provoque des remous aussi bien dans la classe politique que dans l'opinion, laquelle ne supporte pas plus Brigitte Macron que Valérie Trierweiler.

Certains parlementaires de la majorité présidentielle y sont aussi opposés. "Je serais d’avis qu’on reste comme avant et qu’il n’y ait pas vraiment d’enveloppe budgétaire pour elle", a ainsi déclaré Géraldine Bannier, députée MoDem de la Mayenne et rivale de l'attachée parlementaire de Jean Arthuis, qui avait été officiellement annoncée comme candidate LREM et est désinvestie. Cette professeur agrégée de lettres classiques est pourtant une collègue de la première dame putative.

Le député PS Luc Cavournas, lui, va plus loin
: "Je ne vois pas pourquoi la femme du chef de l'État aurait un budget sur de l'argent public. On est en train de nous dire qu'il faut recruter des centaines d'administrateurs à l'Assemblée pour contrôler tous nos tickets de caisse et on va allouer un budget à la femme du chef de l'État. Je ne suis pas d'accord".

Même désapprobation du député de la France Insoumise, Eric Coquerel : "Brigitte Macron serait donc une collaboratrice ? Pourtant on va interdire aux députés d'employer leur famille non ?"

Une décision qui a également indigné l'opposition de droite. Le député LR Thierry Mariani a twitté sur l'arrogance du couple présidentiel :



Le président n'a que faire de moralisation de sa pratique.
Le couple Macron ne craint pas de susciter la polémique à l'heure où le Parlement débat de la moralisation de la vie politique qui vise à imposer des économies sur les budgets des différents ministères et notamment à interdire les emplois familiaux.
Dessin de Régis Hector
La majorité ne s'interroge pas sur l'inutilité de la fonction de Première dame. 
Et donc de son statut. Mais des défenseurs 'cohérents' des deniers publics qui soutiennent parallèlement la création de son statut prétendent qu'officialiser la fonction permettrait davantage de "transparence" et de "réguler son budget", assure la députée LREM Olivia Grégoire qui passe à côté de la question du gaspillage à la tête de l'Etat. Cette élue de la nouvelle majorité est une professionnelle des cabinets ministériels: à 38 ans, elle n'a aucune expérience de la vraie vie, puisqu'elle fut successivement collaboratrice du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin (2002-2005) et de Xavier Bertrand (2005-2007), mais n'a jamais voté, ni géré un budget public 

Le personnel qui fait le travail de Brigitte Macron sera-t-il bénévole ?
Brigitte Macron s'est attribué un emploi qui n'existe pas. Elle n'a aucun statut offiiel mais "les Français la sollicitent sur des centaines de courriers par jour", raconte l'Elysée. "Elle ne va pas dire: "Je vais arrêter; je vais m’occuper des nappes et des fleurs à l’Élysée' ". Ce qui ne serait pas non plus dégradant.
La princesse consort squatte déjà un bureau de l'Elysée, entourée de deux à quatre collaborateurs, selon les sources. Elle "traite" en particulier de sujets liés à l'éducation et au handicap.

Dans le cadre de cette réforme, qui pourrait entrer en vigueur d'ici à la rentrée le président Emmanuel Macron se serait résolu à ce que son épouse ne soit pas rémunérée par l'Etat. Il était en effet moralement difficile de demander aux armées en guerre dans plusieurs zones du monde d'accepter des coupes budgétaires qui mettent en péril leur sécurité et de rétribuer une épouse non élue
Pour Brigitte Macron, ce n'est pas la fin des emplois familiaux :  c'est le début...

mercredi 26 juillet 2017

Assemblée : des députées LREM novices et pourtant vice-présidentes, en toute humilité

Incompétente, la vice-présidente LREM crée du désordre au Parlement

Enorme foirade du parti du président au Palais Bourbon

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L'humilité n'est pas la vertu cardinale des élu(e)s de la REM. 
Lors d'une séance particulièrement maladroite et désordonnée, la vice-présidente de l'Assemblée, Carole Bureau-Bonnard, LREM, a été très chahutée par ses collègues députés : lassés de perdre leur temps en séance, ils lui ont administré un palper-rouler un peu vigoureux.  

Carole Bureau-Bonnard est la première vice-présidente à l’Assemblée Nationale (AN) et députée LREM de la sixième circonscription de l’Oise. Ce mardi 25 juillet, elle occupait le perchoir et tenta de diriger la séance de cette deuxième journée de débat sur la loi de moralisation.  

Dès le premier jour, la nouvelle majorité présidentielle avait créé des tensions 

La vice-présidente de l’AN Danielle Brulebois (Doubs, LREM), institutrice de 70 ans, n'a pas su maîtriser sa classe 
et Delphine Batho (PS) a profité de son état de faiblesse pour la recadrer lors du début des débats sur la loi de moralisation de la vie publique, lundi soir à l’Assemblée nationale.
Des débuts mouvementés pour la majorité du président jupitérien au moment où les députés se penchent sur les amendements sur l’obligation d’un casier judiciaire vierge.

A l'issue de la séance nocturne, les élus de l’opposition se sont insurgés contre le déroulé des débats et l’impossibilité de défendre certains de leurs sous-amendements, tombés avec l’adoption de celui de LREM, Delphine Batho brandissant notamment  le règlement de l’Assemblée en signe de protestation.
Et l’élue Nouvelle Gauche de faire à Danielle Brulebois un rappel au règlement en bonne et due forme. "Madame la présidente, dans notre Assemblée, il y a des règles dans la discussion des articles et l’ordre d’appel des amendements. Il y a pour règle, une fois que le gouvernement et la commission ont répondu aux auteurs des amendements, chacun des auteurs qui ont présenté un amendement peut répondre au gouvernement et à la commission. Et seulement ensuite nous passons au vote. (…) On est dans un débat de moralisation de la vie publique. Et, franchement, délibérer dans des conditions pareilles est proprement ahurissant.

"J’ai parfaitement respecté le règlement", a nié la présidente de séance...
Au second jour, 
Carole Bureau-Bonnard a suscité des remontrances encore plus fortes

Ses hésitations et son parti-pris ont fait entrave au bon déroulement du vote des amendements au projet de loijustifiant un chahut innommable. Incompétente, la vice-présidente a multiplié les erreurs de procédure, mettant le désordre dans le vote des amendements, ainsi que les provocations dans la distribution arbitraire de la parole aux députés.

Premier cafouillage : Jean-Louis Bourlanges (député MoDem, élu LREM) n'en peut plus et quitte l'hémicycle. 
Il tente de demander la parole à Carole Bureau-Bonnard, en vain. Alors que le ton monte dans l’hémicycle, il met en évidence l'incompétence de la kinésithérapeute en contestant sa direction du débat : "Madame, je suis désolé, vous m'aviez fait signe que vous me donneriez la parole, pourquoi vous ne me la donnez pas ?" La présidente de séance se justifie faiblement : "C’est parce qu’il y a déjà eu deux prises de parole".  Jean-Louis Bourlanges réclame son droit à la parole : "Je demande la parole !". Trop tard, le vote démarre. Elu de même parti que la vice-présidente, le député quitte l’hémicycle, sous les applaudissements.

Outre les interventions des uns et des autres, c'est aussi la méthode de vote qui va poser problème aux députés. 
Carole Bureau-Bonnard prend la fâcheuse habitude de faire revoter les amendements, jusqu'à ce que ses paires LREM dans le noviciat apprennent qu'il faut lever la main pour exprimer son approbation, le b.a. ba de la fonction. Il est ainsi stupéfiant de constater que, pour être aussi ignorants de la chose législative, ces élus n'ont jamais visionné une séance de vote au Parlement. C'est donc dans le plus grand désordre technique que les amendements sont votés ou non. 
Son confrère vice-président LREM Stéphane Mazars (avocat et ex-sénateur PRG) avait déjà usé du subterfuge du vote réitéré en commission des lois. Le député PS Olivier Dussopt avait alors reproché au groupe LREM d'intimider ses députés en demandant des recomptes de voix sur le projet de loi de moralisation de la vie publique. Penaud, le président de la commission de Lois avait mis en avant son statut de "novice".
Cette fois, Olivier Dussopt (Nouvelle Gauche) va alors procéder à un quatrième rappel au règlement de la séance.
"Lorsque vous appelez les votes, les députés lèvent la main ou ne la lèvent pas. Ils peuvent faire le choix de ne pas participer au vote. Ils peuvent faire le choix de s'abstenir, mal à l'aise par une disposition ou par conviction. Vous avez appelé le vote deux fois. Presque trois. De deux choses l'une, soit cette situation ne se reproduit pas, soit, au nom de mon groupe, je serai amené à demander un scrutin public sur chacun des amendements déposés". Il demande ensuite une première suspension de séance.

"Ça devient pénible, vous menez ces débats de façon incompréhensible !"
De retour en séance, André Chassaigne, le président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’AN, est le premier à s'indigner de nouveau, constatant un grand désordre dans le déroulement du vote des amendements : "Ça devient pénible, vous menez ces débats de façon incompréhensible ! Quand on a un amendement, il arrive au vote avant les amendements de repli ! Non seulement, on a affaire à un rouleau-compresseur où l'opposition ne peut pas s'exprimer correctement, aller jusqu'au vote de ce qu'il propose, mais en plus de cela il y a une confusion qui à mon avis est une confusion entretenue".

La vice-présidente improvisée Carole Bureau-Bonnard avait présenté des amendements de repli avant les amendements principaux. Or, si l’amendement principal n’est pas accepté, à l'évidence, les amendements de repli tombent automatiquement. Une perte de temps et de sérénité dans les aménagements au projet gouvernemental.

Excédé par l'amateurisme du parti du président Macron, Jupiter de pacotille, Philippe Gosselin, député (LR) de la première circonscription de la Manche, partage l'impatience de collègue radical, André Chassaigne, apprend à Carole Bureau-Bonnard, 51 ans, les bases de la fonction qu'elle a accepté d'assumer sans en avoir la capacité. "Ecoutez on a déjà eu une suspension de séance, la phase d’apprentissage ça va bien ! Ici, on fabrique la loi; donc, il va falloir peut-être appliquer le règlement. Le principe, c’est que l’amendement principal est étudié d’abord, les amendements de repli ensuite". L’hémicycle applaudit.

Le quatrième vice-président de l’Assemblée Nationale vole bientôt au secours de sa collègue, comme il volerait au secours du couple exécutifLe député de la Vienne (quatre hommes sur quatre), ancien MJS mais cofondateur des Jeunes avec Macron, Sacha Houlié (LREM) félicite  Carole Bureau-Bonnard ! Bravant le ridicule, la crevure de 30 ans met ses aînés en accusation, l'apparatchik sans expérience de la société civile expliquant qu'il sait "à quel point c’est difficile de mener des débats dans cet hémicycle" et le répit est donc de courte durée. 

Alors qu’elle s'est complètement discréditée auprès des députés, le néo-député de l'extrême gauche (La France insoumise) Jean-Luc Mélenchon tire sur l'ambulance, en demandant une seconde suspension.

VOIR et ENTENDRE le déroulé de la journée 'historique' du 25 juillet 2017, un 'zapping' pitoyable de 4 minutes :

François de Rugy, le président de l’AN, doit être appelé en urgence.
"Qui les députés vont-ils chahuter aujourd'hui ?", interrogent (en toute objectivité) Floriane Valdayron, tout juste sortie de l'Ecole de Journalisme et de Communication d'Aix-Marseille (EJCAM), et Youness Rhounna (3 ans de métier), stagiaires en formation à bas coup pour le magazine Marianne ? La loi de moralisation ne valait pas mieux.

Dans le parti du président,
on s'interroge sur l'aptitude de Richard Ferrand, président du groupe, à conduire cette armée mexicaine.