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dimanche 17 décembre 2017

Les députés pourront recevoir 1.200 € de loyer payé par l'Assemblée nationale

L'indemnité de résidence d'un fonctionnaire (magistrats, militaires et agents de l'Etat) s'élève à 3 ou... 0% de son traitement brut...

Les députés pourront prendre un pied-à-terre parisien en location remboursée par l’Assemblée nationale à hauteur de 1.200 €



Les députés pourront se faire rembourser 1 200 € de loyer à Paris

La mesure est proposée par le premier questeur à l’Assemblée nationale Florian Bachelier (LREM): pour deux ou trois jours par semaine, chaque député aura la possibilité à partir du 1er janvier 2018 de "louer un logement dont le loyer sera pris en charge par le budget de l’Assemblée nationale - c'est-à-dire le contribuable - à une hauteur aujourd’hui estimée à 1.200 € par mois", au profit des députés qui ne sont pas élus de Paris et des trois départements de la petite couronne. 
Le surplus éventuel sera même remboursé au titre des frais de mandat.

Les députés s'assurent des conditions de logement confortable après avoir voté des coupes claires dans les aides au logement, telle la réduction de l'aide personnalisée au logement (APL, aide financière octroyée par la CAF) - 5 euros en moins par mois, aux étudiants notamment, à compter du 1er octobre -, l'Aide personnalisée au logement (APL) chute de 1,7 milliards d’euros.

Alors que 4 millions de Français sont des mal logés et que le ministère de la Cohésion des territoires, qui regroupe les politiques du Logement, de l’Aménagement des territoires et de la Ville, va chuter de 9,8 % pour passer de 18,3 milliards d’euros en 2017 à 16,5 en 2018, les grands perdants du projet de loi de Finances pour 2018 ne sont pas les députés.

Le premier des trois questeurs qui gèrent les aspects administratifs, matériels et budgétaires du Palais-Bourbon explique pourtant longuement, dans un courrier de six pages adressé à ses collègues le  lundi 11 janvier, que cette action vise à "améliorer les conditions de vie et donc de travail des députés, en en finissant avec le nomadisme inconfortable".

Un budget hôtellerie mensuel de 3.200 €

Hollande au travail :
esprit clair ou dérangé ?
La possibilité de louer un pied-à-terre parisien pour est présentée comme une réponse à de "nombreuses demandes" : les députés - novices mais exigeants - qui sont massivement issus de la "société civile" sont attachés à leur habitude des notes de frais supportés par l'entreprise. Florian Bachelier est lui-même avocat et se revendique pourtant moins du centre que de gauche.

Cette quatrième solution de logement vient en complément des trois options actuelles : leur bureau de l'Assemblée bénéficiant d’un couchage (250 députés en disposent), la résidence de l’Assemblée nationale (51 chambres) et l’hôtel dans la capitale.

Le premier questeur considère que la solution de la location s’avère "beaucoup moins coûteuse pour le budget de l’Assemblée nationale que l’hôtel et la résidence", arguant que "le budget hôtellerie mensuel d’un député est actuellement de 3.200 €"
Si une chambre en hôtel Ibis 'Budget' est payée 67 € à Paris, 12 nuitées par mois reviennent à seulement 804 euros. A l'hôtel Ibis 'Paris Tour Eiffel' dans le 15e, il en coûterait 1.512...
Extrait du courrier adressé par Florian Bachelier aux députés

Extrait du courrier adressé par Florian Bachelier aux députés
Manque la solution de la colocation, un moment envisagée. 
ps regis juanico saint etienne stéphanois immigration
Député Régis Juanico (PS, Génération.s):
un appel à l'accueil de migrants
dans sa location payée par l'Assemblée ?
Pour économiser 10 millions d'euros par an, le député Thierry Solère (Les Constructifs), lorsqu'il était encore troisième questeur, proposait de loger les députés en colocation ou en Airbnb, suggérant en outre des solutions de colocation ou de logement chez les particuliers pour les députés des régions ou de l'Outre-mer. Solère proposait d'ailleurs d'"arrêter" l'opération immobilière de l'hôtel de Broglie, qui visait à acquérir ce bâtiment voisin du Palais-Bourbon pour y aménager de nouveaux bureaux-chambres. "C'est près de 100 millions d'euros entre l'acquisition et les travaux, il n'y a aucune raison de faire ça", a-t-il jugé.
Maître Bachelier expliquait dans un entretien au JDD que les élus issus de la société civile "n'ont plus les mêmes façons de travailler". "Ils préfèrent Airbnb ou la colocation plutôt que de loger à l'hôtel ou dans leurs bureaux. Ils demandent des VTC, des abonnements à Vélib' ou des cartes Navigo, à réserver eux-mêmes leurs billets de train", insistait-il encore en novembre.
Le député LREM d’Ille-et-Vilaine détaille d’autres "nouveaux moyens" accordés aux députés, comme la prise en charge dans leur budget transports "des solutions VTC, Vélib’, Autolib’ et Pass Navigo", ainsi que "l’extension" de la prise en charge des frais de taxis et VTC, jusqu’ici réservée à Paris "au reste du territoire (national et étranger), collaborateurs inclus".

Logements étudiants : les conteneurs prennent l'eau
Le magazine Capital du groupe Prisma media (Stern, Geo, Gala, etc) avait raillé "un lancement en grande en pompe ! L’été dernier [2010], la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, inaugurait au Havre, la première résidence universitaire construite à partir de conteneurs maritimes." Et de poursuivre, narquois : "L’habitat modulaire présente, en effet, de sérieux atouts. En seulement cinq mois, l’architecte Alberto Cattani, a assemblé une centaine de boites en tôle et fait sortir de terre la résidence havraise A-Docks : des studios de 24 mètres carrés, beaucoup plus spacieux que les chambres classiques de Cité U, loués 305 euros par mois, avec salle de bain, internet, kitchenette... Las, quelques mois plus tard, l’euphorie est retombée et le concept ne fait plus rêver."
Au total, l’édifice aura coûté 4,8 millions d’euros, soit 48.000 euros par chambre. Une construction, certes, un peu moins coûteuse qu’une résidence universitaire classique (50.000 euros par chambre)… Sauf qu’on est loin des 20 à 30% d’économie annoncée !", polémiqua le magazine.
Image associéeOr, l'initiateur de cette solution était l'adjoint au maire du Havre chargé de l'urbanisme, un certain Edouard Philippe, offrit aux étudiants de la ville des logements dans 101 studios construits à partir de conteneurs métalliques de 24 m2 (contre 15 m2 en studette de cité universitaire traditionnelle)... Une solution que le premier ministre du "président des riches" ne propose pas aux députés...


Fin des avantages des anciens présidents

Dans son courrier aux députés, Florian Bachelier récapitule les décisions prises depuis le début de la nouvelle législature avec deux objectifs : "Le rétablissement du lien de confiance avec nos concitoyens et la modernisation de l’Assemblée nationale." A commencer par la liste des dépenses interdites et autorisées au titre des frais de mandat.

Ont été notamment actés : l’alignement sur le droit commun du régime des retraites et du système de protection chômage des députés, ainsi que la suppression des facilités de transport SNCF accordées aux députés honoraires (gratuité) et à leurs conjoints (50 %) pour "une économie annuelle de 800.000 €". 
Une partie de la somme, 500.000 €, devrait être redéployée pour augmenter les facilités de transports des collaborateurs.

Le collège des questeurs devrait proposer, mercredi 20 décembre, de supprimer également les avantages particuliers dont disposent les anciens présidents de l’Assemblée nationale pendant dix ans (bureaux, collaborateurs, voitures, courriers). Économie estimée : "330.000 € chaque année", écrit Florian Bachelier.

vendredi 1 décembre 2017

Thierry Solère, ex-questeur indésirable et "suceur du sang du peuple"

Macron ne recrute pas parmi Les Républicains les meilleurs

Thierry Solère cherche à minimiser son "histoire de questeur

Le juppéiste Thierry Solère a réussi à décrédibiliser la promesse de renouvellement des moeurs politiques prôné par Macron. A lui seul et en seulement quelques semaines, il a fini de déconsidérer la majorité.

Avant lui, Bruno Le Maire, 48 ans, avait sauté dans les bras du trentenaire, mais celui-ci n'a pas visé haut pour Bercy, puisque le candidat Les Républicains à la primaire de la droite et du centre en vue de l'élection présidentielle de 2017 a culminé à ...2,4 % des voix. 
Résultat de recherche d'imagesOr, en octobre 2013, Le Maire avait déjà été épinglé par Mediapart qui révéla que son épouse Pauline, a été rémunérée aux frais de l’Assemblée en tant qu’assistante parlementaire, à temps plein entre 2007 et 2013, période entrecoupée d’une longue interruption pour congé de maternité, un emploi non pas à proprement parler fictif, mais de complaisance. Les sympathisants l'ont donc envoyé se faire voir chez Macron.
Ainsi s'est-il rallié au vainqueur quelques heures après la victoire du candidat En marche !, bien qu'il ait jugé durant la campagne présidentielle 2017 qu'Emmanuel Macron est "l'homme sans projet" et qu'il porte "une idéologie qui a planté la France " sous Hollande... "Mon intelligence est un obstacle," déclara Le Maire, mais le gouvernement de Philippe était visiblement en manque.

Passons sur le cas Edouard Philippe, qui ne doit pas à son envergure politique d'être à Matignon: c'est exactement le contraire. Insignifiant, le maire du Havre avait un atout, celui de poulain de Juppé, taupe macronienne du parti Les Républicains, comme lui.
 
Au zoo de la Macronie, il faudrait aussi citer les Républicains Lecornu, qui ne gagne pas à être connu, ou Darmanin. Avec Philippe ou Le Maire, ils sont tous des otages du président, lequel les fait surveiller par des secrétaires d'Etat à sa dévotion: Castaner, Schiappa, Cluzel et Mahjoubi à Matignon, Delphine Gény-Stephann dans les pas de Le Maire, et le socialiste Olivier Dussopt, dont est affublé Darmanin.

Le 31 octobre 2017, le bureau politique des Républicains a pris "acte du départ" du protégé de Juppé et les traîtres à LR, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, et Thierry Solère, député Les Constructifs, ont adhéré au parti du président, LREM.
Si la "politique nouvelle" de Macron ne conduit pas à la VIe République, elle rétrograde la Ve en IVe. De remaniement en remaniement, c'est d'ailleurs plus de membres au gouvernement. Le candidat promettait un exécutif resserré de 15, mais le gouvernement est passé de 22 à 30 membres en six mois et deux fois plus que promis...
La "politique nouvelle" de Macron et son "renouvellement de la vie publique", c'est du pipeau. 
Élu dans les Hauts-de-Seine sous l'étiquette de Les Républicains, le député Solère illustre de la pire des façons les politiques d'ouverture de Mitterrand avec Soisson ou de Sarkozy avec notamment le socialiste Bernard Kouchner) ou des proches de la gauche, Martin Hirsch, Fadela Amara ou Jouyet (ce dernier, nommé ambassadeur de France à Londres par son ex-collègue Macron).
Très rapidement, Solère a mis en place à l'Assemblée nationale un groupe de frondeurs, "Les Constructifs", inspirés par l'aigre Alain Juppé. 
Mais à l'image du son très instable fondateur, ce groupuscule a déjà changé de nom, et nul ne sait dire s'il est devenu "Agir", une vingtaine de maires (Alain Chrétien) et quelques parlementaires (députés Laure de la Raudière, Pierre-Yves Bournazel, Agnès Firmin-Le Bodo -successeure d'Édouard Philippe- ou Vincent Ledoux, la sénatrice juppéiste Fabienne Keller,  les sénateurs Antoine Herth et Lise Magnier  et la députée européenne Tokia Saïfi) et un ancien secrétaire d'Etat, Claude Malhuret, dans le sillage du député Franck Riester, président du groupe à l'Assemblée, ont fait le choix de quitter Les Républicains, à deux semaines du congrès qui doit porter Laurent Wauquiez à la présidence). Et Frédéric Lefebvre, un battu des législatives de 2017 et qui n'a plus aucun mandat, battu avec 20% par le candidat En marche !
Puis, le 28 juin, Thierry Solère s'est fait élire à la questure avec deux de ses collègues de LREM. LR fut scandalisé car, selon l'usage, un poste de questeur est réservé à l'opposition et Les Constructifs ne sont nulle part. 
L'hôtel de Lassay dans l'enceinte du palais Bourbon
Hôtel de Lassay, enceinte du Palais Bourbon
Et,  le 31 octobre 2017, quand, Solère est exclu des Républicains, il fait des pieds et des mains pour conserver la fonction convoitée d'administrateur de l'Assemblée. 
Les avantages matériels font en effet briller les yeux de Solère: en plus de leur indemnité de député, qui s'élève à 7209,74 euros brut, les questeurs perçoivent une enveloppe mensuelle de 5003,57 euros. Ils disposent également d'une voiture avec chauffeur, ainsi que d'un logement de fonction à l'hôtel de la Questure128, rue de l'Université 75007 Paris, composé de trois appartements de 400 mètres carrés.
La Questure est le lieu de résidence des trois questeurs
Hôtel de la Questure, quartier des Invalides
Le 26 novembreThierry Solère adhéra même à LREM, faisant la nique à ses amis Les Constructifs... 
Depuis, dans un même cri d'indignation, la droite, la gauche, la majorité et même le président du Palais Bourbon, François de Rugy, ont demandé la démission du troisième questeur. Démission acceptée le 28 novembre, après deux jours de refus catégorique. 


Ce vendredi 1er décembre, invité de LCI, Thierry Solère est revenu sur sa disgrâce. Une "erreur", admet-il, après avoir sorti toutes les excuses les plus indécentes comme jokers pourris. 
Florilège : "Convenez une chose avec moi, personne ne savait, parmi ceux qui nous écoutent, ce qu'est qu'un questeur de l'Assemblée nationale il y a encore quelques jours. Deuxièmement, à l'Assemblée nationale, on a une tradition depuis 40 ans, c'était le bipartisianisme: il y avait le Parti socialiste et l'UMP. Il y avait des traditions de fonctionnement, puis il y a un règlement. [...] Tous les ans, on revote pour tenir compte des évolutions politiques des uns et des autres. J'ai fait une erreur. J'ai sous-estimé la nécessité de l'immédiateté de la pluralité au sein du bureau de l'Assemblée nationale. Légalement, j'avais raison. Mais politiquement, j'avais tort. [Ce franc-maçon n'évoque aucune morale athée ou non...]
Et donc, je m'en suis rendu compte. [...] Je ne veux pas participer à caricaturer le débat politique sur des sujets hyper secondaires, c'est-à-dire une histoire à savoir si on est ou pas questeur au sein de l'Assemblée."
Pour résumer l'argumentaire: 
1/ la questure, on s'en fiche puisque personne n'en a jamais entendu parler ; 
2/ rester questeur, c'est peut-être pas moral, mais c'est légal et 
3/ ce n'est pas Thierry Solère qui va "caricaturer" le débat avec des sujets "hyper secondaires". 
Une tirade effectuée sous le regard pétrifié de Jean-Christophe Cambadélis, qui commente sobrement : "C'était inéluctable". L'ex-trotskiste en a vu tant d'autres au fil de son parcours tortueux.

Thierry Solère verra donc son poste de questeur aller à un député de l'opposition en janvier 2018, probablement Eric Ciotti. 

mardi 7 novembre 2017

Vives contestations des avantages exorbitants des ex-présidents de l'Assemblée

Indécent bras de fer en temps de votes d'économies demandées aux institutionnels

Président en exercice, François de Rugy prône le statu quo...

Budget fleurs excessif
Le serrage de vis budgétaire épargnera-t-il les serviteurs de la République au Palais Bourbon ?  La fonction de président de l'Assemblée nationale n'est pas bénévole... Le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, a engagé un bras de fer avec le Premier questeur de l'Assemblée nationale, son grand argentier, Florian Bachelier : conflit d'intérêts ? 
Théoriquement d'accord sur la nécessité de reviser à la baisse les dépenses de la Chambre basse pour faire des économies, les deux macroniens divergent dans la pratique sur l'usage des fonds dégagés.
Florian Bachelier a soulevé un vent de colère en affirmant sa volonté de restituer  à l’Etat "une partie des sommes économisées".
Ce week-end, le député d'Ile-et-Villaine, un avocat d'affaires, a réservé à la presse (JDD/ Le Parisien) l'annonce de son intention de revoir à la baisse le budget annuel de 550 millions d’euros de l’Assemblée, mettant ainsi le feu aux poudres.
"Je n’ai pas été élu sur un mot d’ordre de baisse des dotations de l’Etat", rugit Rugy dans Libération. Et de prétendre : "Il suffit de comparer avec les Parlements de nos voisins pour comprendre que l’Assemblée n’est pas surdotée."

Un vif désaccord sur fond de lutte d'influences.
Primo-député d’Ille-et-Vilaine, Florian Bachelier, est un protégé de Richard Ferrand, marcheur de la première heure et patron des députés LREM, lequel a le plus grand respect des deniers de l'Assemblée, lui qui y a embauché son propre fils comme collaborateur parlementaire (Émile Ferrand, durant cinq mois pour 2.222 euros, quand le SMIC s'élevait à l'époque à environ 1.133 € par mois ). Selon France Info, le cabinet du père le justifia en ces termes: "En Centre-Bretagne, ce n'est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur Internet"...

Richard Ferrand caresse l’espoir qu'à mi-mandat, il remplacera au perchoir un Rugy supposé élu pour la totalité de la législature…
Mercredi, le bureau de l’Assemblée devrait donc être le théâtre d’une passe d’armes à fleurets mouchetés.
  
La chasse au gaspi est ouverte

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Solère penche au centre?
pour ne pas être coupé sur la photo ?
Composé notamment des représentants des groupes, des questeurs et des vice-présidents et du président, le Bureau est décisionnaire sur les règles financières internes à l'Assemblée. Les trois questeurs (qui ont en charge le suivi du budget de l’Assemblée), Bachelier, 38 ans, Thierry Solère (46 ans, Les Constructifs) et Laurianne Rossi (33 ans, LREM) s'affronteront à l’occasion d'un point sur les économies réalisées et davantage encore lors du débat sur celles à engager. En épluchant les comptes de l’Assemblée, le trio mis au jour nombre de dépenses à ses yeux superflues, voire injustifiées.

Des dépenses injustifiées sont visées.
Citons une division par deux du coût de l’arbre de Noël de l’hôtel de Lassay (120.000 euros), 
la suppression des billets SNCF gratuits ou à prix réduit pour les ex-députés (800.000 euros d’économies), 
ou la limitation aux seuls élus d’outre-mer d’un crédit de transport (et non plus à leur conjoint et leurs enfants)… "Nous pensons parvenir à 1 million d’économies sur 2017", estime Bachelier. Qui ne compte pas s’arrêter là : "Notre but est de réduire les dépenses de 10 millions d’euros en 2018 et de 15 millions par an sur le reste de la mandature", avance-t-il, avec des cibles bien identifiées pour y parvenir. 

Les questeurs sont tombés sur deux gisements d’économies aussi prometteurs que sensibles. "On a découvert que les avantages accordés pour dix ans à ses anciens présidents - une voiture avec chauffeur, un bureau et un collaborateur - coûtent 330.000 euros par an à l’Assemblée, indique Bachelier. Moi, je ne sais pas expliquer cela à nos concitoyens." 

Le zèle des questeurs dépasse les bornes, selon Rugy.
"Les anciens présidents de la République, les anciens Premiers ministres et même les anciens ministres de l’Intérieur bénéficient de ce type d’avantages", fait valoir l’ancien Vert converti aux ors de la République et futur bénéficiaire. A ses trois prédécesseurs sur dix ans, le LR Patrick Ollier, le LR Bernard Accoyer et le PS Claude Bartolone,  Rugy a donc assuré qu'une telle mesure n’est pas prête d’être inscrite à l’ordre du jour du bureau de l’Assemblée, seul décisionnaire en la matière…

Le rachat par l’Assemblée de l’hôtel de Broglie est une autre pomme de discorde. 
Décidé en 2016, mais non finalisé encore, le bâtiment classé aux Monuments Historiques, 7.158 m2 situés Rue Saint-Dominique, Paris 7e, à deux pas du Palais-Bourbon, ce rachat inopportun est aussi dans le collimateur des questeurs. Bien qu'il ait hébergé le ministère de la Ville et, à partir de 2012, le ministère des Droits des femmes occupé par Laurence Rossignol (PS) et l'Observatoire de la laïcité), puis par le secrétariat d’État chargé du Numérique, un réaménagement des bureaux serait à nouveau nécessaire, sans doute pour satisfaire Mounir Mahjoubi, mais Bachelier a failli rouler en marche dans le fossé : "Cela s’élève à 40 millions d’euros, soit 360.000 euros par bureau double installé ! s’étrangle le questeur. Comme l’Assemblée doit encore verser 63 millions à l’Etat pour l’achat de cet hôtel particulier, l’addition s’élève à 100 millions !" Pour Bachelier, aucun doute, il faut annuler l’opération : "Au moment où le chef de l’Etat envisage de diminuer d’un tiers le nombre de députés, un tel investissement est disproportionné."

Vendredi, son entrevue avec le ministre du Budget a fini de le convaincre : une décision de renoncement au rachat ne gênerait pas l’Etat, qui a d’autres acheteurs potentiels en vue… Quant à Rugy, qui veut étendre son emprise, il ne l’entend pas ainsi : "L’opportunité de mettre la main sur des locaux proches de l’Assemblée nationale ne se présente pas tous les jours, insiste-t-il. 
L’Assemblée loue chaque année 2,5 millions d’euros un immeuble de bureaux 3, rue Aristide-Briand (Paris 7e). L’hôtel de Broglie pourrait donc être amorti sur trente ans…" Pas question donc de céder à "l’immédiateté" : les élus de la société civile peineraient-ils, malgré leur jeune âge, à se projeter ? 
"On en discutera devant le bureau avant la fin de l’année : il faut lancer les travaux de réaménagement au plus vite", clame Rugy. Et de tacler Bachelier : "Il ne faut pas laisser entendre que les choses sont faites [réglées] alors qu’elles ne le sont pas !". Rugy veillera à atteindre en 2018 l'"objectif une rénovation thermique écologique exemplaire" de l'Hôtel de Broglie...

lundi 31 juillet 2017

L'arrogance des élu(e)s LREM n'est pas une excuse pour leur donner des coups

Une députée LREM Laurianne Rossi frappée sur un marché de Bagneux

Sans doute est-elle sympathique à ses électeurs, mais ça ne suffit pas aux autres 

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Une élue vent en poupe doit aussi prendre les autres en compte.
Laurianne Rossi vient tout juste de porter plainte. Ce dimanche matin, alors que la députée de la République en marche distribuait des tracts sur un marché à Bagneux (Hauts-de-Seine), elle a été agressée par un passant. "Nous avions un échange mouvementé (...), mais rien ne laissait supposer l'acte de violence qui allait suivre puisque cette personne m'a asséné un coup de poing dans la tempe droite", a expliqué cette trentenaire, ex-collaboratrice parlementaire auprès du sénateur socialiste Yves Krattinger, actuellement président du Conseil départemental de la Haute-Saône, à 367 kms des lieux de l'altercation. Elle accédera ensuite à la direction générale de l'Office Public de l'Habitat de Paris (2009-2012), trois ans après un diplôme de l'IEP d'Aix-en-Provence, avec un master 2 Affaires publiques de l'université Paris I, et directrice du développement et de la communication (2012-2015) de l’Institut des Infrastructures pour la Mobilité (IDRRIM). Parcours sans faille qui doit moins à son militantisme politique, bien sûr, qu'à ses qualités avérées.

Le contradicteur aurait reproché à la jeune femme originaire de Toulon, non pas son parachutage à Bagneux, ni d'ailleurs son nomadisme, mais d'être
de ces députés "godillots" LREM, par ailleurs bénéficiaires de "la couverture médiatique orientée en faveur d'Emmanuel Macron". Pas de quoi en venir aux mains.
C'est encore un poste de direction qui lui échoie en 2016, quand elle rejoint une entreprise publique, la SNCF Réseau et sa direction Accès au Réseau - chargé de la maintenance, de l'entretien du réseau ferré national eet de la circulation des trains - où elle exerce jusqu'à la date de son élection. Pas exactement le poste idoine pour acquisition du sens du relationnel. Depuis ce 30 juillet, en gare Montparnasse, le SNCF ne fait d'ailleurs pas la démonstration de sa proximité avec les usagers...
A noter toutefois que le sénateur Krattinger est une relation influente dans le milieu des transports et qu'elle n'a pu nuire à la dame. Il est toujours président de la Commission "Aménagement du territoire, Transports, Infrastructures et NTIC" de l'Assemblée des départements de France (ADF) depuis 2004 ; membre du Conseil d'administration de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) depuis 2008 ; président de l’Institut des Routes, des Rues et des Infrastructures pour la Mobilité (IDRRIM) depuis le 19 janvier 2010 - ce qui nous rappelle quelque chose de la carrière de cette élue - ; président de l'association Autoroute Atlantique Rhin Rhône depuis décembre 2010 ; président de la commission "Périurbain et Intermodalité" du groupement des autorités responsables des Transports (GART).
Cette dame incarne bon nombre des griefs adressés à la majorité.
Sauf un : elle n'est pas issue de la 'société civile', comme si, cette origine suffisait à garantir une aptitude politique et une écoute attentive et respectueuse de la population. Il s'en faut de beaucoup, car la trentenaire a circulé dans le secteur public avec une aisance extrême jusqu'à être désignée, à 33 ans, à l'un des trois postes recherchés de questeur de l'Assemblée nationale. Une ascension éclair qu'elle ne doit évidemment pas seulement à son genre et à son jeune âge.  
Sa suffisance, commune aux élus LREM, est-elle blessante ?

Deuxième femme politique agressée

L'agresseur présumé, âgé d'une soixantaine d'années, a été interpellé et placé en garde à vue. Sous le choc, même à la tempe, la jeune cadre d'entreprise publique n'a pas perdu connaissance. "Avec ses équipes", elle a pu se rendre au commissariat. 
Peu après, elle a reçu sur Twitter le soutien du président de la République ou d'un collaborateur : "Tout mon soutien à Laurianne Rossi, agressée parce qu'elle défendait ses convictions. Respecter les élus, c'est respecter la République". En matière de respect, le réciprocité est toutefois la règle.

Éric Coquerel (La France insoumise) et Valérie Pécresse (Les Républicains) déplorent un climat délétère entre élus et citoyens.  

En juin, NKM avait été violemment bousculée sur un marché parisien. Elle avait perdu connaissance et fini la journée à l'hôpital le plus proche. Son agresseur, un maire d'une petite commune de l'Eure, a été condamné à quatre mois de prison avec sursis et 1.500 euros d'amende.

"Cet acte révèle un sentiment d'exaspération chez les citoyens et citoyennes", admet Laurianne Rossi.


mardi 11 juillet 2017

Solère déserte LR, mais déposera un recours en cas d'exclusion

Le franc-maçon a passé sa vie à se désolidariser

Solère, un tordu au parcours tortueux

Dès 2011, Thierry Solère, alors premier adjoint au maire de Boulogne-Billancourt, se désolidarise de l'équipe municipale après un vote sur le projet de modification du plan local d'urbanisme (PLU) relatif au nouveau projet pour l'Ile Seguin. Le maire Pierre-Christophe Baguet (UDF) lui retire alors sa délégation de premier adjoint. Thierry Solère démissionne de son poste.

Début 2012, cet ancien collaborateur de Claude Goasguen, aussi bien que de Philippe Douste-Blazy ou de Jean-Pierre Raffarin, fera campagne contre Claude Guéant, investi par l'UMP aux élections législatives à Boulogne-Billancourt, ce qui provoque son exclusion du parti pour trois ans. Il continuera cependant à utiliser la marque UMP sur ses documents de campagne...

Lors des élections municipales de 2014 à Boulogne, Solère soutient un dissident.

2016 : Solère soutient Bruno Le Maire à la primaire présidentielle des Républicains, mais ne le parraine pas.

Juillet 2016, le terroriste Salah Abdeslam porte plainte pour atteinte à la vie privée contre Thierry Solère.

Après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, Solère se rapproche du concurrent de son propre parti. Le déserteur est récompensé par l'offre de l'un des trois postes de questeur
en charge de l'administration de l'Assemblée nationale, pour une indemnité de 5.003,57 € brut par mois en plus de l’indemnité de député et assortie d'un appartement de fonction... 
Un questeur soupçonné de fraude fiscale, c'est dans le cadre de la "moralisation" de la vie publique !

Février 2017, le Canard enchaîné révèle que Solère est visé par une enquête préliminaire pour omission de payement d'impôts sur le revenu entre 2010 et 2013.

Un bureau politique de LR se réunit ce mardi

Il doit décider du sort de plusieurs figures du parti ralliés à Emmanuel Macron ou proches de la nouvelle majorité
, à commencer par Edouard Philippe, le premier ministre soi-même, trois membres du gouvernement (Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, et Sébastien Lecornu), ainsi que deux députés 'constructifs', Thierry Solère et Franck Riester, des démolisseurs qui se font passer pour des bâtisseurs

Thierry Solère, initiateur du groupe des Constructifs LR-UDI à l’Assemblée, a indiqué mardi que s’il doit être exclu des Républicains, il déposera un recours devant la commission des recours du parti, où siège notamment Gérald Darmanin, malgré ses fonctions gouvernementales.  "Je pense qu’il n’y a aucune raison d’abord qu’on soit exclus et si on devait l’être ça serait illégal et donc on déposerait un recours devant la commission de recours où il y a Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu et Gilles Boyer, vous voyez ce sera intéressant", a déclaré Th. Solère sur LCI.
Bruno Le Maire est ministre de l'Economie, Gérald Darmanin est ministre du Budget, Sébastien Lecornu est secrétaire d'Etat, Gilles Boyer, conseiller du premier ministre juppéiste, Edouard Philippe.
 
Solère n’assistera pas au bureau politique. 
Le franc-tireur sera "en réunion à l’Assemblée nationale" et a de nouveau contesté la légitimité de cette instance. "Cette direction provisoire, qui est issue de l’élection présidentielle, elle n’a aucune légitimité", a-t-il affirmé. "J’aime beaucoup Bernard Accoyer [secrétaire général LR], il n’est plus parlementaire, il est maire d’Annecy-le-Vieux, il n’a pas légitimité à exclure ou ne pas exclure des gens, tout ça parce que on ne pense pas la même chose", argumente-t-il, faisant abstraction du fait qu'il n'est pas le bureau à lui tout seul et que sa décision sera collective. 

LR gardera-t-il sa confiance en ce renégat  
Solère considère que le divorce n'est pas acté. "Mais je ne veux pas qu’on fasse dans le factice". "Les affaires partisanes, ça compte, mais ce n’est pas l’essentiel. Ce que je veux, c’est que ma famille politique, la droite française, ne s’enferme pas dans une droite ultra conservatrice qui deviendrait populiste".
Place aux opportunistes ?