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mardi 7 novembre 2017

Vives contestations des avantages exorbitants des ex-présidents de l'Assemblée

Indécent bras de fer en temps de votes d'économies demandées aux institutionnels

Président en exercice, François de Rugy prône le statu quo...

Budget fleurs excessif
Le serrage de vis budgétaire épargnera-t-il les serviteurs de la République au Palais Bourbon ?  La fonction de président de l'Assemblée nationale n'est pas bénévole... Le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, a engagé un bras de fer avec le Premier questeur de l'Assemblée nationale, son grand argentier, Florian Bachelier : conflit d'intérêts ? 
Théoriquement d'accord sur la nécessité de reviser à la baisse les dépenses de la Chambre basse pour faire des économies, les deux macroniens divergent dans la pratique sur l'usage des fonds dégagés.
Florian Bachelier a soulevé un vent de colère en affirmant sa volonté de restituer  à l’Etat "une partie des sommes économisées".
Ce week-end, le député d'Ile-et-Villaine, un avocat d'affaires, a réservé à la presse (JDD/ Le Parisien) l'annonce de son intention de revoir à la baisse le budget annuel de 550 millions d’euros de l’Assemblée, mettant ainsi le feu aux poudres.
"Je n’ai pas été élu sur un mot d’ordre de baisse des dotations de l’Etat", rugit Rugy dans Libération. Et de prétendre : "Il suffit de comparer avec les Parlements de nos voisins pour comprendre que l’Assemblée n’est pas surdotée."

Un vif désaccord sur fond de lutte d'influences.
Primo-député d’Ille-et-Vilaine, Florian Bachelier, est un protégé de Richard Ferrand, marcheur de la première heure et patron des députés LREM, lequel a le plus grand respect des deniers de l'Assemblée, lui qui y a embauché son propre fils comme collaborateur parlementaire (Émile Ferrand, durant cinq mois pour 2.222 euros, quand le SMIC s'élevait à l'époque à environ 1.133 € par mois ). Selon France Info, le cabinet du père le justifia en ces termes: "En Centre-Bretagne, ce n'est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur Internet"...

Richard Ferrand caresse l’espoir qu'à mi-mandat, il remplacera au perchoir un Rugy supposé élu pour la totalité de la législature…
Mercredi, le bureau de l’Assemblée devrait donc être le théâtre d’une passe d’armes à fleurets mouchetés.
  
La chasse au gaspi est ouverte

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Solère penche au centre?
pour ne pas être coupé sur la photo ?
Composé notamment des représentants des groupes, des questeurs et des vice-présidents et du président, le Bureau est décisionnaire sur les règles financières internes à l'Assemblée. Les trois questeurs (qui ont en charge le suivi du budget de l’Assemblée), Bachelier, 38 ans, Thierry Solère (46 ans, Les Constructifs) et Laurianne Rossi (33 ans, LREM) s'affronteront à l’occasion d'un point sur les économies réalisées et davantage encore lors du débat sur celles à engager. En épluchant les comptes de l’Assemblée, le trio mis au jour nombre de dépenses à ses yeux superflues, voire injustifiées.

Des dépenses injustifiées sont visées.
Citons une division par deux du coût de l’arbre de Noël de l’hôtel de Lassay (120.000 euros), 
la suppression des billets SNCF gratuits ou à prix réduit pour les ex-députés (800.000 euros d’économies), 
ou la limitation aux seuls élus d’outre-mer d’un crédit de transport (et non plus à leur conjoint et leurs enfants)… "Nous pensons parvenir à 1 million d’économies sur 2017", estime Bachelier. Qui ne compte pas s’arrêter là : "Notre but est de réduire les dépenses de 10 millions d’euros en 2018 et de 15 millions par an sur le reste de la mandature", avance-t-il, avec des cibles bien identifiées pour y parvenir. 

Les questeurs sont tombés sur deux gisements d’économies aussi prometteurs que sensibles. "On a découvert que les avantages accordés pour dix ans à ses anciens présidents - une voiture avec chauffeur, un bureau et un collaborateur - coûtent 330.000 euros par an à l’Assemblée, indique Bachelier. Moi, je ne sais pas expliquer cela à nos concitoyens." 

Le zèle des questeurs dépasse les bornes, selon Rugy.
"Les anciens présidents de la République, les anciens Premiers ministres et même les anciens ministres de l’Intérieur bénéficient de ce type d’avantages", fait valoir l’ancien Vert converti aux ors de la République et futur bénéficiaire. A ses trois prédécesseurs sur dix ans, le LR Patrick Ollier, le LR Bernard Accoyer et le PS Claude Bartolone,  Rugy a donc assuré qu'une telle mesure n’est pas prête d’être inscrite à l’ordre du jour du bureau de l’Assemblée, seul décisionnaire en la matière…

Le rachat par l’Assemblée de l’hôtel de Broglie est une autre pomme de discorde. 
Décidé en 2016, mais non finalisé encore, le bâtiment classé aux Monuments Historiques, 7.158 m2 situés Rue Saint-Dominique, Paris 7e, à deux pas du Palais-Bourbon, ce rachat inopportun est aussi dans le collimateur des questeurs. Bien qu'il ait hébergé le ministère de la Ville et, à partir de 2012, le ministère des Droits des femmes occupé par Laurence Rossignol (PS) et l'Observatoire de la laïcité), puis par le secrétariat d’État chargé du Numérique, un réaménagement des bureaux serait à nouveau nécessaire, sans doute pour satisfaire Mounir Mahjoubi, mais Bachelier a failli rouler en marche dans le fossé : "Cela s’élève à 40 millions d’euros, soit 360.000 euros par bureau double installé ! s’étrangle le questeur. Comme l’Assemblée doit encore verser 63 millions à l’Etat pour l’achat de cet hôtel particulier, l’addition s’élève à 100 millions !" Pour Bachelier, aucun doute, il faut annuler l’opération : "Au moment où le chef de l’Etat envisage de diminuer d’un tiers le nombre de députés, un tel investissement est disproportionné."

Vendredi, son entrevue avec le ministre du Budget a fini de le convaincre : une décision de renoncement au rachat ne gênerait pas l’Etat, qui a d’autres acheteurs potentiels en vue… Quant à Rugy, qui veut étendre son emprise, il ne l’entend pas ainsi : "L’opportunité de mettre la main sur des locaux proches de l’Assemblée nationale ne se présente pas tous les jours, insiste-t-il. 
L’Assemblée loue chaque année 2,5 millions d’euros un immeuble de bureaux 3, rue Aristide-Briand (Paris 7e). L’hôtel de Broglie pourrait donc être amorti sur trente ans…" Pas question donc de céder à "l’immédiateté" : les élus de la société civile peineraient-ils, malgré leur jeune âge, à se projeter ? 
"On en discutera devant le bureau avant la fin de l’année : il faut lancer les travaux de réaménagement au plus vite", clame Rugy. Et de tacler Bachelier : "Il ne faut pas laisser entendre que les choses sont faites [réglées] alors qu’elles ne le sont pas !". Rugy veillera à atteindre en 2018 l'"objectif une rénovation thermique écologique exemplaire" de l'Hôtel de Broglie...

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