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mercredi 18 octobre 2017

Castaner dénonce ceux qui pointent au chômage pour s'offrir des vacances

Le socialiste, porte-parole du gouvernement Philippe, a encore déraillé

L'ancien candidat PS à la présidence de la région PACA a heurté les sensibilités...
Plusieurs personnalités de gauche accusent Christophe Castaner de mépriser les chômeurs. Au cours de sa prise de parole au nom du gouvernement, lundi sur BFMTV, s'exprimant sur l'universalité des indemnités chômage auxquelles pourraient avoir droit les professions libérales ou  les démissionnaires, comme le souhaite Emmanuel Macron, Castaner a fait une sortie de route en marche.

Après avoir prétendu que, sur TF1, le volubile Macron a eu besoin d'aborder les sujets dans leur globalité, plutôt que de commenter telle ou telle petite phrase - ce qu'il n'a pas pourtant manqué de faire -, Castaner a pris les devants face aux reproches à Macron d'avoir évacué l'environnement et l'Europe et Merkel. La Voix de son Maître a assuré qu' "il [Macron] a regretté de ne pas avoir pu aborder certains thèmes", soulignant ainsi que, malgré 75 minutes, le "maître des horloges" n'a pas su gérer son temps de parole.
Le porte-parole du gouvernement était donc invité par ses amis de BFMTV pour faire l'éloge de l'entretien d'Emmanuel Macron, la veille sur TF1.

"L'universalité de l'allocation chômage implique des droits et des devoirs," a réaffirmé Castaner sur BFMTV

Cela dit,
Castaner s'est autorisé un jugement vécu comme une insulte.
"La liberté, ce n'est pas de se dire que je vais toucher les allocations chômage pour partir deux ans en vacances"

BFMTV est fort marri de ce dérapage qui plombe un entretien conçu pour vanter la parole présidentielle, au lendemain de sa prestation, le 16 octobre. Il a tout compte fait le mérite d'éclairer "les gens" sur l'état d'esprit général au sommet de l'Etat macronien. 
L'a priori désobligeant de Castaner vient en effet renforcer la liste déjà longue des sorties de route de l'ex-patron d'En marche ! , les salariés "illettrés" de Gad, les 'kwassa-kwassa' qui, selon le président humoriste, serviraient moins à pêcher qu'à "amener du Comorien" à Mayotte, les "gens qui ne sont rien", les détracteurs "cyniques" et autres "fainéants".

Le chef de l'État a surpris en posant dimanche des conditions à l'universalité des allocations chômage, auxquelles pourraient avoir droit les professions libérales ou les démissionnaires: le dispositif ne fonctionnerait que "tous les 5 ans, 6 ans, 7 ans", sous réserve d'avoir un projet professionnel. 
"On a toujours dit que l'universalité de l'allocation-chômage -qui doit profiter à celles et ceux qui n'y ont pas le droit, un agriculteur, un artisan, un commerçant- implique aussi des droits et des devoirs. Et on l'a élargie à la question des démissionnaires, mais encore avec cette idée de droits et de devoirs, c'est une forme de liberté ; mais une liberté pour aller vers quelque chose. Ce n'est pas de se dire : 'Finalement, je vais bénéficier des allocations-chômage pour partir deux ans en vacances'", a lâché Christophe Castaner. 

Le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement a d'ailleurs provoqué l'indignation de plusieurs élus. 

"N'avez-vous pas honte ?" interroge Guillaume Balas, un professeur et eurodéputé PS. 
Ex-coordinateur du projet de Benoît Hamon, candidat PS à l'élection présidentielle de 2017, il a rejoint son Mouvement du 1er Juillet (M1717), après sa défaite par KO :
L'ex-députée PS de la Sarthe, Sylvie Tolmont, parodie la citation de Michel Audiard : Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît"...
Pour Sébastien Denaja, député PS de l'Hérault et porte-parole du Parti socialiste, "ce n'est plus du mépris, c'est de la violence ! Ça suffit !".

Le député  Front de Gauche de Seine-Maritime et maire de Dieppe, 
Sébastien Jumel ironise :
Le sénateur socialiste de Paris, David Assouline, juge que Christophe Castaner "dépasse Wauquiez et le 'cancer de l'assistanat'". 

"Après les fainéants, les vacanciers !", lance le député FN du Gard, Gilbert Collard, en référence au terme employé par le président de la République il y a quelques semaines.

Mis sur la touche de la presse nationale, le journaliste Bruno Masure insulte son camarade Castaner  :

TeamMacronPR a riposté: 
"Quand @CCastaner annonce de nouveaux droits pour les Français, il faut nous dire pourquoi les Insoumis y voient quelque chose à redire."

Mais la critique la plus violente vient des rangs de la France insoumise. Sur Twitter, l'ex-porte-parole kabyle de Jean-Luc Mélenchon lors des ses campagnes présidentielles de 2012 et 2017, Sophia Chikirou, conseillère en communication et proche de Caroline Fourest, prononce cette sentence définitive : Ce mec [Macron] est un salaud".
En Castaner, Macron a trouvé la Christine Angot de Ruquier.
Mais l'animateur du show de politique divertissement a viré sa chroniqueuse...

mercredi 3 février 2016

Le pouvoir socialiste se convertit à la dégressivité de l'assurance chômage: une idée sociale?

La dégressivité de l'assurance chômage, la dernière trouvaille sociale des socialistes au pouvoir

Hollande cautionne l'instauration de la dégressivité
 par le gouvernement Valls

Alors que les négociations pour renouveler l'assurance chômage doivent s'ouvrir mi-février, la gauche sociale s'embrase pour la sauvegarde de l’allocation chômage, tandis que la meute des membres du gouvernement se déploie. Ces derniers jours, Myriam El Khomri, la marionnette de Valls au Travail, Michel Sapin, aux Finances mais annoncé partant et Emmanuel Macron, le virus social-libéral Zika du gouvernement à l'Economie, tous ont ouvert la porte à un durcissement des règles d'indemnisation du chômage. 
Les collabos de Valls reprennent le discours de François Hollande qui avait donné le ton le 18 janvier dernier: "En France, la durée d’indemnisation est la plus longue d’Europe, mais la durée de formation des chômeurs est la plus courte. C’est ce qu’il faut changer", avait-il déclaré. Une façon de mettre la pression sur les partenaires sociaux qui doivent renégocier la convention d'assurance chômage à partir du 20 février suite à l’annulation par le conseil d'Etat de celle conclue en 2014. 

Des pourparlers qui s’annoncent tendus entre le patronat et les syndicats de salariés tant l’enjeu cette fois est fort. Faute d’inversion de la courbe du chômage – il y a actuellement quelque 3,6 millions de personnes sans emploi et plus de 5 millions en prenant toutes les catégories – la dette de l’Unedic a doublé ces 5 dernières années et devrait tutoyer les 30 milliards d’euros à la fin 2016. 

Réduire la durée d'indemnisation, malgré la rareté des emplois 

Cette fuite en avant du gouvernement, qui vient encore briser un tabou de gauche, n’est pas anodine. Faute d’accord entre les partenaires sociaux d’ici au 1er juillet 2016, Manuel Valls pourrait s'emparer du dossier pour instaurer par décret la dégressivité ou une réduction de la durée d’indemnisation. 

Une option qui met en colère les syndicats de salariés mais qui redonne espoir au patronat. 
Stanislas de Bentzmann, le président de Croissance Plus, veut justement ramener à douze mois la durée d’indemnisation (contre 24 actuellement), comme en Italie ou en Allemagne, sans toucher au taux de remplacement des salaires qui oscille entre 57 et 75%. "On pourrait toutefois rallonger la durée si le chômeurs s’engage dans une formation qualifiante", avance-t-il. 

Moins radicale,
la Cour des Comptes propose de revenir sur "la règle du jour cotisé, un jour indemnisé" en ramenant le rapport à 0,9 (un jour cotisé, 0,9 jour indemnisé) pour une économie chiffrée à 4,1% des dépenses d'allocation de retour à l'emploi, soit environ 1,2 milliard par an. 
Autre piste lancée par les magistrats de la rue Cambon: relever à 55 ans contre 50 ans aujourd’hui, le déclenchement de la durée d’indemnisation de 36 mois spécifique aux seniors. "Fin 2012, 20% des allocataires indemnisés par l'assurance chômage avaient 50 ans ou plus. Leur indemnisation représentait 27% des dépenses de l'assurance chômage. Le surcoût lié à l'existence d'une indemnisation maximale de 3 ans pour ces salariés est de 1,085 milliard", affirmait en juin 2015 la Cour présidée par Didier Migaud. En appliquant cette mesure, l’UNEDIC ferait 450 millions d’euros d’économies par an. 

La dégressivité : une mesure anti-sociale 

C'est la dégressivité des indemnités qui met véritablement le feu aux poudres. "On note une forte hausse des retours à l’emploi dans les semaines précédant la fin de l’indemnisation, révèle Croissance Plus, à deux doigts de l'accusation de passivité des victimes de licenciements. Les chômeurs accélèrent leurs recherches, font plus d’efforts et deviennent moins exigeants", martèle Stanislas de Bentzmann. 
"La dégressivité des allocations est une solution que nous souhaitons aborder", renchérissait pour sa part Pierre Gattaz, le président du MEDEF, en décembre dernier. Cette  thérapie de choc serait toutefois moins prometteuse qu’elle n’en a l’air. 

La gauche l’avait d’ailleurs mise en place en 1992 sous l’impulsion de la ministre du Travail de l’époque, une certaine Martine Aubry. 
Ainsi, pendant 9 mois l’allocation était maintenue, avant d'être abaissée tous les 4 mois de 17% pour atteindre un seuil minimal de 355 euros. Mais faute de résultats probants, cette solution-miracle de la je-sais-tout du microcosme politique avait été abandonnée en 2001. "La dégressivité, telle qu’elle a été mise en œuvre de 1992 à 1996, aurait ralenti le retour à l’emploi", note même un rapport de l’Insee datant de 2001. 
Et la Cour des comptes d’enfoncer le clou de cette expérience pour rien: "Les études économiques tendent ainsi à montrer que la mise en œuvre d'une allocation dégressive engendre des économies, mais n'améliore pas globalement l'efficacité du système d'assurance chômage, qui dépend du niveau de contrainte que le marché du travail exerce sur la reprise d'activité des chômeurs.

Les effets pervers de cette fausse bonne idée 
Un certain nombre d’économistes estampillés "libéraux" ne recommande pas de se lancer dans cette aventure. C’est le cas de Bertrand Martinot, pour qui "dans le contexte économique de la France, une telle mesure aurait pour effet de faire basculer dans la pauvreté des chômeurs de longue durée.
"Cette voie n’est pas la plus efficace si l’on se soucie du bien-être des salariés et des chômeurs, notamment de ceux qui ont de faibles marges de manœuvre dans leur capacité à retrouver un emploi", analysent les universitaires Pierre Cahuc et Stéphane Carcillo dans un livre de 2004. 
Idem du côté de Bruno Coquet, un économiste qui vient de publier un rapport pour l’Institut de l’Entreprise. "Il y aurait un effet pervers, les chômeurs les plus proches du marché du travail accepteraient des jobs non qualifiés, ce qui diminuerait encore les chances des plus éloignés de l’emploi de se réinsérer", montre-t-il dans son étude. 
Pour mémoire, "plus de la moitié des personnes indemnisées n'ont pas le bac (…) A l'opposé, moins d'un allocataire sur huit dispose d'un niveau de diplôme bac + 3 ou plus", constate la Cour des comptes dans son rapport de juin 2015. L’économiste, également chercheur à l'OFCE, plaide pour une uniformisation des régimes d’indemnisation. Dans son viseur: le régime spécial des employeurs du secteur public qui ont le choix d’affilier, ou non, leurs salariés à l’assurance chômage. 
Dans la même veine, il considère que les fonctionnaires devraient participer au financement de l’assurance chômage, comme c’est le cas dans la plupart des pays européens. Le gouvernement et les syndicats oseront-ils s’attaquer à l'électorat socialiste?… Les fonctionnaires étant traditionnellement des électeurs votant à gauche et des membres puissants et actifs au sein des centrales syndicales.  

A l'occasion des présidentielles de 2012, Le PS accusa l'UMP de stigmatiser les chômeurs "en voulant rendre les allocations chômage dégressives"...  
archives parti sociaslite
En juin 2000, alors premier secrétaire du PS, François Hollande considérait comme un "progrès" la suppression de la dégressivité prévue par un nouvel accord de l'UNEDIC. Deux ans plus tôt, en plein mouvement social mené par des chômeurs, Harlem Désir, membre du bureau national du PS, résumait ainsi la position de son parti : "Le système de dégressivité est terrible. Les chômeurs et leur famille n'arrivent pas s'en sortir"
VOIR et ENTENDRE Hollande plaider contre la dégressivité des allocations chômage:

dimanche 12 octobre 2014

Le maire UDI de Bobigny, contraint d'abandonner ses allocations chômage

L'UDI Stéphane de Paoli n'y voyait aucun problème moral...

Le maire  cumulait des allocations de Pôle Emploi et des indemnités d'élu


Légèreté stalinienne
de l'Hôtel de ville de Bobigny
Le maire UDI de Bobigny, Stéphane de Paoli, s'était fait épinglé par l’hebdomadaire Marianne lors des municipales. Sous la contrainte, il a choisi  ce samedi de renoncer à toucher son chômage.

Stéphane de Paoli a annoncé sa décision "de ne pas renouveler son inscription à Pôle Emploi", à compter de septembre. Le maire du chef-lieu de la très populaire Seine-Saint-Denis, qui touche 4.500 euros par mois d’indemnités d’élu, "ne figure donc plus sur les listes des demandeurs d’emploi sollicitant une indemnisation", insiste-t-il.
Il touchait jusqu’alors 1.581 euros par mois d’allocations chômage, selon le cabinet du maire. Marianne évoquait 1851 euros mensuels, par erreur, selon cette source.

L’élu, un ancien conducteur de travaux dans le BTP, explique avoir été "licencié" de son emploi précédent au début de la campagne électorale. Ce licenciement était "sans lien avec la politique", selon son cabinet, qui n’était toutefois pas en mesure d’en préciser le motif exact. Il lui a ouvert des droits aux allocations chômage.

Le maire se défend de toute "phobie administrative
Le cumul d’indemnités versées par l’assurance-chômage et de celles versées aux élus locaux n’est par interdit, souligne le cumulard. Mais comme tout chômeur, un maire peut être radié des listes de Pôle Emploi s’il ne fait pas "d’actes positifs et répétés en vue de retrouver" un travail.

Or, Stéphane de Paoli se justifie en affirmant avoir "consacré l’essentiel de son temps" "à son engagement citoyen" jusqu’à l’élection municipale de mars dans cette commune de près de 50.000 habitants, puis, après avoir été élu, "à la mise en place des nouvelles équipes et à la prise de connaissance de tous les dossiers (...), remettant à l’été la réflexion sur son avenir professionnel".

Ses opposants communistes n'avaient reculé devant aucun moyen 

Au mois de juillet, une première affaire avait déjà secoué l’équipe municipale, lorsque l’adjointe au maire chargée de la petite enfance avait porté plainte, assurant avoir été séquestrée dans un bureau et menacée de mort par quatre membres de l’équipe de Stéphane De Paoli. La mairie, dont les dirigeants étaient qualifiés de "petits caïds" par Marianne depuis Paris, avait décidé de porter plainte contre le journal pour diffamation.

Les élections municipales de 2014 à Bobigny mettaient fin à 95 années de gestion par un seul parti.
Stéphane de Paoli, candidat adoubé par l’UDI et son patron dans le département Jean-Christophe Lagarde, avait créé la surprise aux municipales dans ce bastion communiste depuis 1920. 
La fin de campagne avait été marquée par un climat malsain entre les militants communistes en déroute et les partisans du concurrent de la maire sortante, sur fond d’accusations de clientélisme et d’instrumentalisation du vote dans les cités.

La commune de Bobigny héberge un  tribunal de grande instance
En 2013, le tribunal correctionnel de Bobigny a jugé quatre affaires de discrimination, symptomatiques des des tensions communautaires en Seine-Saint-Denis. Le procureur, entre autres chargé des agressions antisémites dans le département, avance le chiffre de vingt cas  recensés pour l'année 2012.

dimanche 23 mars 2014

Les chômeurs et une partie des intermittents critiquent les nouvelles règles d'indemnisation

Satisfecit du gouvernement au patronat et trois syndicats parvenus samedi matin à un accord 

De nouvelles règles d'indemnisation du chômage s'appliqueront à 
2,2 millions de chômeurs, bon gré, mal gré
La CGT et la CFE-CGC se sont opposés à  ces mesures jugées "inacceptables" par les chômeurs et une partie des intermittents à l'arrivée d'une négociation marathon.  Dans sa dernière analyse concernant les plus grandes faiblesses du système actuel datant de janvier 2013, la Cour des comptes pointe du doigt un marché du travail coûteux, inefficace, complexe, sans gouvernance… et en particulier les allocations des cadres et les règles d'indemnisation des intermittents du spectacle du fait de leur impact sur le déficit global.
Le texte présenté la nuit dernière par le patronat durcit donc le régime des cadres, seniors et intermittents, pour réaliser des économies, et instaure notamment un système de "droits rechargeables". Il a néanmoins recueilli un premier avis positif de trois syndicats: CFDT, proche du PS, FO, rival de la CGT, et la CFTC).
Les syndicats doivent désormais consulter leurs instances dirigeantes, avant de signer officiellement cette nouvelle convention, qui devra aussi être agréée par l'Etat pour entrer en vigueur le 1er juillet prochain.

Le ministre du Travail, Michel Sapin, a salué la "responsabilité" des partenaires sociaux,  ou certains, et estimé samedi que l'accord "permettra d'assurer, pour les deux prochaines années, la pérennité" du régime. 
En raison de l'incapacité gouvernementale à réduire le chômage -3,31 millions de demandeurs d'emploi sans activité fin janvier- le déficit de l'UNEDIC a atteint 4 milliards d'euros fin 2013.

Le projet d'accord prévoit de nouveaux droits pour les 2,2 millions de chômeurs, à commencer par la mise en oeuvre
"des droits rechargeables", qui leur permettra d'accumuler les droits à indemnisation, en cas de reprise d'emploi (ARE), alors qu'ils en perdaient auparavant une partie. Cette mesure devrait coûter 400 millions d'euros à l'UNEDIC. Selon Stéphane Lardy, de FO, "entre 250 et 300.000 personnes vont ainsi voir leur durée d'indemnisation allongée".

La nouvelle convention prévoit 800 millions d'euros d'économies 
400 millions net devraient pouvoir être dégagés en prenant en compte les droits rechargeables, des efforts nouveaux étant demandés aux demandeurs d'emploi indemnisés, car le patronat a obtenu que les cotisations des entreprises restent inchangées.
Le Medef a dû revoir à la baisse ses demande d'économies. "Il ne s'agit que d'un premier pas vers une réforme encore à construire" pour "permettre un retour à l'équilibre du régime".

Des actions coup de poing à venir 

Les nouvelles règles découlant du projet d'accord sont "inacceptables", a estimé samedi le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP),  successeur du Syndicat des chômeurs fondé en 1982 par Maurice Pagat. Il parle d'un "nouveau recul des droits des chômeurs" et promettant "dès la semaine prochaine" des "actions coup de poing".

Les cadres touchant une importante indemnité de départ devront désormais attendre jusqu'à 180 jours avant de percevoir des allocations chômage, contre 75 aujourd'hui.
Les intermittents du spectacle verront le cumul des allocations et du salaire plafonné à 5.475 euros bruts mensuels, et leurs cotisations (salariés et employeurs) augmenter. Le gouvernement a en effet accepté samedi l'ouverture de discussions, en vue d'une réforme en profondeur de leur régime. La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, s'est néanmoins félicitée des accords et a affirmé qu'elle sera "particulièrement vigilante" dans le cadre de cette concertation.
Pourtant, la CGT Spectacle a appelé samedi "à continuer la lutte", "pour exiger que le gouvernement refuse d'agréer l'accord".  après avoir occupé l'Opéra Garnier de Paris dans la nuit de jeudi à vendredi, quelques dizaines d'intermittents s'étaient installées vendredi au Carreau du Temple (IIIe arrondissement). Quelques intermittents occupaient toujours les lieux samedi après-midi, alors que les militants de la CGT-Spectacle éaient partis dans la matinée.

Jusqu'ici exonérés de cotisations, les salariés de plus de 65 ans sont eux aussi mis à contribution, sans que cela suscite une  empathie quelconque de Sapin.

Eric Aubin, de la CGT, n'y voit que "des sacrifices ou des reculs pour les demandeurs d'emploi".
La CGT n'est pas non plus satisfaite de la façon dont a été simplifié le système d'"activité réduite", qui permet à plus d'un million de chômeurs de cumuler petits boulots et allocations. Jugé trop complexe, ce dispositif génère actuellement beaucoup de "trop perçus" que les chômeurs doivent ensuite rembourser. En revanche, pour Yves Razzoli (CFTC), le texte est "relativement équilibré".

Les partenaires sociaux n'ont en revanche pas touché aux grandes règles de l'assurance chômage: ouverture de droits à partir de 4 mois de travail, indemnisation selon la règle du "un jour travaillé, un jour indemnisé".

Une fois entérinée, cette nouvelle convention sera valable pour 24 mois.