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dimanche 20 décembre 2015

Le secteur public ne connaît pas la crise et l'austérité

Enquête sur un mal très français, le train de vie du secteur public

Un article de Philippe Eliakim dans capital.fr du 18 décembre 2015

Nos finances ont beau être à l’agonie, beaucoup d’élus et de [hauts] fonctionnaires continuent de mener grand train avec l’argent public. 

Tout le monde au sol !
Le bouton va péter...
[L'alternance socialiste n'y a-t-elle rien fait ? A-t-elle même enkysté plus profond les vilaines habitudes ?]

Les naïfs convaincus que nos élus et nos [hauts] fonctionnaires sont devenus économes avec les deniers publics feraient bien d'aller flâner un peu dans les sous-sols de Paris. Pas dans les égouts ni les catacombes, rassurons-les, juste sous l'esplanade des Invalides [lieu de compassion de l'Etat-PS], dans le très chic quartier des ministères et de l'Assemblée nationale.
Là, en contrebas du gazon (la terrasse est quand même à l'air libre !), ils tomberont sur le fameux restaurant Chez Françoise (ci-contre),  cantine attitrée de nos hommes politiques et de leurs conseillers de cabinet.  [Outre Chez Laurent (lien PaSiDupes) ou aussi La Maison de l'Amérique latine (lien PaSiDupes) ]. Comme eux, ils pourront y déguster une Poêlée de cèpes à la pointe d'ail (22 euros), suivie d'une Sole meunière entière (45 euros) 
accompagnée d'un Rully Clos de Bellecroix (40 euros) [désolé pour les "sans dents" du si 'compassionnel' Hollande]. Mais eux devront régler avec leur propre argent, pas avec celui des ministères, ni avec l'indemnité de 2.500 euros que l'Assemblée accorde tous les mois à chaque député pour ses menues dépenses [et plaisirs].

Après quoi, nos enquêteurs seront en forme pour rejoindre la station Total, enterrée elle aussi sous l'esplanade à une petite centaine de mètres de là. On leur conseille de s'y boucher le nez et les oreilles, car le ballet des grosses berlines officielles qui viennent y faire le plein au tarif fort (1,485 euro le litre de SP 98 à la mi-septembre) ne cesse pas de la journée. Et les chauffeurs font volontiers tourner l'appareil de lavage, pour tromper l'ennui en attendant leur directeur de cabinet ou leur député... On pourra toujours objecter que les tarifs de "Françoise" sont relativement raisonnables (le quartier abrite des tables nettement plus onéreuses), qu'il faut bien mettre de l'essence dans les voitures et que, de toute façon, les choses se sont toujours passées comme ça aux abords de l'Assemblée. Peut-être. Mais c'est justement cela le problème.

[A 'bling bling', bling bling et demi]  

Lorsque les finances de la République se portaient à peu près bien, on pouvait à la rigueur [?] accepter [ou tolérer] que nos élus, nos hauts fonctionnaires et pas mal d'autres agents publics prennent leurs aises avec l'argent du contribuable. Mais maintenant que le pays croule sous les déficits, que les impôts battent des records et qu'une bonne partie de la population peine à boucler ses fins de mois, leurs frasques deviennent difficiles à supporter. 

La lecture de ces lignes fera sans doute bondir plus d'un fonctionnaire. Entre le gel de l'indice, imposé depuis quatre ans par les gouvernements successifs, la réduction généralisée des crédits et les coupes claires dans les effectifs des ministères non prioritaires (2.500 postes ont encore été supprimés à la direction des impôts l'an dernier), beaucoup d'entre eux subissent la rigueur de plein fouet. Et travaillent dans des conditions qui frôlent la misère. Les policiers condamnés à officier [disons même à "s'éclater' ?] dans des commissariats aux murs lézardés avec des voitures de service hors d'âge en savent quelque chose. Les enseignants des maternelles, qui doivent faire des pieds et des mains pour obtenir un simple lot de crayons de couleur, aussi [mais c'est une affaire entre le SNUipp -étrangement patient- et les communes, tandis que les lycées, sous le joug de Najat Vallaud-Belkacem, n'ont guère d'autre priorité que la causette à bas coût (compassionnelle mais aussi idéologique), à hauteur des crédits réellement palpables sur le terrain, avec la diversité -réduite à telle ou telle communauté, notamment homosexuelle- en passant par le néo-colonialisme ou l'anti-libéralisme et l'anti-mondialisation, sans oublier le manque de considération -voire de respect- dus par les adultes aux jeunes].   

Mais à côté de ça, quels gâchis ! 
Et quelle désinvolture dans l'utilisation des fonds publics ! Un exemple entre mille. Il y a quelques mois, deux élus de Saint-Laurent-du-Maroni, un minuscule port de Guyane [chérie de Christiane Taubira], se sont offert un voyage de 16.500 kilomètres jusqu'à Durban, en Afrique du Sud, avec l'argent de leurs électeurs. [Bon, peut-être ne devons-nous pas être si mesquins: ils suent sang et eau pour nous servir...] Officiellement, il s'agissait d'assister au congrès de l'Association internationale des villes portuaires, mais nos deux amis ont dû se sentir bien petits aux côtés des représentants d'Anvers, de Buenos Aires ou de Rotterdam ! Et bien seuls aussi, car le délégué aux affaires portuaires de Saint-Laurent-du-Maroni n'était pas du voyage... Le plus inquiétant, c'est que cette affaire, révélée par le site Guyaweb, n'a donné lieu à aucun scandale [dans Le Monde ou Libération], à aucune sanction [du très sourcilleux Manu Valls], ni à aucune reprise, même dans la presse locale [BFMTV a tant à faire pour lutter pour le muticulturalisme et contre le pluralisme de l'information]. Trop banal, sans doute. Comme le dit le député apparenté PS René Dosière, "la France n'a pas rompu avec la culture de la dépense"[Son patron, Bartolone, n'est pourtant pas tendre avec certains, s'ils ne sont pas des siens]. 

[La presse détourne son regard impitoyable sur le gaspillage alimentaire et tacle la grande distribution ]

Notre enquête ne fait que le confirmer. Entre les logements de complaisance distribués à la pelle [S'ils étaient de droite, on saurait que des élus, recteurs d'académie ou diplomates, plusieurs milliers de personnes -y compris des gendarmes, militaires ou des directeurs d'école communale- habitent toujours dans des appartements de prestige aux frais des contribuables], les flottes de voitures de fonction un peu trop généreuses et les incroyables privilèges de certains systèmes de retraite, plusieurs milliards d'euros s'envolent chaque année [Rendant évidemment la suppression des taux réduits de TVA inéluctables]. 
Havre de paix de style Renaissance
pour ronds de cuir bien-pensants
[L'AP-HP, qui met gratuitement plus de 1.100 logements à disposition de ses employés -dont certains ne travaillent plus dans l'institution-, et loge une demi-douzaine de hauts cadres dans le prestigieux hôtel Scipion, à Paris [sis au 13, rue Scipion dans le 5e arrondissement de Paris [quartier Sorbonne et Panthéon], qui n'héberge donc pas seulement l'administration de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) depuis 1983, au temps du président Mitterrand, icône socialiste].

Dans ce concert de gaspis, l'Elysée fait figure d'exception. Compressé comme jamais sous les ordres de François Hollande, son budget est repassé l'an dernier sous la barre des 100 millions d'euros. Comme quoi on peut laisser dériver un pays et s'appliquer à soi-même une discipline de fer. 
[Un arbre de vertu (médiatique) peut cacher une forêt de turpitudes]

jeudi 17 décembre 2015

A Bercy, Sapin jette des milliards d'euros de TVA par les fenêtres

Dette publique non maîtrisée et gaspillage du fruit de l'impôt... 

Cohérence: S. Royal met la pression sur 
la grande distribution pour qu'elle lutte contre le gaspillage alimentaire, mais Bercy gaspille la TVA...
B.Obama et F.Hollande ont dîné en grand équipage, lors de la COP21,
lundi 30 novembre, à L'Ambroisie, un grand restaurant parisien de la place des Vosges
Tandis que, le 27 août dernier, la ministre de l’Ecologie stigmatisait la filière, Michel Sapin laissait filer l'argent public.  La Cour des comptes a présenté ce mercredi ses conclusions sur l'efficacité de la taxe sur la valeur ajoutée. Si elle reste l'impôt le plus rentable de France, la TVA pourrait rapporter bien davantage à l'Etat. 
Un festin dans les poubelles
de L'Ambroisie
Or, Valls et Sapin cherchent pourtant désespérément à financer les dépenses publiques en nous faisant les poches. La dernière ? Une campagne menée par sa presse, à l'instigation du gouvernement, pour supprimer le taux réduit de TVA, qui coûte plus qu'il ne rapporte, mais supprimer le taux particulier à 2,1 % (médicaments remboursables par la sécurité sociale ou certains spectacles) et celui à 5,5 % (produits alimentaires, équipements et services pour handicapés, abonnements gaz et électricité, fourniture de repas dans les cantines scolaires, etc... ) - loi de finances pour 2014 (art. 6), votée par les margoulins de la majorité présidentielle, c'est les faire passer à 7, voire 10%... 

Dans un récent rapport, la Cour des comptes critique l'inefficacité de la baisse de la TVA dans la restauration. 
Tous les Français, peu ou prou, connaissent la TVA: c'est en effet l'impôt qui grève lourdement leur budget au quotidien, mais qu'ils sentent le moins passer et qui rapporte le plus aux caisses de l'Etat. 156 milliards d'euros en sont attendus en 2016.
Claude Bartolone en a eu un pic de tension (lien PaSiDupes)...  Il a pris 10 jours d'arrêt maladie, à compter du lendemain des Régionales qu'il a perdues  pour la gauche en Ile-de-France... 

Une incohérence de plus des bras cassés au pouvoir

La Maison de l'Amérique latine, 
la cantine des socialistes
Cet impôt qui frappe tous les consommateurs également, riches ou pauvres, n'était déjà pas populaire. Or, ce rapport de la Cour des Comptes ajoute encore une couche au débat parlementaire sur la taxe tampon controversée (et les couches pour enfants ou vieillards et malades hospitalisés) ou encore le scandale du site révolutionnaire Mediapart qui réclamait, en vain, des contribuables un surcroît de charge fiscale par alignement sur celui des media traditionnels, imprimés et donc de bénéficier d'un taux réduit. 

Les recettes de l'Etat pourraient pourtant être encore bien plus élevées. 
Ce mercredi, la Cour des comptes a publié un rapport sur l'efficacité du dispositif, lequel est assimilable à la gabegie des républiques bananières. Ses conclusions sont particulièrement critiques. Au moment de sa création, la TVA avait l'avantage de sa simplicité, synonyme d'efficacité. 
Mais elle a été peu à peu détournée de sa finalité. A la différence de la presse qui ne manque jamais une occasion de salir le quinquennat précédent, la Cour ne prend par les cinq dernières années en référence, mais les media devraient rapidement corriger cette lacune... Depuis le 1er janvier 2014, le taux intermédiaire a en effet déjà été élevé à 10% dans la restauration, contre 7% auparavant. 
Alors qu'elle devait initialement se contenter d'alimenter le budget de l'Etat, la TVA a subi de profonds changements, des retouches à portée politique, à des fins de redistribution ou de compétitivité. Autant de réformes qui ont fini par ébrécher son assiette et entailler ses recettes.
Au final, les pertes se chiffrent, selon le rapport, à plusieurs milliards d'euros. 
Pour aider le ministère des Finances à lutter contre son propre gaspillage, la Cour des comptes souligne trois écueils majeurs. 
1. Des choix inefficaces 
Difficile d'y voir clair, il est vrai, dans le fonctionnement de la TVA. Il existe aujourd'hui tout un éventail de taux qui alourdissent son recouvrement et sa compréhension. Au total, la Cour des comptes recense quelque 150 mesures dérogatoires qui représentent un manque à gagner global de 48 milliards d'euros. Le rapport ne préconise pas l'unification des taux, qui ne serait pas forcément légitime. Des taux réduits peuvent tout à fait être justifiés par des considérations sociales. 
Mais la Cour recense certaines incohérences, et surtout des choix inefficaces. Le taux réduit pour la restauration par exemple maintenu sous la présidence de François Hollande. Outre son coût élevé (2,6 milliards d'euros par an), il n'aurait permis de créer que 6.000 à 9.000 emplois entre 2009 et 2012, pour un coût par emploi compris entre 175.000 et 262.000 euros. Mais surtout, les entreprises n'en n'ont pas du tout profité pour diminuer les prix à la consommation. Le rattrapage des salaires de la restauration n'a permis de répercuter la baisse des taux (fixé à 10%) qu'à hauteur de 20% sur la note des clients, selon le rapport. 20% qui n'ont toutefois pas seulement profité aux ménages les plus aisés, puisque la restauration rapide attire les familles à revenus modestes proportionnellement davantage que les nantis. 


Le restaurant L'Ambroisie possède 3 étoiles Michelin.

2.
Un système trop facile à contourner 
De nombreuses entreprises parviennent d'ailleurs, sans difficulté, à échapper au reversement de la TVA. Il existe tout un arsenal de logiciels capables de refacturer a posteriori une transaction pour éviter de payer à l'Etat ce qu'il réclame. Une technique qui favorise également le travail au noir. Au total, bien que très difficile à chiffrer, la fraude diminuerait les recettes de TVA d'au moins 10 milliards d'euros. Le gouvernement a promis de s'attaquer à ce problème. Le 1er octobre, le ministre des Finances Michel Sapin a annoncé l'obligation pour les professionnels de s'équiper d'un logiciel d'encaissement agréé, censé rendre impossible la manipulation. Et puis, nombre de sites de e-commerce, de petite taille, ne s'inscrivent pas auprès de l'administration française. Un rapport sénatorial publié en septembre dernier révélait que sur 715.000 sites de commerce en ligne au sein de l'Union européenne, seuls 979 étaient correctement enregistrés en France.  Il n'empêche que Sapin ne peut lancer la chasse aux fraudeurs avant d'avoir assaini la gestion de la TVA depuis Bercy.

3. L'inconstance des politiques menées
Le gouvernement Valls est visiblement tenté d'actionner le levier de la TVA pour financer une ou plusieurs mesures économiques. Le prélèvement a l'avantage d'être particulièrement indolore pour les consommateurs, les premiers payeurs. Pour se justifier, l'exécutif socialiste évoque incidemment le 1er mars 2012, quand Nicolas Sarkozy fit voter sa TVA sociale. Son principe était simple: il s'agissait de porter le taux normal de TVA de 19,6% à 21,2% pour financer des baisses de charges accordées aux entreprises et à la relance de l'économie et ainsi lutter contre le chômage. Autrement dit, il s'agissait de redonner des marges d'investissement aux entreprises pour maintenir l'emploi et le pouvoir d'achat des ménages. 
Mais, la différence réside dans les engagements mensongers du candidat de la gauche en campagne présidentielle, le candidat Hollande avait promis de supprimer le dispositif. En septembre dernier, il concédait avoir fait une erreur à ce sujet...

L'excuse classique : la France n'est pas la seule à avoir mis en oeuvre ce mécanisme de dévaluation fiscale

Et excuse juste pourrie, puisqu'elle est le seul pays à ne pas en faire le meilleur usage possible...

La gauche caviar s'empiffre Chez Laurent,

autour de François Hollande

De nombreux pays européens, dont l'Allemagne, ont déjà franchi le pas. Le rapport reconnaît des effets bénéfiques de court terme. Les exportations étant exonérées de TVA, la hausse du taux, couplée à une baisse des charges productives, permettent de conférer aux entreprises françaises un avantage comparatif vis-à-vis des partenaires commerciaux. Néanmoins, cet effet a tendance à s'estomper sur le long terme. Parce que les pays voisins finissent toujours, eux aussi, à adapter leur fiscalité. Pour la Cour des comptes, la France aurait tout-à-fait pu miser sur ce levier. Ses taux restent aujourd'hui inférieurs à la moyenne européenne. Mais l'urgence serait moins présente désormais, depuis que la mise en place du CICE et du Pacte de responsabilité "ont réduit l'acuité du débat sur la dévaluation fiscale en France".
On ne sait pas chiffrer la perte pour la France
Mais le manque à gagner total est évalué à 168 milliards d'euros dans l'ensemble de l'Union européenne. Certains avancent toutefois que les plus importants manques à gagner sont réalisés, "sans surprise" selon Le Point, par les plus grandes économies européennes, l'Italie (47,5 milliards d'euros), l'Allemagne (24,8 milliards d'euros) et la France (14 milliards d'euros); soit déjà la moitié à quatre. De la Grèce ne parlons pas... Retenons seulement que si la France est la bonne élève de la classe européenne, la suppression des taux réduits ne presse pas... 
D'autant qu'en matière de gaspillage alimentaire, entre 90 et 140 kg de nourriture par habitant sont perdus chaque année sur l’ensemble de la chaîne (de la production à la consommation).

jeudi 27 août 2015

Gaspillage alimentaire : Ségolène Royal se trompe encore d'adversaire

La ministre s'en prend aux petits  gaspilleurs et néglige les gros: les ménages, élections obligent !

La grande distribution entre en résistance

La ministre croyait trouver un moyen de se valoriser mais pédale à nouveau dans le Nutella. Dans sa croisade contre la pâte à tartiner, Ségolène Royal avait déjà décroché la palme des reculades, après avoir déclenché la colère des lobbies de l'huile de palme et des responsables politiques italiens en critiquant Nutella qui en France, représente 330 personnes en Haute-Normandie. A Villers-Ecalles, en Seine-Maritime, l'usine Nutella produit 155 millions de pots par an, soit un tiers de la production mondiale. "Il faut replanter massivement des arbres, parce qu'il y a eu une déforestation massive qui entraîne aussi du réchauffement climatique. Il faut arrêter de manger du Nutella, par exemple, parce que c'est de l'huile de palme," avait exorté Royal. Mais, accompagnée de sa fille, Agnese Renzi -épouse du camarade socialiste Matteo- avait ostensiblement commandé et mangé une crêpe au Nutella et à la chantilly, geste dont se sont beaucoup amusés les media italiens. Tant et si bien qu'en deux jours de fronde du groupe Ferrero, la battue de la présidentielle 2007 avait senti le rance: les gravissimes conséquences sanitaires et environnementales de la pâte à tartiner italienne, en plus de sa timide condamnation du désherbant Rondup, lui apparurent tout à coup moins dignes de sa royale colère qu'au départ de sa campagne. Elle recycla piteusement le patinage dans la semoule en rétropédalage dans le Nutella:
.
De plus en plus amère, Royal passe donc des portiques électroniques au gaspillage alimentaire

Les portiques électroniques !


Après avoir torpillé définitivement les portiques autoroutiers prévus pour la taxe poids lourds - par crainte d’un blocus des routiers- le pouvoir socialiste a préparé leur démantèlement partiel mais, à l'approche des régionales en décembre, il se hâte à vitesse limitée, car la ministre de l'Environnement n'a pas renoncé à faire payer les camions étrangers qui traversent la France. Pour enterrer les portiques qu'elle juge "coûteux", la sournoise prémédite de les obliger à "utiliser les autoroutes plutôt qu'à encombrer les routes", en faisant payer l'autoroute aux camions, l'État "pourra en prélever une partie".

De surcroît, la ministre de l’écologie est de plus en plus virulente contre le gaspillage alimentaire. 
Ségolène Royal a convoqué la grande distribution jeudi 27 août, décidée à leur " mettre la pression" pour parvenir à un accord contre ce fléau, qu’elle a jugé ' tout simplement insupportable". La réunion devait déboucher sur une convention d’engagements volontaires de la part des distributeurs, la plupart des grandes marques s’étant immédiatement déclarées prêtes à signer un tel document. "Auchan est pleinement favorable à cette approche pragmatique, qui permet de s’appuyer sur les actions déjà entreprises, de partager les bonnes pratiques et de structurer la démarche", s’est réjouie l’enseigne, tandis que le groupe Casino (Géant, Franprix, Monoprix, Leader Price...) a indiqué qu’il " signera la convention (...) afin de réaffirmer son engagement dans la lutte contre le gaspillage alimentaire". Autrement dit, les cibles de Mme Royal sont sereines, puisqu'elles ne l'ont pas attendue pour s'engager dans cette lutte qui en fait les gaspilleurs les plus modérés.

Des consignes ministérielles déjà en vigueur du plein gré des enseignes...
Leur concurrent Carrefour a aussi précisé qu’il signerait le texte jeudi au ministère. Tout comme le Groupement des Mousquetaires (Intermarché et Netto), qui affirme avoir "toujours été favorable aux dispositions législatives sur la lutte contre le gaspillage alimentaire". Sans oublier de préciser que ses enseignes "appliquent depuis déjà plusieurs années les mesures prévues dans la loi sur la transition énergétique".
De la même manière, Auchan et Casino ont tenu à souligner que la plupart des engagements que va leur réclamer Ségolène Royal sont déjà pratique courante dans leurs magasins. Ainsi, Auchan indique que 100 % de ses hypermarchés " pratiquent chaque jour le don avec différentes associations : Restaurants du cœur, banques alimentaires, épiceries sociales, Secours populaire... » Pour Casino, "c’est 100 % des hypers, 80 % des supermarchés et plus de 180 magasins Monoprix" qui ont déjà établi une convention avec une association caritative. A l’échelle du groupe, 4.300 tonnes de produits ont été redistribuées en 2014, soit l’équivalent de 8,6 millions de repas.

"La ministre fait son cinéma"
S’estimant injustement montrées du doigt, d’autres enseignes ont réagi plus vertement à la convocation de Ségolène Royal, comme le  PDG de Système U, Serge Papin -proche du PS-  qui s’est dit jeudi matin sur RTL "un petit peu surpris du ton employé par la ministre, nous désignant comme seuls coupables ".
"La grande distribution dans son ensemble est le premier distributeur aux banques alimentaires, c’est quand même 120 millions de repas qui sont distribués chaque année, et c’est en croissance…"

Michel-Edouard Leclerc, PDG de l’enseigne E.Leclerc, a quant à lui ironisé sur cette réunion qui a lieu "parce que c’est la rentrée politique !" "La ministre fait son cinéma", a-t-il lancé jeudi matin sur Europe 1. Le responsable a avancé que sa marque distribue déjà "26.000 tonnes de denrées alimentaires sous forme de dons aux associations, dont 6.000 tonnes aux banques alimentaires" .

"Il faut que l’Etat s’engage. (...) Il faut doter ces associations. (...) Il manque des frigos, des camions, des bénévoles, probablement un peu de soutien salarial et organisationnel. (...) Donnez les moyens aux collectivités locales d’obtenir le tri dans les écoles, dans les cantines, dans les lieux où l’Etat donne de l’alimentation."

Encore une ministre socialiste qui n'étudie pas ses dossiers
La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) estime que la grande distribution est "le premier donateur aux associations", avec 31 % des dons, et souligne que le secteur n’est responsable que de 5 à 10 % du gaspillage alimentaire en France, loin derrière la restauration (15 %) ou les ménages (70 %). Elle a par ailleurs augmenté depuis deux ans de 3 % ses dons de repas aux associations et amélioré de 15 points son taux de recyclage des déchets, selon une étude parue mercredi, et menée par l’Essec (école de commerce), PwC (cabinet d’audit) et la FCD.
La ministre s'est encore plantée. Au chapitre des initiatives, Leclerc, Intermarché et Système U soulignent avoir noué des partenariats avec la start-up "Zéro gâchis" pour instaurer des rayons spéciaux pour les produits à date courte, vendus à tarifs réduits, jusqu’à - 70 %. Quant aux deux enseignes Auchan et Casino,  elles font valoir qu’elles mènent déjà en magasins des actions de sensibilisation, en distribuant des brochures anti-gaspillage ou en permettant aux clients de mieux maîtriser leurs achats : vente en vrac, petits conditionnements...

De son côté, Nicolas Chabanne, le responsable des "Gueules cassées", a proposé à la ministre et à la FCD de généraliser l’utilisation d’étiquettes " antigaspi", qui permettent d’indiquer de manière très visible que le produit est proche de sa date limite de consommation. Ces étiquettes portent la mention " - 50 % Stop au Gaspi ! Bon à consommer, pas à jeter ! ". Lancées il y a huit mois, "elles marchent très bien dans les magasins qui les utilisent", a affirmé N. Chabanne. Depuis l’année dernière, ce collectif a aussi convaincu des centaines de points de vente de commercialiser des fruits, légumes, fromages et céréales présentant des défauts mais propres à la consommation.
L'opération anti-gaspi de Mme Royal est-elle voué au retentissant fiasco de sa précédente campagne contre... le string à l'école ?

Savoir si la première mesure gouvernementale ne serait pas de virer ses bouches à nourrir inutiles... 
Pensez plutôt ! La majorité claironne que le gouvernement aurait réussi le tour de force de la stabilisation des chiffres du chômage, malgré 1.900 demandeurs d'emploi de plus. Or, le poste de ministre du Travail reste vacant: son titulaire, François Rebsamen, a remis sa démission le 19 août et n'a toujours pas été remplacé au 28 août, malgré une obligation d'abandon dès le 27 juillet, pour cause de non cumul des mandats. Il ne pourrait trouver preneur avant le 9 septembre, de l'aveu du maire de Dijon. Ce ministère est-il vraiment indispensable ?

mercredi 19 août 2015

Hollande promet de nouvelles baisses d'impôts, sous conditions...

De nouvelles (?) baisses d'impôts "si la croissance s'amplifie en 2016"

Plus jobastre que jamais, François Hollande a fait de nouvelles promesses
Que va-t-il encore sortir de son chapeau ?
"Si la croissance s'amplifie en 2016, nous poursuivrons ce mouvement (de baisse de la fiscalité), a-t-il envisagé, à la veille d'une visite en Isère et en Savoie. Et d'ajouter un commentaire comme il en a le secret, mi-démagogique, mi-moraliste", "car les Français doivent être les premiers bénéficiaires des résultats obtenus", si jamais, a prêché le chef de l'Etat, prônant inconsciemment une rétribution au mérite, dans un entretien avec les quotidiens régionaux du groupe Ebra (ex-groupe Est républicain, comprenant notamment Le Progrès à Lyon et Le Dauphiné libéré à Grenoble) à paraître jeudi.


Ces baisses d'impôts pourraient ainsi intervenir peu avant l'élection présidentielle de 2017...

"Je mesure les efforts qui ont été demandés aux Français en 2012 et 2013", souligne-t-il encore, tellement compréhensif, rappelant qu'"une première baisse de la fiscalité en 2014 (...) a concerné plus de trois millions de ménages" et qu'une deuxième "plus importante" a bénéficié à "neuf millions de foyers fiscaux" cette année, aux dépens des  contribuables qui sont lourdement solidaires des plus fragiles et dépit d'une croissance zéro ! 

Interpellé sur ce que ça cache: l'éventualité d'une nouvelle écotaxe, d'une surtaxe diesel ou de hausse des taxes sur l'électricité pour financer la transition énergétique, François Hollande assure qu' "il n'est pas question de créer un impôt ou une taxe supplémentaire". La question de l'endettement de la France repasse donc ainsi dans le peloton de tête des préoccupations des Français: qui va commencer à la résorber ? 
"La transition énergétique ne doit pas être un prétexte pour augmenter les prélèvements", poursuit-il, insistant: "Je m'y refuse"! 

Hollande en campagne rase déjà gratis...

Pour le beau parleur, "il n'est pas question non plus que des contribuables payent pour les gaspillages et les pollutions qui ne sont pas de leur fait".
"Nous avons créé la contribution carbone qui s'applique à toutes les énergies fossiles (gaz, essence et charbon)" afin "de répartir la charge par rapport aux choix de consommation de chacun", rappelle-t-il cependant, suggérant que les moyens de passer aux énergies renouvelables n'ont que ce que les taxes qu'ils méritent.

Le président de la République réaffirme par ailleurs que les 41 milliards d'euros de baisses de charges prévus par son pacte de responsabilité en faveur des entreprises seront maintenus, repoussant ainsi une revendication des frondeurs du PS qui souhaitent qu'une partie de ces allègements aille aux ménages.
"C'est la condition pour permettre aux entreprises d'investir et d'embaucher", fait-il valoir. Pour autant, des éléments pourront évoluer à l'intérieur de cette enveloppe. "Cela sera discuté avec les partenaires sociaux", indique-t-il, ce qui ne rassure personne puisque les propos de campagne du président ne l'engagent pas.
Hollande plaide d'ailleurs - et pourquoi pas - en faveur de "la stabilité dans les politiques conduites pour que les entreprises et les ménages aient confiance". Auraient-ils perdu cette confiance ?
"Par conséquent, les principes du pacte de responsabilité seront préservés", martèle-t-il.

Au sujet des dotations de l'Etat aux collectivités locales, "nous devons (...) accentuer la péréquation (...) c'est-à-dire la solidarité", ajoute-t-il par ailleurs.

Il s'agit encore, selon lui, de "soutenir l'investissement public parce que c'est de l'emploi dans le BTP" en "modulant les dotations en fonction des investissements engagés".

Depuis 2012 et son premier entretien télévisé, Hollande n'a pas changé:

Les Français sont des Grecs en puissance.

lundi 13 juillet 2015

Loi sur le gaspillage alimentaire: Royal n'est jamais de reste pour se faire mousser

Le tweet de Royal ne passe pas

La ministre s'est en effet félicitée du vote au Parlement européen de "sa" proposition...
 
Les internautes dénoncent un tweet de récupération "révoltante".  "Vote de ma proposition de l'interdiction de détruire les invendus alimentaires ou de les rendre impropres à la consommation (eau de Javel)", s'est félicitée vendredi sur le site de microbloggin la ministre de l'Ecologie, Marie-Ségolène Royal, suite au vote au Parlement européen d'une loi sur le gaspillage alimentaire.

Qui de l'œuf ou la poule est arrivé en premier ?

Pour celle qui a toujours l'oeuf, pas de doute, c'est la poule! 
La ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie s'est évidemment approprié l'idée. Or, un maraud, Arash Derambarsh, obscur élu municipal Divers droite de Courbevoie, mais directeur de collection au Cherche midi, ci-contre, lui conteste la paternité de ce texte et le coq de la basse-cour n'a pas manqué de le clamer au et fort.

Ségolène Royal "est dans l'imposture"
"Votre proposition ? Pourtant, je ne vous ai pas vu une seule fois. Ni sur le terrain, ni en audition. #Récupération", a-t-il notamment écrit sur le réseau social.

Ségolène Royal "a le comportement de tout ce qu'[il] déteste en politique "

L'élu de la ville UMP de Courbevoie assure également sur le réseau social  que la ministre de l'Écologie (etc) lui "avait refusé un rendez-vous, en affirmant [avec respect] qu'elle était débordée". 

Le contestataire n'a pas été le seul à dénoncer cette "récupération" par Ségolène Royal.

Ségolène patauge dans le Nutella, car  de nombreux usurpateurs -soucieux d'une république juste- ont en effet taclé la ministre sur Twitter par le biais du hashtag #TweeteCommeRoyal. 
Calvero 


SalomeRainbow

ou
et
 

Les mauvais larrons ont fait preuve de beaucoup d'humour pour crucifier l'innocente Ségolène Royal.

D'autres sont moins indulgents, qualifiant l'ancienne candidate à la présidentielle de "mythomane", ou sa "récupération" d' "odieuse et révoltante". Quant au réalisateur Mathieu Kassovitz, il rappelle que "la récupération des idées n'est pas un problème d'ego mais un problème d'éthique"...