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mercredi 26 décembre 2018

Macron renoue avec les francs-maçons et leur "pacte Girondin"

Ces principes républicains que le gouvernement veut liquider avec la réforme constitutionnelle


C'est une vraie révolution dont personne ne veut entendre parler


Les "frères" volent au secours de Macron. Il s'est d'ailleurs mis à l'écoute du Grand Orient et de la GLNF. 

Le président de la République a reçu les représentants des grands courants de la franc-maçonnerie française, lors d’un dîner à l’Elysée, après avoir fêté le Nouvel an juif. Il a notamment été question de la laïcité, a fait savoir le Grand Orient de France (GODF).
" C’est la première fois que le président les invite tous ensemble à l’Elysée depuis son entrée en fonction", a affirmé le GODF. Interrogé, l’Elysée était resté discret sur cette rencontre et n’avait pas fait de commentaire.

Selon un invité, étaient conviés, outre le GODF, la Grande loge de France, la Fédération française du droit humain, la Grande loge féminine de France, la Grande loge nationale de France, la Grande loge mixte de France, la Grande loge de l’Alliance maçonnique française ou encore la Grande loge traditionnelle et symbolique Opéra.

La laïcité reste le coeur

Tablier de franc-maçon 






Le thème de "la laïcité, alors que le président a promis un grand discours sur ce sujet, très attendu" était à l'ordre du jour, tous comme les questions de "bioéthique, l’Europe et le développement durable", selon cette source.

Le GODF, plus grande association maçonnique française, avait fortement réagi après le discours d’Emmanuel Macron devant les évêques au collège des Bernardins en avril lors duquel le chef de l’Etat avait appelé à "réparer" le lien " abîmé entre l’Église et l’Etat". Le GODF lui avait demandé de "revenir sans ambiguïté sur cette réintroduction inacceptable du cléricalisme dans la République".

Macron a recréé du lien avec les francs-maçons 
La révolte des " gilets jaunes " a poussé Emmanuel Macron à renouer avec les francs-maçons, du Grand Orient comme de la Grande loge nationale de France. Pour avoir soutenu 'En marche !' dès le début sur la promesse d'un " pacte girondin ", ils se sont sentis trahis par les choix verticaux du président de la République. 

Il faut y voir un rapport, en forme d'avertissement, avec le départ du gouvernement du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, un franc-maçon, qui regrette " la place faite au pouvoir central pendant les dix-huit premiers mois du mandat, alors que la campagne promettait une France girondine et décentralisée ". Et d'ajouter que le mouvement des " gilets jaunes " aurait pu être évité si le chef de l'Etat l'avait un peu plus écouté.

Après s'être donc réconcilié avec Gérard Collomb, comme avec le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, un autre " frère ", auquel il a envoyé, le 5 décembre, un SMS : "On va reprendre ton idée de prime défiscalisée," des liens ont été retissés.

Le "pacte Girondin", ces principes républicains que le gouvernement veut liquider avec la réforme constitutionnelle


C'est une vraie révolution, trop peu évoquée. Docteur en Science politique à l'Ecole normale supérieure Paris Saclay, Benjamin Morel nous aura prévenus.
La prochaine révision constitutionnelle a des airs de jeu de hasard. Certains commentateurs parient sur un référendum comme d'aucuns sur une couleur à la roulette. D'autres songent à la partie de poker qui se joue entre Emmanuel Macron et Gérard Larcher. Tous comptent, certains le nombre de parlementaires, d'autres le nombre de mandats dans le temps.

Pourtant, une innovation bien plus importante est en germe dans la réforme et  qui devrait pourtant faire l'objet d'un vaste débat. Les commentateurs passent en effet à côté de la vraie révolution que dit vouloir introduire le gouvernement: la liquidation de deux principes, celui d'indivisibilité de la République et celui d'égalité des citoyens devant la loi. Derrière ces principes vieux de 200 ans, il en va de la stabilité de la République à l'heure de la surenchère régionaliste en Espagne ou en Italie. Il en va aussi de la simplicité de la loi que chaque citoyen doit pouvoir lire et comprendre.

C'est en effet discrètement, derrière un vocable tout "managérial", invoquant une "décentralisation de projets", qu'Emmanuel Macron a évoqué ce qu'il a nommé lors de son discours au Congrès le 3 juillet 2017 un "Pacte girondin" pour les collectivités. Qu'est-ce à dire ? Les alinéas 1 et 3 de l'article 15 de l'avant-projet de loi permettent de mieux comprendre de quoi il retourne.

Le Pacte girondin devrait impliquer ainsi une très grande complexification du droit pour chaque citoyen. 
Le "Pacte girondin" comprend ainsi une possibilité pour les collectivités de déroger à la loi : l'alinéa 3 dispose ainsi que "les collectivités territoriales ou leurs groupements peuvent également, lorsque, selon le cas, la loi ou le règlement l'a prévu, déroger, pour un objet limité, aux dispositions législatives ou réglementaires qui régissent l'exercice de leurs compétences, éventuellement après l'expérimentation mentionnée à l'alinéa précédent."

Déjà souvent bien difficile à saisir, la loi serait ainsi différente à la frontière de chaque commune, de chaque département, de chaque région.
Depuis 2002, les collectivités ont la possibilité d'expérimenter des dispositions législatives ou réglementaires. La loi peut ainsi temporairement ne plus être la même pour tous afin d'en évaluer les effets. A la fin de l'expérimentation, soit la disposition est abandonnée, soit elle est généralisée à l'ensemble du territoire. Ainsi deux régions expérimentent depuis le 1er janvier 2017 l'apprentissage jusqu'à 30 ans. Le gouvernement et les parlementaires insistèrent bien en 2002 sur la nécessité de limiter dans le temps ces expérimentations. Sans cela, plus de République indivisible. Sans cela, plus d'égalité de chaque citoyen devant la loi. Si l'apprentissage jusqu'à 30 ans est jugé concluant, ce droit sera ouvert sur l'ensemble du territoire.

Or, c'est justement cela que souhaite remettre en cause le gouvernement dans cet alinéa 3 de l'article 15. 
Le Pacte Girondin induit donc que la loi, tout comme l'autorité habilitée à édicter une norme, changent une fois passée la frontière d'une collectivité. Ce pacte n'a d'ailleurs de Girondin que le nom. Les notions d'unité et d'indivisibilité de la République furent introduites en 1792 dans une assemblée justement dominée par la Gironde. Ils remontent même, appliqués au Royaume, à 1789. La rupture ainsi consommée ne l'est donc pas avec le jacobinisme, ni même avec la République, mais avec les principes de 1789. L'unité de la loi et l'égalité devant celle-ci n'ont jamais fait débat entre les républicains. Ainsi, pourquoi un presque trentenaire vivant en PACA se verrait-il fermer la voie d'un apprentissage pourtant ouvert dans les Hauts de France? L'égalité entre les citoyens est rompue. Le Pacte girondin représente un retour aux privilèges territoriaux de la France d'Ancien Régime dans laquelle, comme le notait Voltaire, on changeait "plus souvent de loi que de cheval".

C'est là la première rupture républicaine.
Le Pacte girondin implique par ailleurs une décentralisation à la carte. L'alinéa 1er dispose que: "Le deuxième alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée: "Dans les conditions prévues par la loi organique et sauf lorsque sont en cause les conditions essentielles d'exercice d'une liberté publique ou d'un droit constitutionnellement garanti, la loi peut prévoir que certaines collectivités territoriales exercent des compétences, en nombre limité, dont ne disposent pas l'ensemble des collectivités de la même catégorie."

La différenciation, car elle conduit à lier revendications de compétences et d'identité, est un préalable à la balkanisation des Etats comme le prouvent les exemples britanniques, espagnols, belges ou encore italiens.

Le principal danger du Pacte girondin est qu'il risque de conduire la France dans une impasse politique où régneraient les revendications identitaires régionales. L'idée de rapprocher la décision du terrain est au fondement de la décentralisation. Dans une tradition pour le coup réellement girondine et républicaine, la notion de bloc de compétences est consacrée depuis 1982. Ainsi tente-t-on de jauger ce qui serait exercé au mieux au niveau de l'Etat, des régions, des départements, des communes. Le droit à la différenciation implique au contraire qu'une région pourrait obtenir une compétence alors qu'une autre non. Mais au nom de quoi?

Ce que nous enseignent les expériences étrangères, c'est que la différenciation fait entrer la décentralisation dans un cercle vicieux. Les élus locaux réclament alors des compétences en s'appuyant sur une identité locale. En exacerbant celle-ci, ils se condamnent en retour à exiger encore et toujours plus de compétences. Face à cette fuite en avant, les partis nationaux finissent par se faire dépasser par des formations aux relents identitaires. C'est notamment ce qui s'est passé en Ecosse. Les barons du Labour, avides de compétences, furent marginalisés, dix ans après la Devolution, par le SNP indépendantiste. C'est également ce qui se produit, déjà, en France avec l'émergence de collectivités à statut particulier. En Corse, la collectivité unique, rejetée par référendum en 2003 et imposée par amendement dix ans plus tard, a précédé la victoire des nationalistes. Les revendications institutionnelles à base identitaire du personnel politique local ont ainsi participé à légitimer ceux qu'ils pensaient court-circuiter. La différenciation, car elle conduit à lier revendications de compétences et d'identité, est un préalable à la balkanisation des États comme le prouvent les exemples britanniques, espagnols, belges ou encore italiens.

Elle n'est ainsi pas pragmatique, car elle mène à l'ingouvernabilité.
D'abord, les pouvoirs locaux et centraux semblent incapables de s'unir sur une définition de l'intérêt commun. Que l'on songe seulement aux divisions britanniques face au Brexit. Est-il besoin d'évoquer la Belgique?
Ensuite, les partis régionalistes ou identitaristes envoient des délégations au Parlement rendant peu à peu plus difficile la constitution de majorités. Mario Rajoy s'appuie ainsi sur un gouvernement minoritaire, Theresa May sur une poignée de députés unionistes irlandais. Demain comme hier, un gouvernement de droite en Italie devrait compter avec le parti d'extrême droite qu'est la Ligue du Nord.

Cela porte donc en germe tant la dislocation que l'impotence de l'Etat.
Enfin, en conduisant à un État communautaire où chacun vote au nom d'une identité, et non d'une orientation politique, la différenciation mène à affaiblir la démocratie comme le notait déjà John Stuart Mill. Plus de débat sur les politiques publiques ou sociales, les électeurs se condamnent alors à voter par communauté au nom de l'intérêt régional.

Le Pacte girondin trahit ce qui fut l'esprit profondément républicain de la décentralisation. 
Il porte donc en germe tant la dislocation que l'impotence de l'Etat. Le seul à prôner un tel chemin au XIXe siècle fut Charles Maurras. Mais ce dernier s'avérait plus conséquent qu'Emmanuel Macron. Pour que le pays y survive selon lui, il faudrait qu'un roi en incarne l'unité.

C'est là la seconde rupture républicaine.
Loin d'être une simple mesure technique, le contenu du 'Pacte girondin' représente donc un vrai tournant politique. Il mérite donc un débat. Au lieu de nous comporter en joueurs et de tenir comptes et paris, agissons en citoyen... La République mérite bien au moins un débat !

vendredi 7 septembre 2018

Macron s'est-il ingéré dans le fonctionnement démocratique de l'Assemblée nationale ?

Yaël Braun-Pivet a-t-elle renoncé sous la pression  à la course au perchoir ?

Macron aurait envoyé un coup de téléphone cinglant à la députée

Yaël Braun-Pivet,
femme soumise
Le président de la République n'aurait pas respecté la séparation des pouvoirs. Selon RTL, Emmanuel Macron aurait un "jugement très sévère" sur la présidente de la commission des Lois. Il lui reproche notamment sa gestion de l'affaire Benalla mais il rend aussi la présidente de la Commission des Lois responsable du report de la révision constitutionnelle.

En conséquence, la députée La République en Marche (LREM), Yaël Braun-Pivet a dû annoncer jeudi 6 septembre après-midi le retrait de sa candidature à la présidence de l'Assemblée nationale et son ralliement au candidat de l'Elysée, chef de file des députés de la majorité présidentielle, Richard Ferrand.

Le matin même sur RTL, elle avait pourtant estimé que ce proche de Macron "n'incarnait pas le renouvellement" .

"Une décision personnelle" que - les joues en feu -  la magistrate a assuré prendre "sans aucune pression" de la part de qui que ce soit.

La magistrate du siège s'assoie sur le principe constitutionnel de séparation des pouvoirs

La présidente de la commission des Lois a admis avoir échangé "quelques minutes" avec le chef de l'État, avant de présenter sa candidature. Elle avait pourtant assuré "en off" jeudi matin à l'équipe de RTL qu'elle ne s'était pas sentie découragée par ce coup de fil. 

Le président aurait-il changé d'avis ? Emmanuel Macron aurait en réalité un "jugement sévère" sur Yaël Braun-Pivet, selon les confidences de l'un de ses interlocuteurs fréquents à RTL. Il lui reproche notamment sa gestion en tant que co-rapporteure de la commission d'enquête à l'Assemblée de l'affaire Alexandre Benalla. Sa méconnaissance supposée de la révision constitutionnelle, prochaine réforme à venir, serait également épinglée. 


Invitée de Franceinfo vendredi matin matin, la députée LREM Barbara Pompili, candidate au perchoir, assure "ne pas avoir compris ce qu'il s'est passé". "Je l'ai eu au téléphone; elle a eu du mal à me donner certaines raisons, elle m'a dit que c'était des raisons personnelles. Elle a fait un choix, et évidemment, il est respectable", a-t-elle poursuivi.

Le président méconnaît-il les grands principes constitutionnels ?
Résultat de recherche d'images pour "Yaël Braun-Pivet Macron"Toujours est-il que, outre sa gestion  de l'affaire Alexandre Benalla en tant que co-rapporteure de la commission d'enquête à l'Assemblée, Macron aurait reproché à la présidente de commission des Lois sa méconnaissance supposée de la révision constitutionnelle, prochaine réforme à venir, sans date.

 

dimanche 22 juillet 2018

L'affaire Benalla bloque le travail parlementaire : le gouvernement suspend l'examen de la révision constitutionnelle jusqu'à nouvel ordre

Belloubet acte la crise politique

Le gouvernement a décidé de suspendre l'examen de la révision constitutionnelle jusqu'à nouvel ordre

L'affaire des barbouzes du président paralyse l'Assemblée depuis plusieurs jours:
Résultat de recherche d'images pour "de rugy furieux"


la garde des Sceaux, cramoisie ci-dessus,  Nicole Belloubet a dû annoncer dimanche l'arrêt momentané du travail parlementaire. "Le gouvernement a décidé de suspendre l'examen de la révision constitutionnelle et souhaite que celui-ci puisse reprendre ultérieurement dans des conditions plus sereines", a indiqué la ministre.

Nicole Belloubet a dit "regretter" que les travaux aient été interrompus à la suite "des révélations concernant M. Benalla", alors que, selon elle, le projet gouvernemental de réforme de la Constitution contient des "propositions extrêmement positives pour le renforcement de notre démocratie", et cela, malgré la réduction d'un tiers du nombre des parlementaires ou l'’accélération de la procédure parlementaire...

Le président de l'Assemblée tente une épreuve de force 

François de Rugy souffle.
Dans la foulée, le président de l'Assemblée François de Rugy (LREM) s'est aligné, annonçant la levée de la séance jusqu'à lundi 16h00, horaire prévu de l'examen du projet de loi "avenir professionnel".

Les "rappels au règlement" se sont en effet à nouveau succédé dans la matinée, depuis le début de la séance, les oppositions de gauche comme de droite  réclamant des explications de l'exécutif, tandis que la majorité présidentielle observe les consignes de mutisme. 
Prenant la parole dans la foulée, François de Rugy a donné un avant goût de la chape de plomb qui pourrait s'abattre sur l'Assemblée nationale, affirmant que la chambre basse n'est pas réunie "pour faire un défilement des rappels au règlement" et n'est pas "un théâtre filmé".

L'ancien écologiste a mis le feu aux poudres en menaçant :

"Je ferai tout pour que la réforme constitutionnelle aboutisse", a-t-il lancé, jugeant que "la rénovation de nos institutions est plus que jamais nécessaire, nous venons encore d'en apporter la démonstration".

"L'agitation doit retomber et elle retombera, a encore mis en garde le petit coq du "perchoir"le travail législatif doit reprendre et il reprendra". 
Rugy a annoncé qu'il consultera les présidents de groupe et le gouvernement pour encadrer "les débats des deux prochaines semaines", d'ici la fin de la session.

vendredi 13 juillet 2018

La Constitution ne connaît plus ni distinction de "race", ni "distinction de sexe"

L'Assemblée supprime le mot "race" et interdit la "distinction de sexe" : et le Sénat ?

Premier amendement adopté, fortement symbolique, au projet de révision de la Constitution

Les toilettes publiques seront mixtes
L'Assemblée nationale a supprimé jeudi à l'unanimité le mot "race" de l'article 1er de la Loi fondamentale et a également interdit toute "distinction de sexe".

Dans l'article 1 réécrit, qui définit les valeurs fondamentales de la République, la France "assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d'origine ou de religion", au lieu de "sans distinction d'origine, de race ou de religion" à la suite de cet amendement voté par les 119 députés présents.

Le président du groupe UDi-Agir, Jean-Christophe Lagarde a été le premier à se réjouir du vote de cet amendement, au terme de nombreuses prises de parole sur tous les bancs, mais avant même que cette formulation ne soit définitive après adoption de la révision constitutionnelle. Presque tous les groupes politiques avaient présenté des amendements en ce sens.


Les députés ont cassé le thermomètre pour faire tomber les tensions raciales

En effet, paradoxalement, en interdisant la "distinction selon la race", la Constitution pouvait en creux légitimer l'opinion selon laquelle il existe des races alors que la science ne reconnait qu'une seule espèce humaine.
Lorsque le mot 'race' a été introduit dans le préambule de la Constitution de 1946, puis reconduit en 1958, les constituants voulaient, après le nazisme, affirmer leur rejet des thèses racistes.

Si tous les groupes politiques étaient présents dans l'hémicycle, Lagarde a cependant pointé, pour s'en indigner, qu' "aucun représentant de l'extrême droite n'était présent pour ce vote qui honore notre Nation", selon lui.

mercredi 14 février 2018

Après neuf mois, Macron déchante et reconnaît des échecs

Les godillots arrogants de La République en Marche l'ont-il servi ou desservi ?

Le président-souverain en a rabattu à propos de ses promesses et projets


Il a admis avoir "échoué" à tenir promesse.
Neuf mois après son élection, Emmanuel Macron a lâché quelques informations  sur les dossiers chauds -service national, Syrie, pouvoir d'achat, Europe, Hulot et Darmanin- lors d'une séance de questions-réponses transformée en toute première conférence de presse, mardi.Cette rencontre avec 120 journalistes de l'Association de la presse présidentielle a duré près de deux heures.

Admettant en souriant que la position du gouvernement sur le service national n'est "pas très claire", il a ainsi annoncé qu'il souhaite un service national avec "une partie obligatoire de 3 à 6 mois", "ouvert sur la chose militaire", mais pouvant être plus long, si on intégrait une partie civique.

Interrogé sur les craintes des Français pour leur pouvoir d'achat, une inquiétude visible dans les sondages, il a écarté catégoriquement toute "réponse rapide" par la "dépense publique". En clair, il n'a pas de réponse...
"Je ne suis pas prisonnier des sondages. Je ne suis pas obsédé par ce qu'à ce stade on me fasse confiance ou pas sur le pouvoir d'achat, car quand on vous pose la question, nous sommes tous pareils, ce n'est jamais assez", a-t-il commenté, tirant le fil pour mettre en cause l'esprit français. "Il faut convaincre nos concitoyens au moment où il faut savoir s'ils vous font confiance ou non", a-t-il précisé, en allusion aux échéances électorales.

Macron admet qu'il n'a pas de solutions

Il s'était engagé à l'automne à ce qu'il n'y ait "plus personne dans la rue pour la fin de l'année", rejetant la faute sur un afflux de migrants.
"On a échoué là-dessus car il y a eu une pression migratoire forte en fin de trimestre", a-t-il tranquillement constaté, demandant d'éviter toute polémique face au "devoir d'humanité", tentant ainsi de déplacer le problème, avec un zeste de compassion, du politique sur les media. 
En réponse au président de la Fédération des acteurs de la solidarité, Louis Gallois, qui a accusé le gouvernement de minimiser le nombre de personnes dormant dans la rue, et tandis que Julien Denormandie assure, pour sa part, que le gouvernement ne cherche pas à sous-évaluer le nombre de SDF, le président Macron a répliqué qu'il a chargé le gouvernement de mieux compter le nombre de sans-abri. Une gestion comptable réglera-t-elle la question ? 
Dans le Journal du Dimanche, Louis Gallois avait jugé "insupportables" les propos de Julien Denormandie laissant penser que seulement une cinquantaine d'hommes isolés dorment dans la rue en Ile-de-France. Invitée ce dimanche de BFM Politique, la présidente d'Ile-de-France interpelle le ministre: "Une cinquantaine? Je vais l'emmener avec moi en maraude !" Valérie Pécresse rappelle avoir réuni la semaine dernière la plupart des responsables associatifs pour préparer le plan grand froid. "Sur la mise à l'abri, les villes font de gros efforts pendant le plan grand froid, et je parle de Paris et de sa banlieue. Mais après le grand froid, la vie reprend ses droits et on retrouve des gens à la rue, dans des bidonvilles. C'est ça, le vrai sujet." Elle appelle à "travailler pour organiser un habitat d'urgence décent", notamment sur les ancienne friches industrielles d'Ile-de-France.
Le secrétaire d'État s'est expliqué dimanche. "Je refuse ce que dit Louis Gallois, comme quoi le gouvernement chercherait à minimiser les chiffres. Je refuse totalement une telle accusation", a lâché, sans convaincre, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires, dans l'émission Le grand jury sur RTL, soulignant que "s'il y a bien une chose que fait toujours ce gouvernement, c'est partir de la réalité". Deux dénis ne valent pas une preuve.
"Je parle du nombre de personnes qui appellent le Samu social de Paris en fin de journée et à qui on dit (...) 'nous ne sommes pas en capacité de vous offrir un hébergement' (...), le chiffre correspond précisément à cela", précise Denormandie, mais "ce chiffre, évidemment ne correspond pas au nombre de personnes qui dorment dans la rue", a-t-il concédé au Grand jury. "
Les associations donnent un chiffre" de 2.000 à 3.000 sans abri dormant dans la rue, "ils sont certainement plusieurs milliers; je n'ai aucune raison de les contredire", a-t-il rectifié.Interpellé sur les propos de Sylvain Maillard, député soumis LREM de Paris, qui avait cru pouvoir justifier les chiffres minimalistes du  gouvernement en affirmant, le 5 février, que "même dans les cas de grand froid, certains SDF ne souhaitent pas être mis à l'abri", Julien Denormandie a répondu: "ces propos, je ne suis absolument pas en phase avec cela". "Etre dans la rue, ce n'est pas une situation choisie, c'est une situation subie; la rue ça tue", a-t-il asséné, surjouant l'indignation, sans apporter de solution.
Il a par ailleurs eu à défendre ses ministres Gérald Darmanin et Nicolas Hulot, deux bavures dans le renouvellement annoncé de la vie publique. 
Dès l'annonce de la parution d'Ebdo, le gouvernement et l'exécutif ont fait bloc derrière le ministre, de la même manière qu'ils avaient fait bloc derrière Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des comptes publics. Très rapidement, et dans les deux cas, leur éventuelle démission a été exclue par l'Elysée, l'exécutif s'en tenant à la ligne du "pas de démission tant qu'il n'y a pas de mise en examen."

"Bien évidemment non, car
ce n'est pas une question que j'ai posée. Après, j'ai été informé par Nicolas Hulot", a-t-il expliqué à propos de sa connaissance d'une plainte contre Hulot. "Mais ce n'est pas inscrit au casier judiciaire". Demander "'est-ce que quelqu'un a déjà porté plainte contre vous ?', cela n'existe dans aucune démocratie au monde", a-t-il lancé.

Mais il s'en est pris cette fois à la "République du soupçon"
qui imposerait d'écarter des ministres pour des "plaintes classées sans suite". Ce qui n'est pas le cas pour chacun d'entre eux... "Cela devient une forme de République du soupçon où tout se vaut", a déploré le chef de l'Etat, invitant à "collectivement se méfier".
Le président de la République a affirmé, lors d'une déclaration devant la presse, hors micros et caméras, qu'il ignorait, au moment où le gouvernement a été formé, que des plaintes pour viol avaient été déposées contre les deux futurs ministres. "Il n'y a pas eu de jury de moralité, il y a eu des éléments de bon sens", a déclaré Emmanuel Macron.
Mais à ses yeux, le but des contre-pouvoirs comme la presse ne doit pas être de "détruire ceux qui exercent le pouvoir"

Son projet de révision constitutionnelle ne fait pas consensus
Il a annoncé un projet de loi "au début du printemps" qui ferait l'objet, "dans l'idéal", d'une première lecture à l'Assemblée, comme au Sénat, avant l'été.
Le président de la République veut limiter le cumul des mandats dans le temps. Il en propose trois maximum. Gérard Larcher répond que c’est "un gadget". Douze sénateurs sur 348 seulement sont concernés. Emmanuel Macron souhaite réduire d’un tiers le nombre de parlementaires. Même si "ce n’est pas la condition d’un meilleur fonctionnement démocratique", selon Gérard Larcher, qui estime qu' "il est indispensable de préserver le lien entre les parlementaires et nos territoires. C’est pourquoi nous proposons de préserver l’ancrage territorial des parlementaires en revoyant l’article 24 de la Constitution : l’élection d’au moins un sénateur et un député par département."
Le Sénat n'est pas favorable non plus à la généralisation de la procédure accélérée entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Elle réduit, selon lui, la durée du débat parlementaire. Sur le sujet de l’élection des députés à la proportionnelle, il souhaite une dose la plus minime possible. Son homologue de l’Assemblée nationale, François de Rugy, imagine quant à lui jusqu’à 30% de proportionnelle.
Interrogé sur le recours au référendum pour tout ou partie de cette réforme, notamment face à un blocage de la Chambre haute, Emmanuel Macron a esquivé, assurant qu'il n'a pas fait de "choix", donc qu'il n'a "pas d'annonce" à faire en ce sens.

"Nous frapperons" en Syrie
Côté international, il s'est montré déterminé à frapper le régime syrien si l'utilisation des armes chimiques [contre des civils] était "avérée". "Nous frapperons l'endroit d'où ces envois sont faits ou là où ils sont organisés. La ligne rouge sera respectée", a dit le président de la République. "Dès que la preuve sera établie, je ferai ce que j'ai dit. Nous frapperons", a-t-il lancé, martial, apaisant aussitôt son auditoire en indiquant que pour l'instant les services français n'en ont pas la preuve.

Le chef de l'Etat a également détaillé sa stratégie pour les futures élections européennes de 2019.
Il a expliqué sa volonté de recomposer le paysage politique de l'UE en créant une nouvelle force politique progressiste qui puisse mobiliser, y compris au sein des partis européens actuels. Car ces derniers seraient traversés, selon lui, par des "divergences de vues assez fondamentales", que ce soit au sein du Parti populaire européen ou du Parti socialiste européen.
"L'Europe gagnerait à une recomposition politique", qui est "possible et souhaitable si on veut donner un mandat clair à la commission", a-t-il expliqué.
Il faut "essayer une clarification idéologique, il y a la place pour un réformisme et un progressisme européens. Il peut y avoir une initiative" au moment des européennes pour, après les élections, "structurer son propre groupe" en "fédérant d'autres mouvements".

Jupiter a livré quelques confidences sur l'exercice du pouvoir

L'exercice du pouvoir, n'est "pas une épreuve" mais "une ascèse", avoue Emmanuel Macron.
Pour le quadra, c'est une fonction qui marque "la fin de l'innocence", confiant de surcroît un certain accablement: "il n'y a pas de temps pour le répit". "Je ne suis pas l'enfant naturel de temps calmes de la vie politique; je suis le fruit d'une forme de brutalité de l'Histoire, une effraction", a-t-il raconté, finissant sur ses états d'âme.

lundi 29 août 2016

Arrêtés anti-burkini : quatre villes de la Côte d'Azur assignées en justice

Qui mettra un terme au forcing des musulmans radicaux sur notre société ?

La justice de France fait-elle le jeu de l'islam contre les Français ?

Succès de la manifestation anti-burkini à Palavas
Le comité contre l'islamophobie a assigné en justice quatre villes de la Côte d'Azur ayant pris des arrêtés anti-burkini.
Le comité contre l'islamophobie (CCIF) cherche à imposer le burkini en France, sur les plages et dans les piscines, en dépit du problème sanitaire qu'il soulève, et milite donc pour la suspension de leur arrêté anti-burkini, selon ce qui apparaît de la déclaration lundi de l'avocat de l'association.
"J'ai déposé un référé liberté pour la commune de Nice, Roquebrune-Cap-Martin, Menton et pour Fréjus", a indiqué l'avocat niçois Sefen Guez Guez. L'audience aura lieu devant le tribunal administratif de Toulon mardi à 14h30 dans le cas de Fréjus, a-t-il précisé. Les dates des autres audiences ne sont pas encore connues.

Avec Me Sefen Guez Guez, le cas de Nice illustre le commerce florissant d'avocats en mal de notoriété qui, grâce aux juges influencés par le Syndicat de la Magistrature et interprètes partisans de la loi, accèdent soudain à la notoriété tout en participant au travail de sape de leurs confrères militants communautaristes par l’attaque discriminatoire devant des tribunaux administratifs de décisions de certaines municipalités, avec le concours de l'Association de défense des droits de l'homme (ADDH) membre de l’Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme (AEDH): une vaste entreprise, on le voit. Avocat au barreau de Nice, Me Sefen Guez Guez intervient d'ailleurs aussi bien à Wissous, Essonne, où le maire UMP a vu  se dresser contre sa décision le CCIF et son avocat niçoisqui ont déposé un recours au tribunal administratif de Versailles. Profitant que Valls et Cazeneuve n'ont le courage de légiférer que pour imposer la loi travail ou le mariage homosexuel, les juges ont débouté le maire et également condamné la ville à verser 1500 euros aux quinze plaignantes, dont plusieurs habitent la même rue, voire le même numéro

Vendredi, le Conseil d'Etat a suspendu l'arrêté de la commune de Villeneuve-Loubet - sur la base d'un libellé maladroit - et assurant subjectivement que les tenues de baignade intégrales ne troublent pas l'ordre public.

Plusieurs villes voisines, comme Nice ou Menton, qui ont refusé de plier, ont décidé de continuer à verbaliser tant que leur arrêté ne serait pas formellement invalidé par les juridictions administratives.

Des élus veulent une loi qui s'applique à tous ?

La plupart des maires des villes balnéaires de la Côte d'Azur ont interdit cet été le maillot de bain intégral musulman ou "burkini", accédant à la demande de la population qui vit mal cette soudaine et nouvelle provocation après l'attentat islamiste qui a fait 86 morts le 14 juillet à Nice et malgré l'état d'urgence.

Plusieurs élus réclament par ailleurs une loi sur ce sujet. 
Candidat à la primaire des Républicains, Nicolas Sarkozy est aussi à l'écoute et veut une loi pour interdire le burkini.
Dans les Alpes-Maritimes, Antibes est la seule grande commune balnéaire du littoral dont le maire LR, Jean Leonetti, un proche du candidat à la primaire de droite Alain Juppé, n'a pas pris un arrêté similaire.

Dans les communes où l'interdiction avait cours, des femmes simplement voilées ont été invitées à quitter la plage, une situation qui a valu à la France d'être montrée du doigt à l'étranger: notamment le maire de Londres, très marqué à gauche et Pakistanais d'origine, le travailliste Sadiq Khan, pour tout dire.

Ces quatre villes assignées en justice sont Nice (LR), Menton (LR) , Roquebrune-Cap-Martin (LR) et Fréjus (FN).
Hommes et femmes européens en burkinis et poings levés
Douarnenez, dimanche 28 août 2016
Or, une trentaine de militants d'origine orientale, mais aussi européens, hommes et femmes vêtus de la tête aux pieds, se sont baignées à Douarnenez (Finistère) ce dimanche (ci-dessus) en solidarité avec les femmes musulmanes en burkini, sous influence. Ces Bretons habillés de pieds en cape de fichus de couleurs, foulards, robes longues pour aller se baigner - sur la plage des Dames - à Douarnenez, ville que le maire LR a prise à la gauche en 2008. Carhaix, communiste, est à une heure de route et dans les cinq départements de la Bretagne historique, les communistes ont fait 3,74% en moyenne, ce qui les a empêchés de fusionner au second tour et les incite à l'activisme.
"L'idée est venue lors du festival de cinéma", explique sans rire l'une des activistes. "Nous voulons être solidaires des femmes qui portent des burkinis et ne peuvent pas se baigner".

La suspension par le Conseil d'Etat de l'arrêté municipal de Villeneuve-Loubet n'intimide pas les maires.
Nombre d'entre eux refusent de céder: la "France insoumise", diraient les communistes ? Au total, une trentaine d'arrêtés anti-burkini ont été pris en France. Villeneuve-Loubet excepté, ils peuvent continuer à s'appliquer tant qu'une décision n'a pas été rendue à leur encontre.

Le burkini est une provocation politique des musulamans et de l'extrême gauche qui les soutient

Ces quatre villes assignées en justice sont Nice (LR), Menton (LR), Roquebrune-Cap-Martin (LR) et Fréjus (FN).
Or, au total, une trentaine d'arrêtés anti-burkini ont été pris en France. Pourquoi seulement quatre villes ciblées, donc ?

Opposé à une loi anti-burkini, Cazeneuve instrumentaliserait-il le burkini à des fins politiciennes ?
Le gouvernement résiste en effet à l'idée de légiférer. Dans un entretien au quotidien La Croix publiée ce dimanche, le ministre de l'Intérieur a le sentiment qu'une loi anti-burkini serait "inconstitutionnelle" et risquerait de créer "d'irréparables tensions"
Et de prêcher dans le désert. "En revanche, les musulmans doivent continuer à s'engager avec nous pour l'égalité hommes-femmes, l'intangibilité des principes républicains, la tolérance qui fait le vivre-ensemble", a rêvé Bernard Cazeneuve, décidément dépassé par le phénomène.

Le burkini, contraction des mots "burqa" et "bikini" est clairement attentatoire à la liberté de la femme, sans compter qu'il peut représenter un risque de noyade selon les situations locales dont le maire du Touquet fait état. Il suscite de  vives réactions populaire de rejet contre lesquelles ne peuvent aller leurs élus de proximité.
A Leucate, le maire LR Michel Py affirme que son arrêté a "montré son efficacité car depuis sa signature (le 17 août) je n'ai eu qu'un cas. Et à l'intervention de la police, ils ont quitté la plage sans qu'il y ait verbalisation".

Cequi relance la question de la révision de la Constitution, en sorte que cette entrave islamique à la liberté de mouvement puisse être interdit avec le voile intégral, car les pressions médiatiques d'organes de presse sont transparentes et ne reflètent pas la sidération populaire. BFMTV ne trompe personne en ne présentant que des témoins favorables ou indifférents au burkini et les a présentés toutes les sept minutes pendant plusieurs jours. Leur indépendance politique vis-à-vis d'un président Hollande extrêmement discret et fuyant n'est pas  davantage une de leurs valeurs journalistiques que l'objectivité déontologique... 
Or, la faiblesse du pouvoir socialiste libère la parole raciste de la communauté musulmane qui condamne l'impudeur des Européennes en Europe. 

A noter que
les activistes d'extrême gauche n'ont pas pris de bain militant à Cisco (Haute Corse) dont le maire PS - qui interdit les signes religieux ostentatoires -  a également annoncé son intention de maintenir son mesure anti-burkini...