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mercredi 6 novembre 2019

FakeNews : les musulmans davantage victimes de discriminations et... d'agressions ?

Un sondage "orienté" de l'Ifop pour  la Fondation Jean-Jaurès : attention la nuance captieuse ! 

Les discriminations et les agressions visant les musulmans en France sont minoritaires au quotidien, mais plus fréquentes que pour le reste de la population

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Discriminés, et pourtant bien intégrés ?
Les Français ne s'attendaient pas à celle-là ! La Dilcrah et la Fondation Jean-Jaurès dont les commanditaires de ce sondage spécieux que l'Ifop a produit - avec le concours de l'Institut Montaigne - et publié mercredi. 
Tendancieux ou mensonger, comme on voudra, mais orienté à coup sûr: la Dilcrah, c'est la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine [sic] anti-LGBT, et la Fondation Jean-Jaurès, c'est une officine du PS, fondée à l'initiative de Pierre Mauroy, non pas un think tank ordinaire, mais une "fondation politique" , autant dire une pompe à fric, comme les socialistes en ont le secret : officiellement elle était dédiée au rayonnement  du socialisme... 
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Quant à l'Institut Montaigne, dont le conseil d'orientation est dirigé par l'Américain Ezra Suleiman, 77 ans, caution universitaire, et qui est dirigé par Laurent Bigorgne, 45 ans (ancien UNEF-ID, puis poignet droit de Richard Descoings, patron décédé de l'IEP de Paris (lequel vécut une relation amoureuse avec Guillaume Pépy: l'une de leurs maisons en commun se trouve à Pernes-les-Fontaines, Vaucluse), et "ami de longue date" d'Emmanuel Macron qui l'a placé à la tête du Comité action publique 2022, CAP 22, en juin 2018, en charge de réfléchir à une réforme des missions de l'Etat, après avoir été cité comme potentiel ministre en 2017). Bigorgne est l'auteur d'un rapport identifiant une trentaine de milliards d'euros d'économies possibles : la boucle est bouclée dans le contexte de la réforme des quotas d'immigrés. On part donc sur de bonnes bases !
42% des musulmans  - et non pas arabes - vivant en France - hors critère de (bi)nationalité - affirment avoir fait l'objet d'au moins une forme de discrimination liée à leur religion et ce, au moins une fois au cours de leur vie, rapporte cette commande. Que dire donc des roux et rousses et des albinos... 

L'entreprise de sondage a testé différentes sphères possibles de discrimination 

Si on peine à chiffrer le nombre de musulmans en France, l'IFOP  parvient en revanche à dégager un échantillon représentatif. 
L'entreprise sort des chiffres de discrimination, catégorie par catégorie :"lors d'un contrôle" de police (13%) - comme si la religion était affichée sur le visage - , "lors de la recherche d'un emploi" (17%), d'un logement (14%).

L'IFOP et l'Institut Montaigne parvient même à produire par le menu le détail des idées reçues combattues au moment de la discussion sur le projet d'incitation gouvernementale à l'embauche d'étrangers extérieurs à l'UE, "objectifs chiffrés" ou quotas d'immigration économique. 
L'étude réalisée conjointement pour la  Dilcrah et la Fondation Jean Jaurès - scientifique ou partisane ? - estime que les discriminations toucheraient davantage les personnes de 30 à 40 ans et les femmes (46%, contre 38% chez les hommes). 
En outre, 60% des femmes portant souvent le voile ont été discriminées au moins une fois au cours de leur vie. Mais 44% des femmes qui ne portent jamais le voile l'ont aussi été. Le voile islamique serait plutôt bien intégré par les mécréants, à la différence des Français (ou non) exogènes qui résistent à l'intégration dans le pays d'accueil: CQFD. 
En particulier, les femmes sont nettement plus victimes de discrimination dans la recherche d'un emploi, notamment les femmes voilées, lesquelles représentent une infime minorité de l'échantillon et encore sont-elles alors souvent des mères isolées bénéficiaires des aides sociales consenties par les mécréants  - consentants ou non - décriés par le sondage socialiste.

Autres manipulations de l'opinion en contexte de réforme.
Un musulman sur quatre (24%) a [ou aurait !] été exposé à une agression verbale au cours de sa vie, contre 9% chez les non-musulmans. En outre, 7% de musulmans ont fait l'objet d'agressions physiques (contre 3% dans le reste de la population). Fait notable: 37% des femmes portant le voile ont été exposées à des insultes ou des injures à caractère diffamatoire.

Si l'on ne prend que la période des cinq dernières années, 40% des musulmans estiment avoir fait l'objet de comportements racistes (contre 17% chez les non musulmans). Parmi eux pour 16%, cela était dû à la religion, et pour 15% à leur couleur de peau.

Sondage réalisé par entretien au téléphone, du 26 août au 18 septembre, auprès d'un échantillon de 1.007 personnes représentatif de la population de religion musulmane (personne s'identifiant elle-même comme musulmane) âgée de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.

L'Ifop précise avoir déterminé ces quotas à partir d'une étude Ifop - Institut Montaigne réalisée au printemps 2016 auprès d'un échantillon de 15.459 personnes. L'institut de sondage a également réalisé un "échantillon témoin" de 962 personnes non-musulmanes.

Une étude qui discrimine les "Blancs" (cf. 'Islamophobie : quand les Blancs perdent leur triple A', par Houria Bouteldja, membre du PIR), sans convaincre de leur "racisme", bien que l'islamophobie soit désormais amalgamée au racisme : les discriminations religieuses contre les musulmans dont le sondage fait état se fondent sur l'apparence au téléphone : un sondage au faciès ? Les converti(e)s sont-ils pris en compte ?

samedi 19 octobre 2019

Une musulmane sur trois est voilée en France, révèle Castaner

"30% des femmes musulmanes portent le voile" en France ?

L'exécutif dispose de plus de statistiques qu'il ne veut bien le dire
La loi du 11 octobre 2010 interdit la dissimulation du visage

Elles sont voilées pour passer inaperçue en milieu européen : une gageure ! 
Et pour ne pas exciter la concupiscence des hommes, tous lubriques: sexisme ?

Lors de l’émission 'Vous avez la parole' sur France 2, diffusée jeudi soir, Christophe Castaner et l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui ont estimé qu'en France "à peu près 30% des femmes musulmanes décident de porter le voile". Mais le décident-elles ? Et librement ? 
Au delà de cette nuance importante, ce taux grandissant correspond à celui calculé par l'Institut Montaigne dans un rapport datant de 2016. "Je pense qu’aujourd’hui il y a, à peu près, 30% des femmes musulmanes qui décident de porter le voile." 
On observe que les plus âgées d'entre elles, qu'on a pu côtoyer habillées à l'européenne, se sont alignées sur la tendance actuelle, plus rigoriste. Toujours librement...

Ce même chiffre a été repris par Marlène Schiappa, la ministre secrétaire d'Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes (dans l'ordre d'égalité!) et de la lutte contre les discriminations, le 18 octobre sur LCI. "Il peut y avoir plusieurs sens. Ça peut être la manifestation d'une foi : il a été rappelé hier que ça concerne environ 30% des femmes musulmanes en France. Ça peut aussi avoir un sens lié à de l'islam politique", a-t-elle explicité.

Transparents à l'instar des journalistes, ces acteurs politiques ne citent pas leur source
C'était ça ou le pantalon. Mais ça ne suffit plus...
Mais ce pourcentage de femmes voilées en France est connu pour être celui du rapport 'Un islam français est possible', rendu par un ancien de la banque Rothschild, le géographe et ex-président de l’Institut des cultures d’islam, Hakim El Karoui (Young Mediterranean Leaders) et publié par l’Institut Montaigne, en partenariat avec l’institut de sondage Ifop et affichée en Une du JDD, il y a déjà trois ans, en septembre 2016, et correspondant à la période d'étude datant de quatre. A l'époque, la presse intéressée à l'opacité de l'information s'inquiéta de que cette publication - qui se voulait un moyen de "se préparer à répondre aux polémiques venues de tous les camps tant cette question est sensible, complexe et sujette à manipulation en ces temps de campagne électorale" pour "construire un islam français", selon l’auteur de l’enquête, - puisse au final fournir les armes d'une relance des débats sur les statistiques basées sur la religion, et risquer de stigmatiser une population, à contresens des ambitions affichées par l’étude. Depuis quatre ans, la montée de l'islamisation en France a rendu cette étude obsolète : elle sert encore de base toutefois à la contradiction de la gauche qui tente de minimiser les chiffres et de banaliser le phénomène. 

Après avoir interrogé (aidé par l’Ifop) un échantillon de 499 femmes "de culture musulmane" (c’est-à-dire des femmes se déclarant musulmanes ou qui ne se déclarent pas comme telles, mais dont l’un des parents au moins est musulman), le think tank notait que "la pratique sociale la plus répandue reste le non-port du voile. Ainsi, les deux tiers des femmes de culture musulmane déclarent ne pas porter le voile. 57% déclarent ne l’avoir jamais porté et 8% déclarent l’avoir déjà porté, mais ne plus le faire aujourd’hui". 
L’étude détaillait ensuite les 35% de femmes qui déclarent porter le voile de manière constante ou épisodique : "23% des femmes déclarent "toujours" porter le voile ; 7 % déclarent le porter sauf sur le lieu de travail ou d’étude ; 5% déclarent le porter "rarement"."

En septembre 2016, Libération pointait "une enquête 'pionnière' mais limitée" 
Cette enquête visait à "mieux connaître les musulmans", "afin d’être à même ensuite de proposer des solutions susceptibles d’accélérer la sereine insertion de la majorité silencieuse, mais aussi des mesures destinées à combattre le fondamentalisme, tout en ramenant le plus grand nombre possible de musulmans tentés par l’intégrisme vers des croyances et des idées en phase avec les valeurs républicaines." Que disait cette l’enquête qui préoccupait la gauche ? 

Selon l’Institut Montaigne, les musulmans comptent pour 5,6% des habitants de... métropole. Soit un pourcentage "moins important que ne l’avancent bon nombre de chiffres fantaisistes", souligne Hakim El Karoui qui détourne les yeux des Françaises de l'Outre-Mer... Ce chiffre grimpe à 10% dans la catégorie des moins de 25 ans. Signe, selon le think tank, de "la prégnance croissante de la seconde religion du pays auprès des jeunes générations". Autre information sur le profil démographique des personnes se déclarant musulmanes : elles ont en grande majorité (72%) deux parents également musulmans. La transmission religieuse familiale joue donc fortement, là où les conversions restent minoritaires (ils sont néanmoins 7,5% à n’avoir aucun parent musulman). Autres enseignements : trois musulmans sur quatre sont Français (dont 50% de naissance). 30% ne fréquentent jamais la mosquée et 60% ont "un rapport distancié ou inexistant aux lieux de culte".

Résultat de recherche d'images pour "femmes voilees en France"En déclarant qu’en France, "à peu près 30% des femmes musulmanes décident de porter le voile", le ministre de l’Intérieur reste dans l’ordre de grandeur des estimations de l’Institut Montaigne, une étude critiquée pour sa méthodologie.

Si les résultats de l’étude de l’Institut Montaigne ont été largement diffusés par les media et les personnalités politiques, la gauche la dénonce, notamment sur le terrain de la méthodologie. Dans une tribune parue dans... Le Monde, le socio-démographe et directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (Ined) Patrick Simon -co-coordinateur d'une enquête centrée sur les processus  de discrimination des immigrés et de leurs descendants en France - considérait l’étude comme "entachée d’approximations et d’opacité méthodologique", car "pour identifier les personnes musulmanes, l’Ifop a exploité un panel de 15.459 personnes où la question de la religion est posée pour tirer un échantillon de 874 musulmans et 155 personnes "de culture musulmane". Il contestait aussi la prise en compte des 155 non-musulmans issus de familles musulmanes. Une intégration pourtant susceptible d'abaisser les taux. L'Institut Montaigne consacrait un graphique à ces 155 personnes de culture musulmane qui ne se définissent donc pas comme musulmanes. Parmi ces 155 personnes dont au moins un parent est musulman, 10% avaient un "profil religieux" de "sans religion", 3,4% de "chrétien" et 84,9% de "musulman". Soit des personnes qui ne revendiquent pas comme étant musulmans, mais qui ont un profil religieux de musulmans. Difficile à comprendre de ceux et celles que l'intégration des Français de milieu musulman dérange.

Résultat de recherche d'images pour "manifestation musulmanes contre education sexuelle ecole"
Quand les petites musulmanes sont
retirées de l'école de la République
Un autre reproche formulé ["Les musulmans imaginaires de l’Institut Montaigne", dans Mediapart, ce qui semble un détail subalterne à Libération] par la militante féministe (revendiquée, ce que Libération occulte) antiraciste Mélusine 2 était celui de la représentativité. Son avis partisan ne vaut que pour information, en terme de pluralisme, mais sujet à caution du fait de ses partis-pris. Ainsi, bizarrement, les minorités ne la concernent pas ici. Selon elle, donc, si les 15.459 personnes sont bien représentatives de la société française, qu’en est-il des 874 musulmans ? Dans une note de blog, elle estimait que "rien n’assure que ce sous-échantillon [comme on parle de "sous-chiens" (souchiens)], extrait d’un échantillon plus grand réalisé par la méthode des quotas, soit lui-même représentatif de la population qui intéresse les auteurs du rapport – c’est-à-dire des musulmans de quinze ans et plus vivant en France". L'enquête ne le prétend pas : elle intègre tous les cas de figure, sans discriminations, quand notre féministe antiraciste choisie par Libération tendrait à faire croire que les femmes voilées dans notre paysage quotidien serait un mirage dans le désert... 

L’auteur distingue "deux réalités très différentes"
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"Une majorité silencieuse, très souvent pratiquante mais sans conflit majeur avec les normes de la société française, d’une part ; une minorité, attirée par le fondamentalisme, qui utilise l’islam pour dire sa révolte, d’autre part." Si ce n'est son objectif de prise du pouvoir, comme l'indique l'apparition de listes communautaristes aux municipales de mars 2020, après l'infiltration du tissu associatif, suivie de la création d'un réseau d'associations musulmanes. 
Mais, entre les deux, les chiffres mettent surtout en lumière une grande diversité de situations, notamment sur la question du port du voile (du foulard au niqab) : 65% des hommes musulmans – de religion ou de culture – se déclarent favorables au fait de le porter. 24% se disent également favorables au principe du port du voile intégral, même le niqab, le plus couvrant : il ne laisse apparaître que le regard. 

Le port du voile n'est qu'un indicateur parmi d'autres. 
Les résultats montrent par ailleurs que les femmes - interrogées par téléphone entre le 13 avril au 23 mai 2016, dans leur milieu familial - y seraient plus attachées que les hommes : le port du voile est approuvé ou préconisé par trois hommes musulmans sur quatre : il n'est rejeté que par 26% des hommes et seulement par 18% des femmes. Rien d'étonnant donc à ce que l'institut Montaigne, Castaner et Schiappa s'accordent pour évaluer à 30% le nombre des musulmanes soumises à cette pratique. 
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Ce qui hérisse les féministes. Pourtant, approbation ne signifie pas nécessairement usage, puisque, précise l’enquête de 2016, "la pratique sociale la plus répandue reste le non-port du voile". Ainsi, il y a quatre ans, les deux tiers des femmes de culture musulmane déclaraient ne pas le porter. Et 57% ne l’avoir jamais porté. Même chose sur la question de la mixité : s’ils sont une écrasante majorité, plus de 92% de répondants (hommes et femmes confondus), à accepter de se faire soigner par un médecin de sexe opposé, 30%, en revanche, ne feraient pas la bise à une personne du sexe opposé et 33% refusent de se rendre dans une piscine mixte.

Qu'en est-il en 2019, quatre années plus tard ? 
A l'époque, le think tank admettait que "les enseignements qu’elle [l'enquête] indique reflètent un état de l’opinion à l’instant de sa réalisation et non pas une prédiction". 
Ensuite, la marge d’erreur moyenne est d’environ 3% pour un sondage effectué auprès d’un échantillon de 1.000 personnes. Elle s’élève même à entre 6 et 8% pour l’analyse d’un sous-groupe de ce même échantillon. L’écart peut donc être significatif. Ainsi quand l’enquête établit que 28% des femmes musulmanes – de religion ou de culture — acceptent le voile intégral - signe d'une radicalisation affichée - ce chiffre peut en fait osciller entre 20% et 36%. D’où la prudence de l’Institut Montaigne qui évoque "une première analyse exploratoire (e "pionnière"), qui devra être précisée et affinée ultérieurement" et la possibilité forte que ces chiffres soient actuellement dépassés. 

D'où la montée au créneau de la gauche partisane du port du voile hors de la sphère publique

Les gauches internationaliste, communautariste et anarchiste ont aussitôt craint la récupération de ces informations pour combattre leurs idéologies. Plutôt que d'éclairer leur jugement, elles ont vilipendé cette enquête exploitée par des personnalités de droite également extrême  contre "l’islam politique". Le port du foulard est déjà un signe distinctif et discriminant la population majoritaire, mais le voile islamique est par essence anti-républicain, en ce qu'il est un choix du Coran et de la charia contre loi républicaine.

Des responsables  de droite ont pallié l'absence de vigilance de la gauche
Sur Europe 1, le candidat François Fillon a ainsi alerté "qu’un tiers des musulmans français sont radicalisés ou en voie de radicalisation, et que cela augmente". 
Même mise en garde chez la députée FN Marion Maréchal-Le Pen, qui fait état du chiffre de "28% de radicaux", mais en gardant pour hypothèse (controversée: cf. ci-dessous) qu’il y aurait 6 millions de musulmans en France, alors que les données de l'enquête de 2016 adoptent une estimation basse de 3 millions - aujourd'hui encore plus invraisemblable -  de ceux de 15 ans et plus vivant en... Métropole.
La fourchette des estimations va en fait de 4,1 millions (selon l'Observatoire de la laïcité en 2019) à 8,4 millions de musulmans en France (estimation du professeur au Collège de France élu à la chaire 'Migrations et sociétés', François Héran, en 2017) en fonction des méthodes de calcul retenues pour les estimations. L'INED et l'Insee comptent  en outre 70.000 à 110.000 convertis.
Mayotte fait partie de la France et environ 95 % de la population mahoraise (260.000) est musulmane. Outre la centaine de musulmans antillais du Val-d'Oise où  l'AMA (Association Musulmane Antillaise) a son siège, la Martinique possède sa première mosquée depuis 2013 et la population de confession musulmane est estimée à près de 3.000). Pour certains, l’islam serait apparu sur l’île dans les années 70, mais d'autres sources affirment que les premiers musulmans martiniquais, arrivés dans les années 30, seraient Palestiniens pour la plupart. 


"28% de radicaux ? Si il y a 6 millions de musulmans en France cela fait 1,5 million !"



Image associéeL’étude de référence permet à certains un distinguo subtile (et hautement manipulateur) entre les "radicalisés" et musulmans ayant "des attitudes autoritaires" et les "sécessionnistes", lesquels useraient  l’islam pour "signifier leur révolte" dans l'islamisme politique et sa branche armée terroriste. On aurait de "gentils radicalisés" et de "méchants islamistes" que les fachos tenteraient d'amalgamer.

Libération interdit ainsi de soupçonner les premiers d'être des "terroristes potentiels". Qu'ont-ils fait de leurs chevaux de bataille, casaque rouge et toque noire, vigilance et prévention ?

"Une étude révèle qui ils sont, ce qu’ils pensent et comment ils vivent".
C'est en ces termes que Elodie Hervé - une voix autorisée ? - confie son malaise: selon cette journaliste indépendante, l'enquête contribue à présenter les musulmans comme des citoyens à part.
Les obscurantistes font le procès de la connaissance.

dimanche 23 décembre 2018

Macron tisse sa toile : les réseaux se forment et se multiplient

De grands entrepreneurs ont mis Macron en selle et des femmes sucent sa roue 

Ces femmes qui applaudissent les " gilets jaunes " et ...les gendarmes

Résultat de recherche d'images pour "macron et ses reseaux"C'est sur une célèbre chanson du crooner Julio Iglesias, " Vous les femmes ",  que se clôt la cérémonie annuelle des 'Femmes d'influence' (défense et promotion de l'entrepreneuriat au féminin). Bonne humeur et féminité assumée, la communicante Patricia Chapelotte, 56 ans, fondatrice de l'agence Albera Conseil (communication d'influence, relations avec les media, affaires publiques, communication digitale, communication de crise, communication sociale des entreprises, communication...), a organisé et mené à un train d'enfer le show sur la scène parisienne de l'auditorium du Palais Brongniart, la Bourse, après avoir été conseillère en communication de Jérôme Kerviel de 2008 à 2010. 
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Lucie Basch décroche le Prix économique " espoir ", tandis que la ministre qui imposa la Loi Travail à coups de 49.3, Muriel Pénicaud, est lauréate du Prix politique, ex-aequo avec la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic (photo ci-contre, avec Macron à la finale de la Coupe du monde de football 2018). 

Chargée de mettre en musique une loi " d'urgence sociale " en réaction au mouvement des " gilets jaunes ", la ministre du Travail ne retient qu'une facette du prisme : chez ces derniers, beaucoup sont simplement " des femmes seules qui se battent pour leurs enfants ". Elle est fière que cette mission de panser les plaies de la société ait été confiée " à deux femmes du gouvernement ", puisqu'elle va s'atteler à cette tâche avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. 

Dans la foulée, le Coup de cœur du jury est remis à la colonelle Karine Lejeune, en uniforme, qui fait applaudir ses collègues gendarmes, dont 21.000 femmes, " qui en ont bien besoin en ce moment ", sous l'œil de son grand chef, le général Richard Lizurey. Le 29 juin 2018, elle a pris la succession du colonel Jean-Marc Michelet à la tête du groupement de 700 gendarmes de l'Essonne depuis 2015, après avoir participé à la mise en place dans l'Essonne des premiers référents sur les violences conjugales. Ce soir, la France ne paraît pas si divisée. Peut-être grâce à " vous les femmes, qui nous désarment, la la la… "

Retour à l’ambassade de France à Santiago, 45 ans après le putsch

A l'initiative de Margarita Gutiérrez, présidente de l'Association d'amitié franco-chilienne, et de l'ambassadeur Roland Dubertrand, on participe avec émotion en la résidence de ce dernier à l'inauguration d'une plaque commémorative en hommage à son lointain prédécesseur, Pierre de Menthon, son épouse Françoise, et l'ensemble de son équipe. De septembre 1973 à juillet 1974, ils ont accueilli 600 réfugiés politiques dans les locaux diplomatiques français à Santiago, avant de les exfiltrer en France.
On partage ses souvenirs d'enfance un peu particuliers, quarante-cinq ans après, avec quelques dizaines de ces " asilados " revenus au pays, dont l'un des gardes du corps du président Salvador Allende, ou son ministre Jacques Chonchol, qui orchestra la réforme agraire. Les discours rappellent que si l'ambassade de France, à la différence d'autres chancelleries européennes, a eu cette attitude lors du coup d'Etat d'Augusto Pinochet, c'est bien en raison des consignes dictées alors par l'Elysée et le président Georges Pompidou: " S'inspirer des circonstances et faire tout le possible sur un plan humanitaire. "

Jean-Claude Meyer lance "une nouvelle société de pensée"

Avec au menu des pâtes à l'encre de seiche, premier dîner, à la bibliothèque de l'Arsenal, à Paris, d'une " nouvelle société de pensée " fondée par des patrons de grandes entreprises, Jean-Paul Agon (L'Oréal), Jean-Claude Meyer (Rothschild & Co et administrateur de l’Institut français des relations internationales (IFRI), Christophe Ono-dit-Biot (Le Point, détenu par François-Henri Pinault, propriété de l'anciennement Pinault-Printemps-Redoute, PPR) et Carlo D'Asaro Biondo (Google Europe et ancien de Lagardère). 

Une soixantaine de convives, parmi lesquels Xavier Darcos, Yannick Bolloré, Arnaud de Puyfontaine ou Laurent Dassault, sont venus entendre l'universitaire Gilles Kepel, sur le thème de l'islam en France. Alors que Strasbourg pleure ses morts, l'intellectuel explique froidement que les djihadistes vont encore profiter du mouvement des " gilets jaunes " pour déstabiliser un peu plus la société française, qu'ils observent en permanence.
En juillet 2007, Agon assuma mener une politique d'embauche sur la consonance ethnique du prénom qu'il qualifie de "discrimination positive", indiquant : "lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d'origine étrangère, il a plus de chance d'être recruté que celui qui porte un prénom français de souche".
Quel est l'objectif de ce nouveau cercle très " France d'en haut " ? 
Jean-Claude Meyer affirme que le Club de l'Arsenal n'est pas un " énième think-tank " et veut être moins dans la réflexion que dans l'action et dans l'influence : " Fini le temps des rapports, place au lobbying des idées. "

La paire Jouyet-Macron

On doit à Jean-Pierre Jouyet l'entrée de Macron au gouvernement 
Le secrétaire général de l'Elysée n'a plus eu qu'à intimer l'ordre aux ministères d'adresser dorénavant les dossiers économiques à Macron dont il a été le chef à l'inspection des finances entre 2005 et 2007. C'est déjà lui qui avait suggéré son nom à Jacques Attali pour être rapporteur de sa commission sur la croissance. Et si Attali a fait les présentations avec François Hollande, c'est bien Jouyet qui a œuvré à leur rapprochement avant la primaire socialiste.Technos brillants, dotés d'un sens politique aigu, le "secgen" de l'Elysée et son poulain forment une redoutable machine d'influence, dont la ligne sociale-libérale est enfin assumée par l'exécutif. Arrivé à la tête de Bercy sans jamais avoir été élu, son profil de banquier lui vaut les quolibets d'une partie de la gauche, mais l'arriviste pourra compter sur son réseau, l'un des plus beaux de la République. "Emmanuel est un grand séducteur, confirme un proche. Il écoute beaucoup et vous donne toujours l'impression que vous êtes son meilleur ami, même si ce n'est pas le cas." Prendre le bras de son interlocuteur ou poser la main sur sa cuisse n'a aucun sens. 

Macron avait d'abord embobiné Manuel Valls, qui avait déjà proposé au président de le nommer au Budget lors du remaniement d'avril. Leurs lignes économiques sont proches et ils partageaient le même agacement pour Jean-Marc Ayrault. Macron s'entend alors aussi très bien avec Bernard Cazeneuve, passé du Budget à l'Intérieur, et avec Laurent Fabius, le patron du Quai d'Orsay, qu'il a connu en 2009 lors d'un voyage au Chili, au Forum du progressisme, pour le compte de la Fondation Jean-Jaurès. En revanche, ses rapports avec le ministre des Finances Michel Sapin, autre fidèle de François Hollande, étaient hyper-tendues.

Mais c'est surtout dans les cabinets ministériels et de l'administration que le réseau Macron est le plus étendu et efficient. "Jeune inspecteur des finances, il multipliait déjà les petits déjeuners informels, nouait des contacts avec les cabinets de droite et les directeurs de Bercy", raconte un ex-collègue. A l'Inspection Générale des Finances (IGF°, il se lie d'amitié avec Pierre Heilbronn, un autre affidé de Jouyet, qui était directeur adjoint du cabinet de Michel Sapin aux Finances : le ver était dans la pomme. Plus récemment, durant la campagne de 2012, Macron s'est aussi rapproché de l'économiste de l'Insee Sandrine Duchêne, qui l'a ensuite suivi à l'Elysée avant de devenir directrice adjointe du Trésor.

Aux contacts noués à Bercy, il faut ajouter les petits camarades de la fameuse promo Sédar Senghor de l'ENA, dans laquelle Macron n'était pas un élève lambda. Avant le remaniement, ils n'étaient pas moins de treize dans les cabinets ministériels, dont cinq directeurs de cabinet. 
Le patron de Bercy est surtout proche des "académiciens", ce petit groupe de potes qui avaient l'habitude de s'encanailler à L'Académie de la bière, un bar de Strasbourg. Gaspard Gantzer est le plus connu d'entre eux depuis qu'il est devenu le conseiller communication de Hollande à l'Elysée, avant de le trahir pour Macron. Trois autres travaillent auprès d'Anne Hidalgo, dont Mathias Vicherat, son directeur de cabinet. Une connexion précieuse, la mairie de Paris étant devenue le principal vivier de recrutement des cabinets socialistes. Il y a enfin Aymeric Ducrocq, en charge de l'industrie à l'Agence des participations de l'Etat (chargée d'incarner l'actionnaire des établissements publics ou des entreprises détenues par l'Etat), dont Macron a désormais la tutelle. Les deux amis ont notamment travaillé ensemble sur le dossier Alstom.

Les économistes qui le portent aux nues

Résultat de recherche d'images pour "Macron las Vegas Penicaud"
Pénicaud et Macron au salon de l'électronique, 
à Las Vegas, le 7 janvier 2016
A l'extérieur de l'Etat, c'est surtout grâce à la commission Attali qu'il a pu développer ses réseaux auprès des patrons et des économistes, comme Philippe Aghion, fervent défenseur d'une politique de l'offre. En 2012, il signa l'appel des économistes en soutien du candidat François Hollande. 
Très important : Macron n’a pas choisi La Rotonde par hasard… Révélations de choc
Ensemble, ils ont monté le groupe dit de "La Rotonde", ultra-libéral, chargé d'alimenter le programme de Hollande, rassemblant des technos et les économistes Elie Cohen, Gilbert Cette et Jean Pisani-Ferry. En janvier 2017, celui-ci donna sa démission de 'France Stratégie' pour rejoindre l'équipe de campagne de Macron et inspirer sa réforme du droit du travail, pour finalement prendre ses distances sur la politique migratoire du gouvernement. Déjà, ils prônaient un véritable choc de compétitivité. Mais, à l'époque, Michel Sapin n'a pas retenu l'idée. Prudent, Macron n'a pas forcé le mouvement
Après les élections, trois rencontres avec Hollande suivront. Macron s'en sert pour faire passer des messages. En août 2013, Macron mobilise ces économistes pour encourager le président à la surtaxation des entreprises françaises et à vanter les mérites de la fiscalité suédoise. Pisani-Ferry a d'ailleurs été nommé, avec son appui, commissaire général à la Stratégie et à la Prospective, rattaché à Matignon. Et, lorsqu'il quitte l'Elysée, c'est à Aghion que Macron demande de lui trouver un point de chute dans l'enseignement, à Harvard et à la London School of Economics.
Autre économiste qui compte, Marc Ferracci, un ami de Sciences-Po et l'un de ses deux témoins de mariage (avec l'homme d'affaires Henry Hermand) : le retour d'ascenseur l'a conduit au cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, comme conseiller spécial. Ce spécialiste du marché du travail a été convié à déjeuner à deux reprises à l'Elysée avec ses confrères Pierre Cahuc et Francis Kramarz, partisans d'une réforme drastique du paritarisme et des professions réglementées. Macron fréquente aussi régulièrement le père de Marc Ferracci, Pierre Ferracci, à la tête du groupe de conseil Alpha, très influent dans la sphère sociale, qui l'a mis en relation avec les principaux leaders syndicaux. Le père a construit en Corse sur un terrain non constructible, sans que la justice ne le tracasse outre mesure.
Les élus territoriaux n'intéressent pas Macron.

Macron doit beaucoup à un think-tank proche du patronat

Résultat de recherche d'images pour "INSTITUT mONTAIGNE"L'adresse postale légale d'En marche correspond à celle d'un des dirigeants de l'Institut Montaigne, un cercle de réflexion réputé proche des grands patrons français avec l'objectif de concilier les enjeux de compétitivité et de cohésion sociale.
En marche! est son bébé. "Ni de droite, ni de gauche", il n'est pourtant pas neutre et indépendant. En effet, comme l'a relevé Mediapart, des liens directs existent entre l'association du candidat-ministre de l'Economie et l'Institut Montaigne, groupe de pression.

Le site trotskiste souligne que, dans les mentions légales du site internet d'En marche, sous la mention "Directeur de publication", était inscrit Véronique Bolhuis. L'adresse postale, elle, est située dans une rue du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Or, Véronique Bolhuis est la compagne de Laurent Bigorgne, le directeur de l'Institut Montaigne. Et l'adresse correspond à celle de ce même dirigeant. 
Depuis juin 2018, Laurent Bigorgne est désormais membre du Comité action publique 2022, un groupe composé d'une trentaine de personnalités, chargé en octobre 2017 par le premier ministre Edouard Philippe de réfléchir à une réforme des missions de l'Etat.

L'Institut Montaigne est un club de réflexion créé en 2000 par l'homme d'affaires Claude Bébéar, président d'honneur d'Axa assurances. Ce think tank se définit comme "une plateforme de réflexion, de propositions et d’expérimentations consacrée aux politiques publiques en France". Il est surtout connu pour appuyer des positions proches de celles du MEDEF.
Rien d'étonnant donc, selon Mediapart, à ce que Pierre Gattaz, le président du Medef, ait jugé "rafraîchissante" la création d'En marche !, sur France Inter.

mardi 20 septembre 2016

Institut Montaigne: pourquoi son estimation a minima du nombre de musulmans en France ?

Ce think tank remet en cause son expertise sur les enjeux de politiques publiques à long terme

L'Institut Montaigne a fondé sur une enquête discutable de l’IFOP son étude des musulmans en France
 
Moins nombreux et plus visibles six ans plus tard ?
Grâce à des questions filtres sur la religion des enquêtés et celles de leurs parents, un échantillon de 1029 personnes musulmanes a été ainsi établi. Or, s'ils permettent de garantir à peu près la représentativité sur ces critères, les quotas d'âge, sexe, nationalité, etc... n'assurent pas la représentativité selon la religion, objecte Michèle Tribalat, démographe, chercheuse à l'Institut national d'études démographiques (INED) depuis 1976, spécialisée dans le domaine de l'immigration et de l'islam, que le site Atlantico a interrogée. Michèle Tribalat et le démographe Hervé Le Bras, chouchou des media s'opposent régulièrement sur les statistiques ethniques. Dans son ouvrage "Les Yeux grands fermés", Michèle Tribalat se montre critique vis-à-vis de l'attitude de l'État français face au décompte de l'immigration, le solde migratoire ne représentant pas, selon elle, la réalité de la présence étrangère en France. Elle met en doute notamment l'apport de l'immigration à la croissance économique, l'intégration réelle des étrangers au tissu social des pays d'accueil.

Atlantico : Dans son rapport sur les musulmans de France [ou en France !] publié en exclusivité par le JDD, l'Institut Montaigne avance qu'il y a entre 3 et 4 millions [approximativement] de musulmans en France. Ces derniers représenteraient par ailleurs 5,6% des plus de 15 ans. Ces estimations vous semblent-elles correctes ?
Michèle Tribalat : L’enquête de l’IFOP [et le JDD] réalisée pour l’Institut Montaigne a été conduite auprès de personnes âgées de 15 ans ou plus. Très prudemment, nulle part dans le rapport de l’Institut Montaigne, il n’est écrit qu’il y a entre 3 et 4 millions de musulmans. Seul le pourcentage de 5,6 % est cité et 5,6 % de la population de France métropolitaine de cet âge correspond exactement à 3 millions. Je suppose que l’on a extrapolé, sans trop savoir comment, aux plus jeunes (moins de 15 ans), ce qui a donné cette fourchette incroyable : entre 3 et 4 millions.

Ces chiffres sont très en-dessous d’estimations plus fiables. J’avais estimé, à partir de l’enquête Teo de 2008, dans laquelle on demandait la religion, à 4,2 millions le nombre de musulmans. Le tableau de l’accroissement en 2008 (à partir de l’estimation des naissances, des décès et du solde migratoire) m’avait amenée à écrire que les 5 millions seraient franchis autour de 2014. Imagine-t-on, compte tenu des flux migratoires et de l’accroissement naturel, que le nombre de musulmans a diminué depuis 2008 ? Les musulmans se seraient-ils mis à quitter en masse leur religion ces dernières années ?

Sur quelles bases ces estimations ont-elles été faites ? 

En fait, l’enquête IFOP est une enquête par quotas auprès d’un peu plus de 15. 459 personnes, réalisée sur une quarantaine de jours entre le 13 avril 2016 et le 23 mai 2016. Grâce à des questions filtres sur la religion des enquêtés et celles de leurs parents, un échantillon de 1029 personnes musulmanes ou ayant au moins un parent musulman (dont 874 se déclarant musulmanes) a été ainsi établi. Les quotas - âge, sexe, CS, nationalité, région, taille d’unité urbaine - permettent de garantir à peu près la représentativité sur ces critères et non sur d’autres critères. La représentativité selon la religion n’est ainsi pas assurée. Il est d’ailleurs vraisemblable que l’enquête de l’IFOP n’a pas touché la population musulmane en proportion comme elle l’aurait dû. 
Il n’est pas sûr non plus qu’elle ne souffre pas de biais d’observation. Rappelons que les estimations réalisées précédemment par l’IFOP en 2005-2009 et en 2008-2011 donnaient une proportion légèrement plus élevée de musulmans (5,8 % dans les deux cas).

L’enquête Teo, réalisée de manière aléatoire (tirage au hasard) par l’INED et l’INSEE en 2008 auprès de personnes âgées de 18-50 ans, est un outil plus fiable. Elle comprenait un échantillon d’un peu plus de 5.000 musulmans. Les informations recueillies sur les enfants ont permis de compléter la pyramide des âges, par le bas. Restait à estimer les plus de 50 ans. Je l’ai fait. L’équipe de chercheurs de l’enquête Teo a, ensuite, fait à peu près la même chose, donnant des résultats similaires. Et le Pew Research Center s’en est lui-aussi servi pour estimer la population musulmane en France à la mi-2010 (4,7 millions).

Comment expliquez-vous qu'il y ait de tels écarts entre les différentes estimations sur le nombre de musulmans en France ? Quels sont aujourd'hui les moyens de la statistique publique ?

Les écarts proviennent pour ce cas précis de méthodes différentes pour des enquêtes d’envergures différentes. Ce que j’ai expliqué plus haut. Les chiffres qui nourrissent régulièrement l’actualité sont le plus souvent entièrement fantaisistes. Leurs promoteurs sont incapables d’en expliquer la fabrication. Ils ne sont jamais sourcés. Pour être discutée, il faut qu’une estimation repose sur une méthode susceptible d’être discutée et s’appuie sur une observation. La statistique publique peut tout à fait, en droit, introduire des questions sur la religion dans certaines de ses grandes enquêtes.

L’enquête Teo, qui a été menée sur le terrain par l’Insee, l’a fait. Il lui faut seulement avoir un avis favorable de la CNIL et du CNIS. L’INSEE a du mal à franchir le pas car elle craint des polémiques interminables et il garde un mauvais souvenir du scandale causé, dans les années 1970, par le projet SAFARI [Système automatisé pour les fichiers administratifs et le répertoire des individus] censé connecter des fichiers administratifs [nominatifs], afin de produire des informations statistiques et qu’il a dû abandonner sous une bronca médiatique [le projet fut révélé en mars 1974 par le quotidien socialiste Le Monde, sous la présidence de Georges Pompidou, dans un article intitulé "SAFARI ou la chasse aux Français"]. C’est à la suite du scandale du fichier SAFARI que la CNIL a été créée. Ça a rendu l’INSEE timide et précautionneux.

Pourquoi Le Monde accepte-t-il aujourd'hui les statistiques de l'enquête IFOP sans sourciller ?