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mercredi 15 avril 2020

Confinement : une ville du Nord interdit de cracher dans la rue

L'épidémie est pour tous une occasion de (ré-)apprendre et respecter les consignes élémentaires d'hygiène dans l'espace public

Le maire de Marcq-en-Barœul, près de Lille, fait de la pédagogie

Il a pris un arrêté municipal interdisant de cracher dans l’espace public,

Fichier:Musées fourmies reconstitution rue defense de cracher.JPG ...notamment en présence des... forces de l’ordre. 

Nouvelle interdiction liée au confinement de protection face au Covid-19 et nécessité par le faible niveau de civisme d'une partie de la population. 

Cracher sur la voie publique, abandonner des masques ou des gants usagers en plus d'éternuer sans se couvrir le visage est désormais passible d’une amende de 68 euros dans les rues de Marcq-en-Barœul, une commune de la métropole de Lille, dans le Nord, 39.000 habitants.

Le maire (LR), Bernard Gérard, a pris un arrêté municipal, dès le 2 avril, visant à prendre des "mesures complémentaires d’hygiène et de propreté", explique cet ex-député, un avocat qui en est à son troisième mandat. Ces dispositions incluent aussi l’obligation de se "conformer aux gestes "barrière" et plus particulièrement, de couvrir son visage lors d’éternuement ou pour toute expulsion de salive (…) particulièrement lors des contrôles des forces de l’ordre ", a-t-on appris mardi.

La mairie de Marcq-en-Barœul avait également décidé, le 30 mars, de mener une opération de nettoyage, sans désinfectant, mais "en profondeur" de l’ensemble des corbeilles et bancs installés sur le domaine public. En pays minier, on a un sens aigu de l'hygiène.

Le crachat en islam

Ce qui est une évidence en Europe ne l'est pas au-delà de sa frontière sur le Maghreb. 
Défense de cracher par terre et de parler mooré - Solinter-Brest
Après des siècles d'éducation à l'hygiène publique, notre civilisation est toutefois menacée de régression et de mort. Une peur irraisonnée d'une droite malveillante aurait-on opposé avant la pandémie de Covid-19. Il n'est pourtant pas exclu qu'un Laurent Joffrin ou un Gérard Leclerc et un Mélenchon venu de Tanger s'insurgent encore et s'agitent...  

Certes, l'islam a un peu progressé et admet que l’absorption de sa salive par le jeûneur n’invalide pas le jeûne, fût-ce en grande quantité et de manière successive, dans une mosquée ou ailleurs. Toutefois, il ne faut pas avaler du crachat épais, car l’intéressé doit libérer ses bronches dans un mouchoir et pareillement s’il se trouve dans une mosquée.

C'est en réalité une pratique non pas bannie, mais encadrée.
Les hadiths du prophète Mouhammad sont précis, mais lacunaires. 
"Lorsque l’un de vous est en train de prier, il est en réalité en train d’invoquer son Seigneur: qu’il ne crache pas à sa droite, mais sous son pied gauche." 
" Qu’il ne crache ni en direction de la qibla [direction de la Kaaba, dans la cité de La Mecque], ni à sa droite, mais à sa gauche ou sous son pied !"

En dehors de la mosquée et du temps de prière, tout peut arriver !

C'est ainsi que nous avons tous vu cracher dans la rue et à notre passage. C'est une recommandation en temps de Ramadan, mais qui déborde cette période. Différentes formes de purifications rituelles, comme le 'Woudhoû' [ablution] et le 'Ghoussl' [ablution obligatoire de tout le corps, après rapport sexuel, accouchement, etc], ont un caractère rituel, mais aussi un rôle purificateur et hygiénique évident, surtout quand on sait que, dans leur milieu, les musulmans à qui ces commandements étaient d’abord adressés, vivaient dans un environnement désertique, où l’eau était relativement rare et la promiscuité réduite…
Le Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) avait aussi enseigné à ses Compagnons, lorsqu’il leur arrivait de cracher par terre (comme cela se faisait habituellement à l’époque), de prendre le temps de recouvrir leur crachat de terre [sable?] et de le dissimuler, et ce, afin qu’il n’atteigne pas le corps ou les vêtements de quelqu’un, ce qui ne manquerait pas de l’indisposer. (d’après 'Fiqh ous Sounnah')

Au Sénégal, on a compris que si la personne atteinte de la maladie crache en public, les risques de contamination sont réels...

Dans le sport, certains ont observé des crachats sur le terrain de football et on nous explique que les crachats ne sont pas des injures mais, tout de même, le moyen d'extérioriser la violence enfouie et de l'évacuer.
Clasico : Benzema étrillé sur les réseaux sociaux après avoir craché à la fin de la Marseillaise
Crachat à gauche !
Un crachat de Karim Benzema a indigné. Le joueur des Bleus a eu ce geste après une Marseillaise entonnée lors du match Real Madrid-Chakhtar Donetsk, samedi 25 novembre 2015, mais les mécréants qui  se sont sentis insultés se sont aussitôt vu taxer de racisme anti-arabe. 
Sur la toile, les internautes n'ont pas du tout apprécié le geste du buteur français et l'ont fait savoir comme le journaliste de Canal +, Pierre Ménès. "Benzema qui crache à la fin de la Marseillaise (il ne savait pas qu'il allait être filmé pauvre chou) il creuse encore?" Daniel Riolo, journaliste à RMC et autre grande gueule du sport, a interpellé un fan du Madrilène sur Twitter : "Voyons cessez de lui trouver des excuses en permanence !"
Le joueur d'origine algérienne a été soupçonné d’avoir ainsi voulu rendre hommage aux victimes des attentats terroristes du 13 novembre.
On ne ne devrait donc pas voir Sibeth cracher sur la moquette de l'Elysée, d'autant que le "geste technique" d'enfouissement à acquérir pourrait dépasser ses capacités.

vendredi 18 janvier 2019

PMA : sacrilège d'une députée LREM associant "parent d'intention" à "écoles coraniques"

Atteinte à la démocratie et à la liberté d'expression, le politiquement correct profite à certains 

Les dénis de race et de genre font leur chemin

PMA : une députée LREM associe "parent d'intention" et "écoles coraniques"
"Grand débat national" pour la galerie, avec les maires,
mais censure  des élus, dans le parti présidentie
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La députée LREM Agnès Thill est opposée à l'extension de la PMA et elle n'a pas le droit !
"L'absence de genre dans le mot 'parent' favorise l'éclosion d'écoles coraniques", a estimé jeudi 17 janvier, ce membre de la Commission des Affaires culturelles et de l'Education à l'Assemblée nationale. Et ses propos sont condamnés par des élus de son groupe. Déjà rappelée à l'ordre à plusieurs reprises par le parti présidentiel pour certaines de ses prises de positions, parce qu'elles étaient publiques, l'élue LREM de l'Oise a jugé que le rapport de la mission de l'Assemblée nationale sur la bioéthique franchit une "ligne rouge" dans certaines de ses recommandations.

Dans une lettre adressée à ses collègues du groupe majoritaire,cette ex-membre du Parti socialiste (1981- 1990) estime notamment qu'accepter dans la future révision de la loi le "parent d'intention" - le parent n'ayant pas de lien biologique avec l'enfant - "permet la multiplication des parents" et que le mot parent "n'a alors plus aucun sens". "Il en découle politiquement, que cette absence de genre dans le mot parent favorise l'éclosion d'écoles coraniques et le départ de nos élèves vers celles-ci", écrit la directrice d'école en disponibilité.


Nos amis musulmans créent un monde parallèle dans la République 

"Nos amis musulmans, que nous savons opposés à cet éloignement progressif des concepts de père-mère, homme-femme (...) ne vont point dans la rue, ni dans les urnes, pour exprimer leur conception.
Mais ils vivent en créant un monde parallèle dans la République, où les choses sont comme ils veulent (...) Il n'y a pas, chez nos amis musulmans, de parent 1 et de parent 2", ajoute la députée du Beauvaisis qui, dans sa lettre, cite "juristes", "scientifiques", "associations" mais aussi "francs-maçons" parmi les experts à s'être prononcés sur l'extension de la PMA.

"Marre qu'une députée @LaREM puisse prononcer des propos homophobes et islamophobes aussi librement... 
Le courrier reçu par mes collègues et moi-même est un tapis de sottises qui stigmatise inutilement deux minorités. En France, il n'y a pas de 'parallèle' à la République", a réagi sur Twitter Laurence Vanceunebrock-Mialon, députée LREM de l'Allier et fonctionnaire de police.

Cette élue, qui traita des dossiers de violences faites aux femmes, de problèmes intrafamiliaux et d’urbanisme au commissariat de Vichy, est la mère biologique d'une fille qu'elle a eue par procréation médicalement assistée en Belgique, la PMA n'étant pas autorisée en France pour les femmes seules et les couples homosexuels.Elle s'est séparée de son ex-compagne avant l'ouverture du mariage aux couples homosexuels en 2013. N'ayant pas porté l'enfant de son ex-compagne, elle n'a pas pu adopter légalement la fille de celle-ci, situation qu'elle déplore : "s'il arrive quelque chose à la plus jeune, il faudra appeler la “mère du ventre” [sic] pour prendre d’éventuelles décisions médicales".
Porte-parole du groupe LREM, Marie Lebec, a cinglé sa collègue de l'Oise sur Liberation.fr, dénonçant une lettre "caricaturale, comme Agnès Thill peut l'être". LREM avait, en novembre, mis une "dernière" fois en garde Agnès Thill "contre les excès" de ses "prises de position publiques", après des propos concernant un supposé "lobby LGBT à l'Assemblée nationale"

"Aucun propos homophobes ni islamophobes"

L'élue de l'Oise a ensuite "assumé" son constat sur l'extension de la PMA, récusant toute "homophobie" : "aucun propos homophobes ni islamophobes dans ma contribution", a-t-elle répondu à Laurence Vanceunebrock-Mialon.

Rédigé par le député LREM Jean-Louis Touraine,
le rapport de la mission sur la bioéthique, qui vise à préparer le débat législatif, a proposé des changements majeurs en matière de bioéthique. 
Parmi eux, l'ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes et aux femmes seules et l'autorisation de la PMA post-mortem (la conjointe d'un homme décédé aurait le droit de se faire inséminer avec son sperme, congelé avant son décès).


mardi 20 septembre 2016

Institut Montaigne: pourquoi son estimation a minima du nombre de musulmans en France ?

Ce think tank remet en cause son expertise sur les enjeux de politiques publiques à long terme

L'Institut Montaigne a fondé sur une enquête discutable de l’IFOP son étude des musulmans en France
 
Moins nombreux et plus visibles six ans plus tard ?
Grâce à des questions filtres sur la religion des enquêtés et celles de leurs parents, un échantillon de 1029 personnes musulmanes a été ainsi établi. Or, s'ils permettent de garantir à peu près la représentativité sur ces critères, les quotas d'âge, sexe, nationalité, etc... n'assurent pas la représentativité selon la religion, objecte Michèle Tribalat, démographe, chercheuse à l'Institut national d'études démographiques (INED) depuis 1976, spécialisée dans le domaine de l'immigration et de l'islam, que le site Atlantico a interrogée. Michèle Tribalat et le démographe Hervé Le Bras, chouchou des media s'opposent régulièrement sur les statistiques ethniques. Dans son ouvrage "Les Yeux grands fermés", Michèle Tribalat se montre critique vis-à-vis de l'attitude de l'État français face au décompte de l'immigration, le solde migratoire ne représentant pas, selon elle, la réalité de la présence étrangère en France. Elle met en doute notamment l'apport de l'immigration à la croissance économique, l'intégration réelle des étrangers au tissu social des pays d'accueil.

Atlantico : Dans son rapport sur les musulmans de France [ou en France !] publié en exclusivité par le JDD, l'Institut Montaigne avance qu'il y a entre 3 et 4 millions [approximativement] de musulmans en France. Ces derniers représenteraient par ailleurs 5,6% des plus de 15 ans. Ces estimations vous semblent-elles correctes ?
Michèle Tribalat : L’enquête de l’IFOP [et le JDD] réalisée pour l’Institut Montaigne a été conduite auprès de personnes âgées de 15 ans ou plus. Très prudemment, nulle part dans le rapport de l’Institut Montaigne, il n’est écrit qu’il y a entre 3 et 4 millions de musulmans. Seul le pourcentage de 5,6 % est cité et 5,6 % de la population de France métropolitaine de cet âge correspond exactement à 3 millions. Je suppose que l’on a extrapolé, sans trop savoir comment, aux plus jeunes (moins de 15 ans), ce qui a donné cette fourchette incroyable : entre 3 et 4 millions.

Ces chiffres sont très en-dessous d’estimations plus fiables. J’avais estimé, à partir de l’enquête Teo de 2008, dans laquelle on demandait la religion, à 4,2 millions le nombre de musulmans. Le tableau de l’accroissement en 2008 (à partir de l’estimation des naissances, des décès et du solde migratoire) m’avait amenée à écrire que les 5 millions seraient franchis autour de 2014. Imagine-t-on, compte tenu des flux migratoires et de l’accroissement naturel, que le nombre de musulmans a diminué depuis 2008 ? Les musulmans se seraient-ils mis à quitter en masse leur religion ces dernières années ?

Sur quelles bases ces estimations ont-elles été faites ? 

En fait, l’enquête IFOP est une enquête par quotas auprès d’un peu plus de 15. 459 personnes, réalisée sur une quarantaine de jours entre le 13 avril 2016 et le 23 mai 2016. Grâce à des questions filtres sur la religion des enquêtés et celles de leurs parents, un échantillon de 1029 personnes musulmanes ou ayant au moins un parent musulman (dont 874 se déclarant musulmanes) a été ainsi établi. Les quotas - âge, sexe, CS, nationalité, région, taille d’unité urbaine - permettent de garantir à peu près la représentativité sur ces critères et non sur d’autres critères. La représentativité selon la religion n’est ainsi pas assurée. Il est d’ailleurs vraisemblable que l’enquête de l’IFOP n’a pas touché la population musulmane en proportion comme elle l’aurait dû. 
Il n’est pas sûr non plus qu’elle ne souffre pas de biais d’observation. Rappelons que les estimations réalisées précédemment par l’IFOP en 2005-2009 et en 2008-2011 donnaient une proportion légèrement plus élevée de musulmans (5,8 % dans les deux cas).

L’enquête Teo, réalisée de manière aléatoire (tirage au hasard) par l’INED et l’INSEE en 2008 auprès de personnes âgées de 18-50 ans, est un outil plus fiable. Elle comprenait un échantillon d’un peu plus de 5.000 musulmans. Les informations recueillies sur les enfants ont permis de compléter la pyramide des âges, par le bas. Restait à estimer les plus de 50 ans. Je l’ai fait. L’équipe de chercheurs de l’enquête Teo a, ensuite, fait à peu près la même chose, donnant des résultats similaires. Et le Pew Research Center s’en est lui-aussi servi pour estimer la population musulmane en France à la mi-2010 (4,7 millions).

Comment expliquez-vous qu'il y ait de tels écarts entre les différentes estimations sur le nombre de musulmans en France ? Quels sont aujourd'hui les moyens de la statistique publique ?

Les écarts proviennent pour ce cas précis de méthodes différentes pour des enquêtes d’envergures différentes. Ce que j’ai expliqué plus haut. Les chiffres qui nourrissent régulièrement l’actualité sont le plus souvent entièrement fantaisistes. Leurs promoteurs sont incapables d’en expliquer la fabrication. Ils ne sont jamais sourcés. Pour être discutée, il faut qu’une estimation repose sur une méthode susceptible d’être discutée et s’appuie sur une observation. La statistique publique peut tout à fait, en droit, introduire des questions sur la religion dans certaines de ses grandes enquêtes.

L’enquête Teo, qui a été menée sur le terrain par l’Insee, l’a fait. Il lui faut seulement avoir un avis favorable de la CNIL et du CNIS. L’INSEE a du mal à franchir le pas car elle craint des polémiques interminables et il garde un mauvais souvenir du scandale causé, dans les années 1970, par le projet SAFARI [Système automatisé pour les fichiers administratifs et le répertoire des individus] censé connecter des fichiers administratifs [nominatifs], afin de produire des informations statistiques et qu’il a dû abandonner sous une bronca médiatique [le projet fut révélé en mars 1974 par le quotidien socialiste Le Monde, sous la présidence de Georges Pompidou, dans un article intitulé "SAFARI ou la chasse aux Français"]. C’est à la suite du scandale du fichier SAFARI que la CNIL a été créée. Ça a rendu l’INSEE timide et précautionneux.

Pourquoi Le Monde accepte-t-il aujourd'hui les statistiques de l'enquête IFOP sans sourciller ?