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mercredi 1 mai 2019

Macron ment-il sur la création de 500.000 emplois depuis deux ans ?

Macro a triché en conférence de presse: sera-t-il collé aux Européennes ?

Son baratin n'a pas pris auprès des experts



Le quinquennat de Macron n'aura apporté aucune amélioration
L'économie française a créé un demi-million de postes de travail depuis son arrivée au pouvoir, selon le président de la République la semaine dernière, lors de sa conférence de presse du 25 avril : "Les premiers résultats sont là : nous avons créé des emplois, plus de 500.000 ces deux premières années"
Or, en se félicitant des fruits de la politique économique déployée sous son impulsion depuis mai 2017, Macron va vite en besogne 
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Après le grand oral, les résultats...
Car, alors que nous sommes encore en attente des chiffres du premier trimestre 2019, le compte n'y est encore pas. Rien n'autorise ni le président, ni le gouvernement, pas plus que les godillots de la majorité parlementaire, à se tresser une telle couronne de laurier ?

Lors des trente minutes introductives qu'il s'est octroyées devant la presse impatiente de poser les questions pour lesquelles elle était à sa conférence dite de presse, Macron a précisé, au risque d'être désobligeant envers ses prédécesseurs: "Y compris dans le secteur industriel, où depuis plus de 10 ans nous étions en train de détruire constamment des emplois en France".

Macron a simplement choisi la période à prendre en compte qui lui est la moins défavorable. Pas de quoi crier au génie, plutôt hurler au manipulateur.
En effet, si Emmanuel Macron est officiellement entré en fonction le 14 mai 2017, soit quasiment deux ans avant sa conférence de presse du 25 avril 2019, il est impossible de mesurer les créations d’emplois de mai 2017 à mai 2019.
Les données les plus récentes sur l’emploi salarié s’arrêtent en effet au dernier trimestre 2018... Concernant le 1er trimestre 2019, la prochaine "estimation flash" de l’emploi salarié, ne sera pas dévoilée avant le 10 mai prochain. Sauf à prendre ses désirs pour des réalités, il est donc encore impossible d’intégrer les 5 derniers mois. La borne maximale, à ce jour, pour apprécier les créations d’emplois sous Macron, sera donc le 4e trimestre 2018.

Même le point de départ choisi par Macron est fallacieux

Les données, en effet, sont trimestrielles, alors que la prise de fonction d’Emmanuel Macron date du 14 mai, soit pile au milieu du deuxième trimestre 2019. Le président des riches n'a pas hésité à trancher à son avantage. 
Quelle que soit la méthode, partir soit du deuxième trimestre inclus, et donc le créditer d’un mois et demi dû à Hollande, soit du troisième trimestre, et donc ne pas prendre en compte le premier mois et demi de son action, le locataire de l'Elysée repeint sa façade à bon compte, mais frauduleusement. 
© Politis
La période retenue n'est pas indifférente, puisque ce seul second trimestre 2017 représente plus de 20% de l’ensemble des créations d’emplois sur la période large (fin mars 2017/fin 2018), une période faste partout en Europe.
Et si on fait commencer la période de référence à début avril 2017, on recense 400.000 emplois créés dans le secteur privé jusqu’au dernier trimestre 2018, soit sur 21 mois. Un chiffre qui se situe 100.000 en dessous du demi-million d’emplois que s'attribue le président lors de sa conférence de presse. D’autant que l’on exclut l’emploi public, qui, s’il était pris en compte, réduirait le solde à 382.000 postes créés.
Si on part du début du troisième trimestre, soit à compter du 1er juillet 2017, les créations d’emplois jusqu’à fin 2018 dans le secteur privé chutent alors à 315.000.
Or, cette deuxième période - 1er juillet 2017/31 décembre 2018 - paraît la plus appropriée, puisqu'elle lui est plus directement imputable. En effet, sauf à considérer que Macron seul à l’Elysée ait pu influer sur les créations d’emplois en France, le début du troisième trimestre est ce qui se rapproche le plus de la prise de fonction des députés à l’Assemblée nationale pour cette quinzième législature, c’est-à-dire le 21 juin.
Il faudra en réalité attendre de connaître les données du premier, puis du deuxième trimestre 2019, pour apprécier le chiffre des créations d’emplois sur deux ans complets depuis l’arrivée au pouvoir de la majorité "En Marche".

A noter, par ailleurs, que sur les emplois industriels,Macron a raison de pointer une (légère) embellie. Sur la période de 18 mois entre juillet 2017 et décembre 2018, ils ont effectivement augmenté de 12 000 (16 000 créations CDI/CDD - 4000 destructions dans l’intérim). Même si cela ne représente qu’une hausse de 0,4%, il faut ainsi remonter au début des années 2000 pour retrouver des créations nettes d’emplois dans ce secteur

En revanche, depuis le début du quinquennat Macron, les créations d’emplois dans le privé ralentissent.
Au cours des deux dernières années du mandat Hollande, il y a eu 448.000 créations d’emplois dans le privé.
Mais, à titre de comparaison partielle, il y en a eu 50.000 au dernier trimestre 2018, contre 106.000 un an plus tôt, au dernier trimestre 2017 : moitié moins ! 

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dimanche 10 janvier 2016

Le plan de formation des chômeurs: Hollande devait plaire à tous; il ne satisfait personne

Flop du plan de formation de 500.000 chômeurs
Après l’ "état d’urgence sécuritaire", François Hollande décrète l’ "état d’urgence économique et sociale". 

Le président qui, en près de quatre ans a échoué à inverser la courbe du chômage, annonce le lancement d’un plan massif de formation, à l'occasion de ses vœux télévisés du 31 décembre. Un 'timing' qui porte peu à croire que 2016 pourrait être différent des années précédentes de son quinquennat. "500.000 personnes de plus seront accompagnées vers les métiers de demain". Pourquoi pas ! En France - métropolitaine, seule- , plus de 3,57 millions de personnes sans aucune activité sont en effet  inscrites à Pôle emploi.

Un objectif aussi ambitieux que le personnage est "audacieux"... Les détails ont été présentés le 18 janvier, mais ils suscitent déjà des critiques de toutes parts.

Hollande n'en est pas à son premier "grand plan" de formation  

En 2013, un plan "prioritaire" de formation avait été lancé pour 30.000 demandeurs d’emplois, étendu ensuite à 100.000 chômeurs par an en 2014 et 2015
Il faut bien mentionner les embrouilles, telle celle de février 2015 par François Rebsamen alors ministre du Travail qui annonça une formation gratuite pour les demandeurs d'emploi, alors qu'ils obtenaient simplement l'accès au tout nouveau Compte personnel de formation (CPF). Et encore, sous certaines conditions.
Lors de la conférence sociale d’octobre 2015 le président avait déjà annoncé un élargissement du plan à 150.000 personnes pour 2016, "encore davantage tourné vers les chômeurs de longue durée, les seniors et les jeunes ". Des montées par paliers en puissance qui dénotent une difficulté chronique à l'évaluation du mal et qui souligne les échec de toutes ses tentatives précédentes.

Le ministère du Travail a d'ailleurs dû désenfumer. Il a mis les chiffres du président au clair: ces 150.000 formations  représente tout de même un triplement de l’offre sur trois ans, mais sont compris dans les 500.000 annoncés... La presse à la botte ajoute son commentaire fallacieux, estimant que l'effort [de la nation] est important, alors que la totalité des formations dispensées en 2013 (plan et hors plan) ne concernait que 643.000 demandeurs d’emploi, c'est-à-dire une régression, pour ne pas dire un abandon de trois années.

L'objectif est de pourvoir des emplois non créés...

Alain Juppé (LR) a jugé cette ambition irréaliste  « 500 000, on n’y arrivera pas," a-t-il douté sur Europe 1 mardi 5 janvier. C’est hors de portée, naturellement". 
Les spécialistes du marché de l’emploi soulignent d'ailleurs qu’il faut notamment un certain temps pour organiser une telle série de formations en tous sens: analyser les besoins, lancer des appels d’offres, identifier les profils… Difficile à mettre en œuvre à court terme.
Par ailleurs, la formation ne garantit pas l’accès au marché du travail en l’absence de croissance, comme le note sur LCI le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, qui ne voit pas bien comment l’objectif serait " tout simplement réalisable": "Ce n’est pas tout d’être formé, il faut trouver un emploi à la clef. […] Comment on fait pour créer des emplois ? " On en décrète l'urgence ? 

Hollande décrié pour quatre ans de retard et ses choix stratégiques
Contrairement aux formations prioritaires actuelles, qui s’adaptent aux métiers "en tension" (c’est-à-dire ceux qui recrutent: aides à domicile, agent d’entretien, employés de la restauration, secrétaires…), les 500.000 offres annoncées devraient être réservées aux "emplois du futur", liés par exemple à l’économie verte ou aux nouvelles technologies.
Un choix stratégique décrié par le secrétaire général de la CGPME, Jean-Eudes du Mesnil du Buisson. "Former les demandeurs d’emploi, c’est plutôt une bonne idée, mais pourquoi les seuls métiers d’avenir ? Je vous rappelle qu’il y a à peu près 250.000 offres d’emploi non pourvues chaque année, et ça, c’est les métiers du présent, a-t-il souligné sur RTL. Regardons déjà là où les chefs d’entreprises n’arrivent pas à embaucher."

Une charge estimée à plus d’un milliard d’euros

Le détail du plan gouvernemental devrait être dévoilé par François Hollande lors des vœux aux forces économiques, lundi 18 janvier. Les Echos ont estimé son coût à un milliard d’euros. "C’est de cet ordre-là, vraisemblablement", a confirmé  Jean-Marie Le Guen, qui n'en sait pas plus que Bercy

Le ministre des relations avec le Parlement exclut tout financement par une hausse d’impôts, mais précise qu’il pourrait y avoir une "réorientation" d’une partie des 36 milliards d’euros de fonds publics alloués à la formation professionnelle. L’Etat devrait mettre la main au portefeuille, notre portefeuille, tout en déléguant une partie du financement aux partenaires sociaux et aux régions - et c'est encore dans nos fonds de poches qu'elles plongent - , compétentes en la matière. Il a dit sans augmentations d'impôts?

Un basculement n'est pas un redressement

S’il est difficile de contester l’utilité de former les chômeurs pour les rapprocher de l’emploi, de nombreux critiques dénoncent un "traitement statistique du chômage". En effet, les demandeurs d’emploi sont comptabilisés en différentes catégories par Pôle emploi :

En catégorie A pour les personnes sans aucune activité, tenues de rechercher un emploi : 3,574 millions de personnes fin novembre 2015 ;

En catégorie B pour ceux qui ont une activité réduite courte (moins de 78 heures dans le mois) : 716.400 personnes ;

En catégorie C pour les personnes en recherche d’emploi ayant une activité de plus de 78 heures : 1.151.300 personnes ;

En catégorie D pour les personnes non tenues de faire une recherche d’emploi car elles sont en stage, formation ou maladie : 280.900 personnes ;

En catégorie E pour les bénéficiaires de contrats aidés : 420.000 personnes.

Pour évoquer le taux de chômage en France, on utilise communément la catégorie A, voire les catégories A, B, C. Selon les analystes, le plan  gouvernemental de formation pourrait faire basculer 500.000 personnes de la catégorie A vers la D, ce qui consiste à les "effacer " mécaniquement des statistiques.

"Il y avait un engagement d’inverser la courbe du chômage. On arrive près de la présidentielle, donc il faut trouver le moyen de le faire baisser", pointe ainsi Jean-Claude Mailly. "Le basculement en catégorie D est transparent. 

Il n’y a rien de caché", a nié la ministre du Travail en CDD, Myriam El Khomri. 
Toutefois, la catégorie D représente actuellement le plus petit des flux de chômeurs avec 280.000 personnes, toutes situations confondues (stage, formation, maladie), alors que 680.000 formations sont dispensées par an. Or, il apparaît impossible que les 500.000 nouvelles formations du plan de François Hollande se déroulent au même moment et le président le sait parfaitement. Si le magicien peut réaliser un basculement statistique, il ne saurait faire réapparaître les chômeurs dans les entreprises.

VOIR et ENTENDRE l'édito Eco de Nicolas Doze, du lundi 4 janvier 2016, sur BFMTV:


 

dimanche 12 avril 2015

Rafale: Dassault vole au secours de l'économie socialiste

Le député UMP Serge Dassault, maire de Corbeil-Essonnes, crée de l'emploi

Trois choses à savoir sur la vente attendue de 36 avions Rafale à l'Inde


Le Rafale de Dassault Aviation va apporter environ 4 milliards d'euros, selon l'AFP. Moins de deux mois après l'annonce de la vente de 24 appareils à l'Egypte, l'annonce est une deuxième bonne nouvelle pour les locataires socialistes de Bercy, après une ouverture des négociations en février 2012. Le Premier ministre indien Narendra Modi a profité de sa visite à Paris, vendredi 10 avril, pour officialiser l'achat de 36 de ces avions de chasse français. 

Ce n'est pas le contrat attendu
Depuis trois années
 pleines, Paris et New Dehli négocient âprement un accord portant sur la vente de 126 avions, dont 108 fabriqués en Inde, pour un montant initialement évalué à 12 milliards d'euros. Ce coût serait en fait plus proche des 20 milliards d'euros, en raison des frais supplémentaires liés à un transfert partiel de technologie pour sa production.

a précisé que Ce nouveau contrat porte sur "36 Rafale, clé en mains", c'est-à-dire fabriqués en France et livrés à New Dehli, a précisé Modi vendredi, en conférence de presse. Une solution qui a l'avantage de donner un sérieux coup de fouet à l'activité aéronautique dans notre pays

presque entièrement "made in France", l'avion Dassault fait travailler près de 500 PME dans plusieurs régions françaises", précise Le Parisien. Le montant du contrat n'a pas été officiellement dévoilé, mais la somme avoisinant les 4 milliards d'euros circule.

La vente des 126 avions n'est pas enterrée
Cette vente ne marque pas la fin des négociations du premier contrat, promet-on à Paris. Le ministre de la Défense a ainsi indiqué que "les négociations sur l'accord initial (entre la France et l'Inde) continuent". Côté indien, on explique que ce nouveau contrat se justifie par un "besoin opérationnel crucial" des forces aériennes locales.

Narendra Modi a de toute manière intérêt à poursuivre les pourparlers concernant la vente initialement prévue. Samedi, la presse de son pays a jugé que les 36 Rafale étant assemblés en France, le pouvoir actuel est le seul gagnant de l'affaire.

 
Ce premier contrat devrait ouvrir la voie à des accords avec d'autres pays
Après une série d'échecs à l'export, la vente officialisée vendredi constitue un deuxième succès en quelques semaines pour le constructeur français Dassault. Trois autres acquéreurs potentiels au moins sont maintenant sur les rangs pour s'offrir l'avion de chasse : le Qatar - avec lequel des discussions se poursuivent pour 36 appareils - les Emirats arabes unis, pour le remplacement à terme de 60 Mirage 2000-9, et la Malaisie, qui doit encore lancer un appel d'offres pour l'acquisition de 16 appareils.


Gérard Longuet: "Je suis très satisfait de voir ce nouveau contrat pour Rafale"

VOIR et ENTENDRE Gérard Longuet, sénateur UMP et ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, s'exprimer notamment sur les 36 Rafale commandés par l'Inde:

Du dénigrement à la flagornerie pour le "savoir faire de l'exécutif"
Les media sont vraiment extraordinaires
De même que - au nom de la protection des libertés individuelles - la gauche (Martine Aubry, en 2011, à l'inverse de Manuel Valls, alors maire d'Evry) se flattait de faire trébucher la video-surveillance 
lorsqu'elle fit ses premiers pas dans nos villes, mais fait aujourd'hui le dos rond face à la loi liberticide sur le renseignement, de même cette même gauche vante-t-elle en 2015 le "savoir faire de l'exécutif" en matière de vente du Rafale de Dassault, après n'avoir eu de cesse que de le dénigrer pendant près de dix ans, depuis 2006.

A la vérité, le succès socialiste doit beaucoup au terrorisme, notamment à Daesh. Les acheteurs du Rafale sont en première ligne et les terroristes islamistes les poussent désormais à signer en urgence leurs contrats d'achat du Rafale, seul avion polyvalent de combat au monde. L'Inde doit se protéger contre la pression permanente exercée par les Taliban afghans et du Pakistan, outre la Chine ? Elle achète 36 avions Rafale, non pas à la France mais à Dassault Aviation. L'Egyte doit s'armer contre les djihadistes sur sa frontière avec la Lybie au Maghreb, fragilisée par le "printemps arabe" et l'élimination de M. Kadhafi ? Elle achète 24 appareils , après une ouverture des négociations en février 2012.

Dassault espère bientôt vendre des Rafale aux Emirats arabes unis.
Laurent Fabius s'active maintenant pour retirer, pour Hollande, tout le bénéfice de contrats en négociations depuis plus de trois ans. Evoqué il y a déjà plusieurs années, le projet d’achat de 60 Rafale par les Emirats arabes unis semblait pourtant au point mort. La récente vente de 24 exemplaires de l’avion de chasse conçu et fabriqué par Dassault à l’Egypte et de 36 autres appareils à l’Inde, annoncée le 10 avril, pourrait avoir réactivé l’intérêt des émirats du Golfe, engagés dans une guerre avec le Yémen au sein d’une coalition sunnite et confrontés à une montée des menaces inter-religieuses régionales.
 

lundi 15 septembre 2014

Lutte contre le chômage: le Medef propose de supprimer deux des onze jours fériés

Les Echos font-ils de l'intox ?

Le MEDEF dévoile son plan pour créer un million d'emplois 
Le patronat va dévoiler des propositions pour créer un million d'emplois, selon Les Echos. 
Le document d'une cinquantaine de pages, intitulé "Comment relancer la dynamique de création d'emplois en France?", liste une série de mesures qu'elle juge nécessaire de mettre en oeuvre pour stimuler l'emploi dans le pays. Dévoilé dimanche par Les Echos, le document de l'organisation patronale note que supprimer deux jours fériés permettrait de créer 100 000 postes, à condition d'obtenir l'autorisation de déréglementer la durée légale du travail ou au salaire minimum. Moins de jours fériés, SMIC allégé, travail dominical..., le patronat détaille officiellement mesure par mesure les freins à l’emploi en France, mercredi.

Deux jours fériés supprimés: 100.000 emplois

"Chaque mesure, qu'elle soit d'ordre social, fiscal et parfois très sectorielle, est quantifiée en termes de créations d'emplois attendues", précise le journal économique Les Echos. Par exemple, pour créer 1% de croissance et 100.000 emplois, le MEDEF propose de supprimer deux jours fériés sur 11. 

Il espère aussi de 50.000 à 100.000 emplois sur cinq ans en dérogeant au SMIC pour certaines catégories de demandeurs d'emploi, et sur trois ans en remontant les seuils sociaux. 

Autoriser les commerces à ouvrir le soir et le dimanche permettrait par ailleurs d'engendrer à terme entre 50.000 et 200.000 emplois nouveaux dans le tourisme, et entre 40.000 et 100.000 dans le commerce et la distribution

Propositions "agressives ou caricaturales"

Dans une réaction, un porte-parole du MEDEF a rappelé qu'il s'agit d'"éléments de travail" anciens qui "ne correspondent pas exactement aux propositions que fera le Medef dans les prochains jours". 



Ces propositions "apparaîtront certainement agressives ou caricaturales à certains", commentait le MEDEF en conclusion de son document, cité par le quotidien. "Ils ont tort. Il s'agit avant tout d'animer un débat (...)
Notre conviction est que nous n'avons pas 'tout essayé contre le chômage', nous avons juste essayé ce qui n'a marché nulle part et oublié ce qui a fonctionné partout.

"Une provocation", selon la CFDT

Les réactions au réformisme du MEDEF sont tombées lundi matin. 
Pour la CFDT, " c’est une provocation à double titre. D’abord sur le contenu des mesures: pour la CFDT il est hors de question d’aller sur ces terrains-là", a affirmé Laurent Berger, secrétaire général, sur RTL
"Et puis c’est une provocation, parce que la semaine dernière, nous nous sommes réunis avec les organisations patronales et les syndicats pour fixer un agenda social ", a-t-il rappelé. "Nous avons discuté modernisation du dialogue social, nous avons discuté emploi des jeunes, emploi des chômeurs de longue durée, et le Medef n’en a pas parlé de ces propositions". 

D’autant que la semaine est à haut risque pour l’exécutif, avec le vote de confiance au Premier Ministre mardi, et la conférence de presse du président de la République jeudi. L’exécutif se serait très certainement passé d’un tel pavé dans la mare de la part du patronat et des Echos, qui risque de compliquer le vote des parlementaires, d’une part, et de braquer les syndicats, d'autre part, notamment la CFDT, qui se disait prête à discuter de certains sujets "sans tabou", comme l’affirmait Laurent Berger il y a encore quelques jours. 
"Si le MEDEF arrive avec des propositions irréalistes, ça ne va pas beaucoup nous aider", faisait valoir un membre anonyme de l’exécutif, la semaine dernière.

mardi 21 janvier 2014

Pacte de responsabilité: les précisions de Hollande restent dans le flou

Méfiance de mauvais augure des acteurs du pacte

FO a refusé d’entrer dans la logique de François Hollande. 

Hollande au pays des moulins à vent
Le MEDEF estime que "le flou perdure", mais CFDT en tête, des syndicats demandaient mardi à voir quelle concertation sur le "pacte de responsabilité" pourrait s'ouvrir, exigeant des contreparties claires du patronat.

Sans surprise, " la CFDT est prête à rentrer dans la discussion. 
"Elle est prête à assumer ses responsabilités, mais elle ne le fera pas si le patronat ne le fait pas," assure Laurent Berger, proche du PS, comme Edouard Martin, le syndicaliste médiatisé de Florange (Moselle) qui se porte aujourd'hui candidat du PS aux élections européennes de 2014 dans le Grand Est.  
Exprimant sa méfiance du patronat plutôt que du gouvernement qui tarde pourtant à apporter de réelles précisions, "il est hors de question que d’un côté il y ait des allègements de charges et de l’autre rien du tout", lance L. Berger. "C’est une question de confiance. Il faut que les entreprises passent de l’objectif à l’engagement, il faut que les engagements soient définis branche par branche avec des objectifs en termes d’embauches, en termes de contreparties pour le dialogue social et d’insertion des jeunes. C’est cela qui fera que le pacte de responsabilité, qui a du sens, pourra réussir ". 
La CFDT  s'accommode en revanche du flou persistant de Hollande, notammant du nouvel objectif   lancé par un  Montebourg illuminé. 
Le ministre du Redressement productif a en effet monté la barre des exigences du gouvernement en réclamant jeudi au patron du MEDEF, Pierre Gattaz, la création de 2 millions d’emplois en cinq ans dans le cadre du pacte de responsabilité. (lien Les Echos)

La CGT 
n’a pas souhaité s’exprimer à l’issue de la séance de vœux du président, mais dans un communiqué diffusé dans l'après-midi, elle a accusé François Hollande de "répondre aux voeux du MEDEF" et d’ "accentuer des choix qui ont pourtant fait la preuve de leur nocivité". "Le recul de la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises et les exonérations massives de cotisations sociales n'ont pas permis de créer des emplois, ni empêché l'installation d'un chômage massif". "Ces politiques ont incité les entreprises à s'opposer à la hausse des salaires et à recruter de plus en plus au niveau du SMIC ", estime le syndicat. 
La CGT a dénoncé à nouveau la fin annoncée des cotisations familiales qu'elle qualifie de "cadeau supplémentaire au patronat de 30 milliards d'euros". " C'est une attaque de grande ampleur contre la protection sociale qui remet en cause le pacte républicain, les moyens du service public et notre modèle social », selon la confédération de Thierry Lepaon.

Dans l'ombre de la CGT, la FSU (enseignants) estime que " le président de la République prend un pari et peut-être un risque. Les craintes que nous pouvons avoir, c’est que le retour à l’emploi ne soit pas automatique (!) La FSU rentrera dans ces discussions. Je demande au président de la République de mettre les services publics dans une dynamique de confiance et de redressement. On a besoin de la fonction publique aussi dans la bagarre sur l’emploi" a affirmé Bernadette Groison.

Jean-Claude Mailly (FO) : " Le Pacte de responsabilité, FO n’y sera pas.
C’est une question de principe. On ne mélange pas les genres. FO n’est pas en charge de l’intérêt général. Encore heureux qu’on ne soit pas obligés de signer. On dira ce qu’on a à dire, on donnera notre avis si on nous le demande, mais il n’y aura pas de la part de Force ouvrière de logique d’unité nationale. FO gardera sa liberté de comportement. On ne va pas prendre des vessies pour des lanternes. Je ne crois pas aux contreparties en termes d’emploi."

Côté patronat

Pierre Gattaz (Medef) : "Un point d’inquiétude, voire de forte inquiétude" perdure. "Ca reste complètement flou sur la fiscalité et la baisse des charges et des taxes sur les entreprises". "Et donc on reste assez flou sur la baisse des dépenses publiques". "C’est un point extrêmement important pour nous". 
"La baisse des finances publiques est la clé de voûte de ce pacte de responsabilité". "Si nous avons ce point d’objectif de réduire le différentiel de compétitivité des entreprises françaises et allemandes, appuyons-nous là-dessus". 
"L’objectif ultime c’est de baisser de 50 milliards les charges sur les entreprises par rapport aux Allemands ". "Donnons-nous un objectif qui soit entre 0 et 50 dans les prochaines années. Je crois que ça n’a pas du tout été précisé". 

Jean-François Roubaud (CGPME)
: "Le chef de l’Etat a confirmé la stratégie qu’il veut mettre en place, une stratégie de l’offre. Cela veut dire que les entreprises vont avoir des facilités, donc la baisse de charges qui a été annoncée est confirmée". "C’est important parce que c’est la seule stratégie qui permettra de créer de l’emploi dans les années à venir". "Malheureusement, il n’y a pas de relation directe entre la baisse de charges et la création d’emplois". "Il faut du temps mais tout cela est bien accepté par l’ensemble de nos partenaires ". "Il faut du temps et de la croissance". Il a appelé à une baisse des charges " le plus rapidement possible de façon à ce que nos entreprises soient libérées, reconstituent leurs marges et, à partir de là, (...) puissent investir à nouveau". Les chefs d’entreprises sont "beaucoup plus optimistes" depuis les annonces présidentielles début janvier, avec la mise en place d’un pacte de responsabilité. " On a l’impression d’être enfin compris et j’espère que dans les semaines qui viennent, les décisions qui seront prises de manière plus pragmatique confirmeront cet optimisme et nous permettront enfin de rebondir".

Côté politiques

Thierry Mandon, un des porte-paroles des députés PS,
commence par une contre-vérité, de l'avis de l'aile guache même du PS. Il a en effet le sentiment que la politique d’aide aux entreprises de François Hollande est "pleinement une politique de gauche". Comme lors de sa conférence de presse du 14 janvier, François Hollande a " su montrer comment la compétitivité économique, la plus grande efficacité rejoignait l’intérêt des salariés du pays", a-t-il encore positivé. "C’est pleinement une politique de gauche aux yeux des élus socialistes {et encore pas tous!], d’abord parce qu’elle va permettre de relancer un puissant mouvement de dialogue social, et ensuite parce qu’aider les entreprises, les rendre plus fortes dans la compétition internationale, c’est aider les salariés de ses entreprises", a-t-il présumé, avant de sortir une lapalissade à tiroir: "on n’a jamais vu un chômeur trouver un travail dans une entreprise qui perd des marchés, jamais vu un salarié se porter bien quand son entreprise se porte mal". Mandon a bien parlé ! Comme un socialiste aux affaires...

Philippe Vigier, porte-parole de l’UDI : La conférence économique et sociale au printemps annoncée par François Hollande pour arrêter les termes du pacte de responsabilité est trop tardive face à l’urgence " absolue". " L’urgence, ce n’est pas dans deux mois; attendre, c’est perdre de la compétitivité". "Il faut baisser massivement les charges des entreprises ". "Si François Hollande change de pied et prend le chemin que nous avons tracé, nous serons là. La situation est trop grave pour une posture politicienne ".

Christian Jacob, chef de file des députés UMP : "Il faut vraiment arrêter d’emmerder les Français et les entreprises". Le président "se préoccupe des contraintes avant de dire clairement quelles sont les baisses de dépenses, quelles sont les baisses de charges". "Elles sont où? Aucune aujourd’hui n’est précisée". 
François Hollande doit "d’abord se concentrer sur ce sujet", d’autant "qu’il est en perte de crédibilité totale" sur le budget de l’Etat. "Il y a 15 milliards d’euros d’écart entre la loi de Finances initiale et l’exécution budgétaire" en 2013. "On est en face d’un véritable scandale, d’un mensonge budgétaire"

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF : "Les grands perdants de ces annonces sont, une fois encore, les salariés qui vont payer le hold-up patronal sur la solidarité nationale". " François Hollande n’a qu’un seul partenaire, le Medef". " Le président a ainsi confirmé les 30 milliards sur 3 ans de baisse des cotisations familiales pour les employeurs, une refonte de la fiscalité pour l’aligner sur les pays européens pour 2020, et la simplification, a posteriori, des démarches administratives des entreprises"
"Quant aux contreparties", il "a noyé le poisson". "Toujours aucun objectif chiffré, notamment en terme de création d’emplois. L’observatoire des contreparties est mort-né. Il est devenu l’observatoire du néant". 
"D’ores et déjà, la mobilisation pour le 6 février s’annonce comme cruciale pour empêcher ce mauvais coup fait au monde du travail".

samedi 26 janvier 2013

Le chômage s'est "stabilisé" en décembre, clame la presse dévote

En vérité, le chômage a augmenté de + 10% en 2012

Reuters banalise les drames humains  en noyant le poisson

Le chômage s'est "stabilisé" en décembre en France après 19 mois de hausse ininterrompueSans mentionner ni la crise qui remonte à 4 ans, ni la présence de la gauche aux affaires depuis 7 mois sur les 19, les media paresseux reprennent en choeur...
L'agence de presse ressert sa soupe de poisson pour relativiser l'incurie du pouvoir. Ce serait désormais une fatalité que le chômage reste élévé car "très près de ses plus hauts niveaux depuis près de 15 ans", selon les chiffres publiés vendredi par ...le ministère du Travail. 
Les services de Michel Sapin mettent donc aussi bien en cause le gouvernement Jospin (1997-2002) et ses ministres de l'Emploi, Martine Brochen-Aubry et Elisabeth Guigou (et Marylise Lebranchu, sous-ministre des PME), comme ses trois ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, dont Laurent Fabius.

Les dernières statistiques sont en réalité très pessimistes
Ils sont tous au travail...
Tandis que Montebourg se consacre à son propre redressement (médiatique), les titres de presse laissent penser que ce coup d'arrêt ponctuel ne serait pas passager. Or, les statistiques indiquent un risque fort que cet état stationnaire soit en fait de courte durée et préviennent que le pari du gouvernement d'inverser la courbe du chômage à l'horizon de la fin 2013 est toujours aussi incertain.

Si la stabilité enregistrée en décembre est "appréciable", elle ne marque pas pour autant "une inversion de la tendance à la hausse observée depuis 2008 et particulièrement marquée depuis un an et demi," a reconnu le ministère du Travail.

Les titres de presse sont donc fallacieux
Ils auraient dû faire état d'un sursis, car sur l'ensemble de l'année 2012, le nombre de demandeurs d'emploi affiche une progression de 10,0% pour la catégorie A (ceux n'ayant exercé aucune activité), à 3.132.900 demandeurs d'emploi pour la seule France métropolitaine, soit 285.000 de plus qu'en décembre 2011 et un pic. En tenant compte des personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), la hausse est de 8,8%, à 4.627.600.
En incluant l'Outre-mer, le nombre total de demandeurs d'emploi atteint 4.917.500 et leurs familles.

L'intox consiste à isoler le seul mois de décembre, sans commentaires, comme s'il était représentatif. 
Le nombre de demandeurs d'emploi n'a progressé que de 300 en catégorie A, alors qu'on restait sur des hausses importantes les mois précédents (+29.300 en novembre, +45.400 en octobre), et de 10.200 personnes (+0,2%), pour l'ensemble des catégories A, B et C.
Le mois a été marqué par une baisse de 0,3% du nombre de demandeurs d'emplois de catégorie A chez les hommes et une progression de 0,4% pour les femmes. Il est resté stable chez les moins de 25 ans et a baissé de 0,4% chez les 25-49 ans, mais il a augmenté de 1,0% chez les plus de 50 ans.

Le nombre des chômeurs de longue durée est plus élevé

Quand Tartrais n'avait pas détartré
son humour partisan:
il est devenu poliquement correct ?
Cette dernière catégorie a enregistré un bond de + 16,9% en 2012 
+9,4% pour les moins de 25 ans et +7,8% pour les 25-49 ans.

De même, le nombre de demandeurs d'emploi (A, B et C) inscrits depuis un an ou plus à Pôle emploi s'est accru de 1,0% en décembre et de 12,5% sur l'ensemble de l'année.
Ils représentent 39,2% du nombre total de demandeurs d'emploi, contre 37,9% un an plus tôt, et l'ancienneté moyenne de leur inscription à Pôle emploi atteint 477 jours contre 458 fin 2011.
En décembre, les entrées à pôle Emploi ont diminué de 0,9% par rapport à novembre et les sorties ont progressé parallèlement de 3,8%. Parmi ces dernières, Reuters signale en passant les radiations administratives, qui représentent 10% du total, ont augmenté de 24,5% en un mois. Des passages à la trappe des chiffres qui n'arrache ni sanglot ni indignation à Reuters. Nous ne parlons donc même pas de condamnation du procédé,  injuste et inhumain.

Michel Sapin, bras ballants mais langue déliée 
Le ministre du Travail a réaffirmé vendredi matin l'objectif du gouvernement d'inverser la courbe du chômage à l'horizon de la fin 2013. François Hollande avait repris la ritournelle lors de la première "grande" conférence de presse de son quinquennat du 13/11/2012: "Oui, je reprends l'objectif ", "coûte que coûte"

Mais ce renouvellement de promesse ne datait pas de cinq jours, le 9 septembre au 20 heures de TF1 devant 10 millions de Français, que Ayrault avouait le 14 septembre: "Je ne sais pas si nous y parviendrons"...
En attendant, les derniers indicateurs d'activité économique plaident pour une poursuite de la hausse dans les mois qui viennent.

Les économistes qui ont publié une enquête cette semaine n'anticipent pas pour leur part de stabilisation de la courbe du chômage avant 2014 et ce à des niveaux historiquement élevés.
Reuters a-t-elle objectivement tenu compte de cette perspective calamiteuse dans son titre ? Les organes de presse clients ont-ils eu l'honnêteté intellectuelle de redresser son parti-pris toxique ?