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samedi 21 avril 2018

Loi Asile-immigration : projet contesté par des 'rebelles' de la majorité et dénoncé par l'opposition

Un texte qui fait quasiment l'unanimité contre lui

Des battus socialistes dirigent la stratégie des "rebelles" à Macron

Les conseils des ex-"frondeurs" PS aux députés "rebelles" LREM pour résister aux pressions.
Deux anciens frondeurs PS -  Alexis Bachelay et Laurent Baumel - donnent leurs conseils aux députés LREM "indisciplinés", en lutte contre le projet de loi asile et immigration qui secoue pour la première fois les rangs de la majorité, mais qui doit être adopté ce week-end en première lecture à l’Assemblée nationale. 
Or, dès la mi janvier 2018, Emmanuel Macron et le patron des députés LREM, Richard Ferrand, ont dû recadrer leurs troupes, leur demandant de "faire bloc", rapporta le Canard enchaîné, mercredi 17 janvier.
Certains marcheurs ont néanmoins annoncé qu’ils s’abstiendront ou qu’ils voteront contre le texte controversé. C'est le cas de Jean-Michel Clément (lien PaSiDupes), 63 ans, qui s'attend à une exclusion, la première à l'Assemblée, avant une dizaine d'autres, à l'instar de la Franco-marocaine Naïma Moutchou, une avocate qui a exercé dans un cabinet proche de la LICRA et de la LDH, qui a réclamé, en vain, la suppression du délai de solidarité ou de Martine Wonner (médecin psychiatre qu'Anticor a épinglée pour des indemnités versées par la Sécurité sociale lors d'un congé maladie alors qu'elle menait campagne pour les législatives) et Sandrine Mörch, journaliste pour Médecins Sans Frontières, qui font sentir leurs désapprobations : "Quand on parle de l'humain, je pense qu'il sera bien de prendre un tout petit de distance et de hauteur", indique l'une, avant que l'autre n'ajoute, tout aussi "bisounours" : "On n'est pas en train de parler d'administration mais de personnes humaines; voilà, je pense que ça vous dépasse un peu tout ça, donc je pense qu'on arrête le débat...", dit-elle avant que ne s'élève un bruit de fond protestataire.  Car leur garde-chiourme, Richard Ferrand leur dénie le droit de voter contre.
Un début de fronde dans la majorité, souligné par le dépôt par des députés LREM de 200 amendements, un record.

Résister au caporalisme.

Richard Ferrand a déjà prévenu : "On ne fait jamais d’omelettes sans casser des œufs, et s’il faut casser des œufs, je le ferai !", a menacé le forcené, lors d’une réunion du groupe, menaçant les rebelles d’exclusion.
L’ancien chef de file des frondeurs socialistes,
Laurent Baumel, se souvient de pressions similaires : "Il y avait une montée de la tension, qui s’exacerbait le matin du vote. A neuf heures, on avait une réunion pour déterminer notre position; on comptait alors les députés prêts à déboîter. Ça déclenchait toute une contre-offensive menée par Matignon, le groupe PS, quelques ministres, voire l’Elysée". Baumel cafarde :
"Pour tenter de réduire le nombre de frondeurs, il pouvait y avoir une pression morale par téléphone, un "je te chope dans le couloir après le déjeuner". Il y avait les "bad cops", comme Jean-Marie Le Guen, qui disait "tu vas avoir de gros problèmes". Et les "good cops", dans un autre genre : "t’as besoin de quoi pour ta circonscription ?" "
Alexis Bachelay, proche de Benoît Hamon, repasse une couche : "Etre contre son groupe, c’est une position désagréable. On entre dans une sorte de schizophrénie. On se dit qu’on appartient bien à la majorité, mais il y a une forme de déchirement… Ça crée des tensions avec les collègues, qui nous regardent de travers. Le président de groupe - Bruno Le Roux - n’était pas apprécié et n’a jamais ramené personne à la maison… On n’est pas dans un climat de confiance, de sérénité. Je n’ai jamais voté contre avec légèreté ou gaieté de cœur".
"Chez nous, il y avait deux types de frondeurs, les occasionnels et les historiques. Le pic de défiance a été atteint sur deux textes, la loi Macron et la déchéance de nationalité, lorsque tous les frondeurs se sont mis en mouvement en même temps, se souvient Alexis Bachelay, ancien député des Hauts-de-Seine. On est entré dans une mécanique; on était dans le groupe PS, mais on avait notre propre agenda. On a rapidement pris le droit de déposer des amendements contre le gouvernement quand la fronde s’est durcie. On en déposait aussi avec d’autres groupes, les Verts, le PCF. La motion de censure de gauche [déposée pendant la loi Travail] était commune avec la bande à Duflot et la bande à Chassaigne [patron du groupe communiste] ».
A plusieurs reprises, Richard Ferrand a appelé à la discipline de vote. 
"En réalité, un bon frondeur est quelqu’un qui aspire à être un vrai parlementaire. Tous les députés devraient être potentiellement des frondeurs. Quand ils ne sont pas d’accord, que le projet n’est pas dans le programme initial, ou que l’équilibre s’est déplacé, les marcheurs devraient pouvoir exprimer leur opinion. Sinon, ce sont des députés godillots", juge Laurent Baumel. "Nous, on avait 20 ou 30 ans d’expérience politique derrière nous. L’expérience des media, du débat interne, de la pression. Les marcheurs sont en quelque sorte franchisés à Macron; ils ont dès le départ signé pour la fermer, en gros", tranche l’ex-député d’Indre-et-Loire.
"Je dis à ceux qui hésitent qu’ils ont raison de faire primer leur conscience personnelle sur leur discipline de groupe. Je crains que cela reste marginal car le ciment d’En Marche reste l’allégeance à Macron. C’est plus difficile quand on n’est pas aguerri, mais leur force, c’est qu’ils ne viennent pas du monde politique. S’ils ne sont pas réinvestis, ils pourront retourner travailler. Ils peuvent avoir cette liberté de ne pas vouloir faire de carrière politique", confie Alexis Bachelay.
Le décompte des frondeurs se fera au moment du vote, prévu samedi, voire dimanche.

L'opposition dénonce un vote "en catimini", "l'impossibilité des débats"

L'organisation "incompréhensible" des débats à l’Assemblée nationale provoque l'irritation des groupes politiques d’opposition contre le projet de loi asile et immigration, alors que la moitié seulement des amendements avaient été examinés avant la sixième journée de discussions.

Eric Ciotti (Les Républicains) a fait un rappel au règlement, dès l'ouverture de la séance, pour déplorer "le choix qu'a fait ce gouvernement d'organiser le débat" depuis lundi, avec un vote "en catimini", prévu dans la nuit de samedi à dimanche, voire dimanche.

Jean-Luc Mélenchon a également pointé l’"impossibilité" que le débat s’achève dans les délais, réclamant une réunion de la conférence des présidents autour de François de Rugy (LREM et ex-Verts).




Devant l'insistance du groupe LR sur la question des sans-papiers, @JLMelenchon intervient : "Réflechissez-y ! Comment les faites-vous partir ? Combien de trains ? Combien d'avions ? (...) Vous n'échapperez jamais à la nécessité d'une régularisation !"

Encore quelque 540 amendements à examiner.
Laurence Dumont (Parti Socialiste) a elle aussi souligné qu'en dehors de LREM, tous les groupes avaient réclamé un vote solennel sur ce texte, promettant de prendre "le temps qu'il faut" pour débattre de "cette régression dans les droits des demandeurs d'asile".

"Pour un texte pareil, ne pas prévoir 15 jours de débats, le faire juste avant le départ en vacances, c'est pas concevable et c'est triste", a également abondé l'UDI-Agir-Indépendant Michel Zumkeller.

Et Stéphane Peu (PCF) a jugé "incompréhensible" le choix sur le vote, notant "qu’aucune loi de cette importance" n’avait été adoptée dans de telles conditions.

Danièle Obono (LFI) a aussi estimé que les conditions ne permettent pas "un débat décent", y voyant "un mépris" par rapport à "ce qui est en jeu" et aux parlementaires, déplorant l’absence de vote solennel.

En début d’après-midi, quelque 540 amendements restaient à examiner sur le millier au départ.
RÉTENTION DES MINEURS : LA GAUCHE MONTE AU CRÉNEAU CONTRE UNE "SOLUTION BARBARE"
Les députés de gauche sont montés au créneau ce samedi contre le placement en rétention des mineurs, y voyant une "solution barbare"», le gouvernement assurant que les centres seront réaménagés pour cette situation "évidemment exceptionnelle" et "strictement encadrée".
Entamant les débats sur un des volets les plus contestés du projet de loi asile-immigration, socialistes, communistes et insoumis ont exhorté à ne pas faire une "balafre de plus à la République", selon la formule d’Eric Coquerel (LFI).
Allonger la durée de rétention de 45 à 90 jours
Pour Collomb, un article "fondamental"
Gérard Collomb a défendu un article "fondamental", présentant la rétention comme "un ultime moyen" qui "reste nécessaire", et soulignant que d’autres pays européens sont allés au delà pour la durée, dont l’Allemagne ou les Pays-Bas.
Très critiqué par les associations, l’article 16 vise à porter la durée maximale de rétention de 45 à 90 jours pour les étrangers en attente d’expulsion.
Pour plusieurs élus de gauche, il "normalise" le fait que des enfants pourront être enfermés 90 jours, alors que la France a été condamnée plusieurs fois par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). En métropole, le nombre d’enfants concernés a crû de 45 mineurs en 2014 à 305 l’an dernier, selon la Cimade.
Et les députés ont exprimé leur désaccord : "Rien ne justifie l’enfermement d’un gosse", "vous ne pouvez pas dire que vous agissez avec humanité si vous maintenez des enfants" en rétention.
"Nous sommes ici un certain nombre à être absolument, totalement, radicalement, complètement, absolument, totalement, opposés à la rétention des enfants", a ensuite lancé Jean-Luc Mélenchon, pronostiquant des condamnations "à tour de bras" avec cette «solution barbare».
"Si on n’a pas cette dernière solution, alors cette loi ne sert strictement à rien", a-t-il martelé.





Le ministre @gerardcollomb veut doubler les délais de rétention mais reconnaît que "les conditions de rétention ne sont aujourd'hui pas admissibles".
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dimanche 23 juillet 2017

La popularité de Macron dégringole de 10 points en un mois.

Descente aux enfers avec un indice de satisfaction de 54%

Jupiter chez Hadès 
dans le baromètre Ifop-JDD

La popularité de Macron et Philippe en forte baisse (sondage)
Coup dur pour le prétentieux Macron, sur la rive du Styx, rivière des enfers.  
Encore majoritaire mais en chute libre, le président essuie le premier coup de tabac de son quinquennat. Le chef de l’Etat abandonne la stratosphère pour le plancher des vaches en perdant dix points en un mois dans le baromètre de l’exécutif réalisé par l’Ifop pour le JDD. Hormis Jacques Chirac, qui avait perdu 15 points entre mai et juillet 1995, c'est la plus forte baisse d'un président après trois mois au pouvoir. 
Simultanément, le total des mécontents passe de 35% à 43% de juin à juillet, se répartissant entre "très mécontents" (15% en juillet, contre 12% en juin) et "plutôt mécontents" (de 23% à 28%). 3% des sondés ne se prononcent pas, contre 1% le mois dernier.
Les Français ne sont déjà plus que 54% à porter un regard favorable sur son action. 
"Pour Emmanuel Macron, l’entrée dans l’atmosphère est brutale, commente Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop. Il encaisse  le contrecoup de décisions et comportements divers, sanctionnés par différents secteurs  de la société.

Sa crise d'autoritarisme qui a provoqué la démission de son chef d'état-major des Armées qui dénonçait les coupes sombres dans le budget militaire a largement contribué à sa disgrâce, mais n'est pas la cause unique invoquée par les sondés.

La hausse de la CSG inquiète les retraités : -11 points chez les plus de 65 ans, -14 chez les 50-64 ans, 

La future réforme du droit du travail et le rétablissement du jour de carence visant les agents publics déplaisent à l'électorat de gauche et aux fonctionnaires : -12 points chez les sympathisants du PS, -18 parmi les salariés du secteur public, 

La confusion autour des mesures fiscales a également déstabilisé les classes moyennes et l'électorat de droite : -25 points chez les partisans du MoDem, -11 parmi ceux des Républicains.

Et encore les sondeurs n'ont-ils pas interrogé les Français sur
les efforts du nouveau venu pour exister au plan international, une primauté à son image personnelle vécue par la population comme blessante. 

Saturation de "com" et "coups de menton" arrogants 

Ces mesures punitives ont nourri la crainte d'un avenir de plomb confié sans partage à des élus aussi novices que soumis qui entérinent les premières ruptures avec les promesses du candidat Macron. "Certains sondés critiquent à voix haute une présidence fondée sur la com’ ", observe Jérôme Fourquet. D’autres reprochent au Président son "autoritarisme" face au général de Villiers, même si une petite part  continue  d'apprécier l'image du chef de l’Etat et le rythme de son action, en soulignant le contraste facile avec son prédécesseur qualifié de "bras cassé" et de "rétropédaleur". 

Malgré cette dégringolade rapide, Macron se situe encore à un niveau élevé par rapport à ses aînés : Mitterrand ne ­recueillait que 48% de satisfaction en septembre 1981  font valoir les sondeurs qui préjugent ainsi de la popularité de Macron dans deux mois, d'autant qu'en juillet 2012 Hollande était deux points plus haut, à 56% et que Nicolas Sarkozy enregistrait un taux de satisfaction de 12 points supérieur en juillet 2007 (66% )

Le Premier ministre Edouard Philippe perd 8 points à 56% de satisfaits. 
Le Premier ministre enregistre lui aussi un fort recul. Edouard Philippe passe sur la même période de 64% à 56% de satisfaits
52% des sondés se montrent "plutôt satisfaits" (contre 59% un mois plus tôt) et 4% se disent "très satisfaits" (-1%). Chez les mécontents, 27% se disent "plutôt mécontents" (+3%) et 10% "très mécontents" (+2%) : plus d'un sondé sur trois. Le taux des personnes interrogées ne se prononçant pas passe de 4% à 7%.
Selon un connaisseur des tréfonds de l'insatisfaction populaire, Hollande, "l'impopularité est nécessairement au rendez-vous" pour un président. Désormais, aux députés de la majorité, le petit coq promet   "ni caporalisme, ni ordre jupitérien". Mais ils sont maraboutés et, à la rentrée, les Français ne pourront compter que sur eux-mêmes ?

L'enquête a été réalisée par l'Ifop auprès d'un échantillon de 1.947 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, du 17 au 22 juillet, par questionnaire auto-administré en ligne et par téléphone.

jeudi 25 juin 2015

Démission: un député frondeur claque la porte du groupe PS

Le député frondeur Philippe Noguès a quitté le Parti socialiste 
"L’espoir de transformer les choses de l’intérieur, que ce soit au sein du PS ou du groupe parlementaire à l’Assemblée, s’est peu à peu évanoui"

Le diagnostic Philippe Noguès, député socialiste du Morbihan, est sans appel. En conséquence, l’élu assure qu'il a pris une décision "irrévocable" : il quitte le Parti socialiste (PS) et le groupe socialiste au Palais-Bourbon. 

Membre du parti depuis avril 2006, élu député en juin 2012, et ancien cadre d’une multinationale américaine de 60 ans, le déçu a décidé de siéger parmi les non-inscrits à l’Assemblée. 

Philippe Noguès a dû en informer Bruno Le Roux, le président du groupe PS à l’Assemblée, comme Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du parti, par courrier vendredi 25 juin. Ce "frondeur" breton fait "le choix de la liberté et de la loyauté à [ses] convictions", mais il n’a pas l’intention pour autant d’être "dans l’opposition systématique".

Il dresse un portrait ressemblant de Bruno Le Roux
Le président du Groupe est "un véritable problème au sein du groupe. Il a une vision caporaliste de sa mission. Il ne supporte pas le débat, les contestataires. Il a créé une atmosphère détestable au sein du groupe," dénonce l'élu.

Il reproche par ailleurs au gouvernement et à François Hollande une politique de reniements et de manquements qui profitent au FN et un gaspillage de dizaines de milliards donnés en pure perte aux mauvaises entreprises, arguant de surcroît que "la ligne social-libérale a gagné".

L'homme refuse d'être un godillot...
"Je soutiendrai les projets de lois qui me sembleront aller dans le bon sens et je continuerai à combattre la droite ", précise cet indépendantiste. Mais que l’on ne compte plus sur lui pour être un élu béni oui-oui de la politique gouvernementale.
Mais il ajoute l’avoir fait "par respect pour les électeurs qui [l]’ont élu en 2012 ". "Depuis trois ans, on n’a pas de résultats, on n’améliore pas la vie des Français, et nos manques et nos reniements nourrissent en partie la montée du Front national, il faut donc réagir ", conclut le député.

"Nos efforts pour infléchir la ligne ont été vains"

"Depuis de longs mois, avec mes camarades frondeurs, je me bats pour infléchir la ligne économique du gouvernement. Force est de constater que nos efforts ont jusqu’ici été vains, le chemin tracé vers une société de plus en plus libérale n’a pas varié", déplore ce proche de Martine Aubry. 
S’il a bien l’intention de se représenter aux législatives, en juin 2017, il ne veut plus d’ici là participer aux enjeux d’appareils du PS. "Je suis socialiste, je le reste, mais je ne crois plus que le PS, en tant que structure politique, puisse être le moteur d’un nouveau départ", affirme-t-il.

Noguès espère entraîner d'autres déçus du "changement" 
Il espère que son initiative fera école chez ses collègues socialistes: il ambitionne même de monter à terme un groupe autonome à l’Assemblée. "Beaucoup de députés socialistes sont comme moi en désaccord avec la politique que l’on mène, mais ils n’osent pas franchir le pas", explique-t-il, avouant que son choix a été "douloureux".
Qui sortira du rang avec cet ancien délégué syndical CFDT?

mercredi 25 février 2015

Exit la volonté du peuple: Matignon soumet ses députés PS à la discipline du bureau national

Les représentants socialistes de la nation perdent leur liberté de vote

La direction du PS appelle le pouvoir législatif à la soumission


Le bureau national du Parti socialiste s’est réuni mardi pour envisager des sanctions contre les rebelles sur son aile gauche. Les termes "unité", "concertation", "cohésion" et "obligations" figurent dans sa résolution. Echaudé par le psychodrame de la loi Macron et du recours au 49.3 pour court-circuiter les "frondeurs" qui menaçaient de ne pas la voter, le premier secrétaire ne dissimule pas sa fureur et sa volonté de sécuriser le PS et de remettre de l'ordre dans les rangs: "C'est la démonstration du non-respect de notre vie interne,"  a grondé le brutal. "Je suis tétanisé", ricane dans la foulée un député.

D'ailleurs, le PS décide finalement de... ne pas choisir entre soutien au gouvernement et soutien aux frondeurs. "Le PS doit se ressaisir", écrit en préambule le premier secrétaire, qui estime que "le manque de respect, de fraternité ou tout simplement de camaraderie a atteint un niveau intolérable". S'ensuit un exercice d'équilibriste.

Au final, la mise en garde adressée aux "frondeurs" ne fait référence à aucune sanction de la révolte des socio-démocrates de la semaine dernière. 
"Etre dans un groupe parlementaire signifie qu’une fois que le groupe parlementaire a pris position après débats et vote, il faut le respecter", a affirmé, à l’antenne de RFI le 25 février, le président du groupe socialiste au Sénat, Didier Guillaume, ancien conseiller politique de Jean Glavany au ministère de l'Agriculture et de la Pêche (1998-2002) et actuel président du Conseil général de la Drôme depuis 2004. Il a annoncé qu’il ne se représentera pas aux élections départementales de mars prochain. Les républicains auront toute liberté de ne pas élire son candidat, Gérard Chaumontet (à droite), vice-président du département de la Drôme chargé de l'économie.

Pas de sanctions mais "des consignes de vote"

L'effet Charlie ? Finie la liberté d'expression des parlementaires socialistes: l'organe du parti les rappelle à "leurs obligations" et leur imposera ses "consignes de vote". Confronté au "vent de révolte" de "frondeurs" socialistes contre la Loi Macron qui a été adopté en force et, sans vote, avec recours à l'article 49.3 par le Premier ministre, l'exécutif a senti passer le "vent du boulet."
VOIR et ENTENDRE qui pensait en que le 49.3 est "une violation des droits du Parlement, une brutalité, un déni de démocratie, une manière de freiner ou d'empêcher la mobilisation", le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, qui en 2006, s'en prenait alors au premier ministre Dominique de Villepin, lequel avait choisi d'engager la responsabilité de son gouvernement sur le Contrat première embauche (CPE) en ayant recours au 49.3.


Coup de force interne: silence dans les rangs !

Une mise au pas au nom de la règle de "l’unité de vote de leur groupe": le bureau national du Parti socialiste donnera maintenant "ses consignes sur les textes après audition du gouvernement". Et si les consignes ne sont pas respectées ? Le bureau prévient que "tout manquement aura les conséquences prévues par les règles internes". Un rappel au règlement justifié par "la cohésion qui ne discute pas".

Le premier secrétaire coopté du "politburo" PS s'est dit satisfait d'un vote interne qui n'a pas donné lieu à une seule voix contre. "C'est un signe positif, encourageant," a estimé l'ancien trotskiste Jean-Christophe Cambadélis. La résolution a été votée par 29 voix pour, neuf abstentions et trois non participation au vote.

Le bureau national met son grand malaise sur la place publique


Une direction du parti assise entre deux chaises 
Les petits soldats du PS devront marcher au pas cadencé par le parti, mais s'il y a bien eu un rappel à l’ordre, c'est "un geste... pour les frondeurs", selon France Info !
"Il n'y a pas eu de division interne", commente le premier secrétaire du Parti socialiste.

 Dans sa résolution, le bureau national penche du côté "frondeurs"
Il a en effet concédé une circonstance atténuante aux députés qui ont critiqué le projet de loi Macron. Le bureau a avoué qu'il a été mis devant le fait accompli sur le nombre de dimanches ouverts au commerce. 
Le bureau réclame même un réexamen de ses propositions en seconde lecture. C'est un geste en faveur de ceux et celles qui veulent débattre et qui n'a pas échappé à Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice et membre de l'aile gauche du PS.
"Jean-Christophe Cambadélis a bien rappelé qu'un certain nombre de nos propositions faites au nom du bureau national n'avaient pas été prises en compte et qu'il souhaite qu'en deuxième lecture, ça puisse être entendu." 

VOIR et ENTENDRE quelques réactions au "caporalisme" (J.Guedj) de l'exécutif socialiste:



Nul ne sait sur quel pied danse le "frondeur" Jean-Marc Germain...
Tandis que Didier Guillaume fait valoir qu' "un parti politique n'est pas une association, c’est un endroit où on vote des lois," le député (PS, Seine-et-Marne) Eduardo Rihan-Cypel a ajouté sur Sud Radio: "Un parti, ce n’est pas un club de boules." Tous sont-ils donc satisfaits du déroulé du bureau national? L'élu originaire du pays de Lula se félicite en tout cas de "la restauration de l’autorité et le maintien de l’unité du PS". N'en déplaise à Valls, "les sanctions n’étaient pas l’objet du BN", a-t-il même assuré en avalant son petit quatre-heures... 
Le député PS des Hauts-de-Seine assurait devant Nicolas Beytout sur le plateau de l'Opinion, il y a quinze jours: "On a appris à être un parti de gouvernement mais pas au gouvernement." 

Le 25 février 2015 Jean-Marc Germain, était l'invité de Guillaume Durand sur LCI
"oui mais à condition qu'on garde quand même la possibilité pour un député d'avoir une liberté de vote et de conscience...il s'agit pas que ça se répète, il s'agit de vérifier que ça ne porte pas atteinte à la majorité."

Il fait aussi des aveux intéressants sur d'autres sujets

"Au fond, ça arrange les consommateurs de pouvoir aller faire ses courses le dimanche n'importe où." 

Autre remarque savoureuse sur les ressources sémantiques des parlementaires: "En 36, quand on a fait les congés payés,on n'a pas dit 'ça va vous empêcher de travailler pendant les vacances', on a appelé ça du ' temps libre'."




"Une deuxième question. Dans nos démocraties, qui doit avoir le dernier mot, le gouvernement ou le parlement? Dans toutes les démocraties du monde, à l'exception de la nôtre, c'est le parlement qui a le dernier mot. Regardez Obama, c'est un régime présidentiel. Quand il a voulu relever le plafond de la dette, il a proposé neuf budgets avant d'en faire accepter un." (...) "Est-ce qu'on dit qu'Obama est un président faible?"
"Parlons un peu des arrières pensées depuis le début de cette expérience à gauche." "Il faudrait que vous viviez de l'intérieur le parlement. Est-ce qu'on a parlé une seule fois de l'opportunité de passer de 5 à 2 dimanches ? Ce débat, il était interdit, interdit oui, et pourquoi est-ce que c'est monsieur Macron qui devrait avoir le dernier mot ? Le parlement a envoyé des dizaines de rapports, des rapports qui ont été commandés par toutes les majorités.(...)  Il y a régulièrement les mêmes rapports disant que ça ne créera pas d'emplois d'augmenter le nombre de dimanches (...) et ça détruira les petits commerces
"Il faut qu'on mette de la méthode mais l'élément central de cette méthode, c'est il faut un nouveau contrat de majorité, puisqu'on peut pas tout à fait faire ce qu'on avait dit. On a fait beaucoup de choses qu'on avait promises et maintenant on a une nouvelle page à écrire."  
"Tout ça sur papier avec des écologistes, avec des radicaux de gauche." "Si on a l'impression qu'il n'entendait pas l'intérieur du PS, ceux parmi les leaders du PS, Arnaud Montebourg  et Benoît Hamon, ils ont soutenu l'arrivée de Manuel Valls comme premier ministre."

Autres contre-vérités ou velléités...
Tout le monde à genoux...
"Parce qu'on savait qu'on allait arriver au pouvoir, on avait travaillé pour que chaque mesure qu'on propose soit financée, pour que ce soit adapté à la crise qu'on avait vécue [et surtout niée !], notamment cette emprise de la finance sur l'économie qui, quelque part, l'a étouffée. (...) Par exemple sur la loi bancaire, on a dû aller plus loin sans faire n'importe quoi: faut pas tuer les banques françaises."
"On n'a qu'à baisser l'impôt sur les sociétés, pour les entreprises qui investissent, l'augmenter sur celles qui versent des dividendes: c'est une proposition simple pour relancer l'investissement."