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lundi 20 avril 2020

Coronavirus: Air France en flagrant délit de non-respect des mesures de distanciation sociale

Combien de vols Air France remplis au mépris de la santé publique en pleine épidémie ?

La priorité accordée par la compagnie nationale à la rentabilité interpelle des passagers
 
Image

Ils se sont retrouvés côte à côte sur un Paris-Marseille rempli à bloc, comme on peut le voir sur une photo publiée par une journaliste.

La scène contraste avec les propos tenus par Edouard Philippe qui annonçait dimanche 19 avril  aux Français qu'ils ne retrouveront "pas tout de suite et probablement pas avant longtemps" leur "vie d’avant” la crise du coronavirus...

L'exécutif est une fois de plus déconnecté de la réalité : le discours officiel n'est pas en adéquation avec ce que vivent les Français et, ce week-end, sur Twitter, une journaliste de France 3 le démontre, si besoin était, avec sa photo d'une cabine pleine, avec une absence de distanciation sociale entre passagers, contraints de passer une longue heure au coude à coude avec les inconnus d'un vol Air France du matin le 18 avril. 

Après avoir fait la queue en respectant la distanciation sociale, l
e vol est complet et les passagers se retrouvent à touche-touche, sans aucun contrôle d’attestation pour vérifier les motifs de déplacement.
Dans le même temps, un senior est verbalisé dans son quartier pour être allé chercher son pain sans cette attestation et une nonagénaire se fait réprimander par des gendarmes, dans son jardin à Gap, Hautes-Alpes. Ils n'avaient pas reçu l'ordre de s'inquiéter de la santé de cette dame âgée!  

Seul vol quotidien restant sur la ligne, il avait été pris d'assaut, samedi 18 avril, et la compagnie nationale n'avait pas hésité à remplir ses caisses après ces derniers jours d'interdiction de circuler.

L'Edouard dit compter sur le sens des responsabilités des Français, mais ne peut miser sur celui d'une entreprise publique
 
Dans l’aérogare, Air France a bien respecté les mesures sanitaires avec des marquages au sol. Mais ces mesures ne sont pas obligatoires dans l’avion, pas plus que le port d’un masque de protection, et Air France n'a pas pris les initiatives de bon-sens qu'on est en droit d'attendre d'elle.

Air France a précisé que l’air de la cabine était renouvelé toutes les trois minutes en étant traité et recyclé par des filtres identiques à ceux utilisés dans les blocs opératoires, rapporte RTL.
Vogue la galère...

samedi 1 février 2020

Des primes de 300 à 1.500 euros versées à des cheminots non-grévistes

La gestion politicienne de la SNCF sert-elle les intérêts de l'entreprise d'Etat et de ses usagers? 

L'arrogante entreprise publique refuse toute "polémique" !

La SNCF "confirme et assume [ ! ] l’attribution par des managers locaux de primes exceptionnelles", que ça nous plaise ou non
En remerciement de leur "professionnalisme", "implication" et "grande disponibilité" pendant la grève, des briseurs de grève proches de la CFDT ont reçu de la SNCF une prime sur leur paie de janvierdénonce la CGT-Cheminots.


Dans un tweet, Bérenger Cernon, responsable du syndicat à la gare de Lyon, à Paris, indique que la direction de la SNCF a octroyé des primes "de 300 à 1.500 euros" à des non-grévistes. "En même temps, elle nous explique que l’on doit vendre des actifs et faire des économies drastiques", proteste-t-il.

Le coût des grèves n'est pas imputable seulement aux grévistes

"
Ce n’est pas la première fois" que de telles primes sont versées à des non-grévistes, a déclaré Bérenger Cernon, croyant justifier ainsi ce redéploiement de l'argent public. "C’est déjà arrivé dans le passé et cela se produit de plus en plus", mais "cela nous choque après les différentes annonces de la direction sur des économies et des cessions d’actifs à faire parce qu’il faudrait se serrer la ceinture", a-t-il ajouté.

Elisabeth Borne, ministre des transports, finance les grévistes...

Dans son tweet, il copie un extrait d’un courrier où un salarié se voit octroyer "une gratification exceptionnelle de 500 euros" sur sa "paie de janvier" pour le "remercier pour (son) professionnalisme, (son) implication et (sa) grande disponibilité dans le cadre du mouvement de grève ayant débuté le 5 décembre". Selon le syndicaliste, ce salarié a décidé de verser sa prime à une caisse de grève pour "soutenir financièrement" les grévistes, faute d’avoir pu lui-même faire grève. 

Engagement et surcroît d’activité : les cheminots peuvent assurer plus d'heures.
Dans une déclaration, la direction de la SNCF "confirme et assume l’attribution par des managers locaux de primes exceptionnelles à certains agents qui se sont mobilisés de façon exceptionnelle et sur une période particulièrement longue pour assurer la continuité du service public pendant la grève".

"L’engagement et le surcroît d’activité de ces agents non-grévistes ont permis aux trains de circuler, y compris les week-ends et pendant les fêtes, aux postes d’aiguillage d’être tenus, et aux voyageurs d’être correctement informés pendant toute la période", estime la direction. "La tentative de polémique et de politisation de ces mesures managériales classiques récompensant du travail supplémentaire et de l’engagement pour le service est tout à fait déplacée", juge-t-elle.

"En même temps", la réforme des retraites dispose que
les avantages acquis doivent disparaître : Macron y veille !

mercredi 29 avril 2015

INA et les frais de taxis d'Agnès Saal: quand les euros ne sont pas rares pour tous

Taxis d'Agnès Saal et budgets culturels : 
quand les euros ne sont pas rares pour tous

La PDG de l'INA, nommée en Conseil des ministres sur proposition de l'ex-ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, est visée par une lettre anonyme dénonçant ses factures de taxis

Après Radio France et Mathieu Gallet, l'INA et Agnès Saal, donc ! 
La semaine dernière, un corbeau a envoyé aux administrateurs de l'Institut National de l'Audiovisuel (INA), une entité de l'audiovisuel public, un rapport détaillé des factures de taxis d'Agnès Saal, la PDG de l'INA.

Ces informations "du corbeau" ont été envoyées par courrier anonyme aux administrateurs de l'INA, a confirmé Françoise Lamontagne, déléguée syndicale CGT, qui a reçu "le dossier dans sa boîte aux lettres perso". "Ca fait très mauvais effet.
Les salariés sont en colère. C'est complètement contradictoire avec (le) discours" d'Agnès Saal en faveur d'une gestion rigoureuse de l'INA, a ajouté la représentante de la CGT.
Même indignation au syndicat FO de l'institution, installée à Bry-sur-Marne (Val de Marne), qui estime que "la crédibilité de Madame Saal est très sévèrement entachée". FO avait demandé à l'Etat "des mesures pour qu’enfin les dépenses des établissements publics soient gérées dans la transparence et non dans l’opacité la plus totale".  Agnès Saal n'avait pas souhaité communiquer. Une enquête interne pour identifier le corbeau a été ouverte à l'INA.

Une fois informée des "frais de déplacement privés de la présidente", la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, "a immédiatement demandé le remboursement intégral, qui est en cours", a souligné le ministère par communiqué. Depuis l'onéreuse rénovation des boiseries "en palissandre de Rio" du bureau de Mathieu Gallet, PDG de Radio France, révélée par le Canard Enchaîné en pleine grève dans le groupe de service public, la gabegie des dirigeants de l'audiovisuel public est particulièrement indécente en temps de disette budgétaire

A. Saal a remplacé Mathieu Gallet, à la tête de l'INA en mai 2014. En dix mois de fonction, Agnès Saal a totalisé une facture de 40.915 euros auprès de la compagnie de taxis G7 - proche du Parti socialiste - dont un peu plus de 7.000 euros d'abonnement et plus de 32.000 euros de déplacements. Sans que l'association Anticor ne bronche. Sur le site de l'INA, sa biographie affirme que "par passion et conviction, Agnès Saal choisit, dès sa sortie de la promotion "Solidarité" de l’ENA en 1983, de servir l’intérêt public"...

Ce courrier du corbeau précise que ces factures "matérialisent une possibilité d'abus de biens sociaux". Il a été envoyé la veille du conseil d'administration de l'INA qui s'est tenu le 23 avril. Celui-ci comprend une sénatrice, un député, des représentants des ministère de la Culture (Emmanuelle Bensimon-Weiler) et de Bercy (Louis-Augustin Julien), un représentant de la Cour des comptes (Catherine Démier, directrice générale du Festival de Cannes et trésorière du Conseil d'administration du théâtre de la Ville à Paris), des représentants du personnel et des personnalités qualifiées. 

Agnès Saal s'en est expliquée devant son conseil d'administration le 23 avril. Dans un premier temps, elle a cru pouvoir s'en tirer en s'engageant à rembourser les déplacements privés. Elle assure avoir déjà remboursé une partie des dépenses de taxis relevant de ses déplacements personnels. "En tant que PDG de l'INA, j'ai une voiture de service avec chauffeur à disposition. Mais, comme je ne peux pas le faire travailler 12 à 15 heures par jour ni les week-ends. J'ai également un abonnement aux taxi G7, car je n'ai pas de permis de conduire. Ce dispositif avait déjà existé avant mon arrivée et je l'ai repris", explique la PDG de l'INA, impliquant ainsi Mathieu Gallet.

6.700 euros de taxi pour le fils de la PDG de l'INA

Elle a aussi reconnu une faute. Sur la facture de taxi, 6.700 euros sont directement imputables à son fils à qui elle a communiqué son code de réservation. "C'est une maladresse, j'en reconnais la responsabilité et j'ai immédiatement remboursé ces frais." Reste à déterminer par la PDG de l'INA  ce qui, dans les 7.800 euros de taxis facturés le week-end, relève des déplacements professionnels et de ce qui relève des déplacements privés. "Je suis en train de faire le décompte. Ce n'est pas évident de savoir si une course de taxi pour un événement dans lequel je représente l'INA est professionnel ou personnel", argumente Agnès Saal. "Mais j'estime que l'usage professionnel du taxi pendant les weekends représente environ un tiers ou un quart de la facture", estime-t-elle librement, puisque "c'est l'Etat qui paie", comme dirait l'autre... Elle s'est donc engagée, devant ses administrateurs, à rembourser les deux tiers ou les trois quart restants.

La question des dépenses publiques par les présidents de l'audiovisuel public est très sensible

Tous les frais engagés par les hauts-fonctionnaires de l'Etat devraient être contrôlés rigoureusement mais l'affaire Mathieu Gallet - même blanchi par une enquête de l'inspection générale des Finances (comme l'a été Thierry Lepaon par ses camarades syndicalistes de la CGT) - a démontré que la Cour des Comptes fait l'impasse sur de nombreux services de l'Etat.

Animée par une profonde antipathie pour Aurélie Philippetti qui l'a précédée à son poste Rue de Valois,
Fleur Pellerin, ministre de la Culture, exige maintenant une totale transparence et exemplarité des dirigeants d'établissements culturels. Elle a chargé l'inspection générale des affaires culturelles (IGCA) d'une mission pour mieux encadrer et contrôler les dépenses de fonctionnement des dirigeants des entreprises publiques. "Nous demandons la régularisation des toutes les sommes dépensées sur le plan personnel", affirme la rue de Valois qui a également missionné le Contrôle général économique et financier (CGEFi) afin de déterminer les suites à donner à cette affaire.
"La mission de l'IGCA devrait aboutir à la définition de conditions d'exercice similaires pour toutes les présidences, et je m'en réjouis", applaudit Agnès Saal qui a visiblement besoin d'un garde-fou. Cette dernière tient à prendre les devants. "En novembre 2014, avant même toutes ces affaires, j'ai pris la décision de réduire le budget 2015 de frais de fonctionnement de la présidence de l'INA de 90.000 euros à 70.000 euros." Avec des compensations personnelles... 

Les règlements de comptes arrivent en cascade, mais entre personnes. 
La PDG a en revanche mis fin aux différents contrats de conseil en image et en stratégie, dont celui de Denis Pingaud qui conseillait... Mathieu Gallet, pointé pour son conseiller en communication (90.000 euros par an), des travaux dans son bureau (104.000 euros), et sa nouvelle voiture.
Elle assure aussi n'avoir pas refait ses bureaux à son arrivée à la tête de l'INA. "J'ai uniquement acheté trois lampes chez Ikéa [sic].  Surtout, je passe tout mon temps à Bry-sur-Marne, siège de l'INA, et nous devrions mettre fin à la location coûteuse des bureaux à Paris, rue de Patay," à deux pas de la Bibliothèque François Mitterrand. 

Quand Agnès Saal, PDG de l'Ina, promettait de "mieux utiliser l'argent public"

 Agnès Saal a présenté sa démission le mardi 28 à la demande de Fleur Pellerin. La ministre de la Culture lui reproche le montant de ses frais de déplacement en taxi, estimé à plus de 40.000 euros.

Lors de son audition devant les députés en novembre 2014 ou dans ses entretiens accordés aux media, Agnès Saal mettait sans vergogne en avant les "efforts" budgétaires à mener, ainsi que les principes d'une gestion rigoureuse des deniers de l'État avec qui elle négociait un contrat de financement de l'INA. Et d'assurer, non sans aplomb, qu'avec son équipe, "nous [devons] mieux utiliser l'argent public". La preuve en images dans cette vidéo :
VOIR et ENTENDRE la pdg de l'INA s'engager à "mieux utiliser l'argent public"...

Agnès Saal, la patronne de l'Ina, démissionne suite à sa méchante affaire de notes exorbitantes de taxi

La présidente de l'INA a présenté sa démission à la demande de Fleur Pellerin, indique le ministère de la Culture, mardi 28 avril. Cette démission prend effet immédiatement, a-t-on précisé de même source, à l'issue d'une rencontre rue de Valois entre la ministre et la PDG de l'Institut national de l'audiovisuel.
Selon Le Figaro, la patronne déchue de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), a dépensé en dix mois 40.915 euros de taxis auprès de la compagnie G7

Nommée en avril 2014 à la tête de l'Institut national de l'audiovisuel, cette habituée des cabinets de plusieurs ministres socialistes de la Culture du gouvernement Lionel Jospin, Catherine Trautmann (comme conseillère... budgétaire, 1997-1998, ça ne s'invente pas), puis directrice-adjointe du cabinet (1998-2000) et de Catherine Tasca (2000-2001) à cette même fonction, a fait un petit tour par l'INA, puis s'en est allée.

Dans ses précédentes fonctions, à la direction générale du Centre Pompidou, A. Saal (57 ans), née à Tunis en 1957 d’un père commerçant en textile du souk et d’une mère issue d'une famille de banquiers et de financiers originaires d'Italie, tous deux juifs, assure qu'elle a préféré continuer d'habiter chez elle plutôt que d'utiliser un appartement de fonction qui aurait pu être mis à sa disposition.
Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'ENA, Agnès Saal a également été directrice administrative et... financière du Centre national de la Cinématographie (CNC), de 1990 à 1997.

Le devoir d'exemplarité

"L'exemplarité des dirigeants doit être non seulement effective mais aussi évidente aux yeux de tous, sous peine de fragiliser la cohésion de l'entreprise", avait toutefois noté l'IGF. Après la dénonciation de la présidente de l'INA, Fleur Pellerin a elle aussi rappelé "son attachement très ferme à l'exemplarité des dirigeants des organismes publics placés sous sa tutelle". 

Des recrutements aussi nombreux qu'opaques
Denis Pingaud, le très cher conseiller en communication du PDG de Radio France, serait lui un proche de ce dernier, qui avait déjà eu recours à ses services lorsqu'il était à la tête de l'INA. Le communicant était alors vice-président d'OpinionWay, une des nombreuses entreprises de conseil auxquelles Mathieu Gallet a fait appel durant sa présidence. Au point que lorsque Denis Pingaud fonda sa propre société de conseil, l'ex-PDG de l'INA parvint à lui obtenir un nouveau contrat. Au total, ce sont sept entreprises qui se sont partagées les faveurs de l'ex-patron en quatre ans de présidence de l'INA. L'ensemble des contrats représentent plus d'un million d'euros, soit plus de 1% du budget annuel de l'INA, qui fonctionne en grande partie grâce à des financements publics. Une seule avait été embauchée à la suite d'un appel d'offres. Interrogée, la porte-parole de Mathieu Gallet, qui occupait déjà cette fonction lorsqu'il dirigeait l'INA, a déclaré que tous les contrats ont été passés "selon les procédures en vigueur", en démentant l'affirmation du Canard enchaîné selon lesquelles ces frais ont été signés sans mise en concurrence. Elle n'a pas commenté les sommes avancées par Le Canard.

Les nouvelles révélations qui accablent Agnès Saal salissent la présidence de F. Hollande apôtre de la transparence et de l'exemplarité
. Les salariés de Radio France sortent en effet frustrés d'une grève illimitée historique de 28 jours contre... le plan d'économies engagé par le PDG, ainsi qu'un plan de départs volontaires en préparation. 
La réaction du gouvernement est d'autant plus vive à l'encontre de la PDG socialiste que Hollande et Valls promettent de suivre les dépenses publiques à la loupe en période de crise et que la Cour des comptes envisage des réformes choc pour remettre le budget de Radio France sur les rails
Le PDG de Radio France Mathieu Gallet avait l'intention de porter plainte contre le Canard enchaîné, dénonçant des "allégations diffamatoires" après la publication par l'hebdomadaire d'informations sur ses dépenses lorsqu'il présidait l'Institut national de l'audiovisuel (INA). Maintenant qu'il a été blanchi par l'inspection générale des Finances, son dépôt de plainte ne devrait plus tarder...

Christian Combaz confirme que la gabegie d'Etat ne frappe pas seulement l'audio-visuel public 

Habitué des Instituts culturels français à l'étranger, l'écrivain confirme que les établissements publics culturels français, notamment à l'étranger, jettent l'argent par les fenêtres sous les yeux de leurs invités. Le cas pathétique de la directrice de l'INA n'a donc surpris aucun des artistes qui sillonnent le réseau culturel du ministère des Affaires étrangères de Laurent Fabius pour prononcer une conférence ou présenter un film.
Ch. Combaz cite ainsi l'exemple d'"un agrégé de lettres payé 6.500 euros, adjoint au directeur d'un Institut culturel européen, qui, hébergé gratuitement dans un appartement consulaire à l'autre bout du pays, se fait signer par le consul des bons de nuitée remboursés 90 euros par son ambassade?" Et il en a le droit ! "Tout comme le personnel para-diplomatique a le droit de récupérer les véhicules de fonction après deux ou trois ans, à un prix d'autant plus bas que les mises en vente sont confidentielles, et qu'une fois le délai écoulé c'est la première offre qui l'emporte. 1.000 euros pour une voiture quasi-neuve, c'est assez tentant. Visiblement la tentation n'épargne pas grand-monde."

L'ex-patron pendant trois ans du Centre culturel français de Milan rapporte également "la commande par un fonctionnaire contractuel du Quai d'Orsay en charge d'un grand centre culturel européen de trois tonnes de meubles en plexiglas à un designer hors de prix dès son arrivée, l'achat d'une C5 neuve avec toutes les options, les heures supplémentaires du chauffeur parce qu'on n'a pas de permis, l'aller-retour d'Angleterre de deux ingénieurs pour réparer le système Dolby du projecteur, la commande d'expositions à trente mille euros qui ne rapportent rien mais qui permettent de convier toute la ville à un vernissage tapageur, le tout pour "planter" finalement de trois cents mille euros (en trois ans) le budget de la maison dont on a la charge, avec la bénédiction de l'ambassadeur qui trouve la direction du Centre Culturel très créative, très tendance, très originale."
Au diable l'avarice.

mardi 24 mars 2015

SNCF: l'entreprise publique va supprimer entre 11.000 à 13.000 postes

Vers un "probable nouveau ' REPLI ' significatif" des effectifs 

Nouvelle annonce au Comité central d'entreprise (CCE) de la SNCF 

Dans un rapport, le groupe public prévoit un "probable nouveau repli significatif" des effectifs: 12.000  suppressions sur cinq ans, c'est plus qu'un 'repli' ! 
Réalisée par le cabinet Secafi, cette projection est encore plus sombre que celle présentée au même CCE fin février par le cabinet Degest, qui prévoyait près de 9.000 emplois nets d'ici à 2020.

Pour les responsables CGT du CCE, ce rapport "confirme les risques de déraillement de la nouvelle SNCF". L'"insoutenable" équation financière qu'il souligne "risque d'entraîner, d'ici 2020, la suppression de près d'un emploi de cheminot sur dix, une réduction significative du réseau et une condamnation, à plus ou moins long terme" des trains Intercités et de marchandise", écrivent-ils dans un communiqué.

Les députés de la majorité font monter le Front national

Secafi précise avoir travaillé sur le plan stratégique que le groupe public doit encore "négocier et contractualiser avec l'Etat" en 2015. Conséquence de la réforme ferroviaire votée l'été dernier, le groupe public a changé de périmètre et d'organisation au 1er janvier et réunit maintenant les 149.000 salariés de la SNCF et 1.500 employés de Réseau ferré de France (RFF).

L'objectif de "stabiliser la dette à un horizon de moyen terme" crée une "pression préjudiciable" à l'"assise industrielle" du groupe et à sa capacité à organiser les mobilités nécessaires, affirme le cabinet.

Sur la base d'un scénario de dette à 56,7 milliards d'euros en 2020 contre 45 en 2014, le cabinet chiffre à 4,8 milliards d'euros l'effort de productivité interne: 2,5 milliards d'économies espérées de sa fusion avec RFF et 2,3 milliards des divers plans de réduction des coûts engagés.

Au vu des objectifs de productivité et du contexte (libéralisation du marché des autocars, voulue par la Loi Macron, ouverture à la concurrence, restriction des investissements subventionnés), Secafi prévoit la disparition d'ici à 2020 de 11.000 à 13.000 postes au sein du groupe (hors filiales et RFF). Soit une multiplication par trois par rapport aux cinq dernières années (-4.500 suppressions de 2010 à 2015), très proche de la période 2005-2010 (-14.200).

Plus précisément, il anticipe une réduction de 8.000 postes chez l'exploitant SNCF Mobilités, et une perte de 3.000 à 5.000 dans l'établissement SNCF Réseau, en charge de l'infrastructure. Pour assurer son vaste plan de rénovation au moment où les départs en retraite sont nombreux, "le développement de partenariats industriels et l'accroissement du recours à la sous-traitance sont les solutions privilégiées" par la SNCF, souligne Secafi.

Les grévistes professionnels s'insurgent

Comme la CGT partisane des grèves à répétition, l'UNSA "déplore" aujourd'hui la tendance aux mises en chômage, qui relève que "les embauches au statut n'ont plus la cote, alors que la charge de travail augmente à SNCF Réseau".
Le cabinet Secafi formule une série de préconisations, dont la mise en place "au plus tôt d'une véritable politique de GPEC [Gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences]" afin de favoriser "la mobilité choisie". Sur ce sujet, les discussions doivent s'ouvrir prochainement.

dimanche 28 décembre 2014

Pas de nouveaux impôts, mais des hausses des tarifs SNCF

Les hausses de tarifs qui vont monter la colère

La SNCF, entreprise ferroviaire publique, viendra ajouter ses hausses de tarifs aux augmentations de 2015,
 
année déjà marquée par une hausse globale des prix de l'assurance.

Les prix des billets de TGV (hors Prem’s), d’Intercités et de TER vont augmenter de
2,6 % l’an prochain.
La SNCF minore la portée de ces hausses, mais son annonce ne manque pas de provoquer une virulente levée de boucliers, en cette période d’inflation très basse, de chômage et de baisse du pouvoir d'achat.

L’entreprise se défend comme elle peut, faisant remarquer qu’en 2014, elle n’a fait que répercuter la hausse de 3 points de la
TVA sur les billets décidée par le gouvernement. La presse évite de préciser que le pouvoir qu'elle sert a repoussé les hausses du fait des municipales de mars et des européennes de mai 2014  et que les élections professionnelles, du 27 novembre au 4 décembre, sont derrière lui. Il semble même avoir fait une croix sur ses chances aux cantonnales de mars prochain.
Par ailleurs, la hausse annoncée vendredi "ne veut pas évidemment dire que les billets augmenteront tous de 2,6 %", raconte un cadre -anonyme- de l’entreprise à qui veut l'entendre: le secret des sources, probablement ! Cette hausse ne s’applique pas aux cartes de réduction et aux abonnements TER, dont le montant est décidé par les régions, mais elle frappe néanmoins les billets TER et Intercités sans réservation. Le prix des billets TGV Prems’ restera lui aussi inchangé, mais ne concerne que les voyages en décalé et le week end, pendant les vacances scolaires seulement et au-delà de 25€ en TGV sur de quelques villes de France métropolitaine. Et le groupe public a aussi  l'audace de faire des promesses sur l'augmentation de leur nombre, estimant récemment que les Prem’s avaient représenté un billet TGV sur huit en 2014, contre un sur 10 en 2012. On frise l'intox !

Variation des prix en fonction de la demande

Plus largement, la SNCF s’est convertie depuis de nombreuses années à une politique tarifaire basée sur la variation des prix en fonction de la demande, le "yield management", pour faire sérieux. Ce qui va augmenter de 2,6 %, c’est le tarif maximum que peut payer le client, lorsque la demande est forte. C'est-à-dire que le plus grand nombre sera d'autant plus lourdement taxé qu'il voyagera en masse, en périodes de vacances et de fêtes ! Un prix que la SNCF applique lorsqu’il reste des places de réservation dans un train, ou alors en période de pointe, lorsqu’elle est quasiment sûre de vendre tous les billets. Les tarifs accessibles seront réservés aux voyageurs atypiques.  

En périodes creuses, les rares clients ne paient pas plein tarif, expliquait récemment un représentant de l’entreprise publique, sous couvert d'anonymat ! Au total, les trois-quarts (?) des  occasionnels, hors saison, bénéficieraient d’une réduction, sous une forme ou sous une autre, à en croire l'estimation optimale de la SNCF. Il ne lui en coûte rien non plus de tirer des plans sur la comète en imaginant que cette proportion puisse s’accentuer du fait du renforcement de la concurrence (comme le covoiturage ou les compagnies aériennes low cost). De même que Bercy attend la relance économique européenne ou certifie que les fraudeurs fiscaux repentants se pressent pour rapatrier en France leurs avoirs en paradis fiscaux, la SNCF attend que la concurrence privée pèse sur le "yield " de l’entreprise publique et l’encourage à augmenter le nombre de billets à prix réduits pour stopper l’érosion de sa clientèle. La SNCF s’est toutefois engagée dans une démarche de baisses des coûts en gagnant en productivité à la fois sur l’entretien du réseau et des trains.
VOIR et ENTENDRE comment Thello pourrait concurrencer la SNCF. Thello ouvre une nouvelle ligne ferroviaire entre la France et l’Italie:
La SNCF ne bouge que sous la contrainte: "Fais-moi mal, Johnny, fais-moi mal", chante Boris Vian.

Le TGV est vécu comme cher

La hausse annoncée vendredi ne vas pas moins entretenir l’image de cherté qui colle de plus en plus en au TGV. Pour la clientèle qui ne peut anticiper ses déplacements des semaines à l’avance, on approche de plus en plus fréquemment les 100 euros pour un aller simple (95 euros pour un Paris-Lyon Loisirs avec un départ le vendredi 9 janvier, par exemple). Or, c’est justement dans cette population que figurent les leaders d’opinion.

Ségolène Royal se fait tacler sur ses justifications
La hausse de certains tarifs SNCF serait justifiée, selon la ministre de l'Ecologie de Ségolène Royal qui, le samedi 27 décembre, a mis en avant le besoin de poursuite des investissements qui "s'avère nécessaire à l'amélioration de la qualité du service offert aux voyageurs". Pourtant, les tarifs SNCF enregistrent traditionnellement une hausse de seulement 1% au 1er janvier. Le même jour, Marine Le Pen a, de son côté, demandé "l'annulation de la hausse" qui cache " un abandon du service public".
Or, depuis cette annonce, les associations d'usagers dénoncent le montant et la date de cette hausse. Le gouvernement socialiste qui ne les convainc pas. L'AVUC (Association des voyageurs usagers des chemins de fer) dit ainsi accueillir cette majoration tarifaire "avec colère", estimant quant à elle que "ce sont les voyageurs du quotidien, ceux qui utilisent le train pour aller travailler qui font les frais de cette augmentation".
L'association souligne aussi que la hausse décidée est largement supérieure à l'inflation, actuellement très faible (0,3 % sur un an en novembre).
Elle ajoute qu'elle intervient alors même que la qualité de service de la SNCF est en "recul", déplorant une "baisse des effectifs dans les gares", la "fermeture de guichets" ou encore la "disparition des contrôleurs dans les trains" et les "suppressions de dessertes". Sans compter la montée de l'insécurité dans les transports. 

On l'a compris,
la communication de la SNCF s'est élevée au niveau gouvernemental de l'intox d'Etat.

mercredi 26 juin 2013

F. Hollande brade les parts de l'Etat dans les entreprises publiques

Ventes d'actifs publics : "Pas de privatisations", prétendent les ministres

Le gouvernement a assuré ce mardi le service après-vente du projet gouvernemental de vente de participations de l'Etat dans des entreprises publiques, annoncé dimanche soir par Jean-Marc Ayrault. Après Pierre Moscovici, lundi, Michel Sapin, Stéphane Le Foll et Benoît Hamon ont tous les trois défendu d'une même voix ce "désengagement". Jouant sur les mots, l'Etat socialiste parle d'une meilleure utilisation des marges de manoeuvre de l'Etat plutôt que de "privatisations". 

Mais la sémantique gouvernementale ne trompe plus personne
Attention à ne rien brader, a en effet prévenu Jean-Louis Borloo (UDI), tandis que Marine Le Pen (FN) dénonce une décision "absurde".

Hamon : "Céder sans remettre en cause l'influence de l'Etat"

Sur France Info, le ministre délégué à l'économie sociale et solidaire, Benoît Hamon, a ainsi défendu le plan d'investissements présenté par François Hollande et minimise le désengagement de l'Etat d'un certain nombre d'entreprises publiques : "Si aujourd'hui on cède 1% ou 2% d'une société, sans remettre en cause ni l'influence de l'Etat au conseil d'administration, sans privatiser, sachant que cet argent va aller à de l'investissement, servir la stratégie d'un état pilote et stratège, on retrouve une capacité d'intervention qu'on avait perdue..." Mais "si c'était de la privatisation, je me serais exprimé", a-t-il aussitôt assuré, se berçant toutefois d'illusions sur son poids au gouvernement, voire au PS.




Pour Stéphane Le Foll, interrogé sur RTL, cette vente de la participation de l'Etat dans certaines entreprises publiques vient compléter le plan d'investissement et la mobilisation de l'épargne, essentiels pour "préparer l'avenir, pour qu'on sorte la France de la crise, qu'on prépare sa mutation en investissant, en faisant en sorte que l'appareil politique français retrouve du dynamisme et du punch": c'est beaucoup miser sur 1% ou 2% d'actifs publics ! "L'investissement qui devrait être naturel, un élément de reconstitution de l'appareil de production, ne s'est pas réalisé. Il faut réinvestir", assure-t-il, afin de "faire face à la compétition, à la compétitivité et maintenir l'emploi". Et le ministre de l'Agriculture de conclure : "Si on fait 9 milliards et demi d'investissement, on fait 0,5% de PIB."

"Est-ce ce que l'argent d'aujourd'hui est bien utilisé ? (...) C'est ça la question qui est posée. Ce n'est pas dépenser plus, c'est dépenser mieux", a déclaré sur Europe 1 Michel Sapin, le ministre du Travail, interrogé à la fois sur le plan d'investissements et sur le désengagement de l'Etat.

Harlem Désir (PS) : "Il n'y aura pas de privatisations"

Sur BFMTV et RMC, le premier secrétaire du PS Harlem Désir était également dans le déni. Reprenant le même élément de langage, il maintenait  en mai que "céder des actifs, ce n'est pas forcément privatiser. En l'occurrence, il n'y aura pas de privatisation". "Il s'agira d'utiliser la recette de la vente de parts dans certaines sociétés industrielles pour investir dans de grands plans d'avenir : le numérique, la transition écologique", a poursuivi Harlem Désir qui n'envisage pas que ces recettes soient diapidées. "L'Etat peut décider qu'il peut être intéressant de céder quelques pour cent dans des entreprises industrielles sans mettre en cause sa capacité à y garder une influence", a martelé le patron désigné du PS, parti godillot.

"Ces cessions ne serviront pas à financer le fonctionnement du budget de l'Etat ou à combler le déficit", s'est-il hasardé à assurer.
Cependant, il ne faudra pas, dit-il, de désengagement de l'Etat dans des entreprises "où il y a des enjeux de service public", comme la SNCF ou La Poste. Il a évoqué en revanche Renault ou France Telecom.

Borloo : "C'est de la cavalerie financière"

Président de l'UDI, Jean-Louis Borloo a en revanche mis en garde mardi contre le fait de "brader" des participations de l'Etat dans des entreprises publiques, et contre de la "cavalerie" financière. "Maintenant, on brade," a déploré l'ancien ministre centriste sur i-télé. "Comme s'il y avait de l'argent caché dans les participations !" "Quand vous vendez des participations, vous perdez des dividendes à venir", a prévenu le député du Nord. "C'est de la cavalerie, en réalité".

Le Pen : une décision "absurde"

"Après avoir bradé l'immobilier de l'Etat, vendant pour une bouchée de pains casernes, écoles, hôpitaux, bâtiments historiques, le gouvernement, dans la lignée des précédents, s'apprête à réduire encore davantage le peu de parts qu'il lui reste dans des sociétés pourtant stratégiques ou de service public," a dénoncé de son côté Marine Le Pen (FN) dans un communiqué. 

Le gouvernement Ayrault reproduit "fidèlement la politique du gouvernement Jospin
qui fut celui qui privatisa le plus sous la Ve République", relève-t-elle. "Cette politique à courte-vue", poursuit la dirigeante frontiste, "diminue les capacités d'intervention de l'Etat dans l'économie, déjà fortement limitées par les carcans européens. Elle affaiblit les entreprises concernées, brutalement soumises à l'appétit d'actionnaires prédateurs souvent étrangers", "elle affecte l'impératif de contrôle des activités stratégiques" et "pénalise le service public".