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lundi 8 janvier 2018

SNCF : les usagers ont subi plus de retards de trains en 2017

Des remboursements partiels pour faire taire les voyageurs: à quel prix ?

Les perturbations de fin d'année couronnent une perte accrue de fiabilité 

En 2017, les trains de la SNCF ont été plus en retard qu'en 2016.
Image associée
Ainsi, 88.7% des TGV ont été ponctuels, soit une baisse de 1% par rapport à l'année 2016. Les Intercités (anciennement trains Corail) et Transiliens ont également connu une augmentation des retards lors de l'année 2017. Seuls les TER se sont montrés réguliers, en enregistrant une légère hausse de 0.3%.

L'augmentation de la fréquentation n'est pas seule en cause

La SNCF assure que les nombreux chantiers sur le réseau ferroviaires ont eu un impact sur la régularité des trains, avouant du même coup son incapacité à s'adapter à la croissance.

Le Ouigo, le TGV low-cost de la SNCF.
La SNCF a pourtant enregistré une augmentation de la fréquentation de ses trains en 2017. Ils seraient près de 110 millions à avoir voyagé sur les lignes grandes vitesses, soit dix de plus qu'en 2016. Cette augmentation serait à porter au crédit de Ouigo, la formule low cost de la SNCF. 2 millions de voyageurs supplémentaires auraient profité de cette offre.

Enfin, les trains régionaux ont également connu une hausse de la fréquentation. Les TER ont totalisé 336 millions de voyageurs, soit une hausse de 4.6%, tandis que 1.2 milliards de personnes ont emprunté le réseau Transilien (+3.2%).

2016 avait déjà connu une hausse des retards de trains

Résultat de recherche d'images pour "Cour des comptes montant dedommagements SNCF"C'était alors la faute aux grèves de cheminots, à des travaux sur le réseau ou encore à des colis suspects. Et aussi les inondations et les feuilles mortes... Les TGV, Intercités et TER avaient accumulé davantage de retards en 2016 qu'en 2015. 

"En 2017, on peut, on doit faire mieux", avait alors déclaré le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, en interne, rapporta le quotidien Les Échos sur son site, lors de sa présentation des voeux.

Améliorer la ponctualité est aussi un enjeu financier que s'est imposée la SNCF. 
Depuis décembre 2016, dès que leur TGV ou Intercités a plus de 30 minutes de retard, l'entreprise indemnise les retards supérieurs à 30 minutes sur les réseaux Intercités et TGV : entre 25 et 75% du prix du billet. Auparavant, les usagers ne pouvaient être dédommagés que lorsque la SNCF était responsable.
Ainsi, pour les TGV et Intercités qui ont entre 30 minutes et 2 heures de retard, les consommateurs peuvent se voir rembourser 25% du prix de leur billet, et 50% si le train a entre 2 et 3 heures de retard. Enfin, la SNCF indemnise jusqu'à 75% du prix du billet, si le retard excède trois heures. Pour les iDTGV, les clients sont remboursés à hauteur de 25% du prix de leur billet, et jusqu'à 50% si le retard est supérieur à deux heures. Dans le cas des TER, RER et Transilien, la règle n'a pas changé : le dédommagement n'est pas automatique.
Ces nouvelles règles d'indemnisation résultent, en réalité, de l'application du règlement européen CE n°1371/2007, qui prévoit un dédommagement à partir de 60 minutes de retard
Résultat de recherche d'images pour "SNCF retards trains""Conformément à l'article 17, les voyageurs peuvent demander une indemnisation proportionnelle au prix du billet en cas de retards importants ou de suppressions", indique ainsi le texte de Bruxelles. "L'indemnisation d'un retard est calculée par rapport au prix que le voyageur a réellement payé pour le service ayant subi un retard". En toute logique, il aurait dû entrer en vigueur en 2014. 
Le texte prévoit néanmoins que les États membres de l'UE puissent déroger à cette règle, dans un délai maximal de cinq ans, rappelle l'Autorité de la qualité de service dans les transports sur son site. Selon la Commission européenne, seuls 5 Etats (la Belgique, le Danemark, l'Italie, les Pays-Bas et la Slovénie) l'appliquent dans les faits. "Le gouvernement [français] aurait “tergiversé”, racontent plusieurs sources".
La Commission européenne prévoyait également d'introduire  au règlement une nouvelle clause de "force majeure", à partir de 2017. Les passagers devaient ne plus être dédommagés, en cas de circonstances exceptionnelles. L'objectif était d'éviter de pénaliser le transport ferroviaire par rapport aux autres modes de transport. De fait, les compagnies aériennes peuvent, déjà, invoquer des circonstances exceptionnelles pour ne pas dédommager leurs clients.

La Cour des Comptes ne dénonce pas ce surcoût des retards
Image associée"Les Sages" épinglent en revanche le système de facilités de circulation dont bénéficient les personnels de la SNCF et leurs familles. 
Après avoir dénoncé dans son rapport public annuel de 2010 les rémunérations et le temps de travail des cheminots, en 2013 les excès de com' de l'entreprise, la haute juridiction financière a critiqué, dans son rapport public annuel 2014 publié le 11 février, le système de billets gratuits ou quasi-gratuits accordés aux salariés de la SNCF et à leurs proches.

Le dernier rapport en date de la Cour des comptes consacré à "l'Etat actionnaire" et à sa gestion des entreprises publiques, dont la SNCF, entreprise sous tutelle de l'Etat, en janvier 2017. 
Ainsi reproche-t-il au pouvoir de ne pas laisser les coudées franches à son PDG dont les initiatives, en particulier pour réduire la dette ou réorganiser le temps de travail dans l'entreprise de 260.000 salariés, tous secteurs confondus, peuvent contrarier la politique de son ministère de tutelle et du gouvernement. L'Etat est animé par "le souci de préserver la paix sociale", d'abord : exemple cité, celui de la SNCF où, en juin 2016, alors que la contestation contre la loi Travail de la ministre Myriam El Khomri ne fléchissait pas, la CGT cheminots menaçait de déclencher une grève à la SNCF, où la direction négociait une modification du temps de travail.
Dans la perspective de l'ouverture à la concurrence en 2020 pour les TGV, et "au plus tard" en 2023 pour les Trains Express régionaux et les Intercités, la Cour presse par ailleurs la SNCF d'évoluer vers un "statut de société anonyme (…) dans un délai compatible avec cette ouverture".

Résultat de recherche d'images pour "SNCF retards trains"
SNCF Mobilités n'est pas non plus exempt de reproches. Son conseil d'administration "ne pouvait, dans le cas du projet de ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (SEA), que constater l'impasse financière devant laquelle l'entreprise se trouvait placée du fait des engagements de desserte pris par l'Etat", indiquent les magistrats financiers. Cette ligne Tours-Bordeaux pourrait un jour peut-être aller jusqu'en Espagne, mais avec 33 dessertes journalières, au lieu des 13 conseillées par Guillaume Pépy. L'Etat n'a rien voulu savoir, sous la pression des barons politiques des villes et des régions socialistes de l'arc atlantique et du groupement privé LISEA (Ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique). De quoi creuser encore plus le déficit.

Il reste aux Sages à publier le montant des dédommagements au titre des retards de trains.

dimanche 30 juillet 2017

Une panne mystérieuse paralyse la gare Montparnasse à Paris

Trafic SNCF interrompu gare Montparnasse à Paris en plein week-end de chassé-croisé

A la mi-journée, la SNCF est incapable de préciser quand un trafic normal reprendra
.

La circulation des trains, notamment des TGV, est interrompue, dimanche matin 30 juillet, au départ et à l’arrivée de la gare Montparnasse à Paris en plein week-end de chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens, a annoncé la SNCF.
Sollicitée sur le réseau social par de nombreux voyageurs en quête d'informations, l'entreprise publique fait savoir que le départ de la plupart des trains s’effectue gare d’Austerlitz, pour certains avec retard. Des TGV ont été supprimés. 

Le "trafic est interrompu au départ et à l’arrivée de Paris-Montparnasse, en raison d’un dérangement d’installations à Vanves-Malakoff", près de Paris, affirme la SNCF. Un SMS envoyé à un usager indique, lui, une "panne de signalisation". Une cinquantaine d’agents spécialisés ont été envoyés sur place durant la nuit de samedi à dimanche 30 juillet et sont toujours en cours d’intervention à 13h00.


La SNCF invite ses clients à "reporter" leur voyage


Les trains "Intercités partent ou ont pour terminus exceptionnel Dreux. Certains de vos Intercités sont supprimés", ajoute la SNCF sur son site Internet. La société invite ses clients à "reporter" leur voyage "toute cette journée de dimanche 30 juillet".
Les TGV au départ de Montparnasse desservent notamment la Bretagne et le Sud-Ouest, régions très prisées des vacanciers l’été.

La circulation avait déjà été perturbée au départ et à l’arrivée de la gare Montparnasse le 17 juillet en raison d’une panne d’alimentation électrique, provoquant des retards pour des centaines de voyageurs.

Sur la route, dimanche est classé orange dans le sens des départs et vert dans le sens des retours sauf en Auvergne-Rhône-Alpes et sur l’arc méditerranéen (orange).

Black-out : l'information ne circule pas non plus

La compagnie ferroviaire a recommandé aux voyageurs de se débrouiller pour "consulter les canaux d’info-Trafic avant de se rendre en gare". Pour sa part, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a également manifesté sa présence, sur Twitter , quelque part dans le monde : "Les équipes SNCF mobilisées pour rétablir les circulations en gare Montparnasse au plus vite", a-t-elle indiqué, assurant suivre "attentivement la situation" : autant de mots pour ne rien dire.

La cause du "dérangement" n’avait pas encore pu être détectée en milieu de matinée. Officiellement, on ne sait pas si c’est un problème électrique ou des câbles dénudés", selon le porte-parole de la SNCF. Une rétention d'information qui ouvre la vanne à toutes les supputations et inquiétudes. 
Dans, la matinée aucun train n'a pu partir ou arriver à Montparnasse, mais aussi d’autres gares. Faute de train, des milliers de voyageurs ont dû reporter leur voyage. 


Galère des usagers : " Nous avons dû racheter des billets à la dernière minute"
Armand Riollacci et son fils avaient acheté un billet Ouigo, le service à prix réduit de la SNCF, et devaient voyager de Paris vers Bordeaux. Armand témoigne à Ouest-France : "A 7h45, une annonce nous signale que tous les trains OuiGo depuis Massy Palaiseau sont supprimés et qu’il faut que l’on reporte notre voyage". Presque toutes les personnes se sont alors rabattues sur la gare Montparnasse pour le même trajet. "Nous avons donc dû racheter des billets de dernières minutes à plus de 220 €".

Mais arrivés en gare Montparnasse, aucun train. Ils ont été "ré-acheminés" vers la gare d’Austerlitz. Après être allé dans trois gares différentes et avoir patienté 4 h et dépenser 220 € supplémentaires par billet, Armand ne cache pas sa frustration : "des incidents comme celui-ci ne devraient pas se produire !", fulmine-t-il.
Les voyageurs sont invités à reporter leur départ, avoue la SNCF. Des TGV étaient reportés en gare de Paris-Austerlitz et d’autres en gare de Massy. 

"Des bus ont été mis en place 
et un renfort de la ligne d’autobus 91 "(Montparnasse vers Austerlitz) a été demandé à la RATP, selon le porte-parole de la SNCF.

Un service de bus et de taxi a été mis en place pour emmener les voyageurs à Austerlitz ou Massy, indique encore la SNCF.
Vendue par l’ancien locataire de Bercy, désormais président de la République, comme la solution miracle à la mobilité et à la création d’emplois, la libéralisation des lignes de bus longue distance était déjà un fiasco en 2016. 
Gageons que le malheur des usagers de la SNCF fera le bonheur des statistiques de Macron et les affaires du groupe britannique - opérant en France pour le compte d’une start-up allemande, Stagecoach, via sa filiale Megabus (rachetée par Flixbus), dans le transport à bas coût par autocar "libéralisé" par la loi Macron et pesant 4 milliards de chiffre d’affaires - , devait licencier ses 175 employés, non sans avoir "bénéficié des aides de l’État et évité de payer des impôts en France", accusent les salariés.
Ce dérangement ferroviaire en cours aidera-t-il à réduire le fiasco : 1.400 embauches sur les 22.000  promises – un chiffre que l’ex-ministre de l'Economie a qualifié de "fou" à la télévision – soit à peine 6 % de l’objectif. Et pour quel résultat ? Des lignes fermées moins d’un an après leur ouverture, une ultra-concentration du secteur à rebours du discours sur les soi-disant vertus de la "libre concurrence", et la guerre menée au service public ferroviaire.
Pour le moment, une reprise très progressive du trafic est annoncée, à raison de 3 trains par heure. Elle est encore loin, la mer...

dimanche 20 décembre 2015

Portiques de sécurité dans les gares: gadgets et démagogie ont un coût

Ces portiques déchargent Royal de toute responsabilité, mais la SNCF a d'autres priorités de sécurité

Aucune décision sérieuse n'est prise à ce stade



Le président de la SNCF, a indiqué dimanche qu'aucune décision n'était encore prise sur la généralisation des portiques de sécurité dans les gares. Guillaume Pépy n'est pas Normand, mais il doit prendre en compte les forces politiques contradictoires et réserve donc sa décision la mise en place de nouveaux dispositifs.

Des portiques pour les voyageurs et des scanners à rayons X
pour le contrôle des bagages ont été mis en service dimanche au départ des lignes Thalys qui desservent notamment la Belgique et les Pays-Bas, à la gare du Nord à Paris et à la gare Lille Europe, dans la capitale nordiste. Pour un semblant de crédibilité, encore faudrait-il que les autorités des pays voisins s'alignent: la fiabilité de ce dispositif y gagnerait sur son aspect médiatique.

Créer l'illusion qu'on est légitime à son poste 
L'installation de portiques sur ces lignes a été décidée à la suite des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis (130 morts) et de l'attaque ratée fin août dans un train Thalys Amsterdam-Paris. Il devient donc difficile d'opposer la moindre réserve et de dénoncer une opération de type Tchernobyl qui prétend que les assassins islamistes ne sauteront pas les contrôles comme le nuage nucléaire à notre frontière.

TGV, Intercités, TER, Ségolène Royal, la ministre en charge des transports, souhaite la mise en place de portiques détecteurs de métaux et de scanners au rayon X pour les bagages pour tous les trains de France. Elle a pu réaliser 
700 pass(ag)es contrôlé(e)s en 20 minutes..., ce jeudi à la gare du Nord, à l'en croire, au cours de son opération de présentation des premiers portiques de sûreté installés sur les quais des Thalys, opérationnels ce dimanche 20 décembre. C'est aussi elle qui a marqué son temps pour son combat d'arrière (-garde) contre le string à l'école. Tout bien considéré, la mère-la-vertu ne serait-elle pas de mèche (en ticket de métro) avec les Frères musulmans ? 

"C'est le premier jour. La France est pionnière. On va voir les résultats." 

La manipulation mentale de l'opinion a donc repris. 
Les portiques dressés ne sont visiblement 
pas opérationnels:
les contrôles se limitent aux identités !
"On va s'adapter, régler les dispositifs", a assuré G. Pepy au cours du "Grand Jury" RTL-Le Figaro-LCI. Autrement dit, on est les premiers, donc les meilleurs et les plus responsables.  Si on n'en croit pas un mot soi-même, à l'euro  instar de Pépy, ce qui importe, c'est d'en convaincre les autres. 

Le président de la SNCF a estimé que le nouveau dispositif se metta en place "normalement"(!).
"Ce (dimanche) matin, certaines personnes sont arrivées après le délai [conseillé] de 20 minutes avant le départ du train. Nous les avons attendues. Le train est parti avec juste 3-4 minutes de retard", a-t-il précisé. Fallait-il que chacun susse que les Thalys les attendent... Et les djihadistes aussi ?

La Belgique n'est plus le partenaire exemplaire que Cazeneuve nous vantait

Jusqu'aux dernières tueries de Paris, le monumental ministre de l'Intérieur se voulait rassurant et soulignait l'étroite collaboration de ses services avec leurs homologues belges. Or, depuis la révélation 
de la provenance belge des djihadistes et de contrôles inefficaces entre les deux pays francophones, cette relation étroite et privilégiée est exclue des éléments de langage officiels.   
Pepy se limite donc à espérer que la Belgique et les Pays-Bas mettent en place des mesures similaires. "Nous pensons que parce que la France est pionnière sur le Thalys, les autres pays vont eux-mêmes y réfléchir et sans doute prendre la même décision", a-t-il hasardé.

Volonté de la ministre de tutelle des Transports, Ségolène Royal, d'étendre ce type de dispositifs à l'ensemble des trains



"A l'heure actuelle, la décision n'est pas encore prise, donnons-nous le temps d'expérimenter," a réagi Pepy.
"Aujourd'hui, à la SNCF, la sûreté est une priorité absolue. (...) C'est vrai qu'il n'y a pas que les TGV, il n'y a pas que les autres trains internationaux, il y a aussi les RER, voire les métros, voire les bus", où la sécurité doit être assurée, a-t-il déclaré, n'excluant pas formellement la mise en place de nouveaux dispositifs, ni d'ailleurs de la réactivité de la RATP.


"Les portiques, ce n'est pas la panacée", a toutefois lâché Pépy (...) "Je ne crois pas à une solution miracle. Aujourd'hui, nous avons trois filets de sécurité: la présence humaine, raréfiée, les nouvelles technologies et la vigilance de tous", a expliqué M. Pepy. Ainsi la SNCF nous dirige-t-elle imperceptiblement vers des stades, Vel' d'Hiv (pas grave: rien à voir avec le HIV !) et autres camps, où les étourdis et les récalcitrants seraient parqués. Les carnages islamistes pousseront-ils l'Etat-PS à procéder à la ré-éducation des rebelles et inadaptés à la lutte. En filigrane, Pépy estime déjà qu'il incombe désormais aux usagers d'être vigilants. L'état d'exception  d'urgence permettra-t-il que, dans un premier temps, les citoyens défaillants pourraient être verbalisés, pour l'exemple ? La déchéance de nationalité est aussi à l'ordre du jour.

Mais les portiques n'ont encore rien détecté dans les propos des porteurs du verbe sur leur financement...
Interrogé sur la possibilité de demander une sorte de taxe de l'ordre de 50 centimes à 1 euro sur les billets de train pour financer les coûts de la sécurité, le dirigeant de la SNCF ne l'a pas exclue !
"Ça se fait dans l'aérien", s'est-il justifié. Comme "certains parlementaires", le député PS "Gilles Savary la considère comme inéluctable. Il a demandé là-dessus un rapport. Je pense qu'il faut attendre quelques semaines pour qu'on y voit clair", a estimé Pepy. Disons-nous bien que ce ne sera pas un impôt, ni une taxe, non pas une dîme, mais une contribution citoyenne à la sécurité solidaire. Ca fait envie... 
Avec exemption pour les enfants au bras, évidemment, les seniors incontinents aussi, les gauchers amputés et les rouquins chauves. Sans oublier les enfants de la lune, à condition qu'ils appartiennent à la diversité, et les femmes voilées: si c'est social, ça ne passe pas; ça glisse !

"Mais il n'y a pas d'augmentation de tarifs prévue pour la SNCF à l'heure actuelle", a-t-il précisé. Simplement, "la décision n'est pas encore prise", a murmuré Pépy. Il n'aurait pas le regard un peu louche ? Vérifiez ci-dessus, l'air de rien.


mercredi 27 mai 2015

SNCF: l'Etat-PS veut ré-enclaver les ruraux

Décentralisation ou comment se décharger sur les régions en frappant les Français de plus bel au portefeuille

Suppression 
de certaines lignes ou tronçons et de quatre trains de nuit Intercités
Ces lignes touristiques
dont Paris veut l'extinction
Commandé par le ministère des Transports, ce rapport d'un élu PS va sans le sens  de la gestion comptable souhaitée par le gouvernement Valls  
Ces recommandations cherchent à atténuer le déficit annuel d'exploitation des Intercités qui atteindrait entre 300 et 400 millions d'euros, selon les estimations, soit 30 à 40% du chiffre d'affaires total, a publié  Le Parisien/Aujourd'hui-en-France.

Si les préconisations du rapport étaient appliquées, seuls seraient conservés les trains de nuit entre entre Paris et Briançon, Rodez, Toulouse et Latour-de-Carol, le rapport estimant que les autres sont coûteuses et peuvent être remplacées par des liaisons existantes, plus rapides par train ou avion, ou de nuit par... autocar. En journée, la commission préconise de supprimer les Intercités sur cinq tronçons de lignes, sur lesquelles il existe également des dessertes TGV ou TER : Toulouse-Cerbère, Quimper-Nantes, Bordeaux-Toulouse, Marseille-Nice et Saint-Quentin-Cambrai. 

Les 320 trains qui circulent sur les 35 lignes Intercités (35 lignes : 23 de jour et 12 de nuit) transportent quotidiennement quelque 100.000 voyageurs
ce qui correspond à un taux de remplissage moyen estimé à 35%, contre 70% pour le TGV par exemple L'autocar peut prendre le relais du train pour effectuer certaines liaisons rapides entre grandes villes et le gouvernement mobilise ses relais médiatiques pour assurer que "le bon vieux 'corail' a du plomb dans les catenaires", du fait de doublons avec le TER, de la concurrence du bus ou du co-voiturage.
Un aller-retour en InterCités, Quimper-Nantes par exemple, c'est 77€20 plein tarif, 38€ euros pour les jeunes de moins de 26 ans. Il y en 2 par jour : 6h20 et 10h11 au départ de Quimper et retour de Nantes à 15h20 et 19h05. En voiture, le trajet se fait en 2h46 pour 234 km et 29.64€ de carburant. En co-voiturage, il peut revenir à moins de 15€ par passager. Mais les personnes plus âgées? Si on prend toutes les tranches d'âge en compte, les trains Intercités ont leur utilité et leurs adeptes. Les services à la personne, c'est aussi ça. 



Vers un démembrement du réseau Intercités ?


Quand les élus régionaux socialistes sacrifient leurs électeurs à la logique comptable du pouvoir. Le rapporteur Philippe Duron ne tourne pas rond. Le Quimper-Nantes figure parmi les lignes pointées du doigt par le rapport de Philippe Duron, député PS et ex-professeur d'histoire-gographie...
Il est ex-président PS du Conseil régional de Basse-Normandie (2004-2008).
Mieux, il est toujours député du Calvados, en Bretagne, région péninsulaire qui se plaint de façon récurrente de son éloignement des centres décisionnaires parisiens. Mais ils élisent des parlementaires qui les desservent mieux qu'un train SNCF.

Le gouvernement commande mais n'assume pas
Dans un communiqué publié ce mardi, le secrétaire d'Etat foireux aux Transports, Alain Vidalies, se défausse, déclarant que "ce rapport, qui n'engage en l'état pas le gouvernement, va désormais être présenté aux commissions compétentes du Parlement": le désengagement moral et politique du gouvernement socialiste.

L'annonce inquiète certes les usagers mais aussi les écologistes. Il semble même que ce soit cette seule opposition d'EELV qui embarrasse le pouvoir. 
Les Verts estiment qu'une fermeture de ligne serait "un très mauvais signal, au moment où on va faire la Conférence climatique en France, où l'on dit qu'il faut passer des déplacements automobiles vers les transports collectifs", déplore ainsi le député écologiste Denis Baupin, interrogé sur France Info ce matin.

C
ollectif de défense du service public du rail, Convergence Nationale Rail appelle à des manifestations  depuis deux ans pour défendre le réseau des trains Intercités. Après avoir appelé au "sursaut" des élus pour défendre ces liaisons SNCF, le collectif organise des rassemblements sur les lignes menacées de disparition, notamment l'Intercités Aubrac qui relie Clermont-Ferrand à Béziers. Ce matin, France Info interrogeait le vice-président  de ce collectif, sans le nommer:

Didier Le Reste a été patron de la fédération CGT des cheminots jusqu'en 2010, lorsqu'il a pris sa retraite à 55 ans. Pour ce cheminot, "le bus, c’est le début de la fin".


Les trains corails ne seraient "pas assez rentables et surtout vieillots". 
Train Inter-cités 'Le Cévenol'
entre Clermont-Ferrand et Nîmes
A moins qu'ils soient jugés vieillots parce que peu rentables... Quel valeur ce critère de désuétude a-t-il en fait en termes de services publics et de traitement égalitaire des zones les moins peuplées -et en voie d'extinction économique- et d'engagement de l'Etat envers toutes les couches de la population -qui ne se déplacent pas toutes en voiture individuelle? Que signifient en régions les notions d'empreinte carbone laissée par les autobus dont Macron préconise la multiplication ou de développement durable brandies par les acteurs politiques?

L'ex-opposition ne dénonçait-elle pas la désertification des campagnes? En se désengageant, l'Etat laisse aux communes la lutte contre le désert administratif et le sauvetage des services à la population. L'Etat décentralisateur s'éloigne résolument de la France profonde. Hollande a-t-il besoin d'ajouter à son bilan cette nouvelle fracture territoriale ? 

mardi 21 avril 2015

Une collision entre un camion et un train fait une trentaine de blessés près de Paris

Le semi-remorque flânait sur le passage à niveau
Un train Intercités a percuté un camion mardi matin,
La collision a fait une trentaine de blessés et entraîné l'interruption du trafic entre Paris et Belfort, au passage à niveau de Nangis (Seine-et-Marne) à 8h46.

A l'entrée de la petite gare située à une cinquantaine de kilomètres à l'est de Paris, le choc entre le train transportant 350 passagers et un camion de convoi exceptionnel qui transportait des engins agricoles a fait dérailler plusieurs wagons mais le train ne s'est pas couché sur les voies.

A midi, le bilan provisoire était de trois blessés "graves", sept blessés "légers" et une vingtaine de personnes "choquées" prises en charge sur place par l'inévitable... cellule psychologique, a déclaré un porte-parole de la préfecture.
Parmi les trois personnes blessées figure une personne âgée qui "se trouvait sur le quai de la gare et qui a fait une chute lors d'un mouvement de foule", a précisé cette source. Elle a été héliportée dans un état jugé "sérieux" à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, mais son pronostic vital n'est pas engagé.
Les deux autres, "le conducteur du train et celui du camion", ont été transportés en ambulance à l'hôpital de Provins, à proximité des lieux de l'accident.

Quelques perturbations et de gros dégâts
Pris en charge par la SNCF, les passagers ont été acheminés dans la matinée par bus jusqu'à leur destination, a précisé la compagnie ferroviaire qui ne confirme pas, en revanche, que  "le train est arrivé à 140 km/heure".
La circulation a été coupée entre Paris-Est et Belfort dans les deux sens. Les voies et les quais de la gare étant "très endommagés", la circulation pourrait rester interrompue "au moins une semaine" dans les environs, selon le maire de la commune, Michel Billout (PCF, un nom en rapport avec les petits scores du Parti communiste...).

N'importe qui peut écrire un tweet
Le service de communication du Premier ministre s'est fendu d'un tweet supposé être rédigé par Manuel Valls soi-même adressant dans la matinée "son) soutien aux blessés et (sa) reconnaissance aux secours". Copié-collé des précédentS ou réponse automatique ?

Les ministres ne partent pas loin en vacances mais ne sont jamais dans leur ministère

Le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies, qui s'est "aussitôt" rendu sur place avec le président de la SNCF Guillaume Pépy, pour saluer "la réactivité" et le "professionnalisme" des secours, des pompiers et des cinquante gendarmes mobilisés, rapidement arrivés sur les lieux.

Décrivant des victimes "traumatisées", A. Vidalies a devisé avec des voyageurs qui ont le "souvenir d'un choc d'une extrême violence", la plupart "projetés à l'intérieur du wagon". De part et d'autre du passage à niveau, la cabine du camion et sa remorque étaient désolidarisées. La barrière du passage à niveau était baissée, coincée par la cabine du camion.

Le ministre devait faire le déplacement pour charger le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEATT) "de mener une enquête pour déterminer les causes de cet accident."
En milieu de journée, le train et le camion étaient toujours sur place et un enquêteur pilotait un drone au-dessus de la scène de l'accident, comme on dit dans les séries américaines, c'est-à-dire "les lieux" de l'accident, dans le Gendarme à St Tropez.

Les circonstances de l'accident ne sont pas encore connues

Selon la SNCF, le train aurait percuté l'arrière du camion immobilisé sur les voies. "Deux ou quatre essieux (du train) sont alors sortis des voies", a précisé l'entreprise publique.

"Le convoi est passé au vert mais est resté prisonnier", a précisé le maire communiste, certifiant que ce passage à niveau n'est "pas particulièrement accidentogène". Selon le secrétaire d'État de Ségolène Royal, ministre virtuelle de tutelle, ce passage à niveau, fréquenté par 5.000 véhicules par jour, n'avait pas "de difficulté particulière" et était "en bon état de service".

"Les premières constatations faites sur le passage à niveau à signalisation automatique avec quatre demi-barrières indiquent un fonctionnement normal", a insisté la SNCF dans un communiqué de presse.

Pour Didier Le Reste, ex-patron de la CGT-Cheminots et vice-président de Convergence Rail, collectif ("libre, indépendant et objectif" ?) de comités d'usagers, élus et syndicalistes, chaque accident à un passage à niveau "pose la question de l'humain", car "quand il y avait une gestion manuelle, il y avait moins d'accidents," mais c'est le syndicaliste qui le dit.
Ce type d'accidents "toujours dramatiques" sont "des accidents de la route", a-t-il déclaré en marge d'une conférence de presse. La circulation routière est toutefois limitée à 70, voire à 50 km/h en agglomération et le train fonçait à 140 à seulement 25 km de la gare la plus proche, que ce soit Melun ou Provins

La compagnie de transport est-elle injoignable?

Toujours est-il que toutes les parties prenantes ne peuvent faire valoir équitablement leurs points de vue

mardi 24 mars 2015

SNCF: l'entreprise publique va supprimer entre 11.000 à 13.000 postes

Vers un "probable nouveau ' REPLI ' significatif" des effectifs 

Nouvelle annonce au Comité central d'entreprise (CCE) de la SNCF 

Dans un rapport, le groupe public prévoit un "probable nouveau repli significatif" des effectifs: 12.000  suppressions sur cinq ans, c'est plus qu'un 'repli' ! 
Réalisée par le cabinet Secafi, cette projection est encore plus sombre que celle présentée au même CCE fin février par le cabinet Degest, qui prévoyait près de 9.000 emplois nets d'ici à 2020.

Pour les responsables CGT du CCE, ce rapport "confirme les risques de déraillement de la nouvelle SNCF". L'"insoutenable" équation financière qu'il souligne "risque d'entraîner, d'ici 2020, la suppression de près d'un emploi de cheminot sur dix, une réduction significative du réseau et une condamnation, à plus ou moins long terme" des trains Intercités et de marchandise", écrivent-ils dans un communiqué.

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Secafi précise avoir travaillé sur le plan stratégique que le groupe public doit encore "négocier et contractualiser avec l'Etat" en 2015. Conséquence de la réforme ferroviaire votée l'été dernier, le groupe public a changé de périmètre et d'organisation au 1er janvier et réunit maintenant les 149.000 salariés de la SNCF et 1.500 employés de Réseau ferré de France (RFF).

L'objectif de "stabiliser la dette à un horizon de moyen terme" crée une "pression préjudiciable" à l'"assise industrielle" du groupe et à sa capacité à organiser les mobilités nécessaires, affirme le cabinet.

Sur la base d'un scénario de dette à 56,7 milliards d'euros en 2020 contre 45 en 2014, le cabinet chiffre à 4,8 milliards d'euros l'effort de productivité interne: 2,5 milliards d'économies espérées de sa fusion avec RFF et 2,3 milliards des divers plans de réduction des coûts engagés.

Au vu des objectifs de productivité et du contexte (libéralisation du marché des autocars, voulue par la Loi Macron, ouverture à la concurrence, restriction des investissements subventionnés), Secafi prévoit la disparition d'ici à 2020 de 11.000 à 13.000 postes au sein du groupe (hors filiales et RFF). Soit une multiplication par trois par rapport aux cinq dernières années (-4.500 suppressions de 2010 à 2015), très proche de la période 2005-2010 (-14.200).

Plus précisément, il anticipe une réduction de 8.000 postes chez l'exploitant SNCF Mobilités, et une perte de 3.000 à 5.000 dans l'établissement SNCF Réseau, en charge de l'infrastructure. Pour assurer son vaste plan de rénovation au moment où les départs en retraite sont nombreux, "le développement de partenariats industriels et l'accroissement du recours à la sous-traitance sont les solutions privilégiées" par la SNCF, souligne Secafi.

Les grévistes professionnels s'insurgent

Comme la CGT partisane des grèves à répétition, l'UNSA "déplore" aujourd'hui la tendance aux mises en chômage, qui relève que "les embauches au statut n'ont plus la cote, alors que la charge de travail augmente à SNCF Réseau".
Le cabinet Secafi formule une série de préconisations, dont la mise en place "au plus tôt d'une véritable politique de GPEC [Gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences]" afin de favoriser "la mobilité choisie". Sur ce sujet, les discussions doivent s'ouvrir prochainement.