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samedi 28 juillet 2018

SNCF: un incendie en plein grand départ de vacanciers depuis la gare Montparnasse

Un train sur deux à la gare sur l'ouest atlantique : incident ou malveillance ?

Le trafic est perturbé depuis l’incendie d’un transformateur électrique vendredi. 

La SNCF assurera dimanche la circulation d’un train sur deux à Montparnasse, contre deux sur trois samedi.
Après un vendredi et samedi des plus éprouvants pour les voyageurs au départ de la gare Montparnasse, à Paris, il faudra encore s’armer de patience dimanche 29 juillet. Le trafic reste très perturbé ce week-end, justement en plein chassé-croisé estival, comme l'année dernière en pareille circonstance.

Vendredi vers 11 h 30, un transformateur électrique de RTE a pris feu à Issy-les-Moulineaux, coupant l’alimentation des stations électriques de la gare SNCF, y compris à la station de secours, un comble !

Après une interruption totale en fin de matinée, le trafic a repris très petitement en début d’après-midi avec trois trains au départ et trois trains à l’arrivée par heure gare Montparnasse.

50 % du trafic dimanche

La circulation des trains était encore très perturbée samedi, la SNCF assurant deux tiers des trains vers l’ouest de la France, grâce essentiellement à un délestage d'usagers de Montparnasse vers Austerlitz – gare sur laquelle ont été déroutés certains trains. Les passagers ont ainsi dû se rédiger par leurs propres moyens, en ne disposant que de très peu d'assistance.

Guillaume Pepy tient des propos macroniens

Le PDG de la compagnie ferroviaire, Guillaume Pepy, a assuré samedi matin que le groupe a mis en place un plan de transport de remplacement qui "assure deux tiers des trains sur l’Atlantique", totalisant les arrivées et les départs de Montparnasse ou d’Austerlitz, à une date où la demande de départs dépasse largement les retours.

La veille, la SNCF s’était engagée à faire circuler "au moins " 70 % des 180 TGV prévus au départ de Montparnasse. Et à rembourser 100 % du prix des billets au-delà de trois heures de retard.

La SNCF s'est sur-estimée : sentiment d'hyper-puissance ?

Dimanche, la compagnie nationale ne pouvait tenir ses engagements : seul un train sur deux circulera gare Montparnasse, soit moins que samedi, a annoncé samedi Guillaume Pepy  Rachel Picard, directrice générale de Voyages SNCF. 

Les "premiers de cordée" de la SNCF ont pris conscience, mais un peu tard, que, du même coup, l'atelier de maintenance des rames TGV près de Montparnasse n’est plus alimenté non plus en électricité. "Il y a des rames que l’on ne peut plus sortir parce qu’elles ne sont pas en sécurité pour nos voyageurs. C’est pour ça que la durée de l’incident est critique", a-t-elle expliqué.


La responsabilité de RTE, gestionnaire d’électricité, est pointée

Face à des "contraintes matérielles", la SNCF appelle RTE, le gestionnaire du réseau électrique haute tension, à "agir en urgence" pour rétablir l’électricité à pleine puissance à Montparnasse avant jeudi – date de rétablissement complet prévue par RTE. 
En revanche, Pépy ne remet nullement en question sa compétence : n'est-il pas pourtant de sa responsabilité de déceler les points névralgiques de sur-consommation et de surchauffe, mais aussi d'autant plus vulnérables que perdure le risque d'attentat, qu'il soit islamiste ou syndical ?

G. Pepy a insisté sur la responsabilité du gestionnaire d’électricité RTE dans la panne. Il a dit à plusieurs reprises que son entreprise est victime d’une panne "extérieure à la SNCF". "Nous allons nous tourner vers [lui] pour lui demander de nous indemniser", a-t-il promis, estimant que ces perturbations devraient coûter "quelques millions d’euros" à la SNCF. En fait, la victime n'est ni la SNCF, ni RTE : en toute hypothèse, les Français recevront la facture et peu leur chaut qu'elle émane de l'un ou de l'autre.

La SNCF veut savoir "pourquoi il y a eu cet incendie et pourquoi il n’a pas été possible de rétablir l’alimentation en utilisant un autre itinéraire" électrique, feint-il de s'inquiéter à posteriori.

Si les TGV vers la Bretagne et les Pays de la Loire partent de Montparnasse, les trains en provenance ou à destination du Sud-Ouest sont redirigés vers la gare de Paris-Austerlitz.

Image associée

Les TGV à destination de Tours et Poitiers sont supprimés, les voyageurs sont invités à utiliser les trains Inter-cités depuis Austerlitz.
Vendredi, dans l’allée principale de la gare Montparnasse, des voyageurs faisaient la queue dans l’après-midi devant des chariots où des employés de la SNCF distribuaient des bouteilles d’eau en cette période de canicule.

Les orages seront-ils rendus co-responsables ?

En fin de journée vendredi, des orages ont également mis en évidence la fragilité des réseaux, entraînant des problèmes d’alimentation électrique, qui ont également perturbé la circulation dans les gares de l’Est et du Nord à Paris et sur plusieurs lignes de RER et du Transilien, selon la SNCF.
Ainsi, une chute de la foudre sur des installations dans le secteur de Versailles a-t-elle contraint la SNCF à interrompre la circulation en fin de soirée sur une partie du RER C et de la ligne N du transilien ainsi que sur la totalité de la ligne U, selon le site Internet SNCF Transilien. La gauche radicale n'est pas maîtresse de la foudre. Alors, Jupiter ? Ou son bras armé, Benalla ?

SNCF et RTE n'ont pas appris de leur expérience passée

L’an dernier, déjà à la gare Montparnasse, véritable point noir identifié, le trafic avait été paralysé ce même week-end de chassé-croisé, en raison d’une panne électrique de signalisation. 
Ca changeait un peu des dégradations de catenaires dont était soupçonnée l'extrême gauche pendant le quinquennat Sarkozy. Après trois jours de grandes perturbations et des dizaines de milliers de passagers perturbés, le réseau vieillissant avait néanmiins été pointé du doigt.

En décembre 2017, c'était le tour de Macron. Un incident informatique sur un poste d’aiguillage avait laissé des milliers de voyageurs sans transport à ...Montparnasse.


vendredi 3 juin 2016

SNCF: pour satisfaire la CGT, Valls oppose son intérêt politique aux efforts de Pépy

Le gouvernement fait porter au patron de la SNCF le chapeau du conflit

L'avenir du président de la SNCF paraît menacé à la tête de l'entreprise publique


Le premier ministre et le secrétaire d'État aux Transports ont rappelé à l'ordre Guillaume Pepy qui dit souhaiter la suspension de la grève, au nom des Français la "solidarité" avec les Français.

Patron de la SNCF depuis février 2008, Guillaume Pepy est sur la liste noire des patrons de grandes entreprises vilipendés par le gouvernement socialiste. Le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, n'a pas manqué de rappeler ce vendredi matin au dirigeant que la compagnie ferroviaire est détenue à 100% par l'État. "C'est le ministre (des Transports) qui porte la responsabilité. C'est le gouvernement qui décide", a-t-il déclaré sur RTL, tandis qu'une source anonyme proche du dossier conteste le droit "du gouvernement de prendre la main sur des négociations sociales".


Mais le prix de la vexation revient sans doute à Manuel Valls

Avec son sens brutal de la communication, le premier ministre a encore attaqué le problème à la hussarde, en rappelant qui est le patron dans un état post-stalinien: "Il ne peut y avoir de problème avec le gouvernement et M. Pepy parce que M. Pepy ne peut pas avoir de problème avec le gouvernement", a lancé le Catalan dans un entretien aux quotidiens régionaux du groupe Ebra, ex-groupe Est Républicain (Le Progrès, L'Est républicain, Le Dauphiné libéré, Le Journal de Saône-et-Loire, propriété du Crédit mutuel - qui détient le CIC et des participations majoritaires dans la "bancassurance", tel Cofidis ou Monabanq- et la téléphonie mobile, tel NRJ mobile - et de la famille Lignac avec Les Dernières Nouvelles d'Alsace). 
Et le secrétaire d'État aux Transports d'enfoncer le clou: "Il n'y a pas de possibilité de désaccord entre Guillaume Pepy et le gouvernement".
VOIR et ENTENDRE Vidalies se défendre de toute accusation de comportement "soviétique" de la CGT et mettre au pas G. Pépy :

Ce conflit oppose les conceptions politique et entrepreneuriale d'une sortie de crise sociale.

Là où la direction de la SNCF estime indispensables des économies pour améliorer la compétitivité de l'entreprise face à ses concurrents, le gouvernement a décidé de céder aux syndicats sur l'organisation du temps de travail pour apaiser le climat social. "Diriger la SNCF est loin d'être une sinécure à cause des incohérences stratégiques de l'État qui demande tout et son contraire. L'État a beau jeu d'avoir laissé Guillaume Pepy gérer seul les crises et de le critiquer aujourd'hui. L'État stratège est en lambeaux. C'est à l'entreprise de mener les négociations sociales", estime Gilles Dansart, directeur de la publication Mobilettre, media numérique qui s’intéresse aux transports et à la mobilité. 


"Le divorce entre Guillaume Pepy et le gouvernement n'est pas loin"

Alors que se profile l'ultime réunion de négociation lundi sur la nouvelle version du projet de loi Travail, le président de la SNCF a déclaré vendredi 3 juin qu'il souhaite la suspension de la grève au sein de l'entreprise publique, au nom de la "solidarité" avec les Français qui subissent le cumul des blocages syndicaux des inondations provoquées par les crues de rivières dans plusieurs régions. 

Évoquant les "conséquences catastrophiques" des inondations sur le réseau ferroviaire, en particulier en Ile-de-France, des dégâts qui se compteront, selon lui, en dizaines de millions d'euros, Guillaume Pepy, interrogé sur une éventuelle démission en raison de divergences avec le gouvernement, a répondu: "je suis à mon poste avec les équipes, et à fond".

Pourtant, l'avenir de l'ancien directeur de cabinet de Martine Aubry à la tête de la SNCF semble à la croisée des chemins. 
"Le divorce entre Guillaume Pepy et le gouvernement n'est pas loin, juge Gilles Dansart. Mais le gouvernement aura-t-il la force de le démissionner?" Selon ce spécialiste du transport ferroviaire, les deux parties ont leur part de responsabilité: "L'État, pour ne pas avoir pris en considération les alertes sur le système ferroviaire après les accidents ou sur la performance opérationnelle de la SNCF qui repose notamment sur la modification des conditions sociales et de l'organisation interne de l'entreprise. Mais aussi Guillaume Pepy, dont la responsabilité managériale est engagée sur plusieurs faiblesses industrielles et notamment la croissance des coûts, alors qu'il avait annoncé 1,5 milliard d'économies". On voit toutefois que l'exécutif socialiste n'aide pas le patron de la SNCF à atteindre ses objectifs. 

VOIR et ENTENDRE
le point dressé par Europe 1, le 31 mai:

"Tous nos voisins ont réformé en profondeur. En France, non," note Pépy

Des priorités qui ne manquent pas de susciter les inquiétudes de cheminots sur leurs acquis.
Dans une pétition signée comme un seul homme par un peu moins de 2.000 personnes en trois jours, les fonctionnaires de l'entreprise publique lancent un appel au gouvernement, rappelant que "Tous nos voisins ont réformé en profondeur. En France, non." A qui la faute !
Paradoxalement, ceux-là mêmes qui,depuis l'après-guerre, n'ont cessé de lutter pour le maintien de leurs privilèges, grève après blocage du réseau et prises des usagers en otages après blocage, déplorent aujourd'hui que "Nos concurrents ont déjà des coûts salariaux inférieurs de 20% aux nôtres" ! Or, ce projet d'accord collectif ramènerait cet écart  à 9%. 

Mais les experts sont clairs: au-delà de 6%, ce n'est pas viable. Aujourd'hui, nos coûts continuent d'augmenter, de près de 3% par an. Parmi eux, plus de 60% sont constitués de masse salariale".

Sans les syndicats dominants, le groupe aurait déjà pu réaliser ces économies
pour alléger une dette devenue colossale. 
Depuis la fin des années 1990, elle est passée d'un peu moins de 30 milliards à un peu plus de 50 milliards (dont 42,2 milliards pour SNCF Réseau). Ce qui a provoqué le départ brutal du patron de SNCF Réseau Jacques Rapoport lequel a refusé de cautionner la fuite en avant du rail français sous l'impulsion des syndicats d'extrême gauche. 
Selon l'ancien directeur financier de la RATP, la SNCF devrait investir un milliard d'euros par an pour moderniser le système ferroviaire. D'où la détermination et l'exigence de Guillaume Pepy de voir l'État prendre à sa charge une partie de la dette de la compagnie. 
Si un accord entre les deux parties n'est pas trouvé, du fait des pressions des syndicats, la dette publique -  enjeu électoral majeur - ne sera certes pas augmentée , mais la SNCF ne sera pas relancée. "Cette solution de court terme va achever d'emporter la fin de la grève. Mais elle ne va pas tout changer. Une loi sur la réforme ferroviaire et la refonte du système social sont indispensables", maintient Gilles Dansart. 

L'Etat-PS aura fait passer le train à voile et à vapeur du mariage entre personnes du même sexe, mais l'exécutif socialiste aura laissé à quai le TGV de l'entreprise nationale.

Les reculs gouvernementaux dans les négociations à la SNCF ont fait monter la tension entre l'État et Pepy, lequel, qui s'estime désavoué, n'exclut pas désormais de démissionner.

dimanche 20 décembre 2015

Portiques de sécurité dans les gares: gadgets et démagogie ont un coût

Ces portiques déchargent Royal de toute responsabilité, mais la SNCF a d'autres priorités de sécurité

Aucune décision sérieuse n'est prise à ce stade



Le président de la SNCF, a indiqué dimanche qu'aucune décision n'était encore prise sur la généralisation des portiques de sécurité dans les gares. Guillaume Pépy n'est pas Normand, mais il doit prendre en compte les forces politiques contradictoires et réserve donc sa décision la mise en place de nouveaux dispositifs.

Des portiques pour les voyageurs et des scanners à rayons X
pour le contrôle des bagages ont été mis en service dimanche au départ des lignes Thalys qui desservent notamment la Belgique et les Pays-Bas, à la gare du Nord à Paris et à la gare Lille Europe, dans la capitale nordiste. Pour un semblant de crédibilité, encore faudrait-il que les autorités des pays voisins s'alignent: la fiabilité de ce dispositif y gagnerait sur son aspect médiatique.

Créer l'illusion qu'on est légitime à son poste 
L'installation de portiques sur ces lignes a été décidée à la suite des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis (130 morts) et de l'attaque ratée fin août dans un train Thalys Amsterdam-Paris. Il devient donc difficile d'opposer la moindre réserve et de dénoncer une opération de type Tchernobyl qui prétend que les assassins islamistes ne sauteront pas les contrôles comme le nuage nucléaire à notre frontière.

TGV, Intercités, TER, Ségolène Royal, la ministre en charge des transports, souhaite la mise en place de portiques détecteurs de métaux et de scanners au rayon X pour les bagages pour tous les trains de France. Elle a pu réaliser 
700 pass(ag)es contrôlé(e)s en 20 minutes..., ce jeudi à la gare du Nord, à l'en croire, au cours de son opération de présentation des premiers portiques de sûreté installés sur les quais des Thalys, opérationnels ce dimanche 20 décembre. C'est aussi elle qui a marqué son temps pour son combat d'arrière (-garde) contre le string à l'école. Tout bien considéré, la mère-la-vertu ne serait-elle pas de mèche (en ticket de métro) avec les Frères musulmans ? 

"C'est le premier jour. La France est pionnière. On va voir les résultats." 

La manipulation mentale de l'opinion a donc repris. 
Les portiques dressés ne sont visiblement 
pas opérationnels:
les contrôles se limitent aux identités !
"On va s'adapter, régler les dispositifs", a assuré G. Pepy au cours du "Grand Jury" RTL-Le Figaro-LCI. Autrement dit, on est les premiers, donc les meilleurs et les plus responsables.  Si on n'en croit pas un mot soi-même, à l'euro  instar de Pépy, ce qui importe, c'est d'en convaincre les autres. 

Le président de la SNCF a estimé que le nouveau dispositif se metta en place "normalement"(!).
"Ce (dimanche) matin, certaines personnes sont arrivées après le délai [conseillé] de 20 minutes avant le départ du train. Nous les avons attendues. Le train est parti avec juste 3-4 minutes de retard", a-t-il précisé. Fallait-il que chacun susse que les Thalys les attendent... Et les djihadistes aussi ?

La Belgique n'est plus le partenaire exemplaire que Cazeneuve nous vantait

Jusqu'aux dernières tueries de Paris, le monumental ministre de l'Intérieur se voulait rassurant et soulignait l'étroite collaboration de ses services avec leurs homologues belges. Or, depuis la révélation 
de la provenance belge des djihadistes et de contrôles inefficaces entre les deux pays francophones, cette relation étroite et privilégiée est exclue des éléments de langage officiels.   
Pepy se limite donc à espérer que la Belgique et les Pays-Bas mettent en place des mesures similaires. "Nous pensons que parce que la France est pionnière sur le Thalys, les autres pays vont eux-mêmes y réfléchir et sans doute prendre la même décision", a-t-il hasardé.

Volonté de la ministre de tutelle des Transports, Ségolène Royal, d'étendre ce type de dispositifs à l'ensemble des trains



"A l'heure actuelle, la décision n'est pas encore prise, donnons-nous le temps d'expérimenter," a réagi Pepy.
"Aujourd'hui, à la SNCF, la sûreté est une priorité absolue. (...) C'est vrai qu'il n'y a pas que les TGV, il n'y a pas que les autres trains internationaux, il y a aussi les RER, voire les métros, voire les bus", où la sécurité doit être assurée, a-t-il déclaré, n'excluant pas formellement la mise en place de nouveaux dispositifs, ni d'ailleurs de la réactivité de la RATP.


"Les portiques, ce n'est pas la panacée", a toutefois lâché Pépy (...) "Je ne crois pas à une solution miracle. Aujourd'hui, nous avons trois filets de sécurité: la présence humaine, raréfiée, les nouvelles technologies et la vigilance de tous", a expliqué M. Pepy. Ainsi la SNCF nous dirige-t-elle imperceptiblement vers des stades, Vel' d'Hiv (pas grave: rien à voir avec le HIV !) et autres camps, où les étourdis et les récalcitrants seraient parqués. Les carnages islamistes pousseront-ils l'Etat-PS à procéder à la ré-éducation des rebelles et inadaptés à la lutte. En filigrane, Pépy estime déjà qu'il incombe désormais aux usagers d'être vigilants. L'état d'exception  d'urgence permettra-t-il que, dans un premier temps, les citoyens défaillants pourraient être verbalisés, pour l'exemple ? La déchéance de nationalité est aussi à l'ordre du jour.

Mais les portiques n'ont encore rien détecté dans les propos des porteurs du verbe sur leur financement...
Interrogé sur la possibilité de demander une sorte de taxe de l'ordre de 50 centimes à 1 euro sur les billets de train pour financer les coûts de la sécurité, le dirigeant de la SNCF ne l'a pas exclue !
"Ça se fait dans l'aérien", s'est-il justifié. Comme "certains parlementaires", le député PS "Gilles Savary la considère comme inéluctable. Il a demandé là-dessus un rapport. Je pense qu'il faut attendre quelques semaines pour qu'on y voit clair", a estimé Pepy. Disons-nous bien que ce ne sera pas un impôt, ni une taxe, non pas une dîme, mais une contribution citoyenne à la sécurité solidaire. Ca fait envie... 
Avec exemption pour les enfants au bras, évidemment, les seniors incontinents aussi, les gauchers amputés et les rouquins chauves. Sans oublier les enfants de la lune, à condition qu'ils appartiennent à la diversité, et les femmes voilées: si c'est social, ça ne passe pas; ça glisse !

"Mais il n'y a pas d'augmentation de tarifs prévue pour la SNCF à l'heure actuelle", a-t-il précisé. Simplement, "la décision n'est pas encore prise", a murmuré Pépy. Il n'aurait pas le regard un peu louche ? Vérifiez ci-dessus, l'air de rien.


mardi 12 février 2013

SNCF, épinglée pour ses dépenses de communication

La Cour des comptes tacle la SNCF sur ses choix budgétaires

Tout est plus cher aussi,
allez savoir pourquoi !
Les dépenses de communication de la SNCF " sont en infraction avec les règles de la concurrence" au cours de la dernière décennie, selon le rapport annuel de la Cour des comptes concernant cette entreprise publique peu soucieuse des déficits publics, malgré le contrôle - ou grâce à la complicité - des élus des syndicats au CCE.
Bâtiment principal du CCE SNCF,
le Vert Bois à Saint Madrier,
sur la Côte d'Azur 
Le Comité d’entreprise de la SNCF est en outre propriétaire des châteaux de La Bachasse et aussi du magnifique château du Vernay, à Challuy, au sud de Nevers. Lien PaSiDupes - 15 immeubles sous-occupés que Duflot va réquisitionner : 15 châteaux trop beaux pour les pauvres de Duflot, ministre du Logement Ayrault.

Le document, qui doit être officiellement présenté mardi, qualifie ses dépenses de communication de "dispendieuses" lors de la dernière décennie. "La fonction de communication de la SNCF souffre d'une faiblesse de pilotage budgétaire et de lacunes dans le suivi des dépenses engagées."  

"Relier les hommes", mais à un juste prix

Le contrôle de "la régularité, l'efficience et l'efficacité" des dépenses de communication externe et interne de l'établissement public entre 2000 et 2011 (Louis Gallois et Anne-Marie Idrac) fait apparaître "que les opérations les plus importantes ont fait l'objet de procédures en infraction avec les règles de la concurrence", explique la Cour. Selon elle, "ces pratiques anormales atteignent des niveaux préoccupants car elles concernent 71% des 41 opérations de communication les plus importantes réalisées par la SNCF depuis 2007". 
Et ce, pour un montant de plus de 106 millions d'euros.
Lien PaSiDupes - Cette niche sociale que les syndicats ne veulent pas supprimer": les syndicats, des riches qu'aime Hollande

Des justifications non conformes

Centre du CCE SNCF aux alentours d'Amiens:
Les 3 Doms, à Montdidier
En outre, l'institution a constaté que "l'invocation des cas d'urgence impérieuse ou de la spécificité technique, prévus par la réglementation pour échapper à l'obligation de mise en concurrence" n'ont pas fait l'objet d'une justification conforme à la réglementation en vigueur ou aux règles internes à la SNCF.

Parmi les irrégularités relevées, la Cour souligne que deux avenants au marché signé par la SNCF en 1995, sous la présidence de Loïk Le Floch-Prigent,  avec la société de conseil TBWA auraient ainsi "dû faire l'objet d'une mise en concurrence car ils modifiaient substantiellement les termes du contrat". 
Un autre exemple concerne le séminaire annuel des managers organisé sous la présidence de Guillaume Pépy en septembre 2011 à Tanger, réunissant sur quatre jours 600 personnes pour un montant de 2,7 millions d'euros. Au final, le coût s'est ainsi élevé à 4.289 euros par personne, soit 1.430 euros par jour. Un montant bien éloigné de la référence proposée par l'audit de 2009, soit 300 euros par jour et par personne.

En 2011, " La Cour des comptes dénonce des fraudes au CE de la RATP ": La CGT, l'UNSA et SUD-Ratp dans le collimateur des juges financiers de l'Etat

La Cour des Comptes serait bien avisée de se pencher aussi sur les dépenses de communication des collectivités territoriales...

jeudi 20 mai 2010

Des anesthésistes paralysent la Gare Montparnasse

Plus de 100.000 voyageurs perturbés ;
coût d'un million d'euros pour la collectivité


Trois principaux syndicats qui ne maîtrisent rien


Quelque 2.500 à 3.000 infirmiers anesthésistes, selon les syndicats CGT, le Syndicat national des infirmiers anesthésistes et ...SUD, et 1.200, selon la police, ont manifesté mardi à Paris.

Les revendications
Ils demandent à être reçus par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. Ils dénoncent la non-reconnaissance de leur spécialité par le protocole Bachelot, signé en février, et la possibilité pour des infirmiers n'ayant pas suivi leurs deux années de formation de pratiquer des actes d'anesthésie. Ils
réclament aussi une meilleure prise en compte de la pénibilité de leur travail.

16% des 7.500 infirmiers anesthésistes en France
Ils assistent notamment les médecins anesthésistes dans les blocs opératoires, suivent cinq années d'études : trois ans de formation initiale pour le diplôme d'État puis après deux années d'exercice du métier, deux nouvelles années de formation.

De gentils policiers
s'affairent-ils
à ranimer
un manifestant
échappé du cortège ?

Une volonté de dialogue ?

Plusieurs centaines d'infirmiers anesthésistes ont échappé aux organisateurs.

Ils sont sortis de l'itinéraire prévu pour faire irruption dans la gare Montparnasse vers 13 heures pour bloquer les voies des TGV.
"Nous ne bougerons pas avant d'avoir l'assurance d'être reçus par le cabinet de la ministre de la Santé", a déclaré Bruno Franceschi du collectif des Infirmiers anesthésistes diplômés d'État (IADE) CGT.

800 manifestants radicaux se trouvaient sur les voies
, alors que, vers 14 h 30, la police était sur le point d'évacuer les manifestants. La SNCF a confirmé que des infirmiers se trouvaient sur les voies des TGV empêchant le départ de plusieurs trains.

Le blocage de la gare a coûté plus d'un million d'euros à la SNCF

La SNCF a déposé plainte pour être indemnisée du préjudice
M. Pepy a annoncé que la SNCF "a déposé plainte de manière à ce que le préjudice très important qu'elle a subi, de plus d'un million d'euros, soit indemnisé dans les meilleurs délais".

S'exprimant mercredi lors d'une visite sur le RER E, Guillaume Pepy, président de la SNCF, entreprise publique, a dit que "l'envahissement des voies de la gare Montparnasse par des manifestants hier durant plus de cinq heures est absolument insupportable. Je suis scandalisé".

Il a évoqué "plus de 100.000 voyageurs" dont le voyage a été "perturbé par une manifestation qui n'a rien à voir avec la SNCF".

Mardi, plus de 60 TGV et plus d'une centaine de TER et Transilien avaient été affectés par l'action surprise des manifestants, surgis vers 13H00 dans la gare et installés sur les voies.

Les syndicats ne sont-ils pas responsables de ce débordement ?

Sont-ils au-dessus des lois et intouchables ?
En somme, ils ne sont pas meilleurs que les organisateurs des apéros géants.

samedi 21 mars 2009

Les cheminots bientôt des salariés comme les autres ?

Une nouvelle lutte sociale pointe à la SNCF

L’un de leurs privilèges actuels: le prix du billet
Aujourd'hui, les cheminots paient de 1,50 euros à 13 euros maximum selon la classe choisie et la fréquentation du train pour voyager sur les grandes lignes. Guillaume Pepy veut monter ce prix à 5 à 6 euros pour la période creuse, et de 9 à 15 euros pour les heures de pointes.

Nouveau combat social en perspective pour Guillaume Pepy, PDG de la SNCF, qui prévoit d'augmenter le
prix du billet de TGV payé par les cheminots. Inacceptable pour les syndicats conservateurs, au nom d' « avantages acquis » obsolètes et inégalitaires. Et cela, malgré la crise pour tout le monde : l’UNSA est clairement plus autonome que solidaire. "La facilité de circulation est un avantage qui compense des salaires très moyens", prétend l'UNSA-Cheminots. Toutefois, cet avantage en nature n'est pas inscrit noir sur blanc dans le statut des cheminots. Seule est stipulée l'obligation de mobilité. Mais encore ne concerte-t-elle pas les ascendants, descendants et …collatéraux !

La totale gratuité des transports ferroviaires pour les cheminots date de l'entre-deux guerres


"A l'époque, la compagnie ferrée voulait convaincre les gens de venir travailler dans l'entreprise. Les employés venaient souvent de loin, d'où la gratuité des transports pour eux", justifie la SNCF. Le paiement de la réservation (entre 1,50 et 13 euros maximum) n'a été instauré qu'en 1997, avec la multiplication des trains à grande vitesse. "Cela avait déjà été un coût dur psychologique pour les cheminots qui n'avaient jamais payé leurs billets", avoue l'UNSA.
Mais le montant "n'a pas bougé depuis 12 ans", rétorque la SNCF qui avoue que le manque à gagner engendré par ce système est difficilement chiffrable.
Petit calcul: un aller simple Paris-Lyon coûte 53 euros pour un billet non échangeable et non remboursable en seconde, réservé aujourd'hui, vendredi 20 mars pour le 1er avril. Le cheminot pour le même trajet paiera 1,50 euros. Le manque à gagner pour la SNCF (et les Français solidaires à leur corps défendant) est donc de 51,5 euros.

Le cheminot est en plus exonéré de l'acquittement de cette réservation pour huit voyages par an
Ils sont d'ailleurs cumulables d'une année sur l'autre. Le compagnon ou conjoint et les enfants jusqu'à 21 ans (s'ils ne travaillent pas) bénéficient de ces mêmes avantages.

Ensuite, les parents, grands-parents, et beaux parents ont le droit à quatre voyages par an, sous réserve du paiement de la …réservation ! Ces billets ne sont pas reportables d'une année sur l'autre.
Enfin, les retraités de la SNCF continuent à bénéficier des tarifs préférentiels. Remettre en cause ce système "c'est pénaliser les cheminots et leurs familles et surtout les retraités qui n'ont pas de grosse pension", s'insurge le syndicat. Le maintien de ces privilèges, n’est-ce pas pénaliser l’entreprise publique et le pouvoir d’achat des contribuables ?

Mais cette nouvelle remise en cause du statut du cheminot ne passe pas côté syndicats au lendemain de la mobilisation nationale et surtout après des négociations déjà houleuses sur d'autres acquis. "L'âge de la retraite a été repoussée de 2,5 à 3 ans » mais dans un souci d’égalité avec les autres salariés.
La nouvelle mesure ne passerait de toute façon à aucun moment et devrait en revanche être consentie en pleine crise économique.
Pourtant, il faut encore savoir que la politique de logement qui permettait à un cheminot de payer un appartement 20 à 30% moins cher que le prix du marché a résisté au train de réformes.
Les cabinets médicaux propres à la SNCF ferment peu à peu, et les cheminots sont obligés de se mêler de plus en plus à la foule des travailleurs qui consultent un médecin libéral", se plaignent les privilégiés de l'UNSA.

Seul acquis encore intact: le licenciement économique n'existe pas à la SNCF. Et ce n’est pas un mince avantage par les temps qui courent. S’en rendent-ils seulement compte ?

jeudi 15 janvier 2009

Pourquoi Libération ou le Nouvel Observateur ne dénoncent-ils pas SUD-rail ?

C’est Le Figaro qui démonte la stratégie du blocage de Sud

La presse n’a-t-elle pas la prétention de « décrypter » l’actualité pour nous ?


Or, dans l’article que nous vous soumettons, Le Figaro explique ce que les organes de presse d’opposition n’ont, semble-t-il, pas remarqué…

SNCF : SUD-rail ou la stratégie du blocage
A deux mois des élections professionnelles à la SNCF, le syndicat ne recule devant rien pour se faire entendre et convaincre les cheminots.
Il commence à vraiment faire peur à la direction de la SNCF. Et il y a de quoi. SUD-rail s'est clairement lancé dans une vaste campagne de blocage de l'entreprise publique. Son objectif : montrer ses muscles face à son puissant concurrent qu'est la CGT et se présenter comme le seul vrai syndicat contestataire capable de faire plier Guillaume Pepy, le président de la SNCF.
Christian Mahieux, patron de SUD-rail, a réussi son coup mardi. En quelques heures, il a
poussé la SNCF à fermer la gare de Saint-Lazare, à Paris, en déclenchant une grève surprise après l'agression la veille d'un conducteur du RER A. Plus fort encore, SUD-rail a mis en colère Nicolas Sarkozy, qui a demandé mercredi à la SNCF de «s'excuser» et d'«indemniser» les voyageurs. Dès mercredi soir, Guillaume Pepy, le président de la SNCF, a annoncé que « toutes les personnes qui voyagent par la gare Saint-Lazare seront indemnisées de 30 à 50 euros sur leur abonnement mensuel du mois prochain».
Au lendemain de ce coup de force, il ne faisait aucun doute aux yeux de la SNCF que ni les autres syndicats ni les cheminots se seraient jamais lancés dans ce «débrayage sauvage si SUD-rail n'avait pas remonté tout le monde». Selon un cadre de la direction, SUD-rail aurait même «instrumentalisé un problème de sécurité pour relancer un mouvement moribond». La grève de mardi à Saint-Lazare a conclu en apothéose un conflit déclenché par SUD-rail le 14 décembre. Un mois de bagarre avec les voyageurs au milieu du champ de bataille : à croire que SUD-rail voulait refaire 1995.

Le lait sur le feu

La grève à tout-va est la stratégie politique de SUD qui, depuis plusieurs semaines, ne recule devant rien. Le syndicat a obtenu 15 % des voix lors des élections professionnelles de 2006 de la SNCF. Il compte faire mieux le 23 mars lors du prochain scrutin et espère bien talonner voire faire tomber des bastions de la CGT. Déjà très puissant à Paris Saint-Lazare ou à Metz-Nancy, SUD-rail se verrait bien jouer les trublions arnacho-syndicalistes un peu partout en France. La loi sur la représentativité syndicale votée en août lui donne en tout cas des raisons d'y croire. Celle-ci dispose que chaque liste doit rassembler au moins 10 % des voix aux élections professionnelles dans les entreprises pour pouvoir y voter un accord. Du coup, lors des élections de mars à la SNCF, les cheminots pourraient décider de voter utile, donc de porter leurs voix vers les syndicats qui pèsent déjà lourd comme la CGT et SUD-rail, bien sûr.
La direction de la SNCF surveille comme le lait sur le feu l'évolution des clivages électoraux chez ses cheminots. Elle craint un renforcement de SUD-rail face à la CGT-cheminots de Didier Le Reste. «La situation est tenable avec une CGT à 40 % et SUD à 15 %, comme c'est actuellement le cas au niveau national, explique un cadre de la SNCF. Mais dans les établissement où SUD fait jeu égal avec la CGT à 25 ou 30 %, ça peut vite être ingérable.» Si, bon an mal an, la direction arrive à trouver un modus vivendi avec Didier Le Reste, c'est une tout autre histoire avec Christian Mahieux, que ses détracteurs décrivent comme un «gauchiste» et un «dangereux activiste». Autant dire que Guillaume Pepy croise les doigts pour que les élections de mars ne soient pas favorables à SUD-rail. Si Christian Mahieux devait faire le plein des suffrages cheminots, la SNCF en deviendrait ingouvernable alors qu'elle entre dans une période délicate : celle de l'ouverture du transport de voyageurs à la concurrence.

Un discours quasiment consumériste

Autant qu'un renforcement de SUD-rail au niveau national, la direction de la SNCF craint que sa bête noire multiplie de bons scores locaux. Là où le syndicat serait en tête, ce serait autant de foyers pour des grèves locales très dures comme celles de Saint-Lazare à Paris. Tous les moyens sont bons pour parler plus fort que la CGT et tenir des grèves plus longues que les siennes. «SUD n'est plus uniquement le syndicat révolutionnaire que l'on a décrit pendant des années, explique un cadre de la SNCF. Il est dans une logique électoraliste et maintient l'illusion qu'il est le seul à répondre aux attentes individuelles des cheminots. L'idéologie est bien loin.»
SUD-rail tient un double discours. Un discours politique : la rhétorique de la lutte des classes lui sert à se présenter comme le seul rempart solide face au libéralisme et à la direction de la SNCF ; et un discours plus syndical, quasiment consumériste en fait : le syndicat est là pour défendre les intérêts de chacun. «Il y a peu de militants de Lutte ouvrière chez SUD mais en revanche beaucoup de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), analyse un spécialiste du sujet. On explique cela par le fait que SUD-rail est né dans les strates anticommunistes, soit trotskistes, soit antistaliniennes.»
Pour grossir les rangs de SUD-rail, ses militants font du porte-à-porte à la SNCF pour débaucher les adhérents déçus qui ne se sentent pas bien défendus par les autres syndicats. À Noël, alors qu'un préavis de grève déposé par FO avait été jugé abusif par la direction de la gare du Nord, à Paris, les militants de SUD-rail sont entrés en scène et ont distribué un tract explicite : «Tu as été lésé lors de la dernière grève ? Tu refuses d'être le dindon de la farce ? Fais-toi connaître auprès des délégués SUD-rail.» De même, le syndicat de Christian Mahieux fournit aux cheminots un formulaire prérempli qu'ils n'ont qu'à retourner à la direction lorsque celle-ci leur demande des explications.

Rendre la vie impossible à 400 000 personnes

À la différence des autres organisations, qui disent défendre les intérêts de «tous les cheminots», SUD-rail ne fait de l'œil qu'à ceux qui ont une grande capacité de nuisance : les agents de conduite, les aiguilleurs et les contrôleurs, trois catégories au sein desquelles il a fini par être très bien représenté. Une fois assuré de leur soutien, SUD-rail lance des grèves sous n'importe quel prétexte. Les agents de conduite de Saint-Lazare veulent continuer à dormir dans le foyer de la gare et refusent de se rendre à la gare du Nord voisine pour y passer la nuit ? Grève ! La grille horaire d'hiver et les nouveaux rythmes de travail ne conviennent pas aux agents SNCF ? Grève ! Les agents d'aiguillage sont fatigués de la surcharge de travail que leur donne la grève de leurs collègues conducteurs ? Grève ! Les grèves s'enchaînent et se transforment en mouvement fourre-tout où chacun y va de sa petite revendication. Le principal, pour SUD-rail, est de semer la zizanie, de faire plaisir à tout le monde et de déstabiliser la direction de l'entreprise sans jamais se soucier du sort des voyageurs en rade. À Saint-Lazare, pendant un mois, SUD-rail s'est aussi ingénié à rendre la vie impossible à 400 000 personnes chaque jour
.

«Béton sur les questions juridiques»

Chaque année, SUD-rail a traditionnellement recours à la «grève de Noël». Grâce à cette spécialité maison, les agents d'astreinte peuvent passer Noël au chaud en famille tout en étant couverts par un préavis de grève. «Ces mouvements de confort sont suivis par le noyau, souvent plus des militants SUD-rail que de simples sympathisants», explique un cadre de la SNCF. De telles grèves sont également organisées le week-end le reste de l'année. À tour de rôle, les conducteurs d'astreinte le samedi et le dimanche restent chez eux. Selon nos informations, ce mouvement a déjà duré dix week-ends d'affilée à la gare du Nord à Paris. C'est confortable pour le gréviste, qui reste chez lui et ne perd pas grand-chose sur sa fiche de paye. En revanche, c'est très pénalisant pour l'entreprise.
SUD-rail a remis récemment au goût du jour la grève de 59 minutes… mais en la radicalisant. Traditionnellement, les cheminots ont recours à ce subterfuge pour bloquer l'entreprise à moindre frais. Au moment de leur prise de service, ils se déclarent grévistes pour une heure moins une minute. Ils assurent ensuite leur journée normalement. Un conducteur qui ne prend pas son service à l'heure contraint la SNCF à annuler son train et les correspondances ne sont pas assurées. À l'échelle de l'entreprise, la multiplication de ces grèves de 59 minutes désorganise tout.
En décembre, SUD-rail a raffiné le supplice avec la «grève de 59 minutes tournante» : elle reprend le principe de la grève de 59 minutes mais l'ancre dans la durée. Le 14 décembre à Saint-Lazare, deux préavis avaient été déposés simultanément : l'un pour une grève illimitée de 24 heures, l'autre pour un mouvement de 59 minutes. Ce dispositif a permis aux cheminots d'alterner journée de travail, une grève de 24 heures et une grève de 59 minutes. Avec ce système, 40 % des cheminots ne travaillent pas mais ce ne sont jamais les mêmes au même moment. C'est efficace et cela peut durer indéfiniment. Cette nouvelle forme de grève vient d'une faille de la loi sur le service minimum que SUD-rail a su exploiter. «Ce syndicat est béton sur toutes les questions juridiques, explique un porte-parole d'organisation concurrente. Régulièrement, ils n'hésitent pas à attaquer juridiquement la SNCF.»

Une faille dans la loi

La loi sur le service garanti dans les transports oblige en effet tous les grévistes à se déclarer 48 heures avant le lancement du conflit. Ainsi la SNCF peut organiser ses plans de transport en cas de mouvement social et mieux communiquer les horaires de trains aux voyageurs. Mais le service minimum n'empêche pas un salarié de rejoindre un mouvement en cours de route ou de rejoindre une grève à laquelle il aurait cessé de participer. D'où la possibilité de travailler le lundi, faire grève cinquante-neuf minutes le mardi et grève toute la journée du mercredi.
Autre faille de la loi : chaque cheminot doit déclarer son intention de faire grève mais rien ne l'empêche de changer d'avis. Un principe que SUD-rail a vite su exploiter : ses militants se déclarent grévistes avant de finalement se raviser et venir travailler. Résultats : ils ne perdent pas un centime de salaire mais ils ne sont pas prévus dans les plans de transport de la journée quand ils se présentent à leur établissement. Les intégrer complique autant les choses que s'ils avaient fait grève. Autant dire que lorsque SUD-rail utilise toutes ces astuces en même temps, la SNCF n'est pas loin de dérailler.
(Fabrice Amedeo, pour Le Figaro, du 14/01/2009)

Le droit de retrait dévoyé à la SNCF

Des syndicats enraillent la mécanique du service minimum

L'agression d'un conducteur a été l’occasion d’une grève spontanée qui a paralysé mardi le trafic SNCF
dans l'ouest de l'Ile-de-France. La gare Saint-Lazare a même fait l’objet d’une mesure exceptionnelle puisqu’elle a été évacuée et fermée au public.

Le Président condamne une réaction inadaptée
"Le président a bien sûr été sensible à l'attaque dont a été victime le conducteur de la SNCF mais il a tenu à rappeler (...) que le service public appartenait au public", a rapporté le porte-parole du gouvernement Luc Chatel à l'issue du Conseil des ministres, mercredi. "On ne peut pas accepter que la France soit prise en otage totalement sans préavis, sans mise en place d'information, sans accueil", a-t-il poursuivi.

La loi sur le service minimum dans les transports terrestres, promesse de campagne du candidat Nicolas Sarkozy et votée dès l'été 2007, est censée protéger les usagers de ce type de réaction épidermique. La loi prévoit en effet une concertation préalable entre syndicats et direction avant toute grève et une déclaration individuelle de chaque participant 48 heures avant le début d'un mouvement, ce qui permet d'annoncer à l'avance un plan de transports aux voyageurs.

Le droit de retrait en question
Les syndicats contournent le service minimum en mettant en œuvre leur droit de retrait.
Car mardi, les cheminots du secteur Saint-Lazare ont spontanément cessé le travail après l'agression, en appliquant leur "droit de retrait", provoquant le déraillement du service minimum.
Pour ajouter à l'exaspération des usagers, le trafic de cette gare était perturbé depuis un mois par une grève des conducteurs sur les effectifs. Se jouant des règles du service minimum, ils débrayaient souvent 59 minutes par jour, désorganisant fortement le service, sans être trop pénalisés financièrement.
Ce type de dévoiement rappelle la pratique de l'opposition des tombereaux d'amendements déversés au Parlement...

Les réactions sociales
> La SNCF a pour sa part annoncé un geste commercial uniquement envers les usagers touchés par cette longue grève, sous la forme de réduction sur les abonnements de février.

> Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a été plus sévère en jugeant "quasiment inadmissible" ce mouvement au long cours.

> Le président de la SNCF Guillaume Pepy a lui fait son mea culpa sur les quais de Saint-Lazare tôt mercredi: "les usagers m'ont enguirlandé, moi j'accepte leur mécontentement". "Hier, on a manqué à nos devoirs", a-t-il ajouté devant la presse.

Les réactions politiques
> Benoît Apparu, député
UMP de la Marne, a suggéré mercredi que "si le service minimum ne marche pas, il faudra peut-être le changer".

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Le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau doit recevoir le président de la SNCF pour "veiller" à ce que les usagers soient indemnisés.

> Le président
PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a estimé que la fermeture de la gare a été "une forme de dramatisation" qui a sans doute permis de résoudre ce conflit persistant et que la direction de la SNCF "a bien travaillé".

> Après cette conjonction de difficultés mardi, François Bayrou, président du
MoDem, pense que "les personnels de la SNCF et des entreprises de transport comme à Marseille devraient réfléchir au tort que ça leur fait" lorsqu'"un problème, un incident, un accident (...) se retournent immédiatement contre les usagers".

> Pour le PS, Jean-Marc Ayrault a appelé l'Etat à "prendre ses responsabilités" et à investir pour "rénover le système ferroviaire, le matériel roulant". Mais il stigmatisme aussi les agissements de Sud-rail (cf. PaSiDupes)

Depuis l'entrée en fonction de G. Pepy il y a un peu moins d'un an, le gouvernement a souvent exprimé son mécontentement envers la SNCF, notamment après plusieurs ruptures de caténaires ayant entraîné des pagailles à répétition pour les usagers et bien que des sabotages fassent encore l’objet d’enquêtes.