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dimanche 28 août 2016

Crise laitière: la Confédération Paysanne vise Bruxelles et non Lactalis

Bruxelles aussi concentre la colère des éleveurs

Etrangement, les éleveurs de la FNSEA s'en prennent à Lactalis

Une partie des producteurs laitiers, derrière le puissant syndicat FNSEA, a déclaré la guerre à Lactalis (Lactel, Bridel, Salakis, Galbani, Président, …), premier groupe laitier mondial, qu’ils accusent de pratiquer des tarifs trop bas. 
La FNSEA cible Lactalis qui serait donc le principal responsable du marasme dans lequel se trouvent de nombreux producteurs. 
Un blocus de la société a d’ailleurs été mis en place la semaine dernière.
Avec la crise laitière, la colère paysanne gronde à nouveau, notamment en Bretagne, à quelques semaines seulement du début du salon agricole, le SPACE de Rennes, qui pourrait être animé.
Lactalis, anciennement Besnier, est une entreprise française du secteur de l'agroalimentaire. Elle s'est hissée aux rangs de premier groupe laitier et fromager mondial, et de deuxième groupe agroalimentaire français, en volume de production en 2014, derrière le groupe Danone.

Toutefois,
la FNSEA n’est suivie dans son action ni par la Coordination rurale, ni par la Confédération paysanne.

Tous les sites français du groupe Lactalis sont visés
La Confédération paysanne est d’habitude beaucoup plus radicale dans ses formes d’action comme dans ses propositions. Il suffit de citer ses meneurs, l'altermondialiste Joseph (dit José) Bové,  membre fondateur d'ATTAC, "démonteur" (destructeur) du  McDonald's de Millau (1999), saccage de plants de riz transgénique en  "faucheur" de plants de riz transgénique et, en 2006, d'un champ de maïs OGM en Haute Garonne, condamné à de nombreuses reprises ("violence en réunion" pour séquestration de fonctionnaires de la préfecture de Rodez), ou Laurent Pinateléleveur bovins bio près de Saint-Étienne dans la Loire, en première ligne de la lutte contre la Ferme des mille vaches dans la Somme, placé en garde à vue à deux reprises , poursuivi pour "incitation à la dégradation" et pour "recel". Ces mêmes neuf militants ont vu leurs peines allégées en appel.

La première, la Coordination rurale, interroge: "Pourquoi ne cibler que Lactalis?"
Selon ces producteurs, les mauvais élèves ne sont pas forcément ceux qui sont montrés du doigt. "Pourquoi ne cibler que Lactalis ? Cette entreprise ne paye certes pas le lait à un prix rémunérateur pour les producteurs, mais quasiment aucune laiterie aujourd'hui ne le fait ! [en France et en Europe] Pire, certaines coopératives payent chez beaucoup de producteurs le même prix que Lactalis en tenant compte des prix A et B, sans être attaquées !".
La Coordination rurale (CR, deuxième syndicat agricole national) est un syndicat agricole apolitique qui a été créé en 1992, en réaction à la réforme de la Politique agricole commune (PAC): l'un des slogans de la CR est "des prix, pas des primes".

Le groupe Lactalis a dénoncé de son côté dans un communiqué publié jeudi les propos "irresponsables" des représentants de syndicats agricoles qui ont pris l'industriel pour cible principale. 
"La production laitière est très excédentaire en France et le groupe Lactalis est l'entreprise de transformation qui traite le plus d'excédents produits par les producteur de lait", a précisé l'industriel, qui souligne que le prix payé en France est "nettement supérieur" à celui pratiqué par les autres pays européens, notamment l'Allemagne, premier producteur en Europe.
Quant au MODEF (Mouvement de défense des exploitants familiaux, classé à l'extrême gauche)il déplore dans le journal communiste L'Humanité que Lactalis (qui produit les marques Bridel, Lactel ou encore Président) jouisse "d’une santé économique insolente" et qu'un PDG d'entreprise comme Lactalis soit classé 13e fortune de France. Sur le fond, le Modef constate que l’offre de lait a dépassé la demande, mais ne pousse pas l'analyse jusqu'à la condamnation de la politique de Hollande qui a plombé les exportations vers la Chine, mais aussi la Russie, du fait de son soutien au gouvernement rebelle en Ukraine.

La Coordination Rurale, elle, mène d’autres actions coup de poing

A Marmande, des milliers de litres de lait ont récemment été déversés, 
avec pour cible bien précise le domicile du ministre lot-et-garonnais Matthias Fekl, secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur. "Les politiques nous lâchent..." assure Sylvie Girard, responsable régionale de la Coordination rurale., mais rappelle (et PaSiDupes l'a indiqué plus haut) "quasiment aucune laiterie aujourd’hui ne paie un prix rémunérateur aux producteurs", visant (le blog le souligne à nouveau, à la différence de la presse étatique) certaines coopératives payent chez beaucoup de producteurs le même prix que Lactalis, sans être attaquées !". Les journalistes d'investigation peuvent se tourner vers LAÏTA, la première entreprise coopérative laitière du Grand Ouest, sise dans le Finistère qui compte huit députés PS (ou DVG) sur huit, dont Jean-Jacques Urvoas et Marylise Lebranchu.

Pourquoi  la Confédération Paysanne s'attaque-t-elle à Bruxelles et non au gouvernement français ?

Avec l’APLI, association des producteurs de lait indépendants, mais qui conteste vivement la légitimité de la FNSEAla Confédération Paysanne se refuse à partager la même cible que la FNSEA. Conscients de la globalisation du marché, ses adhérents réclament une régulation et une harmonisation européenne des règles et des prix.


Le 18 juillet dernier, le Conseil agricole de l’Union Européenne a présenté de nouvelles mesures qui permettent à Hollande de rester les bras croisés. Le commissaire européen à l’Agriculture l’Irlandais Phil Hogan, a annoncé le déblocage d’une nouvelle enveloppe de 500 millions d’euros d’aides d’urgence, afin d’enrayer la spirale de baisse qui emporte les cours du lait depuis... deux ans et met en péril la situation de nombreux éleveurs.

Ces financements européens seront répartis dans deux enveloppes. 
La première, de 150 millions d’euros, pour inciter les producteurs de lait à réduire leurs volumes, avec un objectif d’une diminution de 1,4 million de tonnes de lait. Les agriculteurs seront rémunérés au prorata des litres non produits (soit environ 10,7 centimes d’euro le kilo de lait) .

La seconde tranche, de 350 millions d’euros, sera versée aux 28 Etats membres, qui pourront ajouter jusqu’à 100 % des sommes reçues, si cela n’encourage pas la hausse de la production mais plutôt des actions environnementales ou de formation.

De nouvelles "perfusions" donc, qui dispensent le gouvernement Valls de soutenir ses éleveurs et  qui font suite à aux millions dépensés chaque année en faveur des agriculteurs, sans que la courbe des prix du lait ne s'inverse, signe d’un modèle à bout de souffle.

Produire moins pour gagner plus, réclame l
a Confédération paysanne

Avec seulement 19,7 % des voix lors des dernières élections aux chambres d'Agriculture en 2013, la Confédération est particulièrement remontée contre sa rivale, la FNSEA, de Xavier Belin qui a validé le projet européen, stigmatise un "gigantesque plan de licenciement des éleveurs laitiers"
"Alors que tout le monde parle enfin de régulation, il est temps de mettre en place de véritables mesures pour les éleveurs avec une réduction imposée de la production couplée à des prix renforcés sur les premiers litres", explique la Confédération dans un communiqué diffusé par la presse.

Actuellement, les prix du lait sont descendus sous les 0,25€ le litre, alors que 0,35 € minimum sont nécessaires pour un revenu correct selon le syndicat paysan. "Les éleveurs sont déjà acculés par un système qu’aucun gouvernement européen n’a réellement souhaité remettre en cause. Désormais, des milliers d’entre eux pourraient être poussés vers la sortie."

Le syndicat exhorte aussi les gouvernants à cesser la distribution d’aides et de perfusions aux paysans, mais prennent les mesures pour que ces derniers puissent vivre de leur production : "il est temps de penser le soutien aux éleveurs pour engager la transition vers des modes de production plus autonomes, plus cohérents avec la réalité du métier et des besoins alimentaires. L’agriculture est un secteur qui peut créer de l’emploi si on ne le vend pas à un libéralisme éperdu qui ne se préoccupe pas des travailleurs, ni de l’environnement, des paysages, de l’alimentation, de la société dans son ensemble !".

La rentrée pourrait s’annoncer chaude et agitée,
particulièrement dans l'électorat de Bretagne !

jeudi 3 septembre 2015

Mais pour qui roule vraiment la CFDT ?

C'est -à l'inverse- l'étrange question que se posent l'AFP et ses suiveurs de la presse

"Mais pour qui roule vraiment Xavier Beulin, le patron de la FNSEA?" s'interrogent l'AFP et L'Express, de conserve !...
Xavier Beulin a le poil noir, mais les yeux bleus :
l'AFP lui reproche donc sa réussite
Bon orateur et à l'aise dans les media, à la différence de Laurent Berger (CFDT), Xavier Beulin a satisfait a demande des agriculteurs -après des mois de colère en régions- de monter sur Paris. Une foule d'agriculteurs mécontents -seulement ceux proches de Paris- se sont donc rassemblés aux portes de Paris, ce jeudi. Le patron du principal syndicat, la FNSEA, est très écouté du fait qu'il a su développer un géant agro-industriel, le groupe Avril, dont les intérêts sont partagés par la base qui l'a élu.
  
L'homme n'a rien reçu en héritage; il s'est construit: 
il a dû arrêter ses études à 17 ans à la suite du décès de son père et décrochera malgré tout un BEPA, en formation accélérée.

Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, à son arrivée à l'Elysée pour une réunion avec le Premier ministre et le ministre de l'Agriculture, le 24 août 2015 crédits : afp.com/KENZO TRIBOUILLARDVALLS, il

A la façon de Manuel Valls a posé sa veste sur l'estrade de la Place de la Nation ce jeudi après-midi. Mais, à sa différence, il a gardé son sang-froid conservant sa chemise, impeccable, et n'a pas transpiré comme un veau, quand des agriculteurs ont bruyamment manifesté leur volonté de garanties fortes pour l'avenir.

L'AFP discrédite la réussite

L'ascension sociale dérange l'agence de presse marxisante qui reproche à Xavier Beulin d'être à la fois leader du 1er syndicat agricole depuis 2010, céréalier dans la Beauce et président d'un grand groupe industriel, Avril (7 milliards d'euros de chiffre d'affaires), numéro un des huiles en France, qui détient notamment les marques Lesieur, Puget ou Matines (oeufs). En fait, ce que néglige de signaler la presse partisane, c'est qu'il est Associé en Exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) avec son frère et deux cousins.

S'il est aussi Administrateur de Crédit Agricole S.A, il la doit à une nomination "par arrêté conjoint des ministres en charge de l'Economie et de l'Agriculture", souligne pourtant la fiche qui lui est consacrée sur le site de la banque et que l'AFP n'a pourtant pas manqué de lire. 
Ce comportement de la presse, ce serait comme reprocher au milliardaire franco-israélien Patrick Drahi d'être le principal actionnaire de l'opérateur français SFR-Numericable, Virgin Mobile, etc... et patron de presse, depuis janvier 2015, des magazines les plus importants du groupe en France. Vertueux, les journalistes de L'Express réussissent à critiquer l'un sans égratigner l'autre, son propriétaire: chacun aura ainsi compris d'où vient cette différence de traitement.
Puissante bien avant que X.Beulin n'en prenne la tête, la FNSEA a joué son rôle syndical en encadrant la convergence -à 40 km/h-  des tracteurs des agriculteurs d'Ile-de-France et la traversée de la France par leurs familles pour se faire entendre.
Parce qu'il a la compétence des hommes d'affaires, les agriculteurs l'ont choisi comme représentant syndical. Hollande n'a pas fait autrement en choisissant le banquier d'affaires, Emmanuel Macron, pour ministre...  
L'un - à 36 ans-  est étranger au monde politique et n'a reçu aucun mandat électoral; l'autre - à 56 ans - est non seulement agriculteur, mais syndicaliste...depuis plus de 25 ans.
Gros travailleur, réputé aussi à l'aise avec les problèmes concrets des agriculteurs que dans les négociations à Bruxelles 
Xavier Beulin est un homme d'expérience. 

Il expose inlassablement et posément ses vues et les propositions de son organisation syndicale, en tentant de ne pas être "trop techno". Selon lui, une "erreur fondamentale" serait de ne pas prendre le temps de réfléchir à une nouvelle orientation de l'agriculture française pour les 20-30 prochaines années, expliquait-il fin juillet. Un reproche récurrent adressé à S. Le Foll, ministre de l'Agriculture sans aucune vision - ni intérêt - pour la cause agricole.

Il faut "privilégier une agriculture qui reste à taille humaine" (histoire d'apaiser la gauche qui condamne l'industrialisation de l'agriculture), "tout en regroupant les moyens de production" pour rester compétitif face à nos voisins européens, plaide-t-il, notamment l'Allemagne, dont les Verts ne sont pas archaïques comme peut l'être la Confédération paysanne qui voit en lui le promoteur de fermes-usines, sur le modèle de la ferme des 1.000 vaches, qui laisserait à terme des milliers d'agriculteurs sur le carreau, selon ce syndicat agricole ultra-minoritaire (19,7 % des voix lors des dernières élections aux chambres d'agriculture en 2013) et labellisée à gauche. "Pendant que la FNSEA a mobilisé les agriculteurs à Paris, son président Xavier Beulin fait la tournée des popotes pour obtenir ce qu'il veut, regrettait le porte-parole de "La Conf'", Laurent Pinatel, placé en garde à vue trois fois pour des dégradations commises à l'instigation de Bové (Joseph, comme Staline), ce matin sur... L'Express. Connivence ? L'hebdomadaire et le syndicat font front commun. "Il passe au Sénat, à l'Assemblée, chez Manuel Valls (qui a fait des annonces en début d'après-midi). Mais la modernisation, selon la FNSEA, cela consiste à faire grandir les fermes pour les rendre plus compétitives. La volonté de dialogue  de Beulin ulcère cette Confédération d'extrême gauche.

Pinatel et Le Foll, détendus et souriants
Marquée à droite (selon le bouclage à l'oreille par la gauche), la FNSEA a en revanche l'ambition de créer des exploitations plus grandes, plus en phase avec ce qui se fait chez nos voisins européens.

Les agriculteurs reprochent au ministre des discussions  qui s'éternisent avec les services du Premier ministre. Selon L'Express qui n'a toujours pas pris la mesure pas la détresse des agriculteurs, "la belle mobilisation" n'aura pas activé la sortie du train de mesures d'urgence et des solutions à long terme attendues

L'AFP et L'Express accusent Xavier Beulin de faire de la politique

Rendez-vous compte, "il tente de pousser son avantage pour obtenir un maximum de chose[s] de la part du gouvernement", s'indigne (avec AFP) Sébastien Pommier pour L'Express. "Il souhaite notamment voir les normes et les charges s'alléger pour aider la filière à grandir", s'agacent-ils dans leurs bureaux parisiens. Et les fielleux d'ajouter: "et son groupe à prospérer" ! 

La presse ne prend pas la peine de masquer son parti-pris anti-FNSEA 
"C'est en tout cas ce que lui reproche le président de la Coordination rurale [12,5% et anti-PAC], autre formation syndicale agricole (à droite cette fois)  qui s'est désolidarisé[e -deuxième faute du journaliste]  "du déploiement de force du roi Beulin avec sa casquette de groupe à 7 milliards", polémique son président, Bernard Lannes. Doit-on pour autant suggérer qu'elle s'aligne sur La Conf' ? Or, si la paire AFP-L'Express classe la Coordination rurale à droite, c'est qu'elle est apolitique.

Beulin parle aussi "compétitivité" et "OGM" 
Sous le feu des critiques de la gauche radicale depuis le début de l'été, la "holding Beulin" s'est défendu[e -encore une faute de Sébastien Pommier] fin juillet, ripostant qu'elle réinvestit systématiquement "tous ses résultats dans le développement des filières nationales"

L'AFP et L'Express retracent son itinéraire et passent enfin aux aveux, de mauvaise grâce
Le Roi du Maroc Mohammed VI serrant la main 
du patron de la FNSEA Xavier Beulin 
lors d'une visite présidentielle de F.Hollande 
à Casablanca en avril 2013
"Autodidacte, Xavier Beulin a dû reprendre -en partage- l'exploitation familiale en 1976, au décès de son père. Alors en terminale et aîné de quatre enfants , il fait une croix sur le bac. Son seul diplôme est donc son permis moto, son péché mignon, comme il aime à le rappeler. Très jeune, il s'implique en militant au Centre départemental des jeunes agriculteurs (CDJA) du Loiret, et grimpe rapidement les échelons, multipliant les casquettes dans des organisations du secteur agricole. Associé avec son frère et deux cousins, l'agriculteur, marié et père d'un fils, co-dirige une exploitation de céréales (colza, tournesol, blé, orge) d'environ 500 hectares au sud-est d'Orléans.
  
Xavier Beulin n'hésite pas à utiliser des mots tabous dans l'agriculture française: "compétitivité" ou "OGM", sur lesquels il voudrait même dialoguer. Le patron de la FNSEA cherche à adapter le monde agricole au monde du XXIe siècle et recherche des solutions. Ainsi s'emploie-t-il à introduire dans le débat agricole des concepts jusque-là réservés au domaine financier, comme la titrisation, qui pourrait permettre à des fonds d'investir davantage dans l'agriculture. 
Sous la critique, Xavier Beulin reste droit dans ses bottes.

samedi 15 novembre 2014

Sivens: manifestation à l'appel de la FNSEA, samedi 15/11 à Albi, contre les bloqueurs écolos radicaux

Les blocages  illégaux des écolos mobilisent les paysans en colère

Syndicat d'agriculteurs majoritaire, la FNSEA, 
attend "5.000 citoyens exaspérés" samedi après-midi à Albi.

"Djihadistes verts" d'EELV
dénoncés par la FNSEA
à Toulouse, le 5 novembre 2014



L'enfer, c'est les Verts

"Ce ne sera pas la manifestation des pro-barrage contre les écologistes, mais celle du
ras-le bol contre les 'zadistes', des mercenaires venus de partout, qui utilisent la violence contre un projet qui a suivi un processus démocratique", a déclaré 
Philippe Bardyle directeur de la FDSEA du Tarn, fer de lance de la première grande manifestation prévue contre les opposants au projet de barrage de Sivens (Tarn)"On dénonce la violence, on n'a pas du tout pour objectif d'envoyer des gens se bastonner avec ceux qui occupent le site", a d'ailleurs assuré M. Bardy
. C'est désormais une dizaine d'organismes et associations qui répondent à l'appel de l’association Tarn ruralité à manifester le 15 novembre à Albi.


Le site de Sivens à l'Isle-sur-Tarn est occupé par plus d'une centaine de bloqueurs d'extrême gauche, altermondialistes et militants de la Confédération paysanne de Joseph Bové, qui s'appellent eux-mêmes "zadistes" parce qu'ils occupent une "zone à défendre" (ZAD), détournement de l'expression "zone d'aménagement différé", titulaire d'une convention d'aménagement et d'un droit de préemption. Ils refusent de quitter le site du chantier tant que le projet de réservoir d'eau sur 34 hectares n'aura pas été abandonné.

Les agriculteurs comptent faire valoir leurs droits


Trois semaines après la mort de l'écologiste radical Rémi Fraisse, 21 ans, tué par l'explosion sur le sac à dos du manifestant - contenant probablement un produit inflammable - d'une grenade offensive de la gendarmerie en état de défense contre les activistes du site de Sivens venus de partout en France pour en découdre avec les représentants de la loi et alors que des dizaines de manifestations ont été organisées - en dépit souvent d'interdictions officielles - en "hommage" à la victime et contre des "violences policières".

Ils revendiquent le droit à "sécuriser l'approvisionnement en eau des agriculteurs". Après le "délai de décence" lié à la mort du jeune homme, il faut "se mobiliser pour Sivens, une petite mare aux canards améliorée; si cela ne se fait pas, rien ne pourra se faire" déclarait le 5 novembre à Toulouse le président de la Chambre régionale d'agriculture, Jean-Louis Cazaubon en lançant l'appel à manifester.

Les FDSEA et les Jeunes agriculteurs de tous les départements limitrophes du Tarn devraient affréter de 20 à 30 cars pour emmener les agriculteurs jusqu'à Albi.
La Coordination Rurale, syndicat minoritaire souvent considéré comme conservateur, a annoncé qu'elle participera aussi à la manifestationà la différence de la Confédération paysanne, classée à gauche, qui s'oppose au barrage en dénonçant l'agriculture productiviste.

Clivages multiples: écologistes contre socialistes et au sein du PS 

Habitation écologique de

"Zadistes" de Sivens
Officiellement, la CGT assure être dans le retrait, son union régionale estimant que cette manifestation équivaut à "jeter de l'huile sur le feu", alors qu'un dialogue vient de reprendre avec toutes les parties sur des "alternatives" au projet actuel de barrage, à l'initiative d'une ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, mi-chèvre, mi-chou...
Les élus écologistes ont au contraire vivement dénoncé l'appel des maires à la manifestation, parlant d'une "classe politique acculée qui resserre les rangs pour mieux se protéger" et ils ont assuré que les occupants sont "profondément écologistes et pacifistes" [sic].

Lors de cette manifestation, la FNSEA reçoit le renfort de la Chambre de commerce, de la Chambre des métiers, des chasseurs et de nombreux élus locaux.
Les organisateurs assurent que le rassemblement sera "apolitique" et ont refusé la présence de "drapeaux de partis". Mais les clivages politiques sont très divers et ne recoupent pas complètement les catégories nationales. Cécile Duflot, la patronne d'EELV, a "perdu le sens de l'Etat" et est "en perpétuelle dérive" depuis qu'elle a quitté le gouvernement, a ainsi estimé Jean-Marie Le Guen, le ministre des relations avec le Parlement.

Le projet de barrage a été porté par le Conseil général et son président PS Thierry Carcenac, est soutenu avec détermination par le député socialiste Jacques Valax que la FNSEA invite à soutenir.

L'association des maires et élus du Tarn, à majorité DVG, a appelé à la manifestation, mais des élus du même département ont lancé  un contre-appel pour s'en désolidariser.

L'UMP du Tarn  appelle "ses élus et adhérents à participer massivement" à la manifestation, "par solidarité totale avec le monde rural (...) en soutien aux forces de l'ordre (...) contre les casseurs et les ayatollahs de l'écologie".

La police a prévu "un dispositif nombreux", mais sans crainte d'affrontements du fait des agriculteurs, à l'opposé donc de ceux qui ont marqué plusieurs manifestations  violentes et illégales en "hommage" au mort "pacifiste".

samedi 19 septembre 2009

12 millions de litres de lait déversés: combien de vies sauvées ?

Ces éleveurs-là sont-ils des enfants de Mendès-France ?
Que les photos sont belles !

Des éleveurs en grève du lait ont répandu des millions de litres de lait un peu partout en France depuis une semaine pour exiger des mesures de régulation face à la baisse des prix.
Plus de 12 millions de litres de lait ont jusqu'ici été déversés dans les champs lors de cette "journée blanche" du 18 septembre, notamment près du Mont-Saint-Michel (Manche), selon l'Organisation des producteurs de lait (OPL),une branche de la Coordination rurale (d'inspiration poujadiste).

Une démonstration de force par une minorité d'extrémistes

Europe-Ecologie ?


Les producteurs tentaient pour leur part de démontrer que le mouvement était loin d'être minoritaire, alors que la grève du lait fait l'objet d'une guerre des chiffres avec les pouvoirs publics et les industriels.
"Nos élus sont sourds. Il faut utiliser des moyens durs pour se faire entendre", a prétendu Jean-François Guitton, de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique, avec DAL, co-fondateur d'ATTAC et proche de José Bové et Dany-le-Rouge).
Outre celle du Mont-Saint-Michel, des opérations de gaspillage ont eu lieu en Loire-Atlantique, dans la plupart des départements bretons, dans la Meuse ou dans le Lot-et-Garonne.
"C'est un mouvement très puissant. Nous n'arrêterons pas nos actions tant que des négociations au niveau européen n'auront pas abouti", a prévenu Didier Galinou, de la
Coordination rurale.

Mais le syndicat agricole majoritaire a une autre méthode
Pour le chef La FNSEA, ne soutient pas le mouvement.
L'indignation des responsables

Face aux pressions médiatiques
, le ministre français de l'Agriculture,
Bruno Le Maire, et le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, se sont dits "choqués" par ces actions.

  • "Montrer qu'on jette le lait alors que pour les enfants le lait ça veut dire la vie !", a déploré sur Europe 1 le chef de file du principal syndicat agricole.

  • Dans la matinée de jeudi, Bruno Le Maire avait pourtant réaffirmé son "engagement total" dans la recherche de solutions et annoncé une réunion lundi avec les banques et les assureurs pour mettre au point des aides de trésorerie.

    Souvenez-vous du verre de lait de Mendès France en 1954, distribué dans les écoles -et les casernes- pour lutter contre la dénutrition et l’alcoolisme et changer le vin et la bière en lait et en eau.

  • vendredi 18 septembre 2009

    Producteurs de lait: des agriculteurs radicaux exacerbent la colère

    Le syndicalisme minoritaire s'enfonce dans le lisier
    Des producteurs de lait ont poursuivi jeudi leurs actions en France.
    Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, estime sur RTL que «cette grève du lait est choquante pour tous les citoyens européens». Le ministre recevra les producteurs, le vendredi 18 à partir de 8h15.

    Les producteurs protestent contre la chute spectaculaire des prix du lait et réclament le maintien des quotas, ce que Bruxelles refuse encore.


    Les violences de la semaine
  • Dans le cadre de la "grève du lait" déclenchée la semaine dernière, quelque 150 agriculteurs ont répandu environ huit tonnes de lait dans un champ d'Isigny-sur-Mer (Calvados), indique la préfecture.
    D'autres actions sont prévues vendredi, déclaré «journée blanche», avec épandage «massif» -un doux euphémisme pour du gaspillage-, alors que Bruxelles a fait de nouvelles propositions pour répondre à la baisse des prix.
  • A proximité du Mont Saint-Michel, cruellement qualifié de 'Mont Blanc' pour la circonstance, un rassemblement «gigantesque» avec déversement de centaines de milliers de litres de lait est notamment annoncé à Tanis (Manche), où plus de 500 tracteurs sont attendus.
  • A Quimper (Finistère), une unité du groupe Entremont a été bloquée toute la journée par une quarantaine de manifestants qui ont interdit tout accès aux employés. La préfecture a annoncé la levée du blocage en fin d'après-midi, mais prévoyait une reprise du mouvement en soirée.
  • Une agence bancaire du Crédit Agricole a été la cible de producteurs laitiers du Forez, à Boën-sur-Lignon (Loire), où quelques dizaines d'agriculteurs ont déversé trois citernes de lait, soit environ 3.000 litres. L'opération a été menée pour dénoncer les banques qui "s'enrichissent sur la misère des paysans" (cf. la photo ci-contre), selon Thierry Derory, un des participants à l'action menée sous l'égide de l'Association des producteurs de lait indépendants (APLI), clairement engagée dans des actions de lutte des classes.

    D'autres actions ont eu lieu dans la journée, notamment dans les Pyrénées-Atlantiques comme cette distribution de lait gratuite à La Bastide Clairence ou l'épandage de lait près de Saint-Pée-sur-Nivelle.

    Les meneurs paysans

    Ils sont minoritaires mais visibles
    La "grève du lait" a été déclenchée le 10 septembre par trois syndicats minoritaires: l'APLI et l'Organisation des producteurs de lait (OPL), une branche de la Coordination rurale (d'inspiration poujadiste), avec le soutien de la très radicale Confédération paysanne (co-fondateur avec DAL d'ATTAC).

    La FNSEA -majoritaire- a refusé de s'associer à l'agitation


    Le 11 septembre, seule la Coordination rurale a clairement appelé les producteurs à faire grève.
    Pour marquer l'ouverture du mouvement, elle appelle à un grand rassemblement, en face de la préfecture de Pontivy, en Bretagne. Dès le jeudi soir, une cinquantaine d'éleveurs se sont rassemblés à Guingamp et ont annoncé qu'ils répéteraient l'opération tous les soirs.
    La Confédération paysanne est plus nuancée
    «Nous soutenons la grève, mais on laisse aux éleveurs le choix car c'est une décision douloureuse à prendre», indique Vincent Pennobert, porte-parole du syndicat pour le Finistère. La Confédération paysanne organisa lundi 14 une journée nationale de mobilisation et une distribution de lait aux salariés de la SBFM à Caudan (56). De nombreuses actions de ce genre ont ensuite eu lieu.
    Pascal Massol, président de l’Association des producteurs laitiers indépendants (APLI) et GAEC de l'Aveyron, fédère les agriculteurs isolés et accuse le président de la FNSEA de faire de “l’intoxication avec les industriels”. Un GAEC (Groupement agricole d'exploitation en commun) est une société civile de personnes et de plusieurs exploitations.
    Pour l'APLI, la solution au problème actuel du prix du lait "ne peut être qu'européenne, via l'EMB. et ses 100 000 adhérents", souligne son président. "La fin des quotas n'est pas inéluctable, nous pouvons imposer une production en phase avec la consommation intérieure" a-t-il ainsi expliqué, le 25 mars dernier.
    L’EMB (Européan Milk Board) structure rassemblant aujourd’hui une vingtaine d’associations de 14 pays européens fait planer la menace d’une grève du lait à l’échelle de l’Europe.

    Le mouvement s'est étendu à d'autres pays européens sous l'égide de l'European Milk Board (EMB), un mouvement dont le président, Romuald Schaber, est allemand. L'EMB est bien impliquée dans la grève européenne, mais ne peut appeler ouvertement à la grève et à toute autre action en raison des lois fédérales d'Outre-Rhin, explique-t-on de sources syndicales françaises.

    Les revendications des extrémistes
    Les "grévistes" demandent une revalorisation du prix payé aux producteurs par la réduction des quotas européens de 5%, ce que Bruxelles refuse.
    La Commission "n'entend pas la colère grandissante des producteurs de lait européens", a réagi l'OPL. L'APLI appelle vendredi à une journée "épandage du lait" au plan national.

    Jeudi 17, l'impact de la grève du lait reste difficile à mesurer, une semaine après son déclenchement

    On assiste à une inflation des chiffres de la propagande.
    Selon qu'ils émanent des industriels et syndicalistes non grévistes ou des producteurs favorables au mouvement, les chiffres de participation sont extrêmement contrastés, allant de «5 à 10%» à «plus de 50% de grévistes».
    En Charente, Philippe Varacher, membre de l'APLI et producteur à Verneuil, estime à «40% aujourd'hui» le nombre de grévistes, contre «10%» en début de mouvement. «On va vers les 60%», assure-t-il.
    Le président de la commission lait de la Confédération paysanne annonce clairement la couleur et ce n'est pas le blanc, mais le rouge: «On s'achemine vers un blocage complet des laiteries ce week-end par manque de lait. C'est du jamais vu», a mis en garde de son côté Yves Leperlier.

    En revanche, au niveau national, la Fédération des producteurs laitiers (FNPL), branche spécialisée de la FNSEA, évalue le «refus de livraison», autrement dit le taux des grévistes, entre 5 et 10%.
    Côté industriels, l'Association de la Transformation Laitière Française (Atla), qui réunit les laiteries privées et les coopératives, a maintenu jeudi les chiffres annoncés la veille avec une collecte en baisse de 7 à 8% par rapport à l'an dernier à la même époque.

    La position de la Commission européenne

    La commissaire européenne à l'Agriculture Mariann Fischer Boel a néanmoins promis jeudi que la Commission dépenserait en 2009 600 millions d'euros supplémentaires en mesures de soutien du marché.
    Mais
    pas question de remettre en cause les réformes qui prévoient l'abandon des quotas laitiers après 2015.

    Pour tenter de répondre à la détresse des agriculteurs, qui vendent leur lait à un prix souvent inférieur aux coûts de production, la Commission européenne a proposé jeudi une série de mesures pour faire face à la crise du lait, dont un assouplissement des règles de recours à des sortes de «primes à la casse» pour la restructuration du secteur.
    Mais, jeudi 17, elle n'envisageait pas de revenir sur l'abolition du système des quotas, pourtant indispensable, aux yeux des grévistes, pour endiguer la production.
  • vendredi 19 juin 2009

    Des producteurs de lait européens sont allés meugler au Sommet de Bruxelles

    Le lait, prétexte politique bidon anti-Barroso

    Des Français y sont, en dépit d'un accord national !

    Des producteurs de lait ont profité de l’ouverture du sommet européen pour protester contre la chute des cours et réclamer des mesures à l‘échelle de l’Union.
    Les agriculteurs, dont des éleveurs de vaches laitières, réclament notamment un réajustement du système des quotas au niveau européen.

    Des embouteillages importants

    Des centaines de tracteurs venus d’Allemagne, des Pays-Bas, de Belgique, et même de Suisse, mais aussi de France, ont convergé vers le centre de Bruxelles. Ils ont bloqué la circulation principalement sur l'autoroute E40 et dans les quartiers du rond-point Montgoméry, de la Bourse et de la porte Louise.

    Autre manifestation, celle de militants de Greenpeace...

    En concertation avec les syndicalistes paysans, des militants de cette organisation supranationale ont distribué quelque 50 000 exemplaires d’un faux numéro du quotidien International Herald Tribune pour mettre la pression sur les chefs d’Etat et de gouvernement en vue du sommet de Copenhague en décembre sur le changement climatique.
    Nous voulons qu’ils débloquent des enveloppes substantielles pour aider les pays en voie de développement à faire face au changement climatique à en atténuer les effets et à protéger les forêts et aussi à s’adapter au changement climatique “ explique une militante de Greenpeace.
    Les forces de l’ordre avaient déployé des centaines d’hommes et installé des barrières pour empêcher les manifestants d’accéder au bâtiment où se déroule le sommet.


    Au volant de leurs tracteurs, des producteurs laitiers européens du syndicat EMB (European Milk Board - comprenant le syndicat français OPL appartenant à la Coodination Rurale-) se rendront les 18 & 19 juin à Bruxelles pour faire part de leur mécontentement aux chefs d'État et de gouvernement des États européens.

    Par ailleurs, les producteurs laitiers allemands appellent leurs collègues européens à venir camper la nuit du 18 au 19 juin devant le Conseil de l’Europe pour venir soutenir leurs revendications.

  • En mai déjà en Allemagne, des éleveurs de la BDM, l'Union des producteurs laitiers allemands, avaient passé quelques nuits devant la Chancellerie de Berlin et certains d’entre eux avaient même entamé une grève de la faim sur plusieurs jours. Ils avaient demandé à la Chancelière Angela Merkel de mettre la crise laitière au coeur de ses préoccupations.

  • Auparavant, en avril aux Pays-Bas, des éleveurs de l’EMB avaient passé ladite « nuit du lait » devant le Parlement néerlandais pour demander aux politiques d’agir enfin contre la crise du prix du lait.
  • A noter que dans un grand nombre de pays, les éleveurs n'obtiennent pas plus de 20 centimes d’euro par litre de lait et plus de 25 000 producteurs laitiers ont manifesté dans 10 pays pour revendiquer des prix du lait équitables. Or, quoi que la presse militante et l’opposition françaises en disent, le problème n’est pas spécifique de la France, mais européen. De plus, bien que la France ait conclu un accord, depuis, des paysans minoritaires et extrémistes de la gauche anti-libérale sont néanmoins passés à la phase politique, au niveau européen.