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vendredi 5 décembre 2014

Le Indigènes de la République dénoncent "l'homosexualité imposée"

L' "impérialisme gay" du Mariage pour tous de Taubira frappe les Blancs

L'homosexualité, invention occidentale imposée à l'Afrique et au Maghreb, via un "impérialisme des modes de vie" ?



Métissage et anti-impérialisme
C'est la thèse qui se développa dans une partie de l'extrême gauche, notamment anti-impérialiste, alors que la gauche socialiste imposait le mariage homo. Si l' engagement 31 du candidat Hollande et le projet de loi pour un mariage pour tous soutenu par sa garde des Sceaux Christiane Taubira n’a toujours pas la cote dans "les quartiers populaires", c’est parce que ses habitants ne seraient pas réceptifs à une idée purement occidentale émise par une majorité de " colonisateurs". 
Depuis que Hollande a fracturé la France sur le projet socialiste d'un mariage homo, une surprenante théorie se développe: "Les féministes blanches et l’empire", signée Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Ewanjé-Epée, aux éditions La Fabrique. Au fil des 110 pages  les deux auteurs affirment que "l’homosexualité, comme identité" est "une notion" occidentale qui ne serait pas adaptée au monde arabe et africain, pour ne pas dire musulman. Mieux, par "analogie", l'engagement de Hollande, devenu loi de la République, n'est  pas adapté non plus à ceux qui en sont issus, les habitants des " quartiers populaires". Invitée sur le plateau de Ce soir ou jamais pour débattre du mariage pour tousHouria Bouteldja, porte-parole du mouvement des Indigènes de la République, fut la première à employer la formule "impérialisme gay", expliquant à Frédéric Taddeï que le mariage pour tous de Taubira ne concerne pas les habitants des quartiers.
Félix Boggio Ewanjé-Epée – essayiste précoce de 22 ans – est, lui, un ancien du NPA. Mais c’est surtout au travers de leurs activités dans le monde de l’édition qu’ils bénéficient d’une certaine notoriété dans le cercle anti-impérialiste. Stella Magliani-Belkacem s'est montrée à l’université d’été du Front de Gauche à Grenoble où elle était à la tribune pour s’exprimer sur "l’anti-racisme et le mutliculturalisme". Elle est secrétaire d’édition dans la maison d’édition La Fabrique d’Eric Hazan qui était engagé au côté du FLN contre les engagés métropolitains du conflit algérien. La paire a coordonné la rédaction du recueil "Nous sommes les Indigènes de la République" du mouvement de Houria Bouteldja, fonctionnaire de l'Institut du monde arabe. 

Les auteurs font remonter les origines de la crise du féminisme aux débats autour de la loi du 15 mars 2004 sur le voile à l'école, largement soutenue par la gauche institutionnelle et radicale. Ils ont présenté la loi anti-foulard comme une loi d’exception aux relents coloniaux discriminatoire, sexiste, raciste... Ils en profitent pour condamner l'association Ni putes ni soumises (NPNS), dont ils contestent une aura médiatique sans base réelle dans les quartiers populaires. Ils reprochent à NPNS de ne pas avoir occulté le sexisme dit indigène et de ne pas avoir tu les violences faites aux femmes au sein des communautés musulmanes, aussi bien noires qu'arabes; voile, mariage forcé, excision, polygamie, etc. Les deux jeunes censeurs rétablissent les tabous et nient donc l'appareil sémantique créé pour voiler le sexisme de banlieue ; on parla ainsi de tournante pour évoquer de viol collectif ou de crime d'honneur en allusion aux homicides conjugaux.
Félix Boggio Ewanjé-Epée résume le leitmotiv du chapitre consacré à la question LGBT de son essai: "Dénoncer la tentative de faire de l’homosexualité une identité universelle qui serait partagée par tous les peuples et toutes les populations." Une tentative relayée dans les pays anciennement colonisés par " les ONG et l’ONU avec un discours d’inscription des droits sexuels qui institutionnalise l’homosexualité telle qu’elle est définie en Occident."

L'homosexualité contourne "les quartiers populaires" comme le nuage de Tchernobyl, la France !  

Les anti-impérialistes tentent d'effacer l'homosexualité de la photo des banlieues. La question de "l’homonationalisme" a resurgi: elle date de juin 2010 et de la Gay Pride de Berlin, quand l’égérie du mouvement queer Judith Butler s’était alarmée que la cause LGBT ait été "enrégimentée dans un combat nationaliste et militariste." En cause, "l’exotisation" de l’homophobie consistant à accuser les banlieues des grandes métropoles et les pays africains et musulmans de concentrer les homophobes. Le mouvement LGBT s’inscrirait alors dans une nouvelle "mission civilisatrice" contre "les jeunes de banlieue" et plus généralement "les cultures non-occidentales."
Les révisionnistes de l’anti-impérialisme nient l’homosexualité des quartiers et assurent qu'elle est une identité imposée -par Hollande et Taubira ?- dans des contrées où elle serait totalement étrangère. "Dans la tradition des identités arabes par exemple, cette notion-là a été importée", accuse le petit jeune homme, qui n'avait pas 10 ans en 2005. La juvénile Stella ajoute quant à elle que "les conditions matérielles [?] à l’émergence de ce qu’on appelle l’homosexualité ne sont pas forcément réunies dans ces espaces."

"C’est une question d’organisation de la famille et de la société."
Ils avouent la réalité de "pratiques homo-érotiques", les fellations n'étant pas exclusivement imposées aux filles, mais minimisent l’existence "d’un mode de vie homosexuel"."

"Le mariage pour tous ne concerne que les homos blancs."

Le monde blanc impose l'homosexualité 
Houria Bouteldja valide la théorie de l’essai qui lui est dédicacé et renforce Frigide Barjot. Mais la championne des invitations par Frédéric Taddéï dans "Ce soir ou jamais" va encore plus loin en affirmant que "le mode de vie homosexuel n’existe pas dans les quartiers populaires. Ce qui n’est pas une tare." Selon elle, l'homosexualité serait une résultante de l'oppression blanche et un phénomène d'osmose lié à la promiscuité avec les Blancs: "quand on est pauvre, précaire et victime de discrimination, c’est la solidarité communautaire qui compte. L’individu compose parce qu’il y a d’autres priorités." La civilisation blanche pervertit les Noirs et les Arabes.

Et l'anti-libérale d’ajouter que le choix de l’homosexualité est un luxe : "
C’est comme si on demandait à un pauvre de manger du caviar" !
Autant d'accusations désopilantes qui expliquent pour Stella Magliani-Belkacem que "le mariage pour tous n’est pas une revendication portée dans les quartiers populaires." Bouteldja couronne son montage intellectuel: " L’impérialisme, ce n’est pas seulement militaire et économique. C’est aussi par les modes de vie."

L'idéologie anti-impérialiste fait des victimes homosexuelles
L'administrateur du Refuge, association qui loge les jeunes victimes d’homophobie, s’inquiète des conséquences que peut avoir ce discours chez des "jeunes des cités" qui ont déjà du mal à s’assumer comme homosexuels: "On leur met encore un poids. Ils vont encore plus se cacher, se renfermer, et ne pas s’assumer. C’est quand même chez les jeunes homos qu’on trouve les plus hauts taux de suicides."
Il explique que 50% des jeunes qu’il reçoit dans son antenne francilienne sont issus des cités, "où il n’y a pas moins d’homos mais où ils sont plus cachés et dans le déni.": "Alors oui, le mot 'homo' n’existe pas en langue arabe. Soit. Mais à partir du moment où on couche régulièrement avec une personne du même sexe, on est homo, bi ou trans’ ! Ce n’est pas plus compliqué que cela !"

Homophobie des anti-impérialistes  

Le sociologue Daniel Welzer-Lang, spécialiste des questions de genre et d’ethnicisation, est catégorique: il qualifie d’ "homophobe" le discours des Indigènes : "
Dire que des personnes n’existent pas, comme le fait Bouteldja, alors qu’il suffit d’ouvrir les yeux pour les voir, c’est de l’homophobie." Il met en garde contre des "définitions arrangées de manière très homophobes par les Indigènes" pour servir leur discours anti-impérialiste.
Avant de balancer les dossiers : "Dans le cadre de mes recherches, j’ai même interviewé des membres de leur mouvement qui ont des frères ou des cousins homos dans des cités ! C’est juste absurde."

Au Parti de gauche où Pascale Le Neouannic est en charge du pôle LGBT, on s’agace aussi : "Il y a des relents d’homophobie derrière ce discours. Quelque part [on laisse entendre que] ce ne serait pas naturel." Pour l’élue Front de gauche qui se revendique aussi de l’anti-impérialisme, le débat sur le mariage pour tous en France retentit bien au-delà de l’Hexagone : "Tous ces débats, les jeunes Algériens aussi veulent les avoir. C’est une bataille universelle. Il n’y a qu’à voir le nombre de jeunes issus du Maghreb qui suivent avec attention nos débats. C’est une soupape, un air frais."

Un collectif musulman anti-mariage pour tous
Au printemps 2013, une manifestation contre la loi Taubira sur le mariage pour tous était prévue dimanche 21 mars. Une dizaine d’associations musulmanes avait décidé de faire entendre la voix des musulmans en se regroupant dans le Collectif des musulmans pour l’enfance - Île-de-France (IDF), rejoignant celle de l’association 'Les Musulmans pour l’enfance', créée à Décines, autour de l'école privée musulmane de Lyon, et l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) et d'associations de mosquées.

Hollande n'a pas refermé la boîte de Pandore qu'il 
a ouverte
L'opposition politique n'est pas seule à réclamer la suspension de la loi Taubira. La Guyanaise verra-t-elle les anti-impérialistes faire cause commune avec la droite pour obtenir l'abrogation ?

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