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lundi 8 décembre 2014

Béziers: le maire, R. Ménard, refuse de démonter sa crèche sous la contrainte

Le laïcisme recule face à la montée de la libre-pensée 

Les laïcs intégristes tentent d'imposer leurs vues
De la taille d'un aquarium familial, ici à Béziers,
la crèche doit-elle être effacée de notre culture  ?
Si la laïcité applique avec une certaine intelligence la séparation de l'Eglise et de l'État, le laïcisme souhaite circonscrire la vie religieuse des citoyens à la seule sphère privée, hors de toute manifestation sociale et publique: cette persécution annonce-t-elle un retour prochain aux catacombes ? Or, cette intolérance politique ne s'applique pas à toutes les religions avec la même rigueur. A l'approche de Noël, leurs préférences idéologiques et politiques portent les laïcs sectaires à faire la chasse aux crèches dans les lieux publics, tandis qu'ils y prônent la tolérance envers les signes vivants et ostentatoires d'appartenance à l'islam.   
Après celle du Conseil général de Vendée, retirée sur plainte et décision du tribunal administratif de Nantes, au motif qu’elle violait l’article 2 de la loi de 1905, c’est la crèche de la mairie de Béziers, mise en place par Robert Ménard, qui est en but aux pressions des libre-penseurs. Le maire, soutenu par le FN, a été sommé par le préfet de la désinstaller, ce qu’il refuse de faire.

Le maire de Béziers oppose la volonté et la culture populaires 

Dans le cas de la crèche de Béziers, le maire de la ville, Robert Ménard, résiste à deux pressions qui s'abattent sur lui d'en haut depuis Paris, en contestant les observations qui lui sont adressées par voie hiérarchique par le préfet, représentant du ministère de l'Intérieur. La Dépêche rapporte que "vingt-huit minutes avant son inauguration officielle, le préfet de l'Hérault, Pierre de Bousquet, avait faxé ses observations qui concluaient à une installation qui ne répondait pas aux dispositions législatives et constitutionnelles garantissant le principe de laïcité." Le préfet sommait ainsi le maire Robert Ménard de charger les santons, le bœuf et l'âne dans des wagons de la honte… Jusqu'aux rois-mages venus de l'Orient qui devaient être chassés hors de la cité, selon les ordres de l'Hérode socialiste ! Mais sept jours après la mise en garde préfectorale, la crèche était toujours en place à la mairie de Béziers, du fait d'un imbroglio mêlant retard du courrier et prudence administrative.

Premièrement, en maintenant cette crèche, le "frondeur" affiche publiquement sa volonté de remettre en cause la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État. En effet, comme le précise l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 :

"La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte [sauf en Alsace]. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes [sauf encore l'entretien de ses bâtiments].
Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.[des exceptions qui appellent à l'ouverture d'esprit et non au repli sectaire]
Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l'article 3".

Outre l’article 2 de la loi, la décision du maire de Béziers ne méconnaît pas l’article 29 qui stipule :

"Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics, ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des bâtiments du culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions."

L'édile conteste l'assimilation de la crèche à un signe prosélyte: il y voit la survivance d'une coutume séculaire inscrite dans les traditions régionales auxquelles sont attachés les habitants de Béziers. Libre en revanche à la ville de Montreuil de priver sa population chrétienne de crèche municipale, si elle juge que la cohabitation du petit Jésus et de Melchior, roi d'Iran ou de Perse, Balthazar, roi des Arabes, et Gaspard, roi venu d'Inde, est un outrage à la république laïque.

Une reconstitution historique qui pose problème aux libre-penseurs.
 
Dans la mesure où elle est statique, il ne s'agit que d'un installation évoquant une tradition culturelle commune à une majorité d'administrés au sein d’un bâtiment public placé sous la responsabilité d'une autorité républicaine légitime en charge d’un service public par délégation populaire à l'issue d'un vote démocratique. L'opposition d'une petite minorité agissante est une atteinte à la démocratie.  De même que le mariage pour tous ne retire rien aux couples hétérosexuels, comme l'assurent Taubira et des députés PS, de même les évocations historiques n'ont jamais exclu aucune catégorie de citoyens (et en particulier les musulmans, selon L'Obs, mais ni les Juifs, qu'étrangement l'hebdomadaire ne mentionne pas). Cet espace municipal reste donc républicain: à  Béziers comme à Lille, les églises sont ouvertes à la visite de tous les croyants, non-croyants et libres-penseurs. Les mosquées le sont-elles aussi librement ? Leurs journées portes ouvertes sont toutefois la preuve d'une restriction intolérable en république.

Confusion volontaire entre "culturel" et "cultuel"

Robert Ménard explique: "J'ai répondu point par point aux observations du préfet. Cette crèche se place dans un programme culturel axé sur les fêtes de Noël. Je lui ai adjoint la position du premier ministre. Il avait estimé qu'une soirée festive à la mairie de Paris pour la rupture du jeun des musulmans avait un caractère culturel. Il y aurait donc deux poids et deux mesures dans une même république", souligne le maire  qui dénonce "les Ayatollahs de la laïcité qui voudraient gommer ce qui fait l'âme et l'histoire judéo-chrétienne de ce pays depuis 2000 ans".

Les censeurs de la culture balayent d'un revers de main l'argument du représentant des Biterrois qui veulent que cette crèche s’inscrive dans la "tradition culturelle" de la ville: ce serait " ressort que l’on connaît bien". Si bien qu'ils ne le précisent pas et si flou et si sentencieux pourtant qu'il cache assurément un loup. Et l'argumentaire des libres-penseurs poursuit dans le ténébreux.   
Ménard entretiendrait volontairement la confusion entre le culturel et le cultuel. Ce  pourrait être "pertinent", mais on ne sait pas davantage pourquoi, "s’il n’y avait pas de stratégie de provocation derrière un tel positionnement". A cet égard, un avocat s'exprime dans L'Obs pour livrer ce qui n'est qu'un sentiment: "je ne suis pas convaincu que la crèche fasse forcément partie d’un rituel, mais la non reconnaissance des cultes interdit à l’État de se poser en arbitre des élégances métaphysiques ou cultuelles," écrit Me Jean-Michel Ducomte, maître de conférences en droit public à l’Institut d’études politiques de Toulouse où il dispense notamment un cours intitulé "Religions et société" dont on veut bien croire qu'il est moins creux que son avis dans le magazine du propriétaire des sanisettes.
Ce porte-parole des libres-penseurs est membre du Grand Orient de France (GOF). Il est aussi président de la Ligue Française de l'Enseignement, une confédération d'associations françaises d'éducation populaire et laïque (Fédération des Œuvres Laïques ou FOL, USEP, UFOLEP) ou son réseau de centres de vacances, Vacances pour tous, etc...)

Avec lui, les libres-penseurs accusent Robert Ménard de mettre en scène l’identité cultuelle chrétienne. Et de faire allusion - par antithèse? - aux précédents positionnements du maire, notamment à l’égard des musulmans qu'en réaction notamment à l'affaire des caricatures de Mahomet, il fustige pour leur "détestation de l'Occident. "  Et le maire de promettre, une installation en mairie du chandelier à neuf branches pour la prochaine fête juive.
Le communiste Aimé Couquet (Front de Gauche) avait saisi le préfet le 24 octobre dernier. "C'est une bataille idéologique qu'il impose" s'emporte-t-il, réclamant la saisine en référé du tribunal administratif.

Stigmatisation religieuse

Une stigmatisation est une marque d'infamie...
En Vendée ou à Béziers et nulle part en France, une crèche n’aurait sa place dans un lieu auquel est affecté un service public, donc dans une mairie: "On ne peut tolérer de stigmatisation religieuse au sein de ce bâtiment", lit-on dans L'Obs. 
La loi de 1905, qui sert de bible aux libres-penseurs, n'a pas interdit les arabesques qui flétrissent nos édifices publics, ni banni les mots de notre langage quotidien issus de l'arabe. Que n'exigent-ils donc l'excision des mots sofa ou divan et café, carafe, abricots ou bananes de notre langage !

"Avancée" laïque: les libres-penseurs ont lancé une "fatwa" d'un genre nouveau. Il faut impérativement éradiquer tout signe religieux de l'espace public. Demandons aux juges de faire détruire dans les meilleurs délais tous ces calvaires qui jalonnent l'Hexagone - et singulièrement l'ouest de la France - qui rendent la vie impossible aux laïcs, comme autant d'atteintes à la laïcité. Les clochers sont une provocation ouverte des calotins: mettons-les à bas ! Même traitement, bien sûr, pour le minaret (33 mètres) de la Grande Mosquée de Paris voulue par le maréchal Lyautey. Sans oublier la Grande Synagogue de la rue de la victoire (à Paris) où l'entrée arbore un verset de la Genèse qu'il est urgent d'effacer. Proclamons la loi martiale pour interdire les pardons en Bretagne, les processions à Lourdes. La police devra veiller à ce qu'aucun signe religieux, croix, chandelier à sept branches, mezouzah, étoile de David ne puisse être imposés à la vue des passants. Surveillons de près les boucheries halal où traînerait un coran visible de l'extérieur. Gare au boulanger qui s'aviserait de glisser une fève à figure biblique dans ses galettes de l'Epiphanie. La tradition -l'horreur suprême- veut pourtant que l'on partage la galette en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière est appelée "part du bon Dieu", "part de la Vierge" ou "part du Pauvre", mais va-t-on laisser encore longtemps l'exercice de la charité aux papistes plutôt qu'aux salafistes ?

Et ces milliers de noms de communes qui déparent le paysage plus sûrement que ces panneaux publicitaires de Grenoble ? De Saint-Tropez à Saint-Jean-de-Luz ou Saint-Amand-les-Eaux, en passant par le Mont-Saint-Michel. Il faudra ensuite s'attaquer aux rues portant des noms de saints. La rue des Saints-Pères ou Saint-Dominique (à Paris) n'en ont plus pour longtemps, depuis le temps qu'Averroès attend son tour. Il faudra aussi me débaptiser le lycée Saint-Louis. Les musées - ce sont des espaces publics - devront être nettoyés de chaque indécente "Vierge à l'Enfant" ou scène de martyr. Et puis, les angelots asexués ont autant droit de cité au siècle de la théorie du genre.

Faut-il que le tribunal administratif de Montpellier soit saisi et pressé de jeter aussi l'anathème sur les joueurs d'échecs, jeu que les arabes ont introduit à la cour de Charlemagne ?
Ce serait également un symbole fort et républicain de mettre à l'index des chants de Noël comme "ll est né le divin Enfant", au nom du respect de la loi. Cultuel ou culturel ?

Réjouissons-nous pendant qu'il est encore temps...
Les libres-penseurs sont-ils libres ?
Leur dogmatisme philosophique est aliénation, mais c'est leur choix.  Qu'ils ne nous asservissent pas en nous l'imposant et nous prouvent plutôt qu'ils sont des humanistes.

1 commentaire :

  1. L'ayatollah vert, Joseph Bové, serait bien capable de faire une descente pour un "démontage"...

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