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lundi 15 octobre 2018

Remaniement : Macron va-t-il accoucher d'une souris ou d'un monstre ?

Un remaniement "incessamment sous peu", après bientôt quinze jours !

Le vivier macronien est stérile, 
mais ce n'est pas une crise politique !

C'est pour quand le Jour J du "nouveau monde" par le "maître des horloges? 
Attendu depuis près de deux semaines, le remaniement du gouvernement paraissait imminent lundi après un week-end d'intenses consultations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe. Mais c'est encore un flop !

Depuis le 2 octobre et le départ fracassant d'un proche, Gérard Collomb, ministre d'Etat et ministre de l'Intérieur, le 15, l'annonce du remaniement est à nouveau reportée. Elle est désormais espérée d'ici la prochaine session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale mardi à 15h00. Les humoristes assurent que Manu attend le retour de Brigitte Macron qui, saturée par les bévues de son jeune inconscient de mari, est allée se vider la tête au Touquet. Les politologues assurent que le torchon brûle aussi dans le couple Manu-Philou. La vérité serait plus préoccupante: dans sa galaxie exemplaire, Jupiter manquerait des demi-dieux capables d'assurer le job. 

Un poste vacant : soit celui de premier ministre, soit celui de l'Intérieur
Ou les deux. Alors que le remaniement le concerne, comme les membres en sursis de son gouvernement en arrêt technique, le premier ministre fait le ministre de l'Intérieur. Edouard Philippe est en déplacement impromptu en tant qu'intérimaire de Collomb, "dans l'après-midi" dans l'Aude, où il est appelé pour endiguer des inondations sans précédent qui ont fait au moins six morts, pour l'heure.
La question du remaniement est "importante, elle sera évoquée le moment venu", a simplement déclaré le chef du gouvernement lundi matin depuis Nantes.
Il devait revenir à Paris pour son déjeuner hebdomadaire à l'Elysée avec Emmanuel Macron, peut-être une dernière occasion d'accorder leurs violons, avant de se rendre dans l'Aude.

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a évoqué lundi matin un remaniement "dans les 24 heures", et le député LREM Aurélien Taché, 34 ans, ci-dessous, proche de l'exécutif, table sur une annonce avant la session de questions au gouvernement de mardi. 
Résultat de recherche d'images pour "Aurélien Taché"Celui que la plomberie a rebuté en fin de troisième, mais dont le syndicalisme a fait un attaché territorial, puis un conseiller régional socialiste d’Ile-de-France chargé de la politique de lutte contre l’exclusion, contribua à l’élaboration du programme d’Emmanuel Macron sur le logement et la lutte contre la pauvreté. La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, vient de prendre de vitesse le dynamique trentenaire en claironnant qu'elle ouvre les mairies, dont la sienne, aux femmes sans-abri de Paris, puisque le président ne remplit pas ses engagement de campagne... Mais, parce qu'il ne manque pas de souffle, Taché prend toujours la parole.
Exemple typique de l'inconscience des jeunes prétentieux de l'entourage présidentiel, il avait accepté d'y être membre de la commission des Affaires sociales à l'Assemblée, en qualité de coordinateur ('whip') du groupe LREM, pour finalement démissionner de cette fonction dès janvier 2018, en
avouant avoir "sous-estimé l'aspect technique et surestimé l'aspect politique de la fonction"...
Pour remplacer Gérard Collomb, le nom du bouffon du roi, Christophe Castaner, délégué général de LREM, revient avec beaucoup d'insistance. C'est dire le vide abyssal de la réserve macronienne. D'ailleurs, un autre scénario a prévalu, celui d'un renfort, en duo avec l'ancien patron de la police nationale Frédéric Péchenard, proche de Nicolas Sarkozy, alliance du politique et du technique. Beauvau, officiellement monstre à deux têtes, du jamais vu : le "nouveau monde", quoi !

La presse vole eu secours de Macron, lui suggérant de faire confiance à un expert, sur le modèle de Jean-Michel Blanquer. Le procureur de Paris, François Molins - connu des Français depuis les attentats de 2015 alors qu'il était au service de Hollande, le fossoyeur du PS -, un mauvais message envoyé aux terroristes, la directrice de la PJ, Mireille Ballestrazzi et Jean Castex, un haut fonctionnaire qui a servi Nicolas Sarkozy à l'Elysée, ont été cités. Beaucoup de vieux pour faire du neuf, par conséquent.

Seuls les sortants sont quasiment sûrs
On dit qu'ils sont pourtant toujours au travail. Françoise Nyssen (Culture), Jacques Mézard (Cohésion des Territoires) ou Stéphane Travert (Agriculture). Le nom de l'ex-LR Christophe Béchu, maire d'Angers, a circulé pour succéder à Jacques Mézard. Mais pourquoi avoir éliminé la droite par la porte, si c'est pour la réintégrer par la fenêtre ? Se laissera-t-elle donc contaminer par les échecs et l'impopularité de Macron ?

Les centristes du MoDem ne sont jamais loin. 
Ils pourraient récupérer un ou deux portefeuilles, comme Marc Fesneau, leur chef de file à l'Assemblée et ancien secrétaire général du MoDem: diplômé de Sciences Po à 32 ans et arrivé sans aucun maroquin à 47 ans, il a jusqu'ici manqué sa vie. 
Mais, "en même temps", les noms d'ex-socialistes courent Paris: Juliette Méadel et Didier Guillaume ont aussi été cités. Clairement, Macron est incertain : penchera-t-il un peu plus à droite ou à gauche ?
Trois ratés : en septembre 2018, suite à la démission du président de l'Assemblée Nationale, François De Rugy devenu ministre, le premier s'est fait abattre par Richard Ferrand avant d'arriver au perchoir. La deuxième a été disqualifiée dès le premier tour des élections législatives de 2017 dans la 10e circonscription de Seine-et-Marne. Un moindre mal quand on a été secrétariat d'Etat à l'Aide aux victimes de Hollande. Et le dernier, un sénateur de 59 ans, il a démissionné de la présidence du groupe socialiste en janvier dernier, amorçant ainsi un virage opportuniste. Alors que son mentor naturalisé a déjà  faussé compagnie à la France, il a été directeur de campagne de Manuel Valls pour la primaire citoyenne de 2017. Macron est vraiment dans la panade .
Macron et Philippe pourraient en outre décider de renforcer les liens avec les territoiresOn leur prête le dessein de créer un ministère ad-hoc, sur fond de grogne croissante des collectivités locales.

Le président a d'ailleurs une série de rendez-vous avec plusieurs de leurs représentantscette semaine : mardi, avec Jean Rottner, président du Conseil régional du Grand Est, Hervé Morin, président des Régions de France, puis Gérard Larcher, président du Sénat, et Dominique Bussereau, président de l'Association des départements de France. Vendredi, il recevra Xavier Bertrand, le président (ex-LR) du Conseil régional des Hauts-de-France, très critique de l'attitude de l'exécutif à l'égard des élus locaux. Est-ce à dire que le canard sans tête va continuer à courir encore une semaine ? 

La majorité fait le dos rond : que sont-ils allés faire dans cette galère ?

Peu présente dans les media, l'opposition ne se réjouit pas que ce feuilleton du remaniement dure. Elle déplore toutefois le temps infini pris pour constituer la nouvelle équipe. "Ça donne un sentiment justifié à la fois de désordre institutionnel, de pagaille politique", mais aussi "d'image dégradée de notre pays", a soupiré lundi l'eurodéputé LR Brice Hortefeux sur Sud Radio.

"Je sens qu'on va avoir attendu longtemps pour pas grand chose", a craint de son côté le maire PS du Mans et ex-ministre PS Stéphane Le Foll sur France 2.

Jusqu'à la députée LREM Amélie de Montchalin qui a concédé lundi l'existence d'"une période de flottement relatif", avant de promettre  sur Cnews qu'une nouvelle équipe sera "100% à sa tâche, 100% dédiée aux Français".  Quand? C'est, Mme la première vice-présidente du groupe LREM, ce que le pays attend de savoir, si vous étiez à l'écoute des Français.

Un possible "conflit" entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe expliquerait le blocage dans le remaniement et sur les équilibres du prochain gouvernement. 

Sans nier des "discussions", l'exécutif a balayé ces rumeurs. Philippe a expliqué qu'il n'est pas impatient de nature et, peu prolixe, contrairement à son habitude, Emmanuel Macron a estimé vendredi que les sujets avancent "dans le calme". A marche lente... 
Ce remaniement doit par ailleurs trouver une place dans une semaine très tournée vers les dossiers internationaux.  Macron reçoit lundi le président sud-coréen, le premier ministre japonais mercredi, avant de se rendre à Bruxelles pour un sommet européen crucial sur le Brexit.

A le voir, le p'tit Manu est en effet débordé : il a décollé !
L'emploi, la croissance et le pouvoir d'achat, quant à eux, restent au sol...


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