POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

vendredi 10 septembre 2010

Retraite: les députés votent le départ à 62 ans

La majorité fait bloc avec le gouvernement

Le vote

Les députés ont voté ce 10 septembre le relèvement à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite
, alors que, fait unique en Europe, les socialistes confirment leur intention de revenir un jour à 60 ans !
Considérant l'importance de l'enjeu, le vote de l'un des articles phares du projet gouvernemental de réforme des retraites a eu lieu à main levée. Cet article (et d'autres) a été adopté avec le soutien des députés de l'UMP et du Nouveau centre, alors que la gauche faisait courir la rumeur de tensions.

La mise en oeuvre
Elle se fera progressivement d'ici 2018, à raison d'un allongement de quatre mois par an de la durée de cotisation, à partir de la génération de salariés nés en juillet 1951.

Nicolas Sarkozy avait déploré la réforme menée par François Mitterrand

En 1982, le président socialiste avait ramené l’âge légal de la retraite de 65 à 60 ans.
“Vous savez, quand on pense à ce qu’a fait François Mitterrand en ramenant l’âge légal de départ à la retraite de 65 à 60 ans ! On aurait beaucoup moins de problèmes s’il s’était abstenu ”, a rappelé Nicolas Sarkozy.
Ainsi aura-t-il fallu près de vingt-sept ans pour prendre la mesure impopulaire qui neutralise la décision populiste dont Mitterrand avait eu besoin dès le début de son premier septennat, lorsque le franc était en effet devenu fragile, après deux dévaluations menées par son ministre des Finances Jacques Delors, père de Martine Aubry et auteur du « tournant de la rigueur » à partir de 1982... D'autres suivront en 1983 et 1986.

Le report de 65 à 67 ans

L'âge auquel les travailleurs pourront bénéficier de la retraite à taux plein sans décote - qu'ils aient ou non cumulé les annuités requises – a été soumis au vote et adopté.

La presse partisane
François Bayrou a joint vendredi sa voix à celle de l'opposition, tandis que Chantal Brunel (UMP) a demandé une dérogation pour les femmes "qui ont donné deux enfants ou plus à notre pays".
"Est-il normal qu'une femme sur deux dans notre pays soit selon les termes de cette réforme amenée à travailler jusqu'à 67 ans ? Je ne crois pas", s'est affirmé Dominique de Villepin. Pourtant, « les femmes » ne sont pas toutes des « mères ».
Au final, la presse de gauche a eu la déception de noter – sans la publier – que la dizaine de députés villepinistes dont elle annonçait la fronde n'a pas pénalisé le gouvernement.

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, a précisé à la mi-journée qu'avec la réforme 170.000 personnes continueraient de partir en retraite à 60 ans sur 700.000 départs par an.

Le PS est à la traîne d'une génération

Sur France 2 le jeudi 9, la présidente de Poitou-Charentes parlait au nom des socialistes.
C'est en effet Désirdavenir Royal qui a annoncé l'abrogation du passage aux 62 ans en cas de victoire du PS en 2012 et donc un bond en arrière de 30 années. Le "dos au mur", Désirdavenir et le PS s'arc-boutent dur le dogme: lire PaSiDupes
Dans la matinée, Jean-Marc Ayrault le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale avait confirmé la position du parti.
"Oui, nous assumons pleinement les engagements pris par Ségolène Royal sur le droit à partir à 60 ans et, en 2012, si nous sommes au pouvoir, nous le rétablirons" a-t-il assuré en réponse au patron des députés UMP Jean-François Copé qui sommait les socialistes d'êtres "clairs" et lisibles" sur la question,

Jean-François Copé n'a pas manqué d'ironiser sur l'absence de la numéro un du PS, Martine Aubry, sur le plateau de France 2, "comme si elle avait un peu de mal à défendre la retraite à 60 ans", après sa valse hésitation: lire PaSiDupes
Qualifiant les socialistes de "fuyants", J.-F. Copé a alors estimé que "le faire, ça veut dire baisser le niveau de pension des Français. C'est inacceptable".

Pierre Méhaignerie, le président de la commission des Affaires sociales fustigeait le PS: "nous sommes dans le flou, dans l'ambiguïté, et parfois dans le mensonge".

De son côté, le ministre du Travail, Eric Woerth raillait la "super-décote, super-injustice" à propos d'un éventuel retour à la retraite à soixante ans.

Le calendrier

L'examen du projet, qui compte une trentaine d'articles et sur lesquels ont été déposés environ 600 amendements, devrait se poursuivre jusqu'au début de la semaine prochaine.

Les députés se prononceront le 15 septembre par un vote solennel sur l'ensemble du projet de loi que le Sénat examinera à son tour dès le 1er octobre.

L'objectif du gouvernement, qui a décidé d'utiliser la procédure d'urgence, est de faire adopter définitivement cette réforme par le Parlement à la fin octobre, début novembre.

1 commentaire :

  1. Il reste une question importante non éclaircie; les mères de deux enfants gagnent 4 ans de cotisations, mais s'il leur est interdit de partir avant 62 ans cet avantage disparait (ce qui ne semble pas être le cas pour le public). Il est étonnant que le flou reste sur ce point.

    RépondreSupprimer

Vous pouvez ENTRER un COMMENTAIRE (il sera modéré):