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mardi 13 mars 2012

Sondages contradictoires, mais Hollande perd du terrain et ses nerfs

Le match Hollande-Sarkozy relancé

Les sociétés commerciales de sondages se font la guerre

A 40 jours du scrutin, la course à l'Elysée s'est enflammée mardi autour d'un sondage IFOP plaçant pour la première fois Nicolas Sarkozy devant François Hollande au premier tour.
Publié au lendemain de l'apparition télévisée du président sortant sur TF1 lundi soir, le sondage IFOP Fiducial réalisé pour Europe 1, Paris-Match et Public Sénat a crédité Nicolas Sarkozy de 28,5% d'intentions de vote (+1,5 point) au premier tour contre 27% à François Hollande (-1,5).
Même nuancé par la forte avance qu'il continuait à accorder au candidat socialiste au second tour (54,5-45,5), ce croisement des courbes a agité les entourages.

Nicolas Sarkozy l' a accueilli avec flegme.

En déplacement à Fougères (Ille-et-Vilaine), le président-candidat n'a pas accordé plus d'intérêt à ce sondage qu'aux autres. " La seule chose qui compte, c'est les Français: les convaincre, leur présenter un projet pour les cinq années qui viennent, le reste n'a pas d'importance", a-t-il indiqué sereinement.

Dans le camp d'en face, François Hollande a été pris de panique
Depuis Valence (Drôme), d'une voix cassée, il a exhorté ses partisans "à ne se laisser impressionner en rien", "ni par le déferlement des moyens de l'argent, ni par le cortège des images ou l'accumulation des sondages". "Ce qui compte pour moi, ce n'est pas des sondages (...) c'est le vote des Français", a-t-il dit.

"C'est un tournant", a commenté Frédéric Dabi (IFOP) à propos de l'étude de sa boîte, "mais un tournant nuancé puisqu'il marque la fin de ce qui était une exception sous la Ve République, à savoir un président sortant devancé au premier tour". Un "tournant" qui marque aussi "la réussite, pour l'instant, de la stratégie de droitisation suivie par Nicolas Sarkozy", selon le commentateur.
Mais l'A*P accorde davantage de crédit au sondage suivant qui réinstalle le socialiste en tête.
Pour l'agence de presse, qui sympathise avec TNS Sofres-Sopra Group pour i-Télé (filiale du groupe Canal+) le dernier qui a parlé a raison, surtout s'il est ... socialiste !


Depuis son entrée en lice mi-février, le chef de l'Etat s'est efforcé de détourner du FN de Marine Le Pen les mécontents de la gauche de Mélenchon. Au-delà, de "la France du non" à la constitution européenne en 2005, il a proposé un renforcement des accords de Schengen contre l'immigration clandestine aux frontières de l'Union européenne ou un impôt pour les exilés fiscaux.

Annoncé depuis des semaines, le "croisement des courbes" récompense la majorité de ses efforts.
"La tendance en faveur de Nicolas Sarkozy est (...) incontestablement haussière", s'est réjoui son éminence grise Patrick Buisson, qui a même pronostiqué que ce sondage allait contraindre François Hollande à "prendre des risques".
Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a tempéré ces ardeurs en demandant à ses troupes de "ne pas lire ces sondages".


Ces sondages interviennent à un moment de grandes manoeuvres

François
Bayrou a raillé les résultats contradictoires IFOP vs Sofres
Le centriste a moqué une guerre des sondeurs" qu'il a qualifiée de "ridicule".

A droite, le centriste de l'UMP, Pierre Méhaignerie, a pris acte des faibles réserves de voix de son champion au second tour pour suggérer un "contrat commun" à François Bayrou. "Il a plus de chance de gouverner avec la majorité présidentielle qu'avec le PS tel qu'il est", a-t-il relevé.

Le socialiste Manuel Vallss'est inquiété de la "dispersion" des voix de gauche, avec les deux candidatures trotskistes qui s'ajoutent à celle des communistes, tandis que l'écologiste -et ex-socialiste- Noël Mamère s'est interrogé sur la pertinence de la candidature d'Eva Joly, créditée de 2,5% des voix, qui pourrait "affaiblir le candidat du PS". Cf. un précédent post de PaSiDupes
Chevènement appelle en revanche à voter Hollande...

samedi 22 janvier 2011

Parti radical: Borloo rassemble au centre

Au centre, le 21 avril 2001 donne à réfléchir
Au centre, Borloo décoiffe

La méthode Borloo

Jean-Louis Borloo est présenté comme le seul à droite capable de ramener dans le camp présidentiel l’électorat centriste qui stagne auprès de François Bayrou depuis 2007. Or, il veut ressouder la famille UDF, non "pas pour en faire une écurie", mais pour soutenir le candidat Nicolas Sarkozy en 2012.

En septembre 2010, le patron des radicaux valoisiens a réuni à Lyon les cadres de son parti, et plusieurs ténors de la majorité présidentielle, vétérans de l’UDF libérale, sociale ou démocrate-chrétienne.
"Toutes ces familles ne rêvent plus ensemble depuis 15 ans. C’est dément !" "Retrouvons nous, enfin !", s’enflamme le ministre de l’Ecologie qui se pose désormais en rassembleur des anciens compagnons de route du président du Mouvement des Démocrates qui, lui, n’a pas été invité.

Avant de parler aux centristes, Jean-Louis Borloo "veut d’abord qu’ils se parlent", et peut déjà se féliciter d’avoir rejoint le niveau du président du Nouveau Centre (NC), Hervé Morin qui avait lancé au printemps un appel au rassemblement de la "diaspora centriste". L’initiative de H. Morin, encouragée par ses proches mais mal perçue à l’Elysée, visait à préparer une candidature d’appoint - la sienne de préférence - à celle de Nicolas Sarkozy au premier tour de 2012.
"Avant de savoir s’il faut un candidat, construisons", prévient J.-L. Borloo, à moins de deux ans de l’échéance. Il précise qu’il "ne fai(t) pas d’écurie", mais veut simplement "rétablir le courant au centre" pour "apporter cette richesse là" à la majorité présidentielle. "Ce n’est pas une opération anti-UMP (dont M. Borloo est vice-président), précise un cadre du Parti radical, mais il ne faut pas non plus qu’il y ait une trop forte monoculture (ex-RPR) dans la majorité", dont la cohésion a été malmenée ces derniers jours par la polémique autour de la politique sécuritaire impulsée par le chef de l’Etat.

Jean-Louis Borloo refuse de faire le jeu de la gauche

La psychose 21 avril 2002
En attendant le prochain congrès des radicaux, il garde en mémoire l’élimination du candidat socialiste Lionel Jospin au soir du premier tour de la présidentielle, le 21 avril 2002, au profit du leader du Front national, Jean-Marie Le Pen. " Il ne faut pas un 21 avril à l’envers " que pourrait provoquer une multiplicité de candidatures à droite, prévient celui qui avait rallié le candidat Sarkozy moins d’un mois avant le premier tour de la présidentielle de 2007.

Le centre balance
Le radical repousse au printemps 2011 son éventuelle décision d’une candidature d’un centre "humaniste et européen", éventuellement incarnée par lui à côté de Nicolas Sarkozy. En revanche, lors de l’université d’été 2010 de son parti, H. Morin qui avait tourné le dos à François Bayrou pour rejoindre Nicolas Sarkozy en 2007, a plaidé pour une présence du Nouveau Centre (NC) en 2012. Devant quelque 400 militants, il en a fait une des premières conditions de la survie de son parti, déserté par plusieurs ténors du NC, comme André Santini, François Sauvadet et la secrétaire d’Etat, Valérie Létard.

Borloo a le vent en poupe
Attirés par Jean-Louis Borloo, le patron des députés NC, François Sauvadet, et Mme V. Létard ont fait le déplacement à Lyon, tout comme le président exécutif du NC, Jean-Christophe Lagarde, le chef de file des sénateurs UMP, Gérard Longuet, le ministre de la Jeunesse, Marc-Philippe Daubresse, la secrétaire d’Etat, Chantal Jouanno, Jean-Louis Bourlanges et Gilles de Robien.
L’ex-Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, le président du Sénat, Gérard Larcher, et le président d’Alliance centriste, Jean Arthuis, se sont associés à l’initiative Borloo, dans des messages vidéo. Pierre Méhaignerie a envoyé un courrier.

Vers une confédération du centre

Premières conquêtes
Au Parti radical, à l'occasion de ses voeux mercredi matin, le patron du Parti radical a invité une soixantaine de parlementaires centristes, y compris des proches de François Bayrou, et c'est une centaine de personnes qui se sont pressées place de Valois, dans les murs du (trop) petit siège du Parti radical.
" Je suis particulièrement heureux de vous accueillir ici, dans cette maison du Parti radical, une maison dont nous avons ouvert en grand les portes et les fenêtres, voire poussé les murs depuis plusieurs mois pour parler à nos voisins " centristes, a lancé en guise de bienvenue l'ex-ministre, flanqué de sa collègue de gouvernement et nouvelle recrue, Rama Yade.

Au démarrage crédité de seulement 2 à 5 % d'intentions de vote par un sondage BVA pour L'Express, et malgré sa détermination, Jean-Louis Borloo n'est pas encore parvenu à décrocher du leader du MoDem certains proches de François Bayrou, tels que Jean-Jacques Jégou, Jean-Marie Vanlerenberghe ou encore Jacqueline Gourault, qui ont décliné l'invitation mercredi.

En revanche, La Gauche moderne, les écologistes indépendants, les centristes de l'UMP et le Nouveau Centre étaient tous représentés. Jean-Louis Borloo a ainsi pu serrer les mains de Jean-Marie Bockel, président de La Gauche moderne, Brice Lalonde, Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP, Dominique Paillé, ex-porte-parole du parti majoritaire, Jean-Christophe Lagarde, président exécutif du Nouveau Centre, François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée ou encore Maurice Leroy, membre du Nouveau Centre et ministre de la Ville. " C'était presque une réunion du Nouveau Centre aujourd'hui ! Il ne manquait qu'Hervé Morin ", a regretté Laurent Hénart, secrétaire général du Parti radical.

La concertation centriste passe la surmultipliée

Le patron du Nouveau Centre était attendu
Hervé Morin devait être reçu plus tôt dans la matinée devant les instances dirigeantes du Parti radical. Mais la rencontre a finalement été ajournée au 25 janvier et Hervé Morin a préféré reporter sa présence.

Dans son discours, Jean-Louis Borloo a annoncé la mise en place - d'ici à deux semaines - d' "un comité de liaison permanent" regroupant toutes les sensibilités centristes volontaires et chargé de plancher sur le projet en vue de la présidentielle de 2012. Il y voit une étape transitoire vers la création d'une "confédération du centre" ralliant "les forces politiques modernes partageant le même ADN".
C'est donc lors du congrès prévu après les élections cantonales, les 14 et 15 mai, que les radicaux seront appelés à se prononcer sur leur participation à cette "confédération" et sur la question d'une émancipation de l'UMP. En cas de succès, "le Parti radical en tirera les conséquences en cessant d'être un parti associé à l'UMP pour devenir un allié", a promis le patron du parti valoisien.
Une éventuelle candidature officielle de Jean-Louis Borloo à la présidentielle n'est donc pas à l'ordre du jour. Laurent Hénart confie : "C'est en gestation... Cela fait neuf mois que les radicaux lui demandent d'y réfléchir ! Mais vous connaissez sa prudence, Borloo veut une candidature utile."

vendredi 10 septembre 2010

Retraite: les députés votent le départ à 62 ans

La majorité fait bloc avec le gouvernement

Le vote

Les députés ont voté ce 10 septembre le relèvement à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite
, alors que, fait unique en Europe, les socialistes confirment leur intention de revenir un jour à 60 ans !
Considérant l'importance de l'enjeu, le vote de l'un des articles phares du projet gouvernemental de réforme des retraites a eu lieu à main levée. Cet article (et d'autres) a été adopté avec le soutien des députés de l'UMP et du Nouveau centre, alors que la gauche faisait courir la rumeur de tensions.

La mise en oeuvre
Elle se fera progressivement d'ici 2018, à raison d'un allongement de quatre mois par an de la durée de cotisation, à partir de la génération de salariés nés en juillet 1951.

Nicolas Sarkozy avait déploré la réforme menée par François Mitterrand

En 1982, le président socialiste avait ramené l’âge légal de la retraite de 65 à 60 ans.
“Vous savez, quand on pense à ce qu’a fait François Mitterrand en ramenant l’âge légal de départ à la retraite de 65 à 60 ans ! On aurait beaucoup moins de problèmes s’il s’était abstenu ”, a rappelé Nicolas Sarkozy.
Ainsi aura-t-il fallu près de vingt-sept ans pour prendre la mesure impopulaire qui neutralise la décision populiste dont Mitterrand avait eu besoin dès le début de son premier septennat, lorsque le franc était en effet devenu fragile, après deux dévaluations menées par son ministre des Finances Jacques Delors, père de Martine Aubry et auteur du « tournant de la rigueur » à partir de 1982... D'autres suivront en 1983 et 1986.

Le report de 65 à 67 ans

L'âge auquel les travailleurs pourront bénéficier de la retraite à taux plein sans décote - qu'ils aient ou non cumulé les annuités requises – a été soumis au vote et adopté.

La presse partisane
François Bayrou a joint vendredi sa voix à celle de l'opposition, tandis que Chantal Brunel (UMP) a demandé une dérogation pour les femmes "qui ont donné deux enfants ou plus à notre pays".
"Est-il normal qu'une femme sur deux dans notre pays soit selon les termes de cette réforme amenée à travailler jusqu'à 67 ans ? Je ne crois pas", s'est affirmé Dominique de Villepin. Pourtant, « les femmes » ne sont pas toutes des « mères ».
Au final, la presse de gauche a eu la déception de noter – sans la publier – que la dizaine de députés villepinistes dont elle annonçait la fronde n'a pas pénalisé le gouvernement.

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, a précisé à la mi-journée qu'avec la réforme 170.000 personnes continueraient de partir en retraite à 60 ans sur 700.000 départs par an.

Le PS est à la traîne d'une génération

Sur France 2 le jeudi 9, la présidente de Poitou-Charentes parlait au nom des socialistes.
C'est en effet Désirdavenir Royal qui a annoncé l'abrogation du passage aux 62 ans en cas de victoire du PS en 2012 et donc un bond en arrière de 30 années. Le "dos au mur", Désirdavenir et le PS s'arc-boutent dur le dogme: lire PaSiDupes
Dans la matinée, Jean-Marc Ayrault le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale avait confirmé la position du parti.
"Oui, nous assumons pleinement les engagements pris par Ségolène Royal sur le droit à partir à 60 ans et, en 2012, si nous sommes au pouvoir, nous le rétablirons" a-t-il assuré en réponse au patron des députés UMP Jean-François Copé qui sommait les socialistes d'êtres "clairs" et lisibles" sur la question,

Jean-François Copé n'a pas manqué d'ironiser sur l'absence de la numéro un du PS, Martine Aubry, sur le plateau de France 2, "comme si elle avait un peu de mal à défendre la retraite à 60 ans", après sa valse hésitation: lire PaSiDupes
Qualifiant les socialistes de "fuyants", J.-F. Copé a alors estimé que "le faire, ça veut dire baisser le niveau de pension des Français. C'est inacceptable".

Pierre Méhaignerie, le président de la commission des Affaires sociales fustigeait le PS: "nous sommes dans le flou, dans l'ambiguïté, et parfois dans le mensonge".

De son côté, le ministre du Travail, Eric Woerth raillait la "super-décote, super-injustice" à propos d'un éventuel retour à la retraite à soixante ans.

Le calendrier

L'examen du projet, qui compte une trentaine d'articles et sur lesquels ont été déposés environ 600 amendements, devrait se poursuivre jusqu'au début de la semaine prochaine.

Les députés se prononceront le 15 septembre par un vote solennel sur l'ensemble du projet de loi que le Sénat examinera à son tour dès le 1er octobre.

L'objectif du gouvernement, qui a décidé d'utiliser la procédure d'urgence, est de faire adopter définitivement cette réforme par le Parlement à la fin octobre, début novembre.

vendredi 31 octobre 2008

Social : la majorité de l’Assemblée Nationale rétablit la prime transport

Fillon obtient gain de cause
L'Assemblée Nationale a rétabli jeudi soir, en séance publique, la prime transport inscrite par le gouvernement dans le projet de budget Sécu 2009, supprimée la semaine dernière en commission et l'a étendue aux abonnements vélo.
Le président de la commission des Affaires sociales, Pierre Méhaignerie (UMP), et le rapporteur du texte, Yves Bur (UMP), avaient fait adopter, en commission, la suppression de la prime. Ils avaient considéré qu’elle "ne se justifie pas ou plus, en particulier parce qu'il vaut mieux privilégier le salaire direct et que les prix du pétrole ont baissé".

Les députés ne suivent pas l’avis de la commission parlementaire
L’amendement par la commission avait provoqué de vives réactions et entraîné un rappel à l'ordre de la majorité par le Premier ministre François Fillon.

Les deux chambres doivent se prononcer
L'aide au transport pour les trajets domicile-travail, promise par le gouvernement, s'articule en deux volets:
1- l'extension de la prise en charge obligatoire de 50% des titres de transports collectifs, actuellement en vigueur en Ile-de-France,
2- et la prise en charge facultative des frais d'utilisation d'un véhicule personnel, dans la limite de 200 euros par an.
Dans un souci de traitement social de la crise, Eric Woerth (Budget) a réitéré l'engagement du gouvernement en faveur de cette mesure. "Le salarié doit pouvoir se rendre, pour un coût acceptable, à son travail", a-t-il dit.

L’UMP étend le bénéfice de la prime transport
Un amendement de Philippe Goujon (UMP) a en outre décidé d'étendre le dispositif aux abonnements de vélo. Les députés ont voté en ce sens, car, selon le député de Paris "le vélo est amené à se développer en tant que mode de transport quotidien, notamment pour les déplacements domicile-travail".

Présenté notamment par les députés UMP Françoise de Panafieu, Claude Goasguen ou encore Pierre Lellouche, l'exposé sommaire de cet amendement souligne qu'"actuellement, la part des déplacements à vélo concerne deux millions de personnes en France, soit 3,5% de la population. A Paris, 74% des déplacements à vélo sont des déplacements professionnels".
Les députés notent que "les systèmes de location représentent un coût annuel allant de 90 à 360 euros, entièrement à la charge de l'employé, et constituent de ce fait un montant dissuasif comparé aux transports en commun. Pour encourager cette pratique, le coût de l'abonnement vélo pourrait donc être remboursé en partie par l'employeur pour les salariés ayant choisi le vélo comme mode de déplacement principal, au même titre que l'abonnement de transports collectifs", soulignent encore les députés.

Selon l'amendement, le coût de l'abonnement vélo peut être remboursé en partie par l'employeur pour les salariés ayant choisi le vélo comme mode de déplacement principal, au même titre que l'abonnement de transports collectifs.
Rien n'est donc fait pour la protection de l'environnement...

dimanche 26 octobre 2008

Social : Fillon insiste pour le maintien de la prime transport

La récession permettra-t-elle cette aide aux salariés ?
François Fillon a assuré que la prime transport serait mise en oeuvre malgré la crise économique et l’âpre débat des députés.

Discussion en commission
L'adoption le 21 au soir par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale d'un amendement supprimant de l'article 18 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009 qui généralise la "prime transport" a provoqué la réaction immédiate du Premier ministre.
Premier rappel à l’ordre
"La crise ne demande pas moins de solidarité mais au contraire plus de solidarité. (...) C'est pour ça que nous voulons que l'aide au transport soit mise en place", a-t-il insisté lors d'un discours à Matignon devant les parlementaires UMP.
"Le gouvernement est tout à fait décidé à faire respecter cet engagement, qui est un engagement que nous avons pris devant les partenaires sociaux et qui est par ailleurs parfaitement conforme au Grenelle de l'environnement puisqu'il s'agit d'encourager nos concitoyens à aller vers les transports collectifs", a-t-il souligné.
Second rappel à l’ordre
François Fillon est revenu à la charge lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée, affirmant sa volonté de corriger "une injustice" entre les salariés d'Ile-de-France, qui bénéficient d'une prise en charge partielle de leur abonnement aux transports publics, et les habitants des autres régions.
"Personne ne peut être contre cette proposition. (...) le gouvernement espère que la majorité comme l'opposition votera le texte comme nous l'avons proposé", a-t-il déclaré.

Débat parlementaire
Pierre Méhaignerie (UMP), président de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée et l'un des auteurs de l'amendement de suppression, a défendu sa position.
"Est-il possible dans ce pays de discuter de problèmes importants sans être caricaturé ?", a-t-il demandé mercredi lors d'une conférence de presse en réponse au Premier ministre.
A son avis, la "prime transport" pose "trois problèmes" : sa "cohérence", la multiplication de primes qui "accroissent le salaire indirect au détriment du salaire direct", le fait que "de nombreuses primes ne paient aucune cotisation au régime social".
La mesure, alternative au "chèque transport" lancé en 2005 par
Dominique de Villepin et jamais mis en oeuvre, a été promise le 12 juin par le chef du gouvernement pour aider les salariés à faire face au renchérissement du prix du carburant. C’était lors dans la période de doublement du prix de l’essence.
Or, les cours du brut ont baissé, et les inspirateurs de l'amendement, Pierre Méhaignerie et Yves Bur, rapporteur UMP du projet de budget de la Sécurité sociale, estiment que le dispositif ne se justifie plus.

Avant le vote, l’opposition s’enflamme
L’adoption de l’amendement en commission a suffi à distraire le PS de ses luttes intestines et à réactiver les aigreurs des syndicats qui ont dénoncé mercredi comme "une provocation" : la majorité ne ferait rien que de leur irriter le colon en apaisant le patronat.
La prime transport prévoit en effet que les employeurs versent à leurs salariés une aide forfaitaire annuelle de 200 euros, facultative et exonérée de charges, ou optent pour la prise en charge à 50% des abonnements de transport collectif.

Le débat reste ouvert
  • Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre, avait désapprouvé mercredi matin sur i-télé l'initiative de la commission des Affaires sociales, estimant que "le prix du pétrole, même s'il baisse pour l'instant, structurellement on sait parfaitement qu'il remontera".
  • Le Parti socialiste a dénoncé les arguments "fallacieux et irrecevables" de la commission.
    Le PS, qui cherche un savant médecin pour le sauver de ses maux, s’est contenté d’un communiqué : aucune personnalité ne s’est motivée pour cette mesure sociale. "D'une part, le recul du prix du pétrole, peu répercuté à la pompe, ne peut constituer un argument. D'autre part, prétendre que cette prime engendrerait une stagnation des salaires constitue un véritable mensonge", a rédigé une main anonyme.... C’est tout.
  • A FO, les désordres internes sont chroniques et le secrétaire général, Jean-Claude Mailly, a eu le réflexe de la riposte classique, rappelant à ses engagements un François Fillon qui n’a pourtant pas changé d’opinion et l’a fait savoir. Ce qui n’a pas empêché Mailly, un dur d’oreille, de dénoncer "un véritable mépris" pour les salariés.
  • Pour sa part plus attentif, Jacques Voisin (CFTC) s'est félicité de la mise au point du Premier ministre.

  • Mais dans l’opposition, le thème de la peur ayant fait son temps, celui du mépris est en effet devenu très tendance …
  • Mépris aussi donc pour Laurence Laigo (CFDT), qui n'est pas à court d'arguments...Selon celle-ci, "le problème du transport est de long terme, lié à l'énergie mais aussi aux problèmes de logement et d'éloignement".

    Il reste au Parlement à trancher, démocratiquement
  • L'amendement sera soumis cette prochaine au vote des députés en séance publique.
    "Les députés et sénateurs, dans leur ensemble, ont prérogatives et moyens de rectifier la faute en renversant la décision de la Commission dans le débat parlementaire", souligne pour sa part la CGT dans un communiqué.
  • Le Medef, qui n'a eu de cesse de fustiger dans la prime transport "une aberration", a salué la "décision économiquement responsable" de la commission des Affaires sociales.

    Quelle mentalité !
  • Les députés socialistes ont estimé que "les députés UMP ont montré le peu de cas qu'ils faisaient de la situation extrêmement difficile que traversent les Français". En demandant le rétablissement de la mesure, ils ont , de cette courageuse manière, apporté en fait leur soutien au Premier ministre ! Feront-ils à nouveau volte-face?
    La décision appartient aux élus du peuple.