Chantal Brunel s'en est agacée estimant que ou Luc Ferry sait des choses, et c'est à la justice qu'il doit aller les dire, ou il se tait.Le Monde a d'ailleurs invité Chantal Brunel a réagir à ce flot de paroles soudainement libérées, dès lors qu'un poisseur socialiste de femme de chambre s'est fait poisser dans une suite luxueuse du Sofitel de Manhattan: lien PaSiDupes
Une campagne de banalisation
Libération, autre journal socialiste, a récemment sollicité les témoignages de femmes politiques. Que ne l'a-t-il fait plus tôt, si sa démarche n'est pas inspirée par une volonté d'amalgame et de généralisation des comportements de Dominique Strauss-Kahn ?
Chantal Brunel consent à participer à cette entreprise, puisqu'elle ne peut que juger remarquables ces témoignages et les faire siens: "
On a toutes nos histoires, nos références en matière de machisme ". Féministes de combat,
Yvette Roudy,
Marilyse Lebranchu ou
Martine Billard peuvent-elles en dire autant ?
Chantal Brunel souligne que
le voile intégral est le symbole même de l'infériorité de la femme vis-à-vis de l'homme, puisqu'il cache le corps impur de la femme et que celle-ci ne serait pas maîtresse de son corps. Cette dissimulation puritaine, voire moyen-âgeuse, de l'objet de la tentation par le voile intégral et la burqa est imposée à la femme soumise pour protéger l'homme de la concupiscence à laquelle l'exposent les jupes extra-courtes et les talons aiguilles, les attitudes provocantes et le langage cru des femmes modernes et libérées.
Lien PaSiDupes
Il ne vient pas encore à un esprit européen de penser que
la femme occidentale exercerait un harcellement sexuel sur l'homme, du seul fait que, puisque ce corps lui appartient, elle peut exhiber sa poitrine opulente au-dessus de son étal de concombres ou projeter ses petits seins au-delà du comptoir: rien vraiment qui puisse être assimilé à de la nymphomanie, de l'allumage ou du racolage. On parle d'exultation du corps ou d'épanouissement de la femme, mais parlerait-on de séduction naturelle et légitime si, dans les rames de métro, les hommes exposaient leurs tablettes de chocolat et si des justaucorps bleus de travail moulaient leurs formes évolutives dans tous les bons garages et bureaux de France et de Navarre ?
Notre société impose à l'homme à la fois -et tour à tour- qu'il reste maître de lui-même et de ses pulsions et qu'il manifeste toutefois son appréciation du spectacle offert: il peut se rincer l'oeil, sans ostentation, mais ne doit pas consommer. Un exercice de corde raide: trop ou pas assez démonstratif, il est présumé obsédé ou impuissant.
Toute femme revendique d'ailleurs d'avoir été importunée, mais en conserve une impression variable, selon qu'elle aura été disponible ou non, flattée ou dépréciée, tant il est vrai que la femme dispose et qu'à un petit homme chauve il vaut mieux un encéphalogramme plat qu'un porte-feuille dégarni. Le traitement social des inégalités amoureuses, voilà donc un créneau nouveau pour les syndicats en déconfiture: tous ensemble contre les fils de ... qui draguent en dormant et les play boys gâtés par dame nature !
Chantal Brunel évoque le temps où, nouvellement élue, elle s'est rendue à une cérémonie dans une commune limitrophe de sa circonscription. A son arrivée, elle entendit s'exclamer son collègue député, élu en 2002-2007, et qui ne s'était pas représenté: "Qu'est-ce qu'elle fait là, celle-là ? Ici, c'est chaque putain dans son bordel." Tétanisée, elle s'était tue.
Mais l'interrogée explique aussitôt que les propos machistes ont plutôt durci une certaine cuirasse. Je crois que quand on fait de la politique, il faut savoir de temps en temps être sourd.
Libération positive l'affaire DSK
Le journal partisan passe du lourd au banal, avec légerté.L'étalage sur la voie publique de la pathologie d'un grand du PS - fût-elle une agression sexuelle, voire une tentative de viol - fournit au quotidien
Libération l'occasion d'un nouveau grand écart. Il ne voit aucune différence entre le crime de DSK et le délit de Georges Tron. Ce qui seul importe désormais, c'est que
DSK est un libérateur: son affaire a donné du courage aux femmes victimes d'agressions sexuelles ou de harcèlement et les encourage à porter plainte.
L'affaire DSK est un mal pour un bien: olé !Chantal Brunel estime que l'affaire DSK va changer trois choses:
-
visibilité de comportements occultés;
-
libération de la parole des femmes(cf. supra !) et, "accessoirement" (sic), la fin du droit de cuissage d'un puissant sur une jeune femme de condition modeste. Mme Brunel participe à l'imagerie marxisante, mais ne connaît donc pas le monde du spectacle ni le milieu sportif où les petites minettes rodent autour des loges des artistes ou des vestiaires des rugbymen prometteurs ou de footballeurs argentés pour s'abandonner au droit de cuissage et mettre un terme aux fins de mois difficiles;
- introduction de la
peur chez les hommes qu'ils aient des comportements sexuels de dominants ou qu'ils égayent leur semaine de travail en pimentant leur vie de couple de fantaisies sexuelles inédites et osées. Finies l'inventivité et la gaudriole intempestive. Les sanctions vont tomber, à la maison comme au bureau et, à l'usine comme au lit, le travailleur sera soumis aux horaires et aux rythmes imposés, à la performance et au rendement, au quantitatif contre le qualitatif. La prise en compte de la pénibilité amoureuse sera-t-elle prise en compte dans le calcul des annuités donnant droit à la retraite ? A quand SUD à la tête de cortèges d'hommes opprimés par les femmes et à l'entrée des bureaux de poste et des chambres de harcélés ?
De beaux combats syndicaux en perspective pour, d'une part, imposer aux hommes la délicatesse, le rafinement et la conviction profonde qu'une femme est l'égale de l'homme, et pour,d'autre part, apprendre aux femmes la tolérance de l'homme qui a peur de l'éjaculation précoce, du coup de mou et d'être pour sa peine traîné devant les prud'hommes.
Car les lois sur la parité ne changent rienChantal Brunel considère que l'affaire DSK va faire plus que toutes les lois pour la cause des femmes dans le domaine des violences. Selon elle, puisque la législation existe sur les violences, le problème est la parole des femmes.
On estime qu'un viol sur dix est dénoncé, et qu'en plus, souvent, la victime d'un viol est considérée comme responsable. Dans l'affaire DSK, la presse a suspecté la femme de chambre : pourquoi était-elle là ? s'interrogeait finement la presse d'investigation; qu'est-ce qu'elle faisait là après l'heure de libération des chambres. La presse socialiste n'imagina pas qu'elle puisse essayer de faire son travail. L'opinion, y compris féministe, a trouvé une part de responsabilité à la victime. N'a-t-on pas parlé de complot ? De lynchage et de mise à mort ? La presse indépendante et laïque faisait porter à l'homme du XXIe le fardeau de la faute originelle de la femme de l'Ancien testament. Mais Mme Brunel estime que ce schéma va s'effacer.
Au
problème posé par l'affaire DSK de la dépendance et de la situation de hiérarchie ou de pouvoir d'un homme sur une femme, Mme Brunel apporte sa réponse.
Les solutions sont à l'évidence de mettre des femmes à des postes de responsabilité de haut niveau, qui donnent l'exemple aux autres femmes. Ce qui suppose que les femmes de pouvoir soient des romantiques ethérées dépourvues de pulsions.
Chantal Brunel doit en outre retoucher
l'image du soi-disant handicap à être membre d'un parti de droite tout en défendant l'égalité homme-femme.
Le droit de vote a pourtant été accordé aux femmes en France le 21 avril 1944 par le Comité français de la Libération nationale, confirmé par l’ordonnance du 5 octobre sous le Gouvernement provisoire de la République française dirigé par le
général de Gaulle, en dépit des sénateurs du parti radical: il n'est utilisé que le 29 avril
1945 pour les élections municipales, puis en octobre pour les élections à l’Assemblée constituante où
5,6 % de femmes sont élues députées. Depuis le 10 juin
2007, elles sont
41,6 %.
S'il existe une tradition historique à gauche de la présence des femmes en politique, il reste vrai que
les femmes conquièrent désormais des sièges, non point tant pour leurs compétences que par leur persévérance, comme Marie-sEGOlène Royal, qui harcela le
président Mitterrand pour obtenir une circonscription éligible, mais des places au bénéfice de contraintes législatives, de quotas et de parité, qui ne doivent pas toujours sufisamment aux compétences de la bénéficiaire. Un contre-exemple aux affirmations de Chantal Brunel sera
Édith Cresson (PS) devenue la première femme Premier ministre (1991) par la grâce d'un homme, mais unique en son genre à ce jour, car le coup médiatique à la socialiste du président Mitterrand s'avéra contreproductif pour plusieurs générations. Malgré leur pacte qui donnait la prééminence à l'homme, les frasques du goujat DSK auront de surcroît privé la féministe Aubry de Matignon.
Cela étant,
une clivage artificiel gauche-droite arrange le PS. L'
Observatoire de la parité, créé en 1995 par
Jacques Chirac et présidé par le premier ministre, regroupe pourtant des femmes et des hommes de toutes tendances politiques.
Des femmes, de droite comme de gauche, s'y retrouvent souvent sur des sujets communs. La gauche n'a pas ce monopole-là. L'égalité professionnelle, l'égalité des salaires, le problème du temps partiel sont des sujets aussi bien portés par les hommes et les femmes de la majorité présidentielle que le gouvernement.
Roselyne Bachelot a été la première rapporteurE générale de l'Observatoire de la parité à sa création. Ensuite, des femmes socialistes de l'opposition lui ont succédé.
Janine Mossuz Lavau, soutien de Désirdavenir Royal en 2007, Nicole
Borvo-Cohen-Seat (PCF) et Me
Martine Moscovici (expert en viol Viol par soumission chimique, défend des femmes victimes de viols ou d'agressions sexuelles) en ont été membres.
Le machisme est-il équitablement réparti à droite et à gaucheIl est partagé à droite comme à gauche par les élus comme dans la société. Ce ne sont pas uniquement des mots ou des actes, c'est aussi un soupçon de moindre compétence et un confinement des femmes dans des tâches secondaires.
A l'
Assemblée nationale, deux femmes sur sept sont vice-présidentes (une femme de droite, une femme de gauche); une seule sur six est présidente de commission; cinq femmes sur soixante-douze sont à la commission des finances. Et à l'Assemblée nationale, les femmes sont plus ouvertes sur l'extérieur et les media mais n'ont pas souvent un rôle de stratégie et de pouvoir.
L'évolution est pourtant notable depuis les années 80