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mercredi 10 avril 2013

Gauche : « Famille, je vous hais ! »

Touche pas à mes « allocs » !

Oseront-ils ?  s'interroge Eric Zemmour. 
Les allocations familiales sont dans le collimateur de la gauche depuis des années. La vieille détestation pour la famille bourgeoise et patriarcale se conjugue aux besoins chroniques d'argent. L'idée de réduire, voire de supprimer les allocations familiales pour les plus aisés, taraude aussi certains à l'UMP, d'Alain Juppé à Bruno Le Maire. C'est la sainte alliance des technocrates. Le quotient familial et les niches fiscales pour les nounous scandalisent déjà leurs pulsions égalitaristes ; pour certaines familles particulièrement aisées, les « allocs » ne sont qu'un ridicule argent de poche, disent-ils, non sans raison. Mais, jusqu'à présent, ils ont toujours reculé.  Juppé a reculé ; Jospin a reculé ; Le Maire a reculé. Le principe d'universalité a joué le rôle de statue du commandeur. Il fonde la politique familiale depuis 1945.

La politique familiale n'est pas un complément de la lutte contre les inégalités ; il y a l'impôt sur le revenu pour cela. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Faire payer les « riches » pour l'hôpital et l'école ? Ce serait la fin du service public à la française. C'est en arrachant ces compétences à l'Eglise que l'Etat républicain a construit sa légitimité. Les économies ne seraient jamais suffisantes. La réussite serait stigmatisée et le niveau de revenus deviendrait une variable d'ajustement des déficits de la Sécurité sociale. Pour être rentable et effficace, le couperet ne devrait pas s'arrêter aux « riches » à 5.000 euros par foyer, mais atteindre les classes moyennes, que l'on prétend protéger.
Cette décision au nom de légalité -dogme des socialistes antérieur à celui de l'exemplarité...-  viendrait contredire une autre vache sacrée de la gauche bien pensante : la bonne tenue de la démographie française  -au milieu du désert européen- est due à la générosité de notre politique familiale et non pas seulement aux familles d'immigrés (blancs et noirs d'Afrique, notamment polygames), ces derniers n'y contribuant qu'en proportion de nos stimuli sociaux.

Certains Français estiment que nos « allocs » sont une des causes majeures de l'immigration excessive.  Dans les années 80, Jacques Chirac, alors maire de Paris, avait instauré une prime familiale réservée aux citoyens français ; elle fut annulée par le tribunal administratif.
La fin de l'universalité des allocations familiales rouvrirait le débat: puisqu'on les enlève aux « riches », pourquoi les conserver aux étrangers ? Il faut savoir que les Américains, après la guerre, ont refusé d'instaurer une sécurité sociale à l'européenne parce que les Blancs -alors majoritaires sur les latinos- refusaient de payer pour les Noirs,
Les socialistes ouvriraient alors la boîte de Pandore dont ils ont si peur. Oseront-ils ?

Défiance de la gauche à l'égard du mariage


Elle s'affiche dans la vie personnelle du chef de l'Etat.
Le président François occupe la fonction présidentielle et impose une concubine en première dame, avec cabinet assorti, à la charge de la nation.  Mais le socialiste a commencé par avoir plusieurs enfants d'une précédente, sans jamais se marier. S'est-il pour autant privé des allocs afférentes? Il n'y a pas renoncé, les acceptant toutefois.
Les revenus de la mère, ajoutés aux siens propres, justifiaient-ils leur appel à la solidarité nationale ? Sachant que ni l'un ni l'autre ne s'est jamais vraiment levé pour aller travailler et puisqu'ils ont passé l'essentiel de leur vie dans la haute fonction publique ou les ministères, leurs patrimoines conjugal, puis personnels interpellent. Certes, les héritages de ces deux enfants de bourgeois aisés ont pu leur tomber tout cuits et expliquer qu'en leur temps déjà ils auraient pu se voir privés des allocs du pauvre pour élever leur progéniture. Certes encore, leurs mandats leur confèrent des avantages sans concurrence, notamment en termes de taux financiers auprès des banques pourtant honnies. Certes enfin, Marianne qui, bonne fille, leur a prodigué tous les avantages au quotidien liés à ces fonctions électives successives (gîte, couvert, transports, etc)   leur garantit ensuite de copieuses indemnités de retraite.


Mais pourquoi tant de haine de la famille ?
C'est une facilité de notre système de protection sociale. Et le processus mental qu'il génère est généralisable. Pourquoi en effet se constituer une retraite si la république se charge de pourvoir à une retraite décente pour tous? Ou pourquoi donc cotiser à une mutuelle de santé si la Sécurité sociale et son cortège de prestations et allocations sont là pour assurer ?  Et pourquoi garder ses enfants, même en temps de crise, si l'école peut s'en charger, tandis que les mamans se constituent les revenus qui les rendent solvables, taxables à merci et dépendante de l'Etat ?


1793-2013 : Montagnard es-tu là ?

Dans cette société de confort, mais anxiogène, notre système social est comme un pantalon qui tient avec ceinture et bretelles. Cet état d'esprit qui commande aussi bien au cumul des mandats et des fonctions, s'applique à la famille. Moins de famille, c'est plus d'Etat...  Au paternalisme des patrons du XXe siècle succède l'étatisme républicain. Avec ses risques, tel celui qui se dessine actuellement consistant à imposer un grand déballage patrimonial aux élus de la nation : le populisme mène à l'exhibitionnisme. Mais aussi à leurs familles : outre leurs conjoints, leurs parents et leurs descendants, devraient bientôt se mettre à nu, au nom de la moralisation du monde politique. La suspicion pourrait s'étendre des ministres du gouvernement aux patrons des grandes entreprises du service public et aux élus territoriaux, puis des régions aux communes. Quant au Parlement européen, il semblerait encore une fois au-dessus de tout soupçon. Le millefeuille territorial pourrait donc avoir un sérieux problème de rupture de la chaîne du froid  de la vertu.
Ensuite, pourquoi cette vertu pèserait-elle plus lourdement sur le monde politique que sur celui du Barreau dont on donne pourtant  à penser depuis toujours qu'il serait exclusivement constitué d'avocats d'affaires ?  Or, si  les pénalistes sont assimilés aux autres, alors ne peut-on aussi bien moraliser le monde de la presse. Et à qui le tour ensuite ?

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