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dimanche 28 avril 2013

Une priorité à l'accès des Roms au travail

Des Roumains et des Bulgares plutôt que les Ch'tis (14% de chômage)


Drapeau de la communauté rom:
Gitans, Tziganes, Manouches, Romanichels, Bohémiens, 
Sintis

Guadeloupe: taux de chômage à 22,5% fin 2012
Dès août 2012, Jean-Marc Ayrault annonça la suppression de la taxe pour l’embauche des Roms et un meilleur accès au travail, tout en restant ferme sur le démantèlement des camps, bien sûr. Les associations jugèrent les mesures "bonnes ", mais "insuffisantes".
Le governement jouait ainsi l’apaisement après la polémique, cet été, sur les démantèlements des campements roms. Jean-Marc Ayrault tint en effet une réunion interministérielle à Matignon, de laquelle sortirent deux propositions principales. Tout d’abord, le gouvernement supprima la taxe que doivent payer les employeurs s’ils veulent engager un Rom. Pour le moment, ils doivent par exemple payer 713 euros à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) pour un contrat de plus d’un an. Seconde mesure, la liste des 150 métiers auxquels les Roms ont accès va être élargie "de manière très importante", précise le gouvernement. En contrepartie, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, restait ferme sur le démantèlement des camps : les expulsions continueront si la justice les prononce.

La suppression de la taxe augmente les difficultés d’accès des autres au travail
Co-fondateur de Romeurope, collectif reçu à Matignon, Laurent El Ghozi juge que ce sont de "bonnes mesures", même si elles sont insuffisantes. "
La suppression de la taxe facilitera l’accès au travail, mais il y a aussi la question de leur logement. Ça passe par des ressources stables et légales évidemment, mais ça ne suffit pas non plus". Il faut donc prendre en compte " la scolarité, l’accès au droit. Ce que nous continuons à demander, c’est l’accès égal à l’ensemble des droits dont bénéficient les citoyens européens ": depuis 2007, la Roumanie et la Bulgarie sont membres de l'U.E., 
Ils sont une chance pour la France, sa démographie et son système social

La protection sociale fait pencher la balance
Dans les années 1990-2000, les ex-communistes avaient préféré livrer les terres arables des kolkhozes aux Roms de Roumanie et de Bulgarie plutôt qu'aux paysans qui réclamaient la restitution de leurs terres. Alors pourquoi préfèrent-ils la France ? Pourquoi travailler au pays, si 75 euros tombent en France chaque jour, sans travailler ?
"La grande question, ce sont quand même les expulsions", maintient le bon père  Arthur Hervet. Bien que la république soit laïque, il est particulièrement impliqué dans le soutien aux Roms à Lille et leur distribue des denrées alimentaires tous les midis. "La grosse épreuve pour nous, c’est de savoir qu’il y aura une expulsion s’il y a une décision de justice. Mais quelle justice ? Il y a toujours une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Aujourd’hui, il ne me reste plus qu’à prier pour que le cœur des hommes politiques se mette à battre au rythme de l’humanité".
Roms expulsés de Ris-Orangis 
(Essonne, le 3 avril 2013)
Après Lyon, au début du mois, c'est à Ris-Orangis, en banlieue parisienne, qu'un préfet se trouve assigné par les familles de ressortissants roumains qu'il venait de faire expulser. Motif invoqué: le représentant de l'État n'applique pas le droit européen et surtout la circulaire Valls du 26 août 2012 qui, en cas de démantèlement de camp, fait obligation de procéder à un diagnostic social et de proposer des solutions d'hébergement et d'insertion aux populations concernées.

"Une petite mesurette", ça fait vraiment peu !
Plus remonté, Yann Lafolie, le président de l’Atelier solidaire qui accompagne au quotidien les Roms de l’agglomération lilloise. "Ce n’est pas acceptable, estime-t-il. On s’attendait à une véritable politique de changement. Il [François Hollande, ndlr] avait annoncé la fin des expulsions sans solution, l’accès au droit commun, c’est-à-dire au travail, au logement, à la santé, à la scolarisation des enfants. Aujourd’hui, on se retrouve avec une petite mesurette, une annonce pour essayer de calmer les choses. On a l’impression que le Parti socialiste hésite et n’a pas envie de froisser".

Des mesures levées en 2014 au plus tard

Matignon précise que "le gouvernement examinera, après discussions avec les États concernés (Roumanie, Bulgarie), l'hypothèse d'une levée anticipée des mesures transitoires qui restreignent l'accès des Roms au marché du travail français, par rapport aux autres ressortissants communautaires". Ces mesures, appliquées pour 7 ans maximum depuis l’entrée en 2007 de la Bulgarie et la Roumanie dans l'Union européenne, doivent être levées le 1er janvier 2014 au plus tard.

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