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dimanche 26 décembre 2010

Le Cameroun soutient le socialiste Gbagbo ?

« Par sentiment anti-français », qui plus est ?

En octobre 2011, ce sera le tour des Camerounais d'élire leur président et la crise post-électorale en Côte-d'Ivoire pourrait faire école. Alors, à Yaoundé (Cameroun), on en est déjà à la répétition générale. Qui s'étonnera que les partisans de Ouattara critiquent le forcing de Laurent Gbagbo, mais la mauvaise foi des Camerounais est prometteuse: il dénoncent déjà une ingérence étrangère présumée dans les élections ivoiriennes. Jean Claude Awono, écrivain, explique : « Ce qui se passe aujourd'hui en Côte d'Ivoire intéresse tous les Africains, car ce qui arrive à nos frères là-bas pourrait aussi bien arriver au Cameroun. »

Les démocrates camerounais optent pour l'usurpateur ivoirien

Au-delà de la cristallisation du sentiment nationaliste et panafricaniste, la presse française mobilise sur le devoir de mémoire anti-colonialiste. Pour Jean-Michel Nintcheu, député du Social democratic front (SDF), principal parti de l'opposition, créé en 1990 pour défier la dictature monopartiste ultra-conservatrice de l'Union Nationale Camerounaise (UNC) devenu le Rassemblement Democratique du Peuple Camerounais (RDPC) du Président Paul Biya depuis l' Independance : « La rue camerounaise, qui semble soutenir majoritairement M. Gbagbo, n'est pas fondamentalement pro-Gbagbo, mais plutôt anti-française. »
Du Benoît Hamon pur jus ?
Pour que ce soit bien clair en effet, précisons que le SDF a été admis à l’Internationale socialiste au Congrès de Paris en 1999...
Lien PaSiDupes sur l'implication des socialistes français

En vérité, les plus impliqués dans l'affaire ivoirienne, avant la population, ce sont d'abord les partis d'opposition camerounais.
Ils font monter la pression. Ainsi, d'un côté, le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) envisage une marche ces prochains jours pour soutenir Laurent Gbagbo et, d'autre part, l'Union des populations du Cameroun (UPC) qui a pris le parti du président ivoirien sortant a adressé, le 4 décembre, une lettre de félicitation pour son « éclatante victoire qui est le couronnement d'une lutte du peuple ivoirien. »

Mais l'élection d'Ouattara divise le SDF présidentiel.
Alors que le parti a officiellement reconnu la victoire du Président Gbagbo, le député Jean-Michel Nintcheu invite Gbagbo à quitter le pouvoir: « les présidents africains, Paul Biya en tête, gagneraient à apprendre la culture de l'alternance. »

Pour Rue89, la presse, c'est le peuple

Le site français ne craint pas l'amalgame et fond la rue dans les media, assurant que, pas plus qu'eux, elle n'échappe à l'engouement pro-Gbagbo. Rue89 se plaît à suggérer une communauté de vues. Ce serait donc la même chose de titrer « Coup d'Etat électoral contre coup d'Etat constitutionnel » (Le Messager) ou « Un fauteuil pour deux » (Mutations) que de faire sa Une avec « La crise ivoirienne secoue le SDF »(La Nouvelle Expression) ou « Tout sur les accords qui ont vidé le pouvoir de Laurent Gbagbo » (Emergence).

Rue89 prend ses désirs pour la réalité
Entre ceux qui voient dans l'attitude de la communauté internationale une ingérence qui ne vise qu'à écarter Laurent Gbagbo du pouvoir, et les autres qui pensent que le sortant est un mauvais perdant, la mobilisation des Camerounais se ferait sentir jusque dans les rues.
Rue89 se croit autorisé à titrer « Le Cameroun soutient Gbagbo 'par sentiment antifrançais' »
Pour preuve, il cite Céline, une célèbre étudiante :
« Laurent Gbagbo a publiquement accepté de respecter le verdict des urnes. Il ne doit pas ressortir aujourd'hui la carte du nationalisme parce qu'il a perdu. »
Et sélectionne Eric, un décrypteur concurrent, trouvé dans la rue:
« La communauté internationale doit respecter les institutions ivoiriennes. C'est le Conseil constitutionnel qui proclame les résultats définitifs. Et cette institution a proclamé Gbagbo vainqueur. Il faut respecter ce résultat. »
La situation au pays des éléphants enflamme visiblement les rues de Yaoundé !

D'autres réalités sur lesquelles Rue89 ne s'attarde pas

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L'Union africaine suspend la Côte d'Ivoire et conditionne sa réintégration à l'entrée en fonction "effective" d'Alassane Ouattara en tant que président.

=>
Mercredi, le Conseil de sécurité de l'ONU lui a également apporté son soutien sans équivoque à Ouattara.

=> Enfin, si "ingérence étrangère" il y a, elle n'est pas seulement le fait de la France - et des Etats-Unis du président démocrate et métis Obama (dont le papa était un Noir originaire du Kenya), car des discussions se sont ouvertes entre des pays africains membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et les Etats-Unis sur un éventuel renforcement des effectifs de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (ONUCI), qui compte actuellement près de 9 000 hommes), appuyés par les 900 soldats ...français de l'opération Licorne, non pas à titre français, donc. Sa présence en Côte d'Ivoire remonte à 2002, dans le cadre des accords de défense signés entre les deux pays le 24 août 1961. Mais son rôle a été redéfini en force d'interposition. La France, puis la CEDEAO (Communauté des États d'Afrique de l'Ouest) ont envoyé d'importants contingents militaires pour séparer les belligérants ivoiriens et pour éviter guerre civile et massacres.

Un accord signé le 24 janvier 2003 à Marcoussis par toutes les forces politiques prévoyait simultanément le maintien du chef de l'État en exercice, le président Laurent Gbagbo, la mise en place d'un gouvernement de réconciliation nationale intégrant des représentants de la rébellion du nord et la mise en œuvre d'un programme abordant les principaux sujets de fond à l'origine de la crise ivoirienne (nationalité, propriété foncière rurale, éligibilité, restructuration de l'armée, désarmement de la rébellion). L'objectif était la tenue d'élections démocratiques à la fin de l'année 2005, mais le scrutin présidentiel fut repoussé d'année en année, Gbagbo manœuvrant déjà pour tenter de se maintenir au pouvoir par tous les moyens, jusqu'en 2010.
Le 4 avril 2004, l'opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI, 6 240 hommes) prend le relais des contingents de la CEDEAO, aux côtés de la force Licorne qui reste en soutien sous commandement français (4 600 hommes).

Tout ce qu'il faut savoir de l'implication française
Le 6 novembre 2004, l'aviation gouvernementale ivoirienne effectua un raid aérien sur la position française de Bouaké. On déplora 9 morts et 37 blessés parmi les soldats français. Les forces françaises ripostèrent, neutralisant, sans le détruire, l'ensemble des forces aériennes ivoiriennes sur la base de Yamoussoukro. Le président J.Chirac donna l'ordre de destruction des moyens aériens militaires ivoiriens, afin d'empêcher toute nouvelle attaque des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) contre l'armée « rebelle » des Forces nouvelles (dont le secrétaire général est ...Guillaume Soro), dans le nord du pays, soutenues par le Burkina Faso voisin, et d'interdire d'autres agressions contre les positions françaises.
Les troupes françaises ont été ramenées de 5000 à 2400 militaires en août 2007, puis à 1800 hommes en mars 2008. Le 31 juillet 2008, le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé, pour six mois, les mandats de l'ONUCI et de l’opération Licorne. Ceux-ci sont ainsi prolongés jusqu’au 31 janvier 2009, dans le but de sécuriser l'élection présidentielle qui s'est tenue le 30 novembre 2008.
Cette force française de réaction rapide de troisième rang participe au maintien de la Paix en Côte d'Ivoire, en complément de l'ONUCI (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire) et agit en soutien de la force onusienne.

Les présidentielles ivoiriennes, façon congrès PS de Reims
Le 4 décembre 2010, alors que Marie-sEGOlène Royal Laurent Gbagbo contestait les résultats du deuxième tour de l'élection présidentielle du 28 novembre et se maintenait au pouvoir, son premier ministre, Guillaume Soro, remit sa démission à Martine Aubry Alassane Ouattara (lui aussi président élu de la République) qu'il reconnaissait ainsi vainqueur légitime du second tour de l'élection. Le président Ouattara le reconduisit alors dans ses fonctions de Premier ministre et Soro forma son nouveau gouvernement le 6, dans lequel il détient également le portefeuille de la Défense.
Le 8 décembre, Soro qualifia Laurent Gbagbo de tricheur et de dictateur et demanda à la communauté internationale de faire pression pour que Gbagbo quitte le pouvoir.

Le président camerounais Paul Biya (1933- )

Il est le second président de la République du Cameroun, depuis ...28 ans au pouvoir (novembre 1982).
En décembre 2007, il annonça pourtant son intention de modifier la Constitution qui limitait le mandat présidentiel à 2 exercices. De nombreuses organisations, comme Amnesty International, ont critiqué le régime de Paul Biya, accusé de restreindre les libertés fondamentales des Camerounais.

Le président sème le chaos pour garder le pouvoir
Obsédé par sa « révision constitutionnelle », Paul Biya souffle le chaud et le froid: accusé de la mort d'une centaine de manifestants au cours de la semaine de révolte du 25 février 2008, il est prêt à tout pour « apaiser les esprits » de ses sujets. Le 27 février, il promettait que « force resterait à la loi » et que les « apprentis sorciers qui manipulent la jeunesse » seraient impitoyablement châtiés, puis il offrit une défiscalisation des produits de première nécessité, une diminution des droits de douanes sur le ciment et aux fonctionnaires une revalorisation salariale de 15%.
Paupaul ne sait pas comment financer de telles pochettes surprises, alors « il donne les grandes orientations » et se concentre sur l'Assemblée Nationale où il a fait élire, en juillet dernier, une écrasante majorité RDPC (son parti) pour faire sauter l'article de la Constitution qui verrouille le nombre de mandats présidentiels.

14 juillet 2010
Le président Sarkozy convia son homologue camerounais au sommet « familial » du 13 juillet 2010, avec les autres chefs d'Etat africains concernés par le cinquantenaire de l'indépendance (Sénégal, Tchad, République centrafricaine, Congo, Gabon, Niger, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Bénin, Togo et Madagascar). Après qu'il ait courtoisement tergiversé longuement, la présence de Paul Biya fut éclipsée par celle de sa femme Chantal, la « Lionne du Cameroun », tandis que le président de la Côte d'Ivoire, le socialiste Laurent Gbagbo, fut le seul sur les 14 qui déclina l’invitation: il envoya son ministre de la Défense.

Les sympathies de Rue89 (et du journal Le Monde) vont aux deux dictateurs à vie dont les similitudes de comportements troubleraient pourtant n'importe quel démocrate.
La position du journal Libération est, pour sa part, plus flottante. D'un côté, il qualifie Gbagbo de "président sortant de la Côte d'Ivoire, très isolé", mais, de l'autre, titre à des fins de politique politicienne hexagonale sur la dénonciation par Gbagbo d' "un 'complot' mené par la France" (que Libération explicite ensuite en "ingérence de Paris et de Washington")...

1 commentaire :

  1. Les populations camerounaises, il faut bien le spécifier, ni le gouvernement de la République, ni le président de la République monsieur Paul Biya ne se sont encore prononcés, comme c’est le cas dans la majorité des capitales politiques africaines. Il est important de nuancer le propos.

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