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samedi 25 décembre 2010

Noël en France: accueil d'orphelins haïtiens victimes du séisme

Quelque 300 enfants adoptés

Premier vol: plus d'une centaine d'enfants d'abord

113 enfants haïtiens, dont certains en fratrie, adoptés par des familles françaises, sont arrivés ce mercredi matin à Roissy en provenance de Port-au-Prince, à bord d'un premier avion affrété par le gouvernement après un accord conclu entre la France et Haïti. "Je viens chercher mon fils de deux ans, je suis très ému", a confié un homme d'une quarantaine d'années, au bord des larmes.

L'accueil
L'appareil transportait des équipes médicales d'accompagnement et un parent adoptant par famille autorisé à se rendre en Haïti.
Un comité d'accueil administratif et médical a été mis en place pour l'arrivée de l'avion. Dix pédiatres devaient examiner à leur arrivée les enfants, en particulier en raison de l'épidémie de choléra qui a fait plus de 2.500 morts dans l'île.
Une aire de jeu avait été spécialement aménagée pour les enfants dans une zone du terminal T2, réservée aux passagers de l'appareil.

Contrôle psycho-sanitaire
"A priori, les enfants sont en bonne santé et venaient tous de collectivités où aucun cas de choléra n'a été signalé", a précisé Patrick Daoud, chef du service de pédiatrie à l'hôpital de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. " Il s'agit de faire une consultation générale, pour vérifier que les enfants n'ont pas de maladie infectieuse en incubation", a ajouté le pédiatre. "Il faudra gérer les émotions, la fatigue et aussi le changement climatique, avec une chute de 30 degrés."

Sécurité juridique
Avant l'arrivée de l'avion, la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, et la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, avaient inspecté mercredi matin le pôle d'accueil.
"Ces enfants arrivent en totale sécurité juridique. Je me réjouis que le Premier ministre haïtien ait accepté un accord inter-gouvernemental", a déclaré à la presse la ministre des Affaires étrangères. Le dispositif mis en place à l'aéroport, composé d'environ 80 personnes, comprend aussi un pôle administratif. " Nous allons aider à établir un diagnostic social pour simplifier la vie des familles ", a précisé Tahar Belmounès, directeur de la Caisse d'Allocation Familiale de Seine-Saint-Denis.
Les procédures d'adoption avaient été interrompues le 12 janvier par le séisme qui a fait plus de 250.000 victimes, de nombreux jugements et pièces administratives ayant disparu sous les décombres. Au total, un millier d'enfants étaient en cours d'adoption avant le séisme et environ 700 avaient déjà rejoint leur famille.

Beaucoup d'émotion
A Port-au-Prince, les retrouvailles avaient été émouvantes. C'est " un grand jour pour les parents et les enfants " après près d'un an d'attente, a témoigné sur Europe 1 l'ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret. " Il y a eu des scènes très émouvantes, la plupart des enfants attendaient leurs parents et se sont jetés dans leurs bras ", a-t-il ajouté.
Un second vol à destination de Port-au-Prince était alors annoncé au départ de Paris jeudi avec un retour d'enfants prévu vendredi. Au total, quelque 300 enfants haïtiens adoptés devraient bénéficier de l'accord France-Haïti qui a permis d'accélérer les procédures d'adoption et cette venue d'enfants en France. Michèle Alliot-Marie a précisé qu'il restera encore une vingtaine de cas d'enfants qui en sont toujours "à un stade élémentaire de la procédure d'adoption".

Une équipe medicale militaire accueille les enfants d'Haïti et leurs familles adoptives dans le vol

Second transfert d'enfants haïtiens

Le deuxième avion affrété cette semaine par le gouvernement pour aller chercher des enfants haïtiens adoptés par des familles françaises a effectivement quitté jeudi l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle pour Port-au-Prince, a indiqué le ministère français des Affaires étrangères.

A la veille de Noël, cet avion, un 747, dans lequel ont pris place des parents et un service d'accompagnement, a ramené en France ce vendredi matin, plus de 80 petits Haïtiens , en cours d’adoption par des familles françaises, a précisé le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero.
Un dispositif d’accueil médical et administratif a été mis en place à l’aéroport. Six enfants n’ont pu effectuer le voyage, en raison de pièces manquantes à leur dossier d’adoption par des familles françaises, a indiqué la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie. Elle a promis que le gouvernement mettrait tout en œuvre pour aider les familles à récupérer l’ensemble des pièces manquantes pour permettre une venue en France des enfants « dans les tout prochains jours ».

Alors que cet événement devait constituer un heureux dénouement, plusieurs associations françaises s'élèvent contre l'action humanitaire en cours. Elles ont dénoncé les conditions d’adoption des enfants haïtiens par la France.
=> SOS Haïti enfants a déploré le fait que cette initiative n’ait pas été prise plus tôt. Mme Emmanuelle Guerry, présidente de ce collectif, a rappelé sur Europe 1 que « cette évacuation on la demandait depuis le lendemain du séisme » qui a frappé l’île le 12 janvier. Or, selon elle, M. Kouchner a préféré, au moment du séisme, arguer de la sécurité juridique des enfants, plutôt que de leur sécurité tout court. »
=> Terre des hommes a souligné que la majorité de ces enfants ne bénéficie pas de jugement d’adoption. « Ces enfants ont peut-être encore leur famille et n’ont pas été préparés à quitter leur pays », a envisagé Terre des hommes jeudi. L’urgence de « sauver ces enfants du choléra » avait aussi été soulignée. Mais Terre des hommes estime que cet argument dissimule en fait « une action très égoïste ». « Qu’en est-il des 200 000 à 300 000 enfants qui ne bénéficient pas de la même attention ? », demande l’ONG, organisation supranationale sans aucune légitimité démocratique. Sous le nom de Terre des hommes coexistent en fait plusieurs organisations internationales cloisonnées etjuridiquement indépendantes, qui collaborent en réseau sous l’égide de la Fédération Internationale Terre des Hommes (FITDH).


D’autres attendent toujours d’être adoptés, alors que l’épidémie de Choléra survenue à la mi-octobre a déjà fait plus de 2000 morts.

Au total, près de 1.000 enfants haïtiens ont rejoint leurs familles d'adoption en France en 2010, contre 650 en 2009.

Accueil des enfants par un pediatre et le médecin en chef

Un peu d'histoire

Bref rappel historique des relations de la France avec Haïti
République souveraine et indépendante surnommée "la perle des Antilles", Haïti est pourtant l'un des pays les plus pauvres et désorganisés au monde.

À la suite du traité de Ryswick de 1697 les Espagnols renoncent à contester la souveraineté de la France sur le tiers occidental de l'île, Saint-Domingue, et de nombreux colons viennent de France. Ils développent les plantations et vers 1790, Saint-Domingue, est la colonie française la plus riche de toute l'Amérique.
La Révolution française entraîne de graves bouleversements sociaux dans les petites Antilles, dont Saint-Domingue, avec la révolte des esclaves qui aboutit en 1793 à l'abolition de l'esclavage. Toussaint Louverture, nommé gouverneur par la France, après avoir rétabli la paix, chassé les Espagnols et les Anglais qui menaçaient la colonie, rétablit la prospérité par des mesures audacieuses.
Au terme d'une double bataille pour la liberté et l'indépendance, remportée par d'anciens esclaves sur les troupes de Napoléon Bonaparte, la Déclaration d'indépendance du pays est proclamée le 1er janvier 1804. Le nom de Haïti est donné au pays. Haïti est le premier pays au monde issu de l'abolition de l'esclavage.
L'instabilité règne alors. En 1822, le président Jean Pierre Boyer réunifie les deux parties Nord et Sud et conquiert Saint Domingue, la partie est de l'île, colonie espagnole, qui regagnera son indépendance en 1844. Mais, une succession de révoltes armées amènent au pouvoir le despote Faustin Soulouque (1847) et les dictateurs Duvalier, père et fils (1957-1986) et leurs
partisans surnommés tontons macoutes, véritables escadrons de la mort.
Arrivent ensuite, l'ancien prêtre Jean-Bertrand Aristide en 1991, soutenu par Bill Clinton, puis l'actuel président, René Préval.

Le 12 janvier 2010 au soir, la ville de Port-au-Prince est frappée par un violent tremblement de terre qui détruit la capitale et cause la mort de 300 000 personnes.

Les démarches diplomatiques d'adoption
Haïti n’est pas partie à la Convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale.
L'affrètement des avions par la France et l'arrivée d'enfants ont été rendus possible par un accord survenu mi-décembre entre la France et Haïti pour accélérer les procédures d'adoption.
En vertu de cet accord, les enfants qui étaient dépourvus de passeport ont été dotés d'un laisser-passer consulaire exceptionnel. Au total 318 enfants sont concernés par l'accélération des procédures. Mais tous ne seront pas en France pour Noël, certaines familles ayant choisi d'aller chercher leur enfant en Haïti par leurs propres moyens, d'autres ne disposant pas encore d'un dossier complet.
Ce mercredi, des comités d'accueil administratif et médical avaient été mis en place pour l'arrivée du premier groupe d'enfants à Roissy. Dix pédiatres les ont examinés, en particulier en raison de l'épidémie de choléra qui a fait plus de 2.500 morts dans l'île depuis mi-octobre."A priori, les enfants sont en bonne santé et venaient tous de collectivités où aucun cas de choléra n'a été signalé", avait expliqué Patrick Daoud, chef du service de pédiatrie à l'hôpital de Montreuil, en Seine-Saint-Denis.
L'affrètement de deux avions pour Haïti a coûté "globalement 550 000 euros", selon le Quai d'Orsay qui a demandé une participation aux familles au montant non précisé.
Une aire de jeu a aussi été aménagée pour les enfants dans une zone du terminal T2, réservée pour les passagers de l'appareil.
Le dispositif mis en place à l'aéroport, composé d'environ 80 personnes, comprenait aussi un pôle administratif, visant à "aider à établir un diagnostic social pour simplifier la vie des familles", selon le directeur de la Caisse d'Allocations Familiales de Seine-Saint-Denis, Tahar Belmounès.
"Ces enfants arrivent en totale sécurité juridique", a souligné la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie venue inspecter le pôle d'accueil avec sa collègue des Solidarités Roselyne Bachelot.
Les procédures d'adoption avaient été interrompues par le séisme du 12 janvier qui a fait plus de 250 000 morts, de nombreux jugements et pièces administratives ayant disparu sous les décombres. Un millier d'enfants étaient en cours d'adoption avant le séisme et environ 800 ont désormais rejoint leur famille depuis le début de l'année.
"Ca a été des mois de cauchemar, on a cru qu'on allait perdre notre enfant à plusieurs reprises (...) et puis ça finit par un conte de Noël, c'est magique", a résumé ce mercredi Cathy Petit tout juste revenue de Port-au-Prince avec la petite Nadia.

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