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mardi 22 janvier 2019

Avec la “nuit jaune”, le mouvement des “gilets jaunes” pourrait franchir un palier

Le mépris affiché de Macron pour les Gilets jaunes conduira-t-il à un durcissement du mouvement ?
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La "nuit jaune", c’est l’intitulé de l’appel à manifester de nuit et sans autorisation. Eric Drouet l'a partagé avec succès sur son mur Facebook, dimanche 20 janvier.
On connaissait les 'actes', distincts des manifestations des 'gilets jaunes' disposant d’une autorisation de manifester de jour, et avec un parcours bien défini à l’avance. En publiant ce post envisageant une première 'nuit jaune', Eric Drouet s’affranchit des gestes de bonne volonté du mouvement : pas de date, pas de parcours ni d’autorisation de la préfecture, seulement un slogan suivant l’intitulé "préparez-vous !".

Une lettre ouverte au président en forme de mise en garde pour l'avenir

Le lendemain de l’annonce de cette 'nuit jaune', Eric Drouet adressait sa lettre ouverte à Emmanuel Macron, renouvelant sa demande d’entrevue. Jupiter, qui se dit à l'"écoute"? raconte qu'il "entend" la colère sociale et n'hésite pas à assurer qu'il la "comprend". Mais rien, dans les faits, ne démontre quoi que ce soit, puisque le "grand débat national" est fermé aux 'Gilets jaunes' et aux contestataires identifiés. Pire, il ne les "calcule" pas : il fait allusion à une protestation populaire, mais il pérore devant des maires choisis et consentants pour justifier sa politique mais il n'envisage pas de faire tomber les  tabous de ses promesses de campagne. Pendant d'interminables shows télévisés sur leur longueur il fait la démonstration qu'il connaît à fond chaque sujet, mais aussi son incapacité à en faire la synthèse et à rencontrer les aspirations du peuple.
 
Accusé de faire campagne pour tenter de s'ancrer dans la France profonde, d'abord dans l'Eure puis dans le Lot - et onze autre meetings sont encore ainsi programmés chaque semaine, il développe sa vision politique sans se remettre en cause, sans donc prendre en compte les revendications exprimées par les Gilets jaunes.

Eric Drouet rappelle les thèmes abordés par le mouvement et fait référence aux nombreux appels au boycott économique
"Une nouvelle ère arrive et les impacts économiques vont s’accentuer", constatant pour les uns que l'autisme de Macron met l'économie du pays en péril, mais, mettant en garde, pour d'autres, contre de possibles actions sociales plus radicales. 
Il souligne en effet que "les gilets jaunes peuvent se manifester à chaque instant et partout. Le jour, la nuit, le week-end, la semaine…" en référence à la "nuit jaune".

Manipulation de l'opinion par les sondeurs et les media 
Image associée

Les entreprises commerciales de sondages sont capables, à chaud, de sortir, dans la nuit, les résultats d'une enquête, sans avoir à apporter de preuves : outre que les questions posées aux sondés sont orientées et les conclusions tirées, partisanes, les données recueillies ne sont  pas publiées...

Le parti-pris dans les choix de témoins ou de tweets par les media irrite la population et provoque les Gilets jaunes
"Une poignée d’internautes n’apprécient pas le ton de cette lettre jugée menaçante" : s'ils sont "une poignée"? leur avis mérite-t-il d'être mis en exergue ? 
Selon l'organe de presse, sans surprise, seuls sont pris en compte les cas de mécontentement, en l'espèce ciblé sur cette 'nuit jaune', qui inquiète certes certains 'gilets jaunes' se disant "constructifs", en écho à l'inquiétude de la macronie. 

Dans l’un de ses live, Eric Drouet lit les inquiétudes d’un internaute qui soulève les risques d’une telle démarche : "la nuit, c’est compliqué, ça va finir mal". Le leader proclamé par les media  répond que "les manifs en journée, c’est bien et tout, mais c’est pas comme ça que ça va bouger. Les gens veulent mettre un bon coup et qu’enfin on soit écouté". 
D’autres remarques sont visiblement téléguidées par l’inquiétude gouvernementale et Drouet ne les ignore pas et leur répond néanmoins : "On pense que c’est important d’avoir des manifs déclarées. Pour les personnes fragiles, qui ont besoin d’être en sécurité. Et puis ça fait le nombre. […] Je conseille pas à tous de venir la nuit".
Selon la presse, la plupart des internautes des groupes de 'gilets jaunes' pro Eric Drouet prévoiraient une certaine violence pour cette 'nuit jaune'.

Photo © Capture d'écran Facebook
Mais ce tweet émane d'un entrepreneur en terrassement à Quimper, fief de Jean-Yves Le Drian et rien n'autorise cette presse à conclure qu'il est au nombre des "internautes des groupes de 'gilets jaunes' pro Eric Drouet [qui] prévoient une certaine violence pour cette 'nuit jaune ' ". Le tweet est récupéré à des fins de propagande. 
Si on peut lire de nombreux commentaires conscients de cette possibilité de violences, ils n'en pas moins favorables pour autant à cette manifestation. Le soupçon de radicalité n'en est plus au stade de l'affleurement, dès lors qu'à l'évocation des "années 30" succède maintenant la peur d'une "nuit des longs couteaux intra gilets jaunes  - expression généralement utilisée en référence aux assassinats perpétrés par les nazis à l'intérieur de leur propre mouvement, (29 juin-2 juillet 1934) - ou nuit de Cristal revue et corrigée  - pogrom contre les Juifs du Troisième Reich, dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938 - en mode peste jaune ?"... Ou encore la riposte vindicative menaçant "un défi dont la répression sera proportionnelle". 

Une fois planté le décor de la "nuit de cristal', il restait à envoyer les gaz
Aux yeux de certains français, qu'ils n'est même plus besoin d'identifier, étiqueter, Eric Drouet s’est décrédibilisé pour de bon avec cette initiative, jugent les anonymes: au point que le hashtag 'nuit jaune' est devenu en même pas vingt-quatre heures le signe distinctif de ceux qui tournent les 'gilets jaunes' en ridicule. Aucun tweet, même non représentatif, ne vient en appui de cette assertion. La presse est passée au-delà du secret des sources...
Voyons donc s'il y a du niveau : 

Photo © capture d'écran Twitter
Photo © capture d'écran Twitter
Est-il permis de penser que ça aussi ça fait peur ?

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