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mercredi 6 avril 2016

Panama Papers: Libération soutient que le trésorier de campagne d'Hollande n'est pas impliqué

Non, Jean-Jacques Augier ne serait pas encore soupçonné de fraude fiscale
Le nom de Jean-Jacques Augier, 62 ans, avait bien été cité par Le Monde

Mais c'était dans une affaire similaire, dite des "offshore leaks" et en 2013, alors ça change tout !
'Offshore leaks', c'est le nom d'une précédente affaire de fraude du fisc par le biais de comptes "délocalisés" dans des paradis fiscaux et qui occupa la Une de plusieurs media internationaux. Ils publièrent une liste de milliers de noms de détenteurs de ces comptes. Parmi ceux-ci, Jean-Jacques Augier, trésorier de campagne de François Hollande en 2012.
Jean-Jacques Augier, homme de confiance de l'actuel président socialiste, s'est successivement investi comme patron des taxis G7 - en guerre contre les VTC, avec le soutien de l'Etat-PS - et dans la boucherie, 
mais surtout dans l’édition, puis la presse, avec le mensuel "Books" (2009), et, enfin, comme "cost-killer" (2013) du magazine gay de Pierre Bergé, autre proche des 'Ségollande', puisque l'homme d'affaires multi-millionnaire finança la campagne de Ségolène Royal en 2007. La rédaction de Têtu s'était indignée des révélations sur les affaires aux Caïmans de son propriétaire. Dans un communiqué, elle se dit "consternée" par les informations publiées sur ses investissements offshore. "Alors que les salariés du magazine subissent actuellement un plan social négocié a minima qui a conduit à une grève votée à l'unanimité le vendredi 22 mars- ces informations paraissent d'autant plus choquantes".

En mai 2012, L'Express publiait ce bref portrait de cet aventurier, proche de Hollande
"Sa vie commence dans les comptes - il est inspecteur des finances, promotion Voltaire, comme Hollande. Elle se poursuit comme un conte, où l'on retrouve le héros dirigeant du Groupe G7 (taxis, remorqueurs les Abeilles), puis éditeur, loueur de voitures, libraire et propriétaire de boucheries... à Pékin, investisseur dans les biotechnologies. Quand son ami François le lui demande, Augier préside l'association de financement de la primaire, puis celle de la présidentielle. Il conseille aussi le candidat sur la création d'entreprise." En 2013, Le Monde le décrivait comme "une personnalité atypique, cependant assez éloignée de celle des hauts fonctionnaires et des élus qui entourent M. Hollande. Un caractère sensible, une culture littéraire sophistiquée mais un sens des affaires tranchant."

"Personne ne pouvait savoir" que Jean-Jacques Augier avait un compte dans un paradis fiscalalors qu'il gérait les comptes de campagne de François Hollande, avait affirmé sur Canal + le ministre Stéphane Le Foll, et surtout pas lui, bien que directeur du cabinet de Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste (1997-2008), s'attachant à se disculper plutôt qu'à nier sur le fond... 
Et, le 04 avril 2013, depuis le Maroc, François Hollande avait affirmé "Je ne connais rien de ces activités. En revanche, ce que je peux vous dire, c'est que Jean-Jacques Augier a été trésorier de ma campagne, que les comptes de campagne de 2012 ont été considérés par le Conseil constitutionnel comme tout à fait réguliers. Sur des activités privées, c'est à l'administration fiscale, s'il en est besoin, de faire son travail." 
Or, Jean-Jacques Augier a confirmé être actionnaire de deux sociétés offshore dans les îles Caïmans, par le biais de son holding financier Eurane.

Cette affaire était une nouvelle pelletée de gravats sur la tombe de la gauche morale.
OffshoreLeaks, opération mondiale de transparence, tombait en effet fort mal au moment des affaires Guérini, d'une part, et   Cahuzac, ministre du Budget de Hollande et fraudeur fiscal, d'autre part. Manuel Valls était venu du ministère de l'Intérieur se blanchir au 20H de France 2: "C'est à Jean-Jacques Augier de s'expliquer. Comme le président et le Premier ministre, je ne supporte pas la place de l'argent sale dans notre société."

Louis Aliot, vice-président du Front national, avait réagi à l'affaire Cahuzac et aux dernières révélations sur le trésorier de campagne de François Hollande: "On connaissait la gauche caviar, on découvre la gauche caïman !" "La république irréprochable de François Hollande semble avoir du plomb dans l'aile. 

Après les affaires Guérini et consorts, les conséquences de l'affaire Cahuzac, ne voilà-t-il pas que le trésorier de la campagne du candidat socialiste a investi dans des paradis fiscaux. (...) Bref, la gauche morale semble être totalement imprégnée de l'esprit de la finance mondiale, celle-là même que pointait du doigt le président normal désignant ses "adversaires de la finance" à la vindicte des électeurs ! (...) On mesure la fracture qui existe entre la caste au pouvoir et le peuple. Pendant que les Français souffrent d'une crise financière, économique et sociale dramatique, la finance se porte bien ! Et à gauche, ses serviteurs ne manquent pas."

Libération dénonce "une jolie tentative de diversion" du FN… 

Pour vendre sa prochaine édition, Le Monde a fait du marketing commençant par annoncer que le nom d'un parti impliqué serait révélé. Puis, ce mardi, il a désigné le Front National, affirmant  que des proches de Marine Le Pen en fait des prestataires de services -  seraient impliqués dans l’affaire des "Panama Papers". Le FN riposte donc en rappelant que Jean-Jacques Augier, trésorier de campagne de François Hollande, est également cité dans l’affaire.
Le journal de Patrick Drahi (et Bruno Ledoux) nie: " Non. En tout cas, pas dans cette affaire" !... 
Une affaire vieille de trois ans et mêlant le président Hollande n'est pas une affaire ? En 2013, plusieurs dizaines de media internationaux – avec l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) à la coordination, comme aujourd'hui dans cette opération "Panama Papers" – avaient déjà sorti l’affaire des "offshore leaks" et c'était déjà Le Monde qui avait alors dénoncé Jean-Jacques Augier avait fait de l'évasion fiscale dans la Caraïbe, au paradis fiscal des Caïmans, à l'abri du fisc.

Le journal de Drahi, également propriétaire du groupe L'Express, s'indigne. 
C’était en 2013, s'écrie-t-il. "Ressortir aujourd’hui l'affaire ressemble à un joli contre-feu. Et accuser la presse de dissimulation [amalgame] est d'autant plus risible que c'est le même media (Le Monde) qui évoque aujourd'hui l'implication des proches de Marine Le Pen dans les Panama Papers, qui avait sorti "l'affaire Augier" il y a trois ans"... Le rire de Libération serait moins jaune si son rédacteur en chef, Laurent Mouchard, dit Joffrin, avait sorti lui-même ce 'marronnier' d'avril.

Libération refuse au FN le droit d'exprimer sa vérité. 
"Dans sa tentative de détourner l’attention, le FN fait feu de tout bois… quitte à se précipiter un peu. Ainsi, le compte Twitter de Wallerand de Saint-Just, qui assure que Jean-Jacques Augier est cité, s’est un peu emmêlé les pinceaux, écrivant que Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), était également impliqué… Avant de corriger. Il s’agissait en fait du nom de Patrick Drahi (actionnaire de Libération). Drahi (actionnaire de Libération). Libération s'arrête à l'écume des choses... Pour information, Drahi est propriétaire de ce journal socialo-bobo à 50%.

Il reste que Patrick Drahi est un homme d'affaires sulfureux
Cet entrepreneur franco-israélien réside en Suisse. Il est président-fondateur d'un consortium, Altice, basé au Luxembourg. Et l'organigramme de son empire, Next LP, fait apparaître une cascade de filiales situées, pour nombre d'entre elles, dans des pays connus pour être des paradis fiscaux comme le Luxembourg, la Suisse ou le Panama. Le 3 avril 2016, la fuite de documents Panama Papers met sur la place publique son implication en tant que propriétaire bénéficiaire d'une société offshore.

Arnaud Montebourg avait prévenu Patrick Drahi qu'il aurait des comptes à rendre sur sa situation fiscale. Son concurrent, Xavier Niel, l'avait dénoncé comme "exilé fiscal résidant en Suisse". Le 18 mars 2014, BFM Business (propriété d'Alain Weill) avait révélé que Bercy avait finalement ouvert une enquête sur le fondateur du câblo-opérateur Numericable et futur propriétaire de SFR, notamment au sujet de sa résidence fiscale exacte. 
Un an plus tard, on attend toujours que le ministre Macron fasse diligence...
Alors, Libération allume-t-il un contre-feu de protection de son patron, fraudeur présumé ?

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