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mardi 12 avril 2016

La maire PS de Paris hausse le ton face à la Nuit Debout

Anne Hidalgo n'attaque pas de front: elle condamne les violences et dégradations

La politicienne ne condamne pas le mouvement, mais ses dommages collatéraux

A la Nuit debout, place de la République à Paris le 11 avril.
Nuit debout, place de la République à Paris le 11 avril.

"S’il est légitime de rêver d’un autre monde, il ne l’est pas de dégrader celui-ci", a déclaré dans un communiqué, lundi 11 avril, Anne Hidalgo à propos au mouvement Nuit debout qui donne lieu, place de la République à Paris, à des rassemblements citoyens animés notamment par les intermittents du spectacle depuis le 31 mars.

Suite aux échauffourées dans la nuit de samedi et dimanche et les dégradations de commerces -dont des établissements bancaires ciblés par les antilibéraux- et de mobilier urbain, à l'occasion des manifestations autorisées, Pierre Aidenbaum, ex-président de la LICRA (1992-1999). le maire socialiste du 3e arrondissement avait appelé au retour "à un État de droit sur cette place de la République". François Vauglin (PS), le maire du 11e, qui a fait son coming-out, avait souhaité l’évacuation de la place. Rémi Féraud, maire (PS) du 10e, qui est favorable à l'ouverture d'une salle de shoot dans son arrondissement, avait estimé que "la place ne peut pas devenir une fête permanente la nuit".

Anne Hidalgo récupère un début de cacophonie au sein de sa majorité en publiant un communiqué commun avec les trois maires d’arrondissement concernés. Mais elle réaffirme sa ligne initiale: oui aux rassemblements nocturnes, non à l’occupation de la place dans la journée. "De la même manière que rien ne s’oppose à ce que des citoyens débattent une partie de la nuit, indique le communiqué, rien ne doit s’opposer à ce qu’ils libèrent la place une fois qu’ils ont terminé leurs discussions"


Nuit Debout a un coût pour la collectivité


La maire de Paris rappelle que "tous les matins les services de la propreté de la ville nettoient un espace qui ne peut être dit public et commun que si tous les Parisiens peuvent en disposer". La place de la République "comporte aussi un grand nombre de riverains, qui doivent être préservés, comme tous les Parisiens, du tapage nocturne. Les commerçants doivent également pouvoir y poursuivre leurs activités", ajoute-t-elle, sans mentionner les rues adjacentes utilisées en latrines publiques.

Hidalgo lance un avertissement aux "nuitdeboutistes"

La maire confirme sa volonté d'une évacuation par les forces de l’ordre comme ce fut le cas notamment lundi 11 avril. Huit personnes ont été interpellées et des dégradations ont été déplorées par les autorités.
"Tant que c’était bon enfant on pouvait tolérer, même si l’occupation ou la privatisation d’une place n’est pas totalement possible. Et puis nous sommes quand même dans une période pour le moins troublée du point de vue des risques de terrorisme. Mais là, depuis quelques jours, la violence s’est invitée (…) donc la difficulté est là. C’est-à-dire que l’on peut discuter, dialoguer (…), mais si ça tourne à la violence, on ne peut pas tolérer", a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis sur France Info lundi.


Hidalgo tente une fermeté concertée


"D’après ses participants, ce mouvement est essentiellement pacifiste et repose sur l’échange et le partage", souligne-t-elle, prenant ainsi le mouvement en défaut dans une mise en évidence de la réalité des faits. Donc, "nous resterons intransigeants face aux débordements et aux violences qui contredisent les aspirations telles qu’exprimées par l’immense majorité des participants", raconte la maire de Paris.

Foireuse, Hidalgo est en recherche d'un compromis
Au lendemain de la première Nuit debout sur la place, elle avait d’abord prévenu que "les lieux publics ne peuvent pas être privatisés".
Puis, lundi, elle s'est montrée plus foireuse: "La place de la République n’appartient pas davantage à ceux qui veulent en faire un forum, qu’à ceux pour laquelle elle est un lieu de passage, de loisirs, ou encore un mémorial. Je veillerai à ce que son usage en reste partagé entre tous".

La maire de Paris choisit d'instrumentaliser le mouvement
Hidalgo assure y voire "un écho" avec ce qu’elle "essaie de faire dans le cadre de son mandat pour que la démocratie représentative s’inspire des citoyens ", rapporte Le Monde.
Mais,  sur le sens de Nuit debout, cette proche de Martine Aubry et des frondeurs souligne aussi la différence de registre: "J’agis dans un cadre institutionnel. Nuit debout est un mouvement revendicatif qui part de l’insatisfaction par rapport à la relation du citoyen avec le politique. Il y a eu dans toutes les générations, des mouvements de cette nature. Moi-même, j’ai participé à des choses comme cela quand j’étais jeune."

Hidalgo n’a pas l’intention de s’y rendre, "pour le moment", à la différence de certains de ses adjoints  dépêchés place de la République, en observateurs. "Je suis maire de Paris, donc je me sens chez moi partout à Paris. Mais je pense que c’est bien que le mouvement vive sans qu’il y ait une volonté des politiques de s’afficher ou de le récupérer".
Certes, Hidalgo a tout dit et son contraire mais, au final, on avait compris le contraire !

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