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samedi 23 avril 2016

Les habitants du XVIe de Paris devront accepter le voisinage des SDF

La justice impose aux riverains un futur centre pour SDF dans le XVIe

Des riverains mécontents avaient saisi le tribunal administratif, mais le juge leur a opposé des vagabonds dans "l’intérêt public". Pétition, recours en justice : les riverains du très paisible XVIe arrondissement de Paris opposés à l’installation d’un centre d’hébergement pour sans-abris en lisière du bois de Boulogne ont tout tenté, mais ils ont été déboutés vendredi par la justice.
Plusieurs associations de riverains et la coordination pour la sauvegarde du ans dents bois de Boulogne demandaient la suspension du projet qui pourrait attirer jusqu’à 200 "sans dents", selon les termes du socialiste Hollande.
Mais le juge des référés du tribunal administratif de Paris a pensé -comme la maire PS de Paris - que la construction du centre, au cœur d’une vive polémique depuis plusieurs semaines, n’entraînerait "aucune modification significative du site classé". Il a retenu "l’importance de l’intérêt public poursuivi par le projet" de la mairie socialiste.
La querelle à propos de la création de ce centre défendu par la maire de la capitale, Anne Hidalgo, avait glissé sur le terrain politique. Le maire LR du XVIe arrondissement Claude Goasguen est en effet vivement opposé au projet.

La mairie de Paris s’est "réjouie" du jugement du tribunal administratif

En effet, il "conforte la détermination de la Ville à faire aboutir ce projet, aux côtés de l’Etat et de l’association Aurore, pour une ouverture de ce centre dès l’été 2016". "Nous le regrettons mais cette ordonnance s’impose à nous, sauf cassation. Les travaux vont donc se poursuivre", a réagi la coordination dans un communiqué, tout en maintenant qu’il s’agit d'"une erreur dans le choix du site" pour ce "projet solidaire". 

Les arguments des opposants au projet étaient à la fois écologiques - le président de la coordination Christophe Blanchard-Dignac regrettant que l’on sacrifie des espaces verts à Paris pour reloger des personnes en difficultés - et sociologiques, certains riverains se demandant si les nouveaux transplantés seraient "à l’aise dans un quartier où les prix sont élevés ".

En mars, une réunion d’information sur le projet avait viré à la foire d’empoigne. L’architecte du centre Guillaume Hannoun et la secrétaire générale de la préfecture d’Ile-de-France Sophie Brocas avaient notamment été les cibles de quolibets et certains participants avaient manqué d’en venir aux mains. "Tout cela repose sur des craintes irréalistes, c’est le prototype du faux problème», a expliqué l’avocat de l’association Aurore qui gère le projet. 

De son point de vue, "il n’y a pas matière pour les voisins à imaginer que leur vie sera polluée par des gens qui, pour la plupart, ont besoin d’être logés et veulent être tranquilles. Ils n’ont pas l’intention de voler le bourgeoisP", a polémiqué Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, affirmant que ce ne sont "ni des loubards, ni des casseurs".
Selon la mairie de Paris, le XVIe arrondissement ne compte que huit places en hébergement d’urgence, sur un total de 9 700 dans la capitale. Dans le débat, des habitants du XVIe arrondissement ont eux-mêmes regretté cette situation : "c’est à nous, les riches, d’aider les pauvres", ont-ils prêché. 

Mais en mars plus de 40.000 riverains avaient signé une pétition contre la malveillance de l'intention de cette construction de ce centre d’hébergement alors qualifié de "nouveau Sangatte", en référence au centre de la Croix-Rouge qui avait rassemblé jusqu’à 800 migrants à Calais, avant d’être fermé en 2002. Le centre, financé par L’Etat - PS, (4 millions d’euros) et la Ville de Paris (800.000 euros), devrait pouvoir accueillir d’ici là jusqu’à 200 défavoriséss, cent en famille, cent isolées, via le 115, le numéro d’urgence.

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