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lundi 25 avril 2016

Conférence environnementale: Hollande "se fout de nous", s'écrient les écolos

Sur le nucléaire, Hollande "se fout de notre pomme"

Le Président a dévoilé ce lundi sa feuille écologique pour les prochains mois. Mais les écologistes s'agitent. Traduire l’accord sur le climat en "actes", c’est le souhait que formulait François Hollande lors de la cérémonie de signature, à New York, vendredi. Un vœu concrétisé lundi, lors de la quatrième conférence environnementale, avec la présentation de sa feuille de route "verte" pour la dernière année du quinquennat, devant représentants des ONG, syndicats, patronat et élus. L’occasion pour le chef de l’Etat de faire plusieurs annonces sur le nucléaire, le renouvelable et la fiscalité écologique.

Du nouveau, mais aussi du réchauffé.
François Hollande a d’abord réaffirmé sa volonté d’avancer sur la taxe sur les transactions financières (TTF), dont le produit serait consacré à la lutte contre le réchauffement climatique. Il a surtout annoncé qu’un "prix plancher" serait attribué à la tonne de carbone pour la production électrique. "C’est une bonne nouvelle, cela permettra de sortir du marché les cinq centrales françaises à charbon", se félicite Pascal Canfin, directeur général de WWF, ex-membre du gouvernement Ayrault, qui participe aux tables rondes. L’ancien ministre écologiste du Développement voit également d’un très bon œil les obligations vertes. La France sera le premier pays à émettre de la dette d’Etat fléchée vers les investissements nécessaires à la transition écologique. "Elle n’est pas le pays de l’excellence environnementale mais, sur ce point, elle aura le leadership international, observe-t-il. On espère que cette annonce se déploiera dans le monde réel, avant la discussion budgétaire à l’automne parce qu’après, il y a la campagne pour 2017." Par ailleurs, la part dédiée à la transition écologique et énergétique dans les 10 milliards d’"investissements d’avenir" passe de la moitié aux deux tiers.

"Fermer des centrales n’est pas une décision qui s’improvise," découvre Hollande
Hollande, candidat de la gauche, avait par ailleurs promis que la plus vieille des centrales française, celle de Fessenheim (Bas-Rhin), serait fermée d’ici fin 2016. Puis avant fin 2017. Avant d’être à nouveau reportée, et conditionnée à l’ouverture de l’EPR de Flamanville, a priori en 2018.

Lundi, le chef de l’Etat a précisé le calendrier et assuré qu’un décret abrogeant l’autorisation de l’exploiter serait pris cette année. "Fermer des centrales n’est pas une décision qui s’improvise", s’est justifié Hollande. Ce décret permettra de débrancher Fessenheim du réseau électrique, sa fermeture se faisant lors d’une prochaine étape.
La centrale alsacienne fait figure de première, d’autres suivront. Dès l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) rendu (pour la fin 2018), "EDF devra proposer la fermeture de certaines centrales" et "la prolongation d’autres", a dit le Président.

Le calendrier sera déposé avant le 1er juillet. L’objectif est donc toujours de réduire la part du nucléaire à 50 % de la production d’électricité d’ici à 2025, conformément à la promesse du candidat Hollande traduite dans la loi sur la transition énergétique.
Une baisse du nucléaire compensée par des énergies renouvelables, dont le développement sera "plus rapide que prévu", raconte Ségolène Royal.

La ministre de l’Environnement a ainsi dit vouloir "augmenter de 50 % la capacité installée" des énergies renouvelables via, entre autres, un "doublement" du parc éolien terrestre et un "triplement" du parc pour l’énergie solaire.
Le détail sera rassemblé dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), véritable décret d’application de la loi transition énergétique attendu depuis l’automne.
"Au moment de passer à l’acte, il n’y a plus personne"
Ces annonces ne rassurent pas tous les Verts. Au contraire. Depuis la sortie de Cécile Duflot et Pascal Canfin du gouvernement, ils s’opposent avec force à la politique écologique de François Hollande. Même si Canfin se montre relativement indulgent, à un an de la présidentielle, le tempo est particulièrement mal choisi pour que les écolos changent de position vis-à-vis du gouvernement.
David Cormand, le secrétaire national, par intérim, de EE-LV, "ne comprend pas ce que fait le Président : depuis 2012, les discours sont volontaires, mais au moment de passer à l’acte, il n’y a plus personne".
Près de lui, le porte-parole du parti, Julien Bayou, qui passe ses nuits debout place de la République, salue l’accord de Paris issu de la COP 21, regrette que "depuis 2012, le gouvernement ne [fasse] que de la communication sur les questions écologiques".
Même son de cloche chez Karima Delli. La députée européenne explique : "Sur le nucléaire, on se fout de notre pomme : envisager une fermeture de certaines centrales après 2018, c’est un peu léger, au moment où l’on commémore les trente ans de Tchernobyl."
De son côté, Michèle Rivasi, eurodéputée EELV, a boycotté la conférence. "Je ne crois plus en ce qu’ils racontent. Ils ne feront pas tout ce qu’ils ont annoncé en un an. Ils avaient quatre ans, ils n’ont rien fait, et aujourd’hui, ils s’engagent sur un avenir dans lequel ils ne seront plus", lâche-t-elle froidement. Et d’ajouter : "Ils augmentent la durée de vie des centrales et ajoutent 3 milliards d’euros à EDF pour les deux EPR en Angleterre. C’est ça leurs avancées ? Je suis furieuse. Ils sont contents d’eux-mêmes, mais nous, on n’est pas content d’eux."
Pour l’eurodéputé ex-EELV Pascal Durand, qui "attendait beaucoup" de la conférence environnementale à son lancement après l’élection de Hollande, "ce ne sont que des mots : cette année ne sera qu’une gestion courante sans vague jusqu’aux élections, [Hollande] donne un peu à chacun pour ne mécontenter personne".

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