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jeudi 26 novembre 2015

L' "émir blanc", "réfugié" de Syrie et naturalisé, placé en garde à vue

Que reproche-t-on au si gentil et accueillant Olivier Corel ?

"L'émir blanc" de la filière d'Artigat en Ariège est un salafiste français d'origine syrienne.
 

Prêcheur radical en habits de "baba cool", il est revenu à la mémoire de la police. Olivier Corel, dit "l'émir blanc",  était visé ce mardi 24 novembre par une perquisition administrative. Sans lien direct avec les attentats de Paris, cette opération était cependant conduite par d'importantes forces de police et de gendarmerie.  En fin de journée, il a été placé en garde à vue pour "détention illégale d'un fusil de chasse classé catégorie D". 

Mais qui est-il exactement et surtout que lui reproche la justice? Il a notamment été le mentor de plusieurs djihadistes français, comme les frères Merah ou Fabien Clain, qui a revendiqué au nom de Daesh les attentats du 13 novembre à Paris.  

Olivier Corel est un parfait Français de 69 ans.
Né en Syrie, à Homs, un des épicentres de la Révolte syrienne de 2011-2012 (d'abord connu comme carrefour contrebandier, notamment pour la drogue et les armes et connaît une criminalité importante), il s'appelle en fait Abdel Ilat al-Dandachi. Il a été naturalisé après dix ans en France, en 1983, dans les années Mitterrand, bien que notoirement Frère musulman. L'homme réside actuellement dans le hameau de Lanes de la petite commune d'Artigat  -600 habitants-, au sud de Toulouse, dans l'Ariège (PS)Il vend notamment des poteries et des fripes sur les marchés locaux, porte une barbe longue et des bottes en plastique qui le feraient plutôt passer à première vue pour un "baba cool" que pour un prêcheur radical. 

Un salafiste prêcheur de haine 

Ce salafiste n'a pas eu à passer par la Grèce, mais c'est un "réfugié" qui a bénéficié de l'asile politique en France. Ses voisins le décrivent comme "un homme discret, affable, très poli et souriant," même s'il "ne sert pas la main aux femmes", glisse BFMTV. Apprécié dans la commune, il serait "très serviable" et donnerait souvent "des coups de main pour des travaux". Le grand-père parfait...
Mais ce sexagénaire bien sous tous rapports dissimule un imam salafiste aux prêches très radicaux. Baptisé "l'émir blanc", Olivier Corel est réputé proche des Frères musulmans. Il a un temps dirigé l'association des étudiants islamistes de France avant de fonder sa communauté islamiste à Artigat, en 1987. C'est dire que son orientation ne pouvait avoir échappé aux services du renseignement. 
Il est devenu peu à peu l'une des figures connues de l'islam radical en France, et a reçu chez lui de jeunes salafistes des cités toulousaines, les enjoignant à faire le djihad et à se rendre dans des écoles coraniques. 
Parmi ses disciples, plusieurs djihadistes français, comme les frères Merah ou les frères Jean-Michel et Fabien Clain. La voix de ce dernier, converti d'origine  toulousaine et parti rejoindre les rangs de l'organisation Etat islamique, a été identifiée par les enquêteurs dans un enregistrement revendiquant les attentats de Paris et Saint-Denis du 13 novembre dernier. 

Qui est encore Olivier Corel, aka. "l'émir blanc" ?
OLIVIER COREL
Ce gourou joue sur du velours avec les handicapés de la vie

Ce Franco-Syrien soupçonné d'endoctriner de jeunes musulmans et de les inciter au djihad, a été le mentor de Mohamed Merah ou des frères Clain, qui auraient revendiqué les attentats du 13 novembre au nom de l'État islamique (EI). 

"Je ne suis ni imam, ni chef, ni rien de tout ça", s'est défendu Olivier Corel devant le tribunal de Foix (Ariège), qui l'a condamné à six mois de prison avec sursis pour détention d'un fusil de chasse ce mercredi 25 novembre. Il devra en outre prévenir de tout changement dans sa situation personnelle et informer le juge d'application des peines de tout déplacement à l'étranger, avec nécessité d'obtenir une autorisation. Enfin, il s'est vu interdire la détention d'une arme pendant cinq ans. 

Mentor présumé de Merah et des fères Clain 
La justice s'intéresse à lui de loin en loin depuis de nombreuses années 
Celui qu'on surnomme "l'émir blanc" est en effet soupçonné, depuis des années, de faits plus graves qu'un port d'armes sans permis. Cet homme, né Abdel Ilat al-Dandachi, quitte la Syrie en 1973 pour venir faire des études en France. Il préside alors l'Association des étudiants islamiques de France. Il est naturalisé français en 1983 et prend le nom d'Olivier Corel. Il s'installe alors à Artigat (Ariège), petit village de 500 habitants, et vend poteries et fripes sur les marchés locaux. 

Proche des Frères musulmans, dès 1987, il fonde une communauté religieuse où il prêche la parole salafiste et Olivier Corel apparaît en 2003 sur les écrans radars des services de renseignements. A cette date, "la cellule d'Artigat" à laquelle il appartient est soupçonnée d'envoyer des djihadistes en Irak pour combattre l'armée américaine, note Libération. Le maire est alors un Divers gauche, comme peut l'être un Christian Troadec, à Carhaix... 
La filière d'Artigat "tombe" en décembre 2006, quand, Sabri Essid, le "demi-frère" de Merah et un converti albigeois, Thomas Barnouin, sont interpellés par la police syrienne alors qu'ils tentaient de faire passer des combattants en Irak. Quelques semaines plus tard, un coup de filet est mené dans les milieux de l'islam radical toulousain.
 Mis en examen, il bénéficie d'un non-lieu 
Dans les années 1990, il compte parmi ses disciples les frères Jean-Michel et Fabien Clain. Ce dernier, dont la voix a été reconnue sur la revendication des attentats du 13 novembre, est parti rejoindre les rangs de l'EI.  Réunionnais de 37 ans, il s'est récemment converti à l'islam et radicalisé avec un groupe de jeunes salafistes toulousains.

"L'émir blanc" est alors interpellé avec plusieurs "disciples" et mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". La sanction tombe en 2009: cinq ans de prison pour Clain, Essid et Barnouin. Corel, lui, bénéficie encore d'un non-lieu.

Quelques années plus tard, la maison d'Olivier Corel accueille aussi régulièrement Mohamed Merah, l'auteur des tueries à Toulouse en 2012 (sept morts), ainsi que son frère Abdelkader et sa soeur Souad.
  
En novembre 2014, Olivier Corel est une nouvelle fois interpellé, cette fois dans le cadre de l'affaire Merah. Placé en garde à vue, il est finalement remis en liberté, la justice ne possédant pas suffisamment de preuves pour le poursuivre. Depuis, il semblait vivre paisiblement dans sa maison du hameau de Lanes.

Toujours à la marge du droit mais jamais condamné auparavant
"L'émir blanc" est mis en examen en 2009, mais obtient un non-lieu. En 2014, il est placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur l'affaire Merah relative aux tueries djihadistes de mars 2012 à Toulouse et Montauban, qui ont fait sept morts: trois militaires dont un de confession musulmane et quatre civils, dont trois enfants d'une école juive. Là encore, il ressort libre. Après sa condamnation ce mercredi, son avocate dénonce une "procédure exceptionnelle". "On a l'impression qu'il fallait coûte que coûte quelque chose contre Corel", polémique Me Anne Pontacq. L'émir semble pourtant avoir longtemps bénéficié du laxisme des juges: 42 ans... 

Pourquoi possédait-il ce fusil ? Olivier Corel a d'abord indiqué aux enquêteurs qu'il l'avait acheté lors d'une foire. Et puis, au tribunal, il a changé de version. Sans conséquences. Il s'est tout à coup "souvenu" qu'elle se trouvait, avec quelques munitions, dans la maison à Artigat lorsqu'il s'y est installé, en 1986, et a admis ne l'avoir jamais déclarée. "Je l'ai utilisée pour tirer les lapins qui mangeaient mes salades", explique-t-il, sans même faire sourire le juge et s'étonnant que cette arme "n'ait pas intéressé les forces de l'ordre" lorsqu'elles ont perquisitionné son domicile en 2007, 2012 et début 2015. 

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