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mercredi 18 novembre 2015

État d'urgence: des députés PS veulent pouvoir maintenir le contrôle de la presse

La presse peut-elle être érigée hors état d'urgence ?  

Douze députés PS ont déposé un amendement pour rétablir la possibilité d'un contrôle médiatique pendant l'état d'urgence. 

Une possibilité de contrôle des media que   le gouvernement envisage de supprimer. Outre la prolongation de l'état d'urgence, de 12 jours à 3 mois, l'exécutif socialiste veut en modifier le régime juridique. Cinq députés LR s'y opposent.

Le président socialiste de la République veut prolonger l'état d'urgence et toiletter la loi de 1955 qui permet de l'instaurer, quelques jours après les attentats de Paris. Le chef de l'Etat souhaite pouvoir placer la France sous ce statut pendant 3 mois, contre 12 jours au maximum actuellement, sans l'accord du Parlement. 

Un "toilettage" pour pouvoir étendre sa durée, donc, tout en "renforçant l'efficacité de ses dispositions" et en "garantissant l'état de droit", selon Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, ce mercredi. Ainsi, le texte gouvernemental prévoyait-il d'exclure la presse ou  la radio dans le champ du contrôle parlementaire, même si le texte originel n'a jamais été utilisé. "Le contrôle de la presse, de la radio [...] est supprimé", a-t-il assuré. Une façon pour le gouvernement de renforcer le contre-pouvoir de la presse au prétexte de donner des garanties à l'opinion, en ménageant son aile gauche sur la protection des libertés publiques. Le projet de nouveau texte gouvernemental priverait les représentants du peuple du pouvoir de contrôle des media: la presse serait consacrée comme Etat dans l'Etat malgré l'état d'urgence. 

Rétablir le contrôle des media

En profitant pour mettre en cause l'Internet, les réseaux sociaux et les chaînes d'information en continu, L'Express tente de profiter de divergences entre députés socialistes. Alors que le projet de loi a été présenté, en urgence et sous la pression des événements, ce mercredi en conseil des ministres - il doit être voté jeudi à l'Assemblée nationale et vendredi au Sénat - certains élus PS ont déposé un amendement... pour rétablir le contrôle de la presse et de la radio.
Voyez le tweet explicite et radical d'un jeune journaliste au Monde, auteur de 'Anonymat sur Internet: comprendre pour protéger sa vie privée ', en 2013, alors qu'il était parallèlement étudiant à Sciences-Po Paris et travaillait pour le site d'information spécialisé dans les questions numériques OWNI et pourRue89:


Telegram, application utilisée par Daesh pour communiquer sans se faire repérer et service de communication le plus prisé des sympathisants et des combattants de l’organisation Etat islamique (EI) a annoncé, mercredi 18 novembre, la fermeture de soixante-dix-huit chaînes utilisées par les djihadistes pour communiquer, une première pour cette entreprise disponible à tous.
C’est la première fois que cette messagerie sécurisée s’attaque aussi frontalement à l’Etat islamique. Telegram déclare que ces blocages concernent des chaînes dans douze langues. Selon les constatations du Monde, toutes les chaînes officielles de l’EI ont été suspendues, notamment celles en langue française et en langue anglaise, ainsi que l’agence de presse de l’organisation terroriste. Laquelle s’employait dans la soirée à les rétablir.

Mais la presse se veut fiable et au-dessus des lois

L'amendement porte le numéro 41, et sera examiné dès ce mercredi soir. Il entend "rétablir en l'état une disposition de la loi relative à l'état d'urgence de 1955, qui ouvre la possibilité de contrôler toute publication lorsque l'état d'urgence est déclaré". 

Hollande e refuse à tirer les enseignements des erreurs du passé 

"Au moment des attentats de janvier 2015, des manquements  ont été constatés dans le traitement des attentats dans différentes publications, manquements qui ont pu mettre en danger nos concitoyens et les forces de l'ordre." Une allusion à la légèreté médiatique d'organes de presse en compétition dans la course à l'audience, notamment lorsqu'un commentateur de BFMTV a révélé que des otages d'Amedy Coulibaly étaient cachés dans une chambre froide de l'Hypercacher. "J'aurais dû fermer ma gueule" sur l'Hyper Cacher, a admis Dominique Rizet, spécialiste Police-Justice de la chaîne d'info en continu, toujours en poste à l'antenne... Ancien journaliste au SIRPA, le Service d'informations et de relations publiques des armées, Dominique Rizet avait pourtant révélé en direct l'existence d'une planque à l'intérieur de l'épicerie casher où était retranchée une femme. "Il y a une femme qui se serait cachée dès l'arrivée de cet homme, qui s'est réfugiée dans une chambre froide. Et qui serait à l'intérieur, à l'arrière de l'établissement", avait-il lâché à 14h58, avant de retenir l'information à l'antenne. Il y avait en réalité plusieurs personnes cachées à l'intérieur, à l'insu d'Amedy Coulibaly.
le 11 janvier, Hervé Béroud, directeur de l'information de la chaîne, avait ainsi défendu son journaliste, niant toute mise en danger des otages. Il avait rompu le sacro-saint "secret des sources" en dénonçant la source de Dominique Rizet, une personne du RAID qui, "lui avait dit que ces personnes-là n'étaient plus en danger".
Pour avoir diffusé ces fuites en janvier 2015, le journaliste a été condamné -ainsi que la chaîne- à 10.000 € d'amende, en juillet 2015.

PS/LR: des motivations qui s'additionnent

Dans leur volonté de conserver le contrôle des media, les députés socialistes sont rejoints par des députés du parti Les Républicains. Cinq d'entre eux ont déposé un amendement dans ce sens. "L'absence pure et simple de contrôle ou de limitation des libertés de publier ou de diffuser par les media, dans une période d'état d'urgence, ne peut pas [...] être acceptée", expliquent les députés. 
Leurs motivations s'ajoutent à celles de leurs collègues socialistes: "Personne n'ignore que les islamistes disposent en France de publications régulières ou de sites Internet, largement repris par les réseaux sociaux, qui contribuent par cette propagande, a maxima, au recrutement des djihadistes, et constituent a minima une incitation directe à menacer la sécurité et l'ordre publics". 
Les députés ont toutefois reculé devant l'inclusion des représentations théâtrales et cinématographiques dans le champ d'application de leurs contrôles. 

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