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vendredi 6 novembre 2015

COP21: scandale des travailleurs détachés employés sur le site de la conférence

Valls et Royal ne tiennent pas leurs engagements sur l'emploi local

Des révélations de 
France 2 ouvrent une polémique trois semaines avant le début de la COP21

Fabius lance le chantier express de la COP21 
au Bourget, le 6 octobre 2015

La conférence de Paris sur le climat (COP21) affronte des problèmes de financement et de sécurisation et de négociations préparatoires à un échec annoncé pour un monde plus durable, mais ses promesses de localisme se heurtent aujourd'hui à l'emploi par ses organisateurs vertueux de travailleurs détachés, donc de main d'oeuvre étrangère à moindre coût, au détriment des chômeurs français.
Le 10 octobre dernier, les équipes de chantier avaient 40 jours pour construire 80.000 mètres carrés de bâtiments éphémères qui accueilleront la COP21 à partir du 30 novembre prochain et pour 11 jours.

Fini le "produire et consommer local", fanfaronné il y a quelques mois encore par les organisateurs de cet événement planétaire qui se tiendra, fin décembre, au Bourget (Seine-Saint-Denis). La tendance est au déraisonnement sous l'effet de la chimère écologique. Celle du jour, la "relocation de l’économie", le "produire et consommer local" que les anglo-saxons ont nommé "locavorisme", a aussitôt trouvé ses limites en se frottant à la réalité. 

"Sur les 3.400 salariés employés à la construction du site de la conférence, environ 250 sont des travailleurs détachés de nationalité européenne"a dû l'admettre, jeudi, Pierre-Henri Guignard, le secrétariat général de la COP21. Avant de préciser que "tous [avaient] fait l'objet d'une déclaration à l'administration". La veille, un reportage de France 2  dans "L'oeil du 20 heures" avait justement révélé la présence de "travailleurs détachés" sur le chantier de la COP21.

Venus d’autres pays de l’Union européenne,
ces salariés sont embauchés pour des emplois temporaires et avec une protection sociale minimale. Une aubaine pour les entreprises françaises qui peuvent par ailleurs payer leurs cotisations sociales au niveau avantageux en cours dans le pays d’origine. 
Le pouvoir socialiste est coutumier du fait, puisqu'il a récidivé en faisant appel à l'une d'elles, la société GL Events citée par France 2. En août, le PS avait déjà été eu recours à la même entreprise au cœur d'une polémique similaire, en employant des travailleurs détachés roumains pour l'organisation de son université d'été.
Contredisant les faits qui le mettent en cause, Pierre-Henri Guignard assure pourtant que "le gouvernement, qui a fait de la lutte contre la fraude au détachement l’une de ses priorités, fera respecter scrupuleusement la législation française"...

Les PME de Seine-Saint-Denis ne profitent pas de l'aubaine

Le redressement de la courbe de l'emploi ne passe pas par la COP21 
Dans un département où le chômage atteint 15%, aux demandeurs d'emploi local, les organisateurs préfèrent des salariés venus de Pologne, République tchèque, Croatie ou encore Slovaquie pour le montage des hangars, l’installation des stands, l’accueil du public et la préparation des repas sur le futur site de la COP21. "Et nous devons évidemment réussir à donner à ces deux semaines de rencontre une haute qualité environnementale," raconte ce fantoche de Laurent Fabius.

Le successeur socialiste de Claude Bartolone (PS) à la présidence du Conseil général de Seine-Saint-DenisStéphane Troussel, ne cachait pas sa joie du "coup de projecteur" que l’événement jetait sur le '93'. Il espérait qu’il profite à ses habitants et ses entreprises. "Ça a l’air de bien marcher, prétendait-il, début octobre, devant un bon public, Libération. Nos entreprises du nettoyage ou de la restauration vont pouvoir se positionner comme prestataires." Le Quai d'Orsay promettait 100.000 millions d’euros de retombées pour l’Ile-de-France. Pourtant, selon le Medef local, interrogée par France 2, "rien" ne semble se dessiner pour les PME du coin, et ce malgré les 25 groupes de travail organisés avec les responsables de la COP21.


Le recours à des travailleurs détachés plutôt qu'à des salariés français du 93 est un effet collatéral des coûts sociaux en France. Le financement de la COP21 n'est pas assuré et l'appel à des personnels étrangers à bas coût en est une conséquence directe. Le budget total prévu pour la COP21, ce méga-sommet qui doit se tenir du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget, devrait atteindre 187 millions d’euros. Alors, en mai, taurent Fabius en était à faire appel aux entreprises pour financer la COP 21.

Le Monde, journal officieux du PS, cite des sociétés qui auraient répondu 'présent', dont les assureurs Axa (SA), Caisse centrale de réassurance (CCR, société anonyme détenue à 100 % par l’État français), Generali (italien), que l’impact des tempêtes, inondations et autres désordres climatiques frappent de plein fouet, ainsi que le secteur bancaire, dont...la Caisse des dépôts et consignations (qui exerce des activités d'intérêt général pour le compte de l'État), et de grands groupes de l’énergie... EDF et ERDF (établissements publics) ou encore  Renault Nissan, Air France (Etat français actionnaire à hauteur de 17,6 %), La Poste (SA à capitaux publics) qui ne semblent pas avoir tellement eu le choix: ce sont, pour la plupart, des entreprises publiques !
L’ONG Oxfam, auteure avec Les Amis de la Terre d’un récent rapport très critique sur EDF et sur Engie, dénonce le fait que "la COP21 sera financée par des champions français de la pollution", citant BNP Paribas, EDF et Engie, accusées de se livrer à "une véritable opération de greenwashing avec la complicité du gouvernement français", au lieu de "s’engager à stopper tout soutien au secteur du charbon d’ici au sommet sur le climat".
Accueillir à Paris la conférence sur le climat, "le plus grand événement international jamais organisé sur le sol français", a forcément un coût, mais la France de Hollande n'a pas les moyens de ses ambitions. Thomas, son flambeur de fils, a de qui tenir. Selon le député PS Pascal Terrasse, 1 euro d’argent public dépensé générera 2,80 euros de chiffre d’affaires. Ce bénévolat de la France peut rapporter gros ?
Le gouvernement espère que l’effort des entreprises partenaires atteindra 20 % du total. Et encore le secrétariat général de la conférence a réduit les coûts, tablant plutôt sur un budget disponible de 165 millions. Les participants ont d'ailleurs apporté leur contribution: sur les 196 délégations que la France devait accueillir, moins de 100 feront finalement le déplacement: solidarité internationale aux insuffisances de l'Etat-hôte !...

Le président du 9.3 avoue qu'il savait depuis longtemps. 
"Depuis mercredi, tout le monde crie au loup, mais cela fait longtemps que l’on sait qu’il y a une concurrence déloyale dans l’Union européenne", s’agace Stéphane Troussel. Alors, eurosceptique, le socialiste ? Le patron du département veut encore y croire... "Depuis le début, les organisateurs de la COP21 ont toujours essayé de jouer le jeu avec notre département. On a demandé 200 places de stage pour nos étudiants en BTS et nous les avons obtenues. Et là, nous sortons d’une réunion, au cours de laquelle on nous a garanti que, sur les 1.000 emplois qui allaient être créés autour de l’organisation, de l’orientation du public et des transports nécessaires pour l’événement, une grande partie serait pour les habitants de Seine-Saint-Denis."  Que de flou ! Une "grande partie," places de BTS "obtenues", formation en accéléré ? Ou créations de postes non pourvus pour BTS non recrutés au final ? Gabegie de l'Education nationale à Pole emploi ?
Et le président socialiste de conclure sur un fantasme : "Mais le véritable enjeu, c’est l’emploi vert, celui du futur, et avec son vieux passé industriel, la Seine-Saint-Denis est bien placée pour jouer un rôle dans la révolution industrielle verte." Pipeau !
Les faits prouvent que non.

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