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mardi 10 novembre 2015

Télé au faciès: le critère de couleur de peau doit prévaloir, selon le CSA

Trop blanche et trop binaire : la télé représente toujours aussi mal la France, selon le CSA 

Le CSA se focalise le manque de diversité dans... la distribution des rôles  

De quelle couleur Julie Gayet
voit-elle Joey Starr
dans 'Cinq pour Cent' sur France 2 ?
Une étude tombe à pic, réalisée entre avril et mai sur un échantillon de 1.600 programmes télévisés. Elle aurait pu pointer l'heure tardive du coucher des enfants du fait de l'abondance de pub qui envahit les programmes, la santé publique menacée par le volume du son des "messages publicitaires", ou la violence, le sexe et le retour de la cigarette sur les écrans, jusque dans les émissions du service public (films et séries) mais non ! Si elle est au centre des préoccupations du pouvoir, peu lui chaud en fait que la diversité soit en manque de sommeil et inattentive à l'école ou que la masse des nouveaux arrivants soit rendue sourde
A la télévision, la diversité serait sous-représentée. 
Il est curieux qu'une telle étude voit le jour et soit poussée en avant, puisque les comptages ethniques sont interdits. On imagine bien que le CRAN ne trouve pas la France assez noire à son goût mais que le CSA - censé réguler l'audiovisuel - joue ce jeu-là dépasse l'entendement des démocrates, quand d'autres vigilants sont stigmatisés pour observer que la parité de couleurs n'est pas respecter dans le sport. Ne conviendrait-il pas d'introduire plus d'asiatiques dans le rugby français et d'africains dans l'équipe nationale de natation ? 

Pas assez de diversité dans la chanson ? Selon le cinquième baromètre de la diversité du CSA, seulement 14% des personnes montrées à la télévision sont en effet "perçues comme non-blanches". Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel fait le constat que la France est européenne et ni africaine, ni proche-orientale. 
Et, pour commencer, Olivier Schrameck, son président nommé par Hollande, n'est-il pas trop blanc?  Combien sont-ils actuellement de la couleur politiquement correcte ? 
Françoise Laborde, Nicolas About, Patrice Gélinet et Francine Mariani-Ducray sont désormais inconvenants dans leurs fonctions. Pourtant certains sont des blond(e)s et passionnément amateurs de diversité... La soupe-au-lait Memona Hintermann (2013), Sylvie Pierre-Brossolette (2013), Nicolas Curien (2015), Nathalie Sonnac (2015) sont là jusqu'à 2019 et 2021.Emmanuel Gabla et Christine Kelly (photo ci-dessus), deux métis, entrent-ils suffisamment dans le cadre défini ? Or, ni l'un, ni l'autre n'est un choix de la gauche, mais ils arrivent en 2015 au terme de leur fonction et, avec cette dernière étude, on dispose maintenant des critères de sélection et leurs successeurs devront être mieux identifiables !
Ce taux de 14% stagnerait depuis au moins trois ans ! Pire, ces personnes sont plus souvent présentées sous un mauvais jour. Henri Salvador et Harry Roselmack ? Evidemment, l'historien Pascal Blanchard analyse le rapport ambigu de la France à sa population noire et estime que notre grand récit national, s'écrit en blanc - et rien qu'en blanc -, sans prendre en compte les populations noires, mais il omet simplement de citer les académiciens français de couleur, L.-S. Senghor et Dany Laferrière. Et Joséphine Baker fut-elle un simple alibi, comme se plaisent à répliquer les sectaires ? Dans un de ses délires, le CRAN compte-t-il faire pression pour que chaque origine communautaire soit représentée, afro-américaine, antillaise, kanak, malgache, africaine...

Réalisée en avril-mai sur 1.600 programmes de la TNT gratuite (fiction, informations, magazines et documentaires), l'étude souligne que les personnes perçues comme "non-blanches" et figurant à l'antenne sont plutôt plus pauvres et plus jeunes (les footballeurs Zidane et Benzema ou Chimène Badi, Amel Bent ou Disiz et Booba, ci-contre, entrent-ils dans cet échantillon?) : elles constituent 17 % des catégories socio-professionnelles moins aisées (CSP-) présentes dans les émissions et seulement 11% des CSP+.  Peut-on toutefois se passer encore de Jann Halexander dans son clip "J'Aimerais J'Aimerais" aux heures de grande écoute ?
Il faut en vérité se livrer à une sélection très partisane pour passer à côté des patronnes d'entreprises et des commissaires de police noirs. 

Déni des jeunes à l'attitude négative 

De quelle couleur le supérieur hiérarchique noir 
du héros de Profilage sur TF1 est-il perçu ?
Les individus perçus par les auteurs de cette étude comme "non-blancs" sont par ailleurs nettement plus représentés chez les moins de 20 ans (18%) mais ne sont que 4% des 65 ans et plus. Il s'agit aussi plus d'hommes (16%) que de femmes (13%).

Concernant les activités "marginales ou illégales", le taux de personnes perçues comme "non-blanches" est de 37%, contre 9% pour les rôles de héros.  Les attitudes "négatives" sont incarnées à 29% par des personnes perçues comme "non-blanches" alors que les attitudes positives ne le sont qu'à 12%. Ce que valide la population qui connaît le terrain pour y vivre. On ne peut pas à la fois clamer que la misère génère la délinquance et nier que les personnes défavorisées entrent effectivement dans ces catégories que l'étude entend gommer. Ou alors le chômage et l'austérité ne soulèvent aucun 'vent de colère' parmi les "sans-dents" de Hollande et ses retraités maltraités par le fisc ?  

Parmi les 43.000 personnes observées au cours de l'étude, le taux de personnes "perçues comme handicapées" demeure particulièrement faible (0,4% des personnages indexés). De cette étude, le CSA conclut que la situation n'évolue pas depuis 5 ans (et depuis 3 ans, cela va-t-il honnêtement mieux ?) et que la distribution des rôles reste nettement plus favorable aux personnes perçues comme "blanches". Le CSA fait-il la promotion des situations désespérées ? Cherche-t-il à nuire au pouvoir qui promettait des jours meilleurs et dissimule la misère frappant la diversité ? Préconise-t-il de négliger la grande précarité des Blancs ? La misère est-elle plus juste et digne d'être filmée si on est Blanc ? 
A noter encore que, faute d'être autorisé à réaliser des statistiques ethniques, le CSA s'autorise un critère d'"origines perçues" (comme "blancs", "noirs", "arabes", "asiatiques ou "autres"). Ah, les faux-culs !

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