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lundi 16 novembre 2015

Assassinats islamistes de Paris: l"'union sacrée" à l'épreuve de la politique de Hollande

François Hollande reçoit dimanche à l'Elysée les parlementaires et principaux chefs des partis.

Mais si "l'unité" est proclamée, chacun rappelle les solutions qui ont tardé à  venir et la colère monte

Après les attentats, l'unité politique vacille. François Hollande a appelé samedi les Français au "rassemblement" mais déjà, au sein de la classe politique, les premières critiques se sont faites entendre. Elles sont venues notamment de Nicolas Sarkozy, qui a pris la parole peu après le chef de l'Etat. Reçu par François Hollande dimanche à 10h, le chef du parti Les Républicains a exigé des "inflexions majeures" pour que "la sécurité des Français soit pleinement assurée". "Nous soutiendrons toutes les décisions qui iront dans le sens d'un renforcement drastique des mesures de sécurité qui permettront de protéger la vie de nos compatriotes", a-t-il ajouté, dans un soutien en forme d'exhortation pressante.  

La réponse à l'ex-Président est venue du premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis qui, s'il a remercié "le président Nicolas Sarkozy" pour "son concours" à l'unité nationale, l'a aussi appelé à s'aligner, appelant l'ensemble des dirigeants politiques, à "l'esprit de concorde" et à la "mesure".
Jean-François
Copé a quant à lui rappelé samedi sur Facebook que certaines décisions prises pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy l'ont été dans un mouvement international quasi-unanime. Comme l'Allemagne ou les Etats-Unis, "nous avons fait le choix de faire tomber ou affaiblir, au Proche et au Moyen-Orient, des régimes dictatoriaux sans mesurer que nous aggravions en fait la situation. La région a sombré dans le chaos", regrette rétrospectivement le député LR, qui propose de "changer" la "politique anti-terroriste" [...] "de manière radicale, rapide, sévère". Il plaide également pour l'envoi de troupes au sol en Syrie. 

Maître Collard appelle à la démission de Hollande 

Pourquoi, en effet, la France est-elle frappée pour la deuxième fois, à la différence de ses alliée allemands, britanniques ou américains, si ce n'est du fait de l'inadéquation entre le discours d'un Hollande, faible et velléitaire, donneur de leçons sans les moyens de se faire respecter et de protéger son peuple.  

A droite, certains cadres réclament des mesures concrètes. La gauche parlementaire ne demande rien et attend les consignes. Les media se contentent de pointer les éléments qui, dans l'opposition, réclament une politique de fermeté, sans concessions et osent mettre en doute l'aptitide d'un pouvoir louvoyant et incertain. 

L' "union sacrée" est rendu difficile par les polémistes qui ne tolèrent que l'entre-soi socialiste. L'opposition fait des propositions aussitôt caricaturées ou classées radicales, voire soupçonnées de toutes les arrières-pensées. 
Depuis des semaines, mais en vain, Christian Estrosi demande au gouvernement que "toutes les personnes fichées de S1 à S16 [le fichier des individus radicalisés] dans le département des Alpes-Maritimes soient assignées à résidence"
"Je demande à nouveau que nous interpellions immédiatement tous les individus soupçonnés de liens avec une organisation terroriste, y compris par des mesures d'exception", a également déclaré Bruno Le Maire, qui propose aussi d'interpeller "tous les ressortissants étrangers qui tiennent des propos hostiles à la République et que nous les expulsions sans délai du territoire français".

Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, a lui aussi exprimé des réserves. Bien que peu suspect de radicalisme, il appelle François Hollande à "faire réellement la guerre" contre les "barbares de Daech", et "pas seulement avec des moyens secondaires"
Dans une intervention depuis le siège du FN, à Nanterre, Marine Le Pen a déclaré que "des mesures d'urgence s'imposent". "Il est indispensable que la France retrouve la maîtrise de ses frontières nationales définitivement", a-t-elle demandé. D'autres cadres frontistes n'avaient pas retenu leurs coups, vendredi soir. Le vice-président du parti Louis Aliot avait qualifié Manuel Valls "d'irresponsable" pour s'en être pris ces derniers jours aux appels du FN à la fermeté, tandis qu'un député, allié de Marine Le Pen, Gilbert Collard, a carrément demandé samedi la "démission" du président François Hollande et du gouvernement, des "traîtres à notre Nation, à nos vies", des "guignols".

A l'aile droite des Républicains, les critiques ont également été sans concessions. Nadine Morano, qui ne veut pas "d'union nationale pour diluer les échecs du gouvernement", a demandé la démission du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. 
Le député Lionnel Luca avait lui trouvé que Paris ressemblait à Beyrouth, "logique pour un pays en voie de libanisation". Ce que les derniers événements sanglants confirment. 

De nombreux autres responsables politiques s'en sont tenus à un message d'"union nationale autour du président de la République et du gouvernement", à l'instar d'Alain Juppé, François Fillon ou Jean-Luc Mélenchon, selon l'AFP, reprise par les copistes des organes de presse paresseux. .
A la vérité, le meneur du Parti de gauche a déclaré : "Je hais nos agresseurs, je les méprise." La haine qu'il s'agit de combattre est celle que ces agresseurs veulent incruster en nous. [..] Ce sont nos ennemis, il faut les empêcher d'atteindre leurs objectifs. [..] Ils veulent nous faire peur au point que nous perdions tout contrôle de nous-mêmes. Ils veulent nous diviser. Ils veulent obtenir un clivage entre les musulmans et le reste de la société et il faut le dire avec force: l'islam n'a rien à voir avec ça […]" Difficile de soutenir que l'islam est une religion d'amour: mais il le fait . 
Et de prétendre à la face des faits: "La France, ce n'est pas une religion, pas une couleur de peau, pas une langue, c'est des lois et la République". La France n'est pas prête de progresser vers la vérité.
Jean-Luc Mélenchon critique une prorogation de l'état d'urgence.
A la sortie de son entretien avec le président, Jean-Luc Mélenchon, allié du PCF, a émis de fortes réserves sur une prorogation de l'état d'urgence, voulue par François Hollande :
"L'urgence pour 3 mois, ce n'est plus l'urgence. Ce n'est plus une mesure d'exception, c'est un état permanent."

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