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dimanche 29 novembre 2015

Assassinats de masse islamistes: Juppé refuse de donner "carte blanche" à Hollande

Juppé croit-il Hollande capable de porter atteinte aux droits de l'homme ? 

L'ancien Premier ministre dévoile ses propositions pour lutter contre le terrorisme

Juppé, alors 'jeune' ministre de la Défense,
en Afghanistan
Dans une Lettre aux Français diffusée ce samedi, il plaide notamment pour la création d'un "véritable service de renseignement pénitentiaire", pour prévenir les cas de radicalisation en prison.  
Au lendemain des attentats de Paris, Alain Juppé avait affiché son soutien citoyen à l'exécutif, comme une grande partie de l'opposition. Le candidat à la primaire à droite se montre désormais délié du devoir de solidarité républicaine. Dans une Lettre aux Français diffusée ce samedi, il refuse de "donner carte blanche" à François Hollande. "Il faut passer à l'acte très rapidement parce que nous avons déjà l'exemple dans un passé récent d'annonces qui n'ont pas été suivies d'effet", écrit le maire de Bordeaux. 

Soutenant les créations de postes dans la police, la gendarmerie ou la justice annoncées par François Hollande, Alain Juppé souhaite ainsi que "dans les tout prochains mois, le président de la République vienne expliquer devant les Français ce qui a été obtenu". L'ex-Premier ministre fait aussi des propositions, comme de "simplifier drastiquement les procédures administratives qui occupent aujourd'hui deux tiers du temps des policiers et gendarmes, et de recruter du personnel civil pour s'en occuper".

Des prêches en langue française dans les mosquées

Alain Juppé propose en outre que les imams soient obligés de "prêcher en français", ou encore la création d'un "délit d'entrave au service public: "On ne peut pas laisser les représentants de l'État sans moyens de réagir quand un enfant rejette une leçon d'histoire sur la Shoah ou quand une femme hospitalisée refuse d'être examinée par un médecin homme". 

Il redit que "les autorités religieuses et spirituelles musulmanes doivent exprimer haut et fort leur rejet massif de toute forme d'extrémisme et de sectarisme et condamner fermement tout acte commis au nom de leur religion allant à l'encontre de la République". 

Une police européenne des frontières 

Sur le plan diplomatique, faisant le constat que l'objectif d'un départ de Bachar el-Assad n'a pas été "atteint", Alain Juppé se prononce en faveur d'une "coalition unique associant Américains, Russes, Français, Turcs, Iraniens, pays du Golfe" contre le groupe Etat islamique. "Je serai attentif aux résultats qu'obtiendra en ces termes la diplomatie française", prévient-il. 

Enfin, Alain Juppé souhaite la mise en place d'une"police européenne des frontières, un corps des gardes douaniers européens". "Mais il faut aussi que nos partenaires européens s'engagent sur les théâtres d'opérations où nous sommes trop souvent seuls", souligne l'ancien ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy.

En bref, Alain Juppé s'est rallié à Nadine Morano. Et, avec lui, François Bayrou... Sans que la gauche et ses twittos grondent et raillent ! 

jeudi 26 novembre 2015

L' "émir blanc", "réfugié" de Syrie et naturalisé, placé en garde à vue

Que reproche-t-on au si gentil et accueillant Olivier Corel ?

"L'émir blanc" de la filière d'Artigat en Ariège est un salafiste français d'origine syrienne.
 

Prêcheur radical en habits de "baba cool", il est revenu à la mémoire de la police. Olivier Corel, dit "l'émir blanc",  était visé ce mardi 24 novembre par une perquisition administrative. Sans lien direct avec les attentats de Paris, cette opération était cependant conduite par d'importantes forces de police et de gendarmerie.  En fin de journée, il a été placé en garde à vue pour "détention illégale d'un fusil de chasse classé catégorie D". 

Mais qui est-il exactement et surtout que lui reproche la justice? Il a notamment été le mentor de plusieurs djihadistes français, comme les frères Merah ou Fabien Clain, qui a revendiqué au nom de Daesh les attentats du 13 novembre à Paris.  

Olivier Corel est un parfait Français de 69 ans.
Né en Syrie, à Homs, un des épicentres de la Révolte syrienne de 2011-2012 (d'abord connu comme carrefour contrebandier, notamment pour la drogue et les armes et connaît une criminalité importante), il s'appelle en fait Abdel Ilat al-Dandachi. Il a été naturalisé après dix ans en France, en 1983, dans les années Mitterrand, bien que notoirement Frère musulman. L'homme réside actuellement dans le hameau de Lanes de la petite commune d'Artigat  -600 habitants-, au sud de Toulouse, dans l'Ariège (PS)Il vend notamment des poteries et des fripes sur les marchés locaux, porte une barbe longue et des bottes en plastique qui le feraient plutôt passer à première vue pour un "baba cool" que pour un prêcheur radical. 

Un salafiste prêcheur de haine 

Ce salafiste n'a pas eu à passer par la Grèce, mais c'est un "réfugié" qui a bénéficié de l'asile politique en France. Ses voisins le décrivent comme "un homme discret, affable, très poli et souriant," même s'il "ne sert pas la main aux femmes", glisse BFMTV. Apprécié dans la commune, il serait "très serviable" et donnerait souvent "des coups de main pour des travaux". Le grand-père parfait...
Mais ce sexagénaire bien sous tous rapports dissimule un imam salafiste aux prêches très radicaux. Baptisé "l'émir blanc", Olivier Corel est réputé proche des Frères musulmans. Il a un temps dirigé l'association des étudiants islamistes de France avant de fonder sa communauté islamiste à Artigat, en 1987. C'est dire que son orientation ne pouvait avoir échappé aux services du renseignement. 
Il est devenu peu à peu l'une des figures connues de l'islam radical en France, et a reçu chez lui de jeunes salafistes des cités toulousaines, les enjoignant à faire le djihad et à se rendre dans des écoles coraniques. 
Parmi ses disciples, plusieurs djihadistes français, comme les frères Merah ou les frères Jean-Michel et Fabien Clain. La voix de ce dernier, converti d'origine  toulousaine et parti rejoindre les rangs de l'organisation Etat islamique, a été identifiée par les enquêteurs dans un enregistrement revendiquant les attentats de Paris et Saint-Denis du 13 novembre dernier. 

Qui est encore Olivier Corel, aka. "l'émir blanc" ?
OLIVIER COREL
Ce gourou joue sur du velours avec les handicapés de la vie

Ce Franco-Syrien soupçonné d'endoctriner de jeunes musulmans et de les inciter au djihad, a été le mentor de Mohamed Merah ou des frères Clain, qui auraient revendiqué les attentats du 13 novembre au nom de l'État islamique (EI). 

"Je ne suis ni imam, ni chef, ni rien de tout ça", s'est défendu Olivier Corel devant le tribunal de Foix (Ariège), qui l'a condamné à six mois de prison avec sursis pour détention d'un fusil de chasse ce mercredi 25 novembre. Il devra en outre prévenir de tout changement dans sa situation personnelle et informer le juge d'application des peines de tout déplacement à l'étranger, avec nécessité d'obtenir une autorisation. Enfin, il s'est vu interdire la détention d'une arme pendant cinq ans. 

Mentor présumé de Merah et des fères Clain 
La justice s'intéresse à lui de loin en loin depuis de nombreuses années 
Celui qu'on surnomme "l'émir blanc" est en effet soupçonné, depuis des années, de faits plus graves qu'un port d'armes sans permis. Cet homme, né Abdel Ilat al-Dandachi, quitte la Syrie en 1973 pour venir faire des études en France. Il préside alors l'Association des étudiants islamiques de France. Il est naturalisé français en 1983 et prend le nom d'Olivier Corel. Il s'installe alors à Artigat (Ariège), petit village de 500 habitants, et vend poteries et fripes sur les marchés locaux. 

Proche des Frères musulmans, dès 1987, il fonde une communauté religieuse où il prêche la parole salafiste et Olivier Corel apparaît en 2003 sur les écrans radars des services de renseignements. A cette date, "la cellule d'Artigat" à laquelle il appartient est soupçonnée d'envoyer des djihadistes en Irak pour combattre l'armée américaine, note Libération. Le maire est alors un Divers gauche, comme peut l'être un Christian Troadec, à Carhaix... 
La filière d'Artigat "tombe" en décembre 2006, quand, Sabri Essid, le "demi-frère" de Merah et un converti albigeois, Thomas Barnouin, sont interpellés par la police syrienne alors qu'ils tentaient de faire passer des combattants en Irak. Quelques semaines plus tard, un coup de filet est mené dans les milieux de l'islam radical toulousain.
 Mis en examen, il bénéficie d'un non-lieu 
Dans les années 1990, il compte parmi ses disciples les frères Jean-Michel et Fabien Clain. Ce dernier, dont la voix a été reconnue sur la revendication des attentats du 13 novembre, est parti rejoindre les rangs de l'EI.  Réunionnais de 37 ans, il s'est récemment converti à l'islam et radicalisé avec un groupe de jeunes salafistes toulousains.

"L'émir blanc" est alors interpellé avec plusieurs "disciples" et mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". La sanction tombe en 2009: cinq ans de prison pour Clain, Essid et Barnouin. Corel, lui, bénéficie encore d'un non-lieu.

Quelques années plus tard, la maison d'Olivier Corel accueille aussi régulièrement Mohamed Merah, l'auteur des tueries à Toulouse en 2012 (sept morts), ainsi que son frère Abdelkader et sa soeur Souad.
  
En novembre 2014, Olivier Corel est une nouvelle fois interpellé, cette fois dans le cadre de l'affaire Merah. Placé en garde à vue, il est finalement remis en liberté, la justice ne possédant pas suffisamment de preuves pour le poursuivre. Depuis, il semblait vivre paisiblement dans sa maison du hameau de Lanes.

Toujours à la marge du droit mais jamais condamné auparavant
"L'émir blanc" est mis en examen en 2009, mais obtient un non-lieu. En 2014, il est placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur l'affaire Merah relative aux tueries djihadistes de mars 2012 à Toulouse et Montauban, qui ont fait sept morts: trois militaires dont un de confession musulmane et quatre civils, dont trois enfants d'une école juive. Là encore, il ressort libre. Après sa condamnation ce mercredi, son avocate dénonce une "procédure exceptionnelle". "On a l'impression qu'il fallait coûte que coûte quelque chose contre Corel", polémique Me Anne Pontacq. L'émir semble pourtant avoir longtemps bénéficié du laxisme des juges: 42 ans... 

Pourquoi possédait-il ce fusil ? Olivier Corel a d'abord indiqué aux enquêteurs qu'il l'avait acheté lors d'une foire. Et puis, au tribunal, il a changé de version. Sans conséquences. Il s'est tout à coup "souvenu" qu'elle se trouvait, avec quelques munitions, dans la maison à Artigat lorsqu'il s'y est installé, en 1986, et a admis ne l'avoir jamais déclarée. "Je l'ai utilisée pour tirer les lapins qui mangeaient mes salades", explique-t-il, sans même faire sourire le juge et s'étonnant que cette arme "n'ait pas intéressé les forces de l'ordre" lorsqu'elles ont perquisitionné son domicile en 2007, 2012 et début 2015. 

lundi 29 juin 2015

Cazeneuve fait le ménage dans les mosquées ?

Des chiffres, selon la police ou l'Union des Organisations Islamiques de France ?

Quarante imams "prêcheurs de haine" auraient été expulsés de France depuis 2012,
 
Khalil Merroun, imam radical qui revendique l’appel à 
la prière sonore du haut des minarets en France, 
a reçu les insignes de chevalier de la Légion d’honneur 
des mains de Manuel Valls (15/02/2014 à Evry)
selon le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Une dizaine auraient été démasqués depuis le début de l'année.
"Nous avons depuis 2012 expulsé quarante prêcheurs de haine et imams [distinguo intéressant...]. Dans les cinq années précédentes, il n'en avait été expulsé que quinze", a polémiqué lundi sur Europe1 le ministre de l'Intérieur. Or, s'il aime les chiffres ronds, Bernard Cazeneuve nie la récente montée en flèche du prosélytisme et de la radicalisation du milieu. 

"Depuis le début de l'année, il y a 22 dossiers qui sont en cours d'instruction", a-t-il ajouté. Tout "prêcheur de haine qui a vocation à rester en France, s'il est étranger il sera expulsé, je le fais systématiquement", a certifié le ministre.
Aucun organe de presse ni association n'a fuité pour s'en émouvoir...
"La mosquée d’Evry est réputée pour être 'un paravent pour dissimuler les activistes intégristes qui œuvrent à l’instauration d’un islam en France proche des thèses monarchistes' [marocaines]. Les observateurs, connaisseurs de ce lieu, s’interrogent s’il s’agit d’ 'une mosquée ou de la tombe de Ben Barka, le leader opposant marocain assassiné ?' " 
Des dossiers en cours d'expertise

Interrogé sur la volonté du gouvernement de fermer la centaine de mosquées salafistes dont certaines nourrissent le djihadisme terroriste, il a répondu : "s'il y a des associations qui gèrent ces mosquées et dont la totalité des membres poursuivent un objectif d'appel à la haine et d'incitation au terrorisme, ces mosquées seront dissoutes". Des dossiers - aucun chiffre n'est avancé - sont actuellement en cours d'expertise, a "précisé" Bernard Cazeneuve.

Par ailleurs,"il y a eu des plaintes déposées au pénal à chaque fois qu'il était constaté qu'un individu appelait à la haine dans les mosquées en France," a-t-il encore garanti. Autant d'insistance à affirmer la vigilance du pouvoir accrédite le doute sur sa fermeté passée. Quelles suites ont été données à ces plaintes-là ? 

Djihadiste présumé qui a tué son patron par décapitation vendredi dans l'Isère, Yassin Salhi s'était fait repérer à Pontarlier dans le Doubs en 2004 au contact d'un homme soupçonné d'avoir préparé des attentats en Indonésie avec des militants d'al-Qaïda. Salhi n'avait plus été signalé jusqu'en 2013 quand une voisine avait dénoncé sa radicalisation. Les tueries de janvier 2015 et l'émotion internationale n'avaient pas suffi à faire réactiver ce signalement...