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vendredi 8 août 2014

Russie: impact désastreux de la politique internationale de Hollande et Fabius sur la France

Ils l'ont bien cherché, l'embargo russe !

Hollande n'a pas mesuré les conséquences de son alignement sur Obama


Suite à l'appel à l'aide de Vladimir Poutine par les séparatistes russophones face aux rebelles ukrainiens pro-occidentaux, Obama a incité les Européens et Hollande à frapper fort sur l'économie russe.
En sanctionnant la Russie sur le dossier ukrainien, les Etats-Unis et l'Europe relançaient la guerre froide et savaient qu'ils exposaient leur économie. La riposte russe est tombée mercredi : le président russe a fait décréter une "interdiction totale" de la plupart des produits alimentaires qu'ils importent en Russie, à compter du 7 août. 
Vladimir Poutine menace de ne pas s'arrêter là et d'interdire le survol du territoire russe aux compagnies aériennes effectuant des liaisons entre l'Europe et l'Asie via la Sibérie. Cela provoquerait pour les compagnies aériennes un important surcoût en carburant qui se répercuterait sur les prix. Cette hypothèse reste toutefois au stade de la "réflexion", selon le gouvernement russe.
Les Etats-Unis, les 28 états membres de l'U.-E., la Norvège, l'Australie et le Canada, qui ont tous adopté des sanctions économiques à l'encontre de la Russie, sont concernés, mais, p artenaire privilégié dans les échanges commerciaux avec la Russie, c'est surtout l'Union européenne (UE), qui a pris les plus gros risques de riposte économique.

La Russie achetait ses pommes, ses tomates et ses pêches chez les Européens, dont la France: c'est fini! Déjà qu'ils traversaient justement une grave crise cet été, en raison d'une production abondante, Obama et son valet Hollande en rajoutent une palette !

"La Russie va suspendre ses importations agroalimentaires en provenance d'Europe, à commencer par de nombreux produits frais, mais les sanctions risquent aussi d'engorger l'espace communautaire qui perd un débouché important, en fruits et légumes notamment. Avec l'Ukraine d'avant la crise provoquée par l'ingérence d'Obama et sa suite et le Brésil, l'Allemagne et les Pays-Bas figuraient en 2013 parmi les principaux fournisseurs de la Russie, qui importe 35 % de sa consommation alimentaire. Ce pays absorbe ainsi 10 % des exportations agricoles et agroalimentaires de l'UE, pour un montant de 12 milliards d'euros par an, selon Eurostat." 

C'est approximativement en ces termes que l'hebdomadaire Le Point tente de noyer le poisson français dans l'embargo de l'Europe par la Russie.
Or, Le Point  occulte qu'au sein de l'UE, la France compte parmi les plus gros fournisseurs de produits agro-alimentaires de la Russie. "Elle se place au 8ème rang mondial, et au quatrième rang européen derrière l'Allemagne, l'Ukraine (avant la crise d'influence géo-politique) et les Pays-Bas", selon le ministère de l'Agriculture, et donc au troisième rang, de fait. Des données qui sont à relativiser : selon les chiffres de 2012, les exportations françaises vers la Russie représentent 6,5% du total de ses exportations, soient 1,2 milliard d'euros. Il s'agit surtout de champagne et de produits de luxe, qui ne sont pas concernés par l'embargo russe. Ce qui ne signifie pas pour autant que la France ne doit pas craindre Moscou. En effet, la Russie constitue le premier marché à l'export pour les producteurs français de pommes et de poires. Moscou va donc se détourner des producteurs français pour se tourner vers des pays producteurs avec lesquelles elle reste en bons termes. "Les Russes vont continuer à manger des pommes, des tomates, des pêches. Sauf que l'origine ne sera plus européenne : elle sera d'Asie, du Brésil, d'Afrique du Sud, etc... Donc quand ce marché se rouvrira, il faudra des années pour reconquérir des parts de marché, décrypte sur Europe 1 Luc Barbier, président de la fédération nationale des producteurs de fruits. C'est dramatique", conclut-il.

"Exportatrice de céréales, la Russie est "fortement importatrice de légumes et fruits et de produits transformés tels la viande, les produits laitiers", a ajoutéé Xavier Beulin, patron du principal syndicat agricole, la FNSEA.

Le Point adopte l'angle obtus d'un soi-disant manque des tables russes

Comme si la Russie ne pouvait pas faire appel aux concurrents des producteurs français, l'hebdomadaire note bien que "fruits frais, fromages, porcs... représentent à chaque fois un volume d'affaires d'un milliard d'euros environ pour faire croire que Poutine impose une disette à son pays.  "Ce sont avec les légumes (770 millions) les marchandises qui manquent le plus aux tables russes et constituent les principales importations alimentaires d'Europe avec les vins et spiritueux (1,5 milliard euros). Les pommes, les tomates et les pêches en particulier sont achetées chez les Européens qui traversent justement une grave crise cette saison, en raison d'une production abondante, au demeurant hautement périssable. L'angle choisi par Le Point est celui d'un amalgame qui minimise l'impact de l'embargo russe sur la France.
Le Point interprète à sa guise les craintes de Xavier Beulin sur un double effet probable: "La Russie se ferme aux importations, mais les produits [français] qui n'iront plus à l'exportation vont [tenter de] se rabattre sur les pays européens et créer une situation de crise". Il a demandé à rencontrer le président de la République "dans les meilleurs délais".

La déclaration du président de la Fédération des producteurs de fruits français (FNPF), Luc Barbier, est moins tortueuse: les "Espagnols exportaient (en 2012) environ 100.000 tonnes de fruits vers l'Ukraine et la Russie : autant de quantités qui vont se rabattre sur le marché communautaire". Or, "Italie, Espagne et France connaissent déjà une guerre de la pêche nectarine avec des prix effondrés et "la catastrophe" se profile avec la pomme, annonce-t-il.

La mise en difficulté des producteurs français par les menaces du gouvernement socialiste sur la Russie est préoccupante. Les Français ont expédié pour près de 26 millions d'euros de fruits en Russie en 2012, rappelle Luc Barbier. "Mais cette année, la Pologne qui exportait beaucoup vers la Russie attend une récolte abondante qui va naturellement se reporter sur le marché intérieur" de l'UE. Selon la Wapa, l'association mondiale des producteurs de pommes et de poires, la Pologne est de loin le plus gros producteur de pommes de l'Union (3,5 millions de tonnes attendues cette année) avec l'Italie (2,3 millions de tonnes) et la France (1,5 million de tonnes).
Au total, que va faire Stéphane Le Foll des 1,17 milliards d'euros de produits agro-alimentaires expédiés l'an passé vers la Russie, 
dont 450 millions en boissons alcoolisées et notamment champagne.

Le Point se félicite au passage que ce soient principalement la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne qui auront à pâtir d'un coup de frein de leurs exportations de viande bovine vers la Russie, dont, le premier fournisseur reste de loin le Brésil, devant les autres pays d'Amérique latine et l'Amérique du Nord (soumise, elle aussi, aux sanctions pour les États-Unis). Mais l'hebdomadaire souligne du même coup qu'en Europe, la contribution en viande de la France à la Russie était déjà en net recul depuis le début du conflit Ukraine-Russie, en 2013. Le Monde, contrairement au Point, cite complètement la FNSEA, principal syndicat agricole français, qui souligne que la Russie est fortement importatrice de viande, lait, fruits et légumes français, ainsi que de produits transformés à partir de ces matières premières. Lien Le Monde
Quant aux éleveurs de porc, ils ont déjà pu constater le "danger majeur" que constitue l'embargo russe, puisque leurs produits sont déjà interdits depuis février 2014, pour des motifs sanitaires, insiste Le Monde. Les exportations européennes ont été totalement suspendues par l'embargo russe décrété le 29 janvier au motif de la peste porcine, arguant de cas décelés sur des sangliers. Or, "la France exporte chaque année 75.000 tonnes de porc vers la Russie. Cela représente un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros, précise Guillaume Roué, président de l'interprofessionnelle nationale porcine (Inaporc). Mais les répercussions économiques sont beaucoup plus importantes que cela, puisque nous estimons aujourd'hui que l'impact constaté depuis le mois de février est de l'ordre de 500 millions d'euros, rien que pour la France, du fait de la dégradation du marché à l'intérieur même de l'Europe".

Alors que Danone souffrira en première ligne de l'embargo, Le Point affirme que le Danemark et les Pays-Bas seront les plus exposés pour les produits laitiers - la France qui a vendu l'an passé pour 119 millions d'euros de produits laitiers à la Russie représentait moins de 4 % des importations du pays dans ce secteur. Un manque à gagner de 4% est-il négligeable pour les entreprises laitières françaises? 
"En 2011, selon les statistiques russes, les importations agroalimentaires russes en provenance de France ont atteint 1,064 milliard de dollars sur un total de produits agroalimentaires importés de 28,02 milliards de dollars. La France se place au 8ème rang des fournisseurs agroalimentaires de la Russie, soit 3,8% des importations agroalimentaires russes derrière le Brésil, l'Allemagne, l'Ukraine, les Pays-Bas, la Chine, les États-Unis et la Turquie", indique un document du ministère de l'Agriculture français.
"De grands groupes français sont aujourd'hui présents dans divers secteurs : la filière laitière (Danone-Unimilk avec plus de 27% du marché des produits frais, Lactalis), les céréales (Dreyfus, Soufflet), le sucre (Sucden), les légumes (Bonduelle). Ont également investi la Cooperl (génétique porcine) Lesaffre (levures boulangères) , Roquette (industrie de transformation de l’amidon) mais aussi des entreprises dans le secteur de l'alimentation animale (Diana SPF, Evialis/InVivo, OLMIX), ainsi que les différents distributeurs de machines agricoles", note aussi le document.
 
L'exécutif compte sur l'aide de l'OMC
L'embargo, décrété par Moscou en réaction aux attaques occidentales sur l'Ukraine, est considéré comme "peu justifié" par BruxellesEn avril, l'Europe avait déjà  porté plainte  devant l'OMC, l'Organisation mondiale du commerce, basée en Suisse et chargée de favoriser l'ouverture commerciale et d'aider les gouvernements à régler leurs différends commerciaux. C'est d'ailleurs l'espoir du gouvernement socialiste que l'OMC se saisisse des sanctions décrétées par Moscou, indique M. Beulin.

Le patron des exploitants agricoles français mise aussi sur la réaction des consommateurs russes face à des étals qui resteraient vides, selon Le Point qui persiste à dramatiser la situation russe. D'ailleurs, pour Luc Barbier, qui représente les producteurs de fruits français, "le risque pour les Européens est aussi de se voir confisquer des parts de marché au profit de l'Asie ou de l'Amérique latine, qu'il sera ensuite très difficile de reconquérir". C'est donc dire que les tables russes ne connaîtront pas la pénurie promise par Le Point...


Cohérence du gouvernement Valls: campagne UBI-France, organisme sous la tutelle du ministère de l'Économie d'Arnaud Montebourg et du ministère du Commerce extérieur de Fleur Pellerin, secrétaire d'Etat de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères...


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