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jeudi 14 décembre 2017

L'Etat, actionnaire majoritaire chez Renault, va s'implanter dans la presse à Challenges

Le constructeur automobile se diversifie !...

Renault (40%) - et l'Etat (15,01%) - mettent un pied historique dans la presse 

Renault investit dans la presse mais le montant de sa mise au pot n'a pas été dévoilé. Le constructeur automobile va prendre une participation de 40% dans le groupe Challenges, qui édite le magazine économique du même nom et plusieurs autres titres, ont annoncé ce mercredi 13 décembre les deux groupes dans un communiqué. 
Renault   dans la presse avec cette entrée au capital du magazine économique, qui connaît de graves difficultés budgétaires mais dont les ventes se sont redressées ces derniers mois, après un plan d'économies et le départ de plusieurs journalistes. 

Renault justifie cette union contre nature par le développement de la voiture autonome 

La voiture autonome va "libérer du temps utile aux utilisateurs" et leur permettre de lire à bord, explique l'acquéreur dans un communiqué. "Ce projet s'inscrit pleinement dans la stratégie du Groupe Renault qui vise à offrir de nouveaux services connectés de qualité et à améliorer l'expérience de ses clients", affirme le patron de Renault, Carlos Ghosn, dans un communiqué relayé par BFM Business, plongé dans l'embarras depuis sa liaison tumultueuse avec  Patrick Drahi.

La voiture serait ainsi le "kiosque du futur", ironise Le Figaro. 
Le groupe automobile va investir 5 millions d'euros dans le groupe Sophia, précise ce quotidien. Avec le magazine économique, Sophia regroupe les titres Challenges : Sciences & Avenir, Historia, Histoire et La Recherche.
Concrètement, les deux groupes vont travailler à la création de contenus premium, sous forme audio ou vidéo, s'appuyant sur les articles de fond de Sciences & avenir, d'Historia ou de Challenges. "Cet accord a une vocation mondiale. Les articles seront traduits dans toutes les langues des pays dans lesquels nous vendons des voitures", s'est emballé Carlos Ghosn. Privatisée en 1996, la société par actions simplifiée Renault-Nissan, premier vendeur mondial de voitures, est en effet présent sur tous les continents.

L'entrée de Renault au groupe Challenges n'a pas été une évidence. 
Si, du point de vue de Claude Perdriel, l'opération est aujourd'hui présentée comme "logique" - seulement parce qu'il cherchait un autre actionnaire depuis plusieurs années en vue de préparer sa succession -,  Presse News révèle que des discussions ont d'abord eu lieu notamment avec Les Échos, qui appartient au groupe LVMH. Selon la lettre de l'Expansion, des négociations ont par la suite été menées avec le propriétaire du groupe Atalian, et actionnaire de La Tribune, Franck Julien.
Le Koweit entre au capital de la maison de presse Challenges par la fenêtre du garage. Il est en effet le plus gros investisseur de Daimler, lequel détient  plus de 3% de Renault.

De son côté, le propriétaire de Challenges, Claude Perdriel, a expliqué cette cession par la mauvaise situation financière de la presse. Il aurait été séduit par les plans sur la comète du constructeur automobile, un "projet révolutionnaire" de Renault : "mettre nos contenus à la disposition de tous les possesseurs de voiture Renault.
Selon l'homme d'affairesl, "l'automobile devient à son tour un outil de partage de la presse", comme le sont devenus les téléphones portables. Et le patron de presse gauchiste de rêver: "Chaque année, au lieu de perdre 6.000 points de vente, nous allons retrouver des millions de lecteurs et d'auditeurs potentiels."

Pourquoi Challenges "accueille" Renault dans son capital, selon Claude Perdriel

Claude PerdrielSa danseuse a offert au patron du magazine un éditorial.
Sous le titre "révolution", le propriétaire gauchiste qui a réussi en affaires dans le sanibroyeur, explique que "la situation financière de la presse est mauvaise, assurant que ses soucis personnels à Challenges sont également ceux de l'ensemble du secteur de l'information. On peut même s’interroger sur son avenir", dramatise le nonagénaire de 91 ans. Et de poursuivre sur le thème du pluralisme de l'information. "Pourtant un pays qui perdrait le pouvoir d’exprimer librement une opinion ou les conclusions d’une enquête cesserait d’être démocratique." 

Le magazine Challenges échappe encore à cette fatalité [de mort], assure-t-il. 
En 2017, ses ventes, son audience (sur papier et le web) et son chiffre d’affaires publicitaire ont augmenté. Avec 4 mensuels - Sciences & Avenir, La Recherche, L’Histoire et Historia -, il forme un groupe indépendant, unique, consacré à la diffusion de la connaissance et du savoir. 
"Mais les nuages noirs s’amoncellent", observe-t-il. Les marchands de journaux, ruinés, ferment. La coopérative qui nous distribue ne peut plus payer l’intégralité de notre dû. Sur internet, pour accepter de diffuser nos contenus, les grands groupes et les principaux intermédiaires prennent jusqu’à 70 % de nos recettes publicitaires, explique le gauchiste. Il y avait donc des raisons de s’inquiéter. 

Et puis, début septembre 2017, Carlos Ghosn, le PDG du groupe Renault, nous a proposé un projet révolutionnaire : mettre nos contenus à la disposition de tous les possesseurs de voiture Renault. Cette idée lui est venue en réfléchissant aux développements de la voiture électrique et de la voiture autonome connectée. 

Ces avancées peuvent aussi profiter dès maintenant à l’ensemble des modèles. 
"Ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie du groupe Renault qui vise à offrir de nouveaux services connectés et à améliorer l’expérience de ses clients ", nous a-t-il expliqué. Cette idée, si innovante, s’est imposée à nous, sur le champ, comme une évidence. Chaque année, au lieu de perdre 6.000 points de vente, nous allons retrouver des millions de lecteurs et d’auditeurs potentiels. 

Nous avons donc accepté cette proposition. 
Renault, en charge de l’innovation technologique, prend 40% de notre groupe et s’engage à respecter notre indépendance éditoriale. Détenteur de 60 % des parts, je reste garant de celle-ci. 
Il convient toutefois de tempérer ce bel enthousiasme et rappeler que Perdriel a déjà dû se séparer du groupe L'Obs cédé à 66 % des actionnaires du Groupe Le Monde, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, le Groupe Perdriel, appartenant au fondateur du titre, Claude Perdriel ne sauvant que 34%.
"L’avenir s’éclaire, il devient passionnant, poursuit Perdriel. Les journalistes verront leur travail récompensé par une audience multipliée. Après les smartphones, qui nous ont ouvert de nouveaux débouchés via les kiosques numériques, l’automobile devient à son tour un outil de partage de la presse, sous forme de nouveaux contenus, évidemment. C’est une transformation totale, un développement dont nous vous ferons profiter, chers lecteurs. [sic] 
"Dans ma vie, j'ai dû céder deux fois des journaux pour des raisons financières: le Matin de Paris puis le Nouvel observateur. Instruit par ces expériences, je ne souhaite pas vendre ou prendre d'actionnaires".
"Vous pouvez nous faire confiance pour défendre, comme toujours, la qualité de votre magazine."  
Ainsi soit-il.  

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