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lundi 11 janvier 2016

Real Madrid : Domenech tacle Zidane qui lui met un coup de boule

Le conflit ouvert entre Domenach-Zidane illustre l'abaissement du foot et de  la presse

Zidane "est capable de tout"...
 

Zizou n'est pas un "gentil mec," a rappelé Raymond Domenech dans un entretien accordé au Monde. Raymond Domenech avait préparé son commentaire de lundi. "Il n'y a pas beaucoup d'entraîneurs ou d'anciens joueurs qui peuvent avoir ce poids. Lui, il l'a à la base, avait-t-il réagi sur les ondes d’Europe 1. Maintenant, reste à voir comment les joueurs vont le prendre. Mais, selon moi, oui, ça va marcher, il n'y a pas de souci."

Jeudi, l’entraîneur de 63 ans a changé de ton et s’est d’abord montré ironique sur l’importance prise par la promotion de Zizou, entraîneur diplômé de fraîche date qui, selon lui, sera à coup sûr le successeur de Didier Deschamps à la tête des Bleus. "Dieu est revenu ! C’est beau !" 
Et d'ajouter, pour préciser sa pensée: "C’est ahurissant ce battage médiatique, a déploré Domenech dans un entretien accordé au Monde. Les chaînes d’infos en continu comme BFM-TV et i-télé ont arrêté leur programme pour faire des éditions spéciales Zinédine Zidane. Tout d’un coup, il n’y avait plus de conflit entre l’Arabie saoudite et l’Iran, plus de problème d’économie mondiale. Notre société marche sur la tête. Mais Zidane n’y est pour rien."

"Désormais, Zidane va être jugé sur ses résultats," souligne Domenech
"Les gens n’ont vu qu’un joueur dans cette histoire, mais personne n’a jamais pensé à ce que Thuram, Henry, Vieira, Malouda ou Sagnol avaient pu ressentir, regrette-t-il. Lui avait fait un mauvais geste [un coup de boule en finale du Mondial 2006 sur l'Italien Marco Materazzi] et les autres avaient perdu la finale de la Coupe du Monde. Comme tout mythe, il bénéficie d’une forme d’immunité. On verra comment il réagira en tant qu’entraîneur si un jour un mec pète les plombs et fout en l’air tous ses plans, ses projets de jeu." 
Pour Domenech, cette indulgence autour de Zidane touche pourtant à sa fin: " Il l’était, mais maintenant il n’est plus intouchable. Ça me rappelle un film de Kurosawa, Kagemusha, l’Ombre du Guerrier, avec les clans dominants regroupés autour de leur chef. Il ne fait pas la guerre. Il est une montagne, inamovible. Mais un jour, la montagne bouge et meurt. Désormais, Zidane va être jugé sur ses résultats. S’il est champion, sa légende va se renforcer. Mais si ce n’est pas le cas, ce sera une autre histoire. Mourinho, c’était un dieu aussi et on voit ce qui lui est arrivé. Le sport est impitoyable." En creux, Domenach parle beaucoup de lui-même.  

"Zidane n’est pas un gentil mec," confirme Domenech.
Interrogé sur la fascination que suscite l’ancien meneur de jeu des Bleus en France et même dans le monde, le Lyonnais ne dissimule pas la personnalité profonde -rarement abordée- de son ancien joueur. "Zidane incarne le talent, la créativité, il était capable de faire sur un terrain ce que les autres ne savaient pas faire. Et il a en plus cette capacité à ne pas parler beaucoup. Quand il a commencé à faire de la télé, son sponsor lui a d’ailleurs demandé d’arrêter. Ça lui donne cette part de mystère qui entoure les stars. Zidane, lui, c’est un mythe. 

Un mythe capable de susciter des émotions chez les gens et pas seulement positives.
Ce n’est pas une star lisse, ce n’est pas un gentil mec. Il est capable de tout, et c’est ce qui en fait un dieu humain." 

Le carton rouge provoqué par la brutalité de Zidane durant les prolongations de la finale du Mondial 2006 a laissé un goût amer à Domenech, l'entraîneur frustré, comme aux joueurs et supporteurs de l'équipe de France privés de victoire. 

Et Domenach fait encore allusion au traitement médiatique réservé au geste irresponsable de son joueur.
Sur ce coup, la presse n'a encore pas eu une réaction saine.  "Le pardonner ? Mais personne n’a eu besoin de lui pardonner, car on ne l’a même pas accusé," déplore ce sélectionneur, fort de ses valeurs.

Zidane esquive la polémique

"Qu'est ce que je peux répondre à ça ?" a bredouillé  Zinédine Zidane meilleur
dans le geste que dans le verbe. 
Après avoir souri à son portrait de Raymond Domenech dans Le Monde, lors de sa conférence de presse espagnole, il a toutefois prononcé trois mots en forme d'aveu: "il me connaît très bien", c'est vrai." Mais il attaque aussi: "Et il sait ce que je pense de lui aussi." Puis bat en retraite: "Je ne vais pas commenter. Le mieux pour moi, c'est de me concentrer sur le match."

Les rapports entre les deux hommes depuis les Espoirs n'ont jamais été simples. 
Après avoir enregistré la fin de carrière internationale de Zidane à l'issue de l'Euro 2004Domenech, avait dû se résoudre à accepter le retour du numéro 10 en 2005, alors que l'équipe de France n'était pas sûre de se qualifier pour le Mondial allemand. Les Bleus, qualifiés, avaient réussi l'exploit d'aller en finale. Une finale perdue aux tirs au but. Par solidarité avec son joueur, Domenech avait d'abord applaudi Zidane au moment de son exclusion, mais l'entraîneur avait estimé que le capitaine, par son anti-jeu, avait joué contre son équipe en se faisant expulser et avait précipité la défaite des Bleus face aux Italiens, à dix contre onze.

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