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dimanche 25 juin 2017

Le PS se déclare dans l'opposition à Emmanuel Macron, officiellement

Mais des indiscipliné(e)s se désolidarisent déjà 

Officiellement, une r
ésolution adoptée en conseil national place désormais le PS "clairement" dans l'opposition

Des membres du Conseil national arrivent autour de Jean-Christophe Cambadelis, qui s'est retiré de la tête du parti.
Déambulation des morts-vivants socialistes, souriants
Après avoir longtemps tergiversé, le Parti socialiste a tranché: ils seront dans l'opposition à Emmanuel Macron. "Nous nous situons (...) clairement dans l'opposition au gouvernement d'Edouard Philippe. Nous ne voterons pas la confiance à ce gouvernement", peut-on lire dans la résolution adoptée samedi 24, reprenant le consensus qui a émergé mardi en bureau national. 
"Nous ne serons pas dans la majorité présidentielle. Et donc nous ne voterons pas la confiance", a solennellement déclaré Jean-Christophe Cambadélis.
Or, une seule chose est claire, le texte cite déjà un premier cas particulier. "A l'exception de la loi sur la moralisation de la vie publique qui s'inscrit dans la continuité de ce qui a été réalisé lors du précédent quinquennat, le Parti socialiste ne peut pas se reconnaître dans les mesures annoncées ou déjà engagées", lit-on également, une dizaine de jours avant le vote de la confiance au gouvernement d'Edouard Philippe.

Le Conseil national appelle à ne pas voter la confiance au gouvernement d'Edouard Philippe, le 4 juillet prochain, à l'issue du discours de politique générale du Premier ministre.

En fait, la formulation retenue dans ce texte approuvé à environ 85% n'interdit pas non plus aux députés de s'abstenir s'ils le veulent... Ils ont longtemps tergiversé, mais pour ne rien régler au final. La formulation retenue est inspirée d'une proposition d'amendement porté par le député européen Emmanuel Maurel (aile gauche).
C’est donc un compromis entre les tenants d’une ligne ferme à l'égard de l’exécutif et ceux pour qui il ne faut pas entrer dans une opposition stérile au gouvernement. En trois heures de huis clos, le Parti socialiste a réussi à se mettre d'accord pour laisser chacun agir à sa guise : le parti se place dans l'opposition, même s'il n'appelle pas explicitement à voter contre le gouvernement d'Édouard Philippe. C'est donc l'abstention qui devrait dominer.
C'était en même temps que se déroulait la Marche des fiertés, mais la grande marche du PS en avait-elle la fierté présumée ? Ce n'était pas le terme qui collait le mieux à l'ordre du jour. Les 31 députés qui lui restent à l'Assemblée ne savent pas mieux sur quel pied danser.

Samedi, les 200 participants ont également évoqué la "feuille de route de la refondation" que sera chargée d’établir la future direction collégiale d'une dizaine de personnes nommées le 8 juillet

Elle devra respecter une ligne "ni Macron, ni Mélenchon" pour permettre au PS de se reconstruire par lui-même. Cependant, les socialistes souhaitent associer à cette démarche, outre ses militants, des personnes extérieures au parti. La version définitive de ce plan de sauvetage doit être soumise aux militants en septembre, après un séminaire de travail prévu fin août.

Sortie rincée de la présidentielle et essorée aux législatives du printemps, la formation socialiste ne dit pas pour l'heure quel sort pourrait être réservé aux parlementaires qui donneraient leur confiance au gouvernement. Le PS ne compte plus qu'une petite trentaine de députés, soit environ dix fois moins que lors de la précédente législature. Elle ne peut braquer les derniers des Mohicans et plus personne ne commande plus à rien Rue de Solférino.
A Marseille, Mennucci brade : il a mis le siège du parti en vente.

Des socialistes déserteurs programment le reniement de leurs origines 

Ainsi
, dès le début mai, l'ex-ministre de l'Agriculture de Hollande apporta-t-il, son soutien à Emmanuel Macron contre le FN dans un entretien au journal le Parisien. 
Stéphane Le Foll avait refusé de choisir publiquement avant le 1er tour entre Benoît Hamon et Emmanuel Macron, pour qui il appela ensuite à voter sans ambiguïté, au nom de la démocratie et parce qu'il est à l'écoute des Français : "Je veux la défaite du FN, donc je voterai Macron". 
Puis Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, n'avait pas hésité à clamer que le meilleur des candidats des gens de gauche c'est "pas Emmanuel Macron mais "François Hollande".

Et celui qui fut directeur du cabinet de Hollande, premier secrétaire du PS, pendant 11 ans (1997-2008), de susciter la stupéfaction en estimant qu'après cinq ans de présidence de Hollande, "c'est la fin du parti tel qu'il a vécu jusqu'ici. Il va falloir se réinventer. Il faudra y réfléchir après les législatives. Dans le moment présent, il faut rester rassemblés et responsables. Sinon, on risque l'éclatement général."

Il accusait déjà le parti de ne pas s'être clairement situé dans une forme de synthèse entre Benoît Hamon et Emmanuel Macron durant cette campagne.  
"Il faut simplement essayer d'imposer le retour à une ligne qui est le socialisme démocratique. Et puis, il faut regarder ce que propose Emmanuel Macron. Je trouve que la suppression de la taxe d'habitation pour 80 % des Français, dans un contexte où beaucoup souffrent, est une bonne piste. De même que la réduction du nombre d'élèves par classe dans les zones prioritaires, ou le plan d'investissement à hauteur de 50 Mds€. Enfin et surtout, il a un engagement européen qui est essentiel face aux défis et aux menaces qui pèsent sur le monde." Bref, Le Foll était déjà mûr pour un retournement de veste.[...] Je ne vois pas pourquoi nous ne serions pas constructifs." Le mot était lâché et fera son petit chemin.

Aujourd'hui, réélu dans la Sarthe sans Marcheur face à lui, Le Foll poursuit sa marche vers Macron
Celui qui fait partie de la poignée d'anciens ministres socialistes contre lesquels le mouvement d'Emmanuel Macron n'a pas investi de concurrent aux élections législatives, amorça une volte-face au cours des législatives. "Nous ne sommes pas dans la stratégie de l'opposition" au gouvernement d'Emmanuel Macron, avait annoncé avant le scrutin Stéphane Le Foll en prônant une attitude "constructive" tout en conservant son identité socialiste.
Le FNne justifiait plus 

D'autres crevures attendent d'être exclus pour se rallier à Macron
Pour le moment, l'avenir de trois députés socialistes "constructifs" n'est pas non plus scellé. Guillaume Garot, David Habib, Olivier Dussopt ont annoncé qu'ils voteraient la confiance au gouvernement Philippe. "Se recroqueviller n'est pas la bonne solution", assure le député PS Guillaume Garot, député PS de la Mayenne, qui ne partage pas la position de son parti.  "Les Français veulent qu'on donne sa chance au nouveau président, car il y a des défis considérables devant nous, contre le chômage, pour réorienter l'Europe. En même temps, ce soutien est un soutien exigeant," raconte-il. Ce dimanche, il apporte "une soutien exigeant à Emmanuel Macron".

Certains députés de gauche, dont des socialistes comme Manuel Valls, sont tentés par la création d'un groupe des "constructifs", à l'image de Les Républicains constructifs UDI et indépendants créé du côté droit de l'hémicycle. "Aujourd'hui, le périmètre de ce que pourrait être le groupe PS n'est pas encore constitué, selon Olivier Dussopt, membre de l'équipe de Valls lors de la primaire et réélu en Ardèche face à la candidate En Marche. L'hypothèse d'un autre groupe réunissant des socialistes, des radicaux et des divers gauche fait son chemin." Pour eux, le dilemme est clair : changer de groupe ou s'opposer à la décision du PS... Il reste 9 jours aux députés socialistes, tentés par la confiance, pour résoudre ce dilemme.

Pourraient-ils être exclus, si Le Foll est maintenu ? Certains disent que ceux qui votent la confiance au gouvernement d'Edouard Philippe se mettent en dehors du PS, mais l'ex-ministre délégué à l'Agroalimentaire dans le gouvernement Ayrault II soutient que "si on commence à exclure au moment où on veut reconstruire, on n'ira pas très loin. Moi j'ai une sensibilité que j'exprime au sein du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. J'entends que cette sensibilité soit respectée."
Pour Olivier Faure, président du groupe PS à l'Assemblée, marier les contraires est une gageure.
La menace FN n'expliquait plus l'alibi de la lutte contre les extrêmes...

"Je ne vois pas comment on peut vivre ensemble politiquement avec ceux qui voteront pour", glissait samedi le sénateur David Assouline à la sortie de la réunion.
"Ceux qui pensent que l'avenir est à En Marche !, qu'ils s'en aillent !" a tonné la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. Au pouvoir ou dans l'opposition, les socialistes n'ont pas achevé leur agonie...

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