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mardi 13 juin 2017

Macron aura l'Assemblée la plus mal élue de son Histoire

Plus une majorité est massive, moins elle est saine, quand elle est historiquement mal élue. 

La vague La République en marche de ce dimanche 11 juin plonge certains dans l'extase, mais quand la presse évoque un raz-de-marée, elle suggère un tsunami, avec son cortège de victimes et de dégâts.

Un casque pour tous les Français
Les électeurs sont donc mis en garde. Ils seront plus conscients des conséquences de leur vote s'ils sont en possession des éléments qui précisent le risque encouru en se laissant gagner par l'euphorie de la presse mercantile et versatile qui place aujourd'hui ses espoirs dans le banquier-président, après avoir pointé les riches à la suite du candidat Hollande qui appela à l'Elysée un salarié de la banque Rothschild, dès son arrivée en 2012. L'instinct grégaire a conduit les électeurs du premier tour à suivre le mouvement impulsé par les hommes d'affaires propriétaires de plusieurs organes de presse concentrés entre leurs mains. Cet effet de masse est qualifié de "vague Macron", de raz-de-marée, de tsunami. 

Plus de la moitié du corps électoral a toutefois refusé de se déplacer aux urnes en moutons de Panurge ce qui suggère leur lucidité et une forme de respect pour leur résistance à la manipulation de l'opinion. Mais le choix du refus est-il le meilleur ?

L'abstention est un refus de participation, mais
elle conduit à la formation  d'une minorité qui s'impose à la majorité. Une majorité de façade est un leurre dont profitent les puissants et engendre le malheur des faibles et des rebelles négatifs. Voter, c'est faire vivre la démocratie comme barrage aux technocrates et aux plutocrates. Or, les voici qui s'installent aux commandes, quand ils ne l'étaient déjà.

Le second tour est l'occasion unique pendant cinq ans de mettre un terme au mélange des genres qui s'insinue. La société civile est présentée comme un antidote au désenchantement produit par l'arrivée de Hollande aux responsabilités. Ses acolytes et lui ont en effet saccagé le paysage politique, à l'instar de l'Education nationale mise à mal par Najat Vallaud-Belkcem, et les entrepreneurs qui prennent le pays pour une start-up font figures d'innovateurs, comme si le numérique et la comm' étaient les réponses au mal-être hexagonal. Un pari sur l'avenir, voilà ce qu'ils proposent. 
Car, tels qu'ils nous sont vendus, les redresseurs du pays ont pour première qualité d'être plus jeunes. Or, la jeunesse est un critère éphémère et discutable. La fraîcheur contre la connaissance et l'inexpérience contre la compétence nous promettent, aléatoire et indéterminé, un temps d'apprentissage des recrues de Macron qui risque de peser sur la reprise économique en France, pays à la traîne en Europe. Avons-nous besoin de ce handicap supplémentaire ?

La vague pro-Macron masque une fragile légitimité électorale du président

Jamais si peu de Français n'ont voté pour des candidats d'une majorité présidentielle au premier tour des élections législatives. Ce sera certainement le cas à l’Assemblée nationale dimanche prochain, à l’issue du second tour de ces élections législatives qui devraient donner une confortable majorité au président de la République. Mais la réalité est moins souriante qu'il y paraît si on se donne la peine de regarder de près ce qui s’est passé dans les têtes, ce dimanche 11 juin. 

32% de suffrages exprimés : un score historiquement faible 
Quelque 32,32% des électeurs qui se sont déplacés ont voté pour un candidat de La République en marche (LREM) ou du MoDem. Les macroniens devancent ainsi leurs adversaires mais ce score est illusoire pour une majorité présidentielle, mais surtout annonciateur de lendemains qui déchantent. 
Aux législatives de 2012, après l’élection de François Hollande, le PS et ses alliés avaient ainsi raflé près de 40% des voix au premier tour. Et jamais sous la Ve République un chef de l’Etat n’avait obtenu un résultat aussi faible aux législatives qui ont accompagné son élection. 

7 millions de voix : un score historiquement faible 
En valeur absolue aussi, le résultat de dimanche devrait inciter le camp Macron à la modestie. Depuis 2002, le parti du président de la République nouvellement élu et ses alliés avaient toujours franchi le seuil des 10 millions de voix au premier tour des législatives. C’est loin d’être le cas d’Emmanuel Macron : ses candidats et ceux du MoDem ne recueillent que 7,3 millions de suffrages... 

15% des inscrits ont fait confiance aux 'hommes' de Macron: un score… historiquement faible 
La leçon la plus alarmante de ce premier tour est évidemment l’abstention massive : 51,34% des électeurs ne sont pas allés voter, un record pour des législatives sous la Ve République. Rien à voir avec les chiffres des sondages ! 
Les Français ont accordé une légitimité incertaine à LREM, si on prend en compte l'ensemble du corps électoral. Seuls 15% des électeurs inscrits ont voté pour un candidat macronien au premier tour. Par comparaison en 2012, les partis soutenant François Hollande pouvaient tout de même se prévaloir d’un score de 22% des inscrits et, en 2007, les pro-Sarkozy étaient parvenus à rassembler 27% du corps électoral. Le raz-de-marée pro-Macron sera-t-il suivi de répliques désastreuses ? 

A Montreuil, la loi travail était tombé sur la tête de Macron : 
video

La poudre de perlimpinpin du "renouvellement" 


Ce gadget est une supercherie et le président Macron a d'ores et déjà pointé une oreille, voire les deux. Dès le départ, le gouvernement Macron a un problème avec la liberté de la presse et montre aussi des faiblesses avec l'éthique.

Ainsi la nouveau pouvoir a-t-il commencé par écarter la presse qui l'a fait. 
Bien que trentenaire pour quelques mois encore, Macron a sacrifié à cette vieille tendance du pouvoir à museler les journalistes. On pense ainsi à l'organisation du voyage au Mali du président de la République, quand, dans la semaine qui suivit l'élection de Macron, l'Elysée sélectionna les journalistes chargés de couvrir ce déplacement en France-Afrique. Pas question d’"imposer" des choix aux rédactions, rassura le pouvoir pyramidal, tandis que, dans le même temps deux ministres, Bayrou et Pénicaud (venue de la société civile, Dassault, Danone ou Orange!) envoyaient des signaux préoccupants sur la conception de l’indépendance des media et leur nouvelles limites. Le "renouvellement" est-il vraiment en marche...

Le compère François Bayrou a emboîté le pas à Macron, se comportant comme au bon vieux temps de l'ORTF. En effet, le garde des Sceaux n'a pas hésité à exercer des pressions sur Radio France pour faire taire d'un coup de fil les journalistes qui faisaient filtrer des informations sur les agissements du parti dont il est le patron, le MoDem, au Parlement européen, exploité comme pompe à fric par une dizaine de ses élus, dont les actuelles ministres du gouvernement Philippe, les dames Sylvie Goulard (52 ans), Nathalie Griesbeck (61 ans) et Marielle de Sarnez (66 ans), trois glorieux exemples de parité et de renouvellement des moeurs politiques par les femmes. La féministe Pénicaud est d'ailleurs cofondatrice de l’événement EVE pour le développement du leadership des femmes (2010-2014)...
Après le coup de téléphone du Garde des Sceaux à France Inter et la plainte déposée par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, à la suite d'un article de du journal Libération, une vingtaine de sociétés de journalistes et de rédactions dénoncent des pressions.


L'affaire Richard Ferrand est-elle emblématique d'un pouvoir corrompu à coeur ?
La jeune équipe est imprégné des pratiques anciennes. 
Ferrand, premier compagnon
de route de Macron
Le nouveau ministre de la Cohésion des territoires et met en péril la cohésion de l'exécutif. Des révélations autour de Richard Ferrand, député socialiste du Finistère depuis 2012, jettent en effet l'opprobre sur le gouvernement Philippe, lequel "assume", comme on dit aujourd'hui à propos de tout, sans pour autant apporter l'ombre du commencement d'un début de preuve d'innocence à une quelconque mise en cause.
En qualité de directeur-général de Mutuelles de Bretagne, Richard Ferrand a aménagé l'achat (Macron le chargera de l'aménagement des Territoires: utilisation des compétences!...) et signé en son nom propre - abusant de la confiance de ses collègues mutualistes - le compromis de vente de locaux par sa compagne Sandrine Doucen, pour qu’elle les loue aux Mutuelles et touche un loyer sur un bien acquis avec des fonds mutualistes, avant la constitution de sa SCI.
Après cette affaire immobilière, Le Canard enchaîné, hebdomadaire anarchiste, rapporta que le chouchou du président est en outre soupçonné d’emploi fictif concernant Emile Ferrand, son fils, que le député breton aurait rémunéré comme assistant parlementaire en 2014, aux frais du contribuable. Bien que pris dans le flou de ces affaires d'enrichissement personnel ou d'emplois fictifs, les Modernes se disent pourtant attachés au renouvellement de la transparence de la vie politique, mais peuvent-ils faire mieux que les Anciens avec des responsables corrompus (et des candidats à la députation dont on ne sait rien de la moralité), comme peut l'être par ailleurs la dizaine d'eurodéputés du MoDem - alliés de En marche!, mouvement présidentiel - vivant sur la bête de Strasbourg ?

Or, à son arrivée à l’Assemblée nationale, Richard Ferrand n'avait pas abandonné la poule aux oeufs d'or mutualiste. Il a certes démissionné de sa fonction de directeur général de Mutuelles de Bretagne, mais a conservé un poste de "chargé de mission", rémunéré 1.250 euros par mois. Mieux, la première loi que R. Ferrand a proposée avec sept autres députés socialistes (Christian Paul, gauche du PS, battu au premier tour de la législative 2017, Fanélie Carrey-Conte (UNEF et LMDE -mutuelle étudiante-, proche de Benoît Hamon et opposante farouche à Manuel Valls), Laurence Dumont (soutien Benoît Hamon, s'est désistée en faveur d'Elisabeth Guigou, battue à la législative 2017), Hervé Féron (battu au premier tour de la législative 2017, Chantal Guittet (universitaire du ...Finistère), Denys Robiliard (avocat et militant d'Amnesty International ) et ...Bruno Le Roux, chef de file des députés PS à l'Assemblée, puis ministre de ...l'Intérieur de Cazeneuve, contraint à la démission du gouvernement à la suite de révélations sur la signature de 24 contrats d'emplois fictifs de collaboratrices parlementaires à ses filles, dès l'âge de ...15 ans) – concerne… les mutuelles, en leur permettant de mettre en place des réseaux de soins "fermés", plus avantageux pour leurs adhérents – et incitant les clients potentiels à rejoindre les mutuelles et leurs réseaux, développant ainsi le système mutualiste et les ressources de la mutualité.

Le député bien-aimé de Macron assure avoir "toujours tenu à conserver une activité professionnelle quels qu’aient été [ses] mandats" et se défend de tout mélange des genres. Matignon défend "l'honnêteté" de Richard Ferrand: il n'y a pas d'" affaire Ferrand", soutient le premier ministre.
La HATVP décrit pourtant un conflit d’intérêts comme "toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou à paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction". Ferrand n'est toujours pas mis en examen et peut donc défier la presse et l'opinion.

VOIR et ENTENDRE Richard Ferrand administrer une leçon d'éthique aux journalistes:
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